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Il est de votre main.

Sophie.

Le mien en est aussi.

D'urval. De mon écriture?

ARGANT.

Oui.

D'urval.
Que veut dire ceci?

ARGANT.

Mais voyez.

D'urval en regardant la reconnoît.
Juste ciel!

A H GANT.

Parbleu, c'est de vous-même.

F L O HI N E.

Et celui-ci, monsieur?

Sophie!
Ma joie en est extrême.

ARGANT.

( // lui rend le sien. )
N'allons pas plus avant, le reste est superflu.

Sophie.
Nous lirons, s'il vous plaît, c'est lui qui l'a voulu.

( Elle lit. )

« Que je suis offensé de toutes vos alarmes! « S'il est vrai qu'à mes yeux Constance ait eu des charmes, « Ils ont fait dans le temps leur effet sur mon cœur. « Vous allumez des feux qui ne peuvent s'éteindre: • Une épouse n'est point une rivale à craindre.

vous préférer un semblable vainqueur? « Madame, en vérité, c'est trop d'être incrédule, « Et de me soupçonner d'un si grand ridicule. » Le style est obligeant.

A RG ANT.

Ne nous épargnez pas: Nos fautes ont pour vous de furieux appas. Vous nous ressemblez peu; vous triomphez des nôtres, Et nous ne demandons qu'à partager les vôtres.

Sophie. Fort bien.

F L o p. I N E s'avance pour lin la sienne.

Autre lecture... «Enfin... » Oh! par ma foi, Celui-ci me paroît un peu trop fort pour moi.

( Elle rend ou brûle le billet. ) Monsieur, en vérité, l'on ne peut mieux écrire; C'est dommage pourtant qu'on ne puisse vous lire.

( Damon reprend les billets. )
n' un Val, en revenant de son ètonnement.
Mais enfin le portrait...

Sophie,
Quoi! vous récriminez!

FLO RINE.

C'est une trahison que vous imaginez.

SOPHIE.

Vous voulez joindre encor l'insulte à la blessure?
C'est être trop cruel.

Florine, vivement.

C'est un traître, un parjure, Qu'une autre traiteroit de la bonne façon.

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SOPHIE. TM

( Elles enlèvent Constance. ) Venez : pour vous venger, laissez-lui son soupçon.

Constance, entraînée malgré elle. Je ne puis... Permettez... Quoi ! ne pourrai-je apprendre...?

SOPHIE.

Non. Ce n'est plus à vous, madame, à vous défendre.

» FLORINE.

Il ne mérite pas ce que vous demandez.

SOPHIE, en se retournant vers Damon.
Voilà ce beau retour... Damon, vous m'entendez.

( Elles sortent. )

DAMON.

Ociel!

SCÈNE XIV.

ARGANT, D'URVAL, DAMON.

ARG A NT, à d'Urval. Vous avez fait une rude entreprise; Vous n'y reviendrez plus, votre bisque est mal prise. Pour convaincre une femme, il faut bien du bonheur; Rarement un époux en vient à son honneur. Quand on veut s'embarquer dans ces sortes d'affaires -, On ne sauroit avoir des preuves assez claires; Et par malheur pour vous, vous ne les avez point. Les femmes sont d'ailleurs terribles sur ce point: Elles ne s'aiment pas; mais accusez-en une, L'émeute est générale, et la cause est commune. Vous verrez aussitôt le peuple féminin S'élèverà grands cris, et sonner le tocsin,

Protéger l'accusée, et s'enflammer pour elle;
Se prendre aveuglément de tendresse et de zèle;
Passer de la pitié jusques à la fureur,
Et traiter un époux de calomniateur...
Tenez, voilà pourquoi, sans accuser la vôtre,
J'ai toujours cru ma femme aussi sage qu'une autre.
Je vous plains , mais que faire? elle a barre sur vous:
1I faut, en eurageant, se taire et filer doux.

(Il sort.)

SCÈNE XV.

i

D'URVAL, DAMON.

-• D'urval.

Tu me vois pénétré de douleur et de rage:
Je ne m'attendois pas à ce nouvel orage...
Quelle vengeance affreuse exerce contre moi
Cet objet étranger dont j'ai quitté la loi!...
Que m'importe, après tout, qu'une épouse volage
Sache de sa rivale à quel point je l'outrage !...
Cependant je l'accuse, et je suis confondu.

Damon.
N'es-tu pas plus heureux que d'être convaincu?

D'urva L.

• En suis-je moins certain? L'injure est manifeste.
Va, je ne cherchois plus que le plaisir funeste
De la rendre odieuse autant que je la hais;
Mais sa fausse vertu couvre tous ses forfaits.

DAMON.

J'ignore les détails de cette perfidie;

Mais je conçois Constance, et je mettrais ma vie...

D'u R VA L.

Ta la perdrais... Constance... 0 regret superflu! J'ai creusé cet abyme où son cœur s'est perdu; Mon exemple a causé la chute qui m'accable. Est-ce une autorité qu'un exemple coupable?

D Amon.

Ne le suivez donc plus, comme vous avez fait,
Puisque vous convenez d'un si funeste effet.
Si tu voulois pourtant m'instruire davantage,
Ton repos deviendrait peut-être mou ouvrage;
Tu n'as que trop suivi ton premier mouvement.

D'u H v A L.

Je le paie assez cher, hélas! en ce moment.
J'avois beau m'enflammer et m'irriter contre elle,
J'ai frémi du danger où j'ai mis l'infidèle,
Et je mourois du coup que j'allois lui porter.

D A M o N .
J'ai des pressentiments que je ne puis m'ôter.

D'u R Val-
Ils sont faux; mais enfin je cède à ta prière:
Suis-moi, je t'en ferai la confidence entière.
Mais ce n'est point l'espoir d'être désabusé
Qui m'arrache un récit que j'aurois refusé.
Je te veux inspirer la fureur qui m'anime:
Tu sens que j'ai besoin de plus d'une victime.
Puisque j'ai des rivaux, je dois compter sur toi,
Et tu vas t'engager à te perdre avec moi.

FIN DU QUATRIÈME ACTE.

« ÀÌÀü°è¼Ó »