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corps, bien que ceux de l'esprit puissent en quelque sorte les atteindre. Cette thèse est encore à développer, et nous n'en parlons ici que pour montrer dans quels rapports doivent s'établir les bases primitives du parallélisme dans la nature, quand il s'agit de nous élever sur les degrés logiques de l'échelle universelle des analogies.

Dans l'étude de la question sociale et religieuse, il faut tenir compte non seulement des milieux différents et incompatibles à la vie de certaines doctrines, lesquelles différences sont analogues aux milieux différents de l'air et de l'eau; mais il faut aussi tenir compte des doctrines diverses qui dirigent les diverses classes d'une même société en tout temps, pendant l'incohérence sociale de l'humanité. Ce dernier genre de différence est analogue aux instincts divers qui animent des espèces différentes d'un même genre d'animaux en milieu semblable ou identique : telles, par exemple, que les différences qui existent entre les instincts des chiens et des loups, des chats et des tigres, des oiseaux sociables et des oiseaux de proie.

Tout le monde sait que ces nombreux instincts différents ne sont pas tous tolérants les uns pour les autres dans l'état actuel des choses : on sait que les animaux se font la guerre. Les doctrines diverses, dans le monde des idées, se font aussi une guerre plus ou moins acharnée, et souvent dans un même but que celui de la guerre des animaux, c'est-àdire dans le but de vivre matériellement les uns aux dépens des autres, les forts aux dépens des faibles. L'intolérance est donc habituelle aux forts et souvent même aux faibles dans tous les règnes de la nature aujourd'hui, mais personne n'aime cette nature dans son état sourant et subversif. Tous les hommes religieux aspirent à un meilleur avenir, tel que celui qui est prophétisé par le Verbe divin, qui nous promet un règne nouveau sur la terre, le règne de Dieu et du bonheur : « où le loup habitera avec l'agneau; le léopard se couchera auprès du chevreau; le veau, le lion et la brebis demeureront ensemble, et un petit enfant les conduira lous. »

Les temps arrivent, le nouveau monde approche ou tout ce qui est malfaisant et subversis, sauf exception limitée et restreinte, doit disparaitre pour faire place à tout ce qui est, au contraire, bienfaisant et harmonique.

Le premier devoir de l'homme est d'étudier la Nature et de croire en Dieu qui en est l'auteur, le Créateur. Nous disons que ce devoir est le premier de l'homme au point de vue religieux, parce que la nature même de l'homme est telle que Dieu l'a faite, et, dès lors, l'homme ne peut pas nier Dieu et sa justice sans nier l'auteur de sa propre nature et la loi de son intelligence. Donc, tout ce que Dieu a fait est nécessairement bien fait aux yeux de l'homme; il s'agit seulement de se rendre un

compte impartial et éclairé des apparentes contradictions de la nature ambiante avec la nature humaine et les notions de la justice divine.

Or, deux choses frappent tout d'abord notre esprit dans l'étude de la Nature et des euvres de Dieu : 1° Les contradictions réelles ou apparentes entre les êtres de la création qui se font une guerre acharnée ; 2° l'incompatibilité réelle ou apparente qui existe entre la nature des animaux féroces et celle de l'homme. La justice divine dans les æuvres de la création semblerait être en contradiction avec les sentiments de justice que le même créateur a déposés dans l'âme humaine. Est-cc Dieu ou l'homme qui aurait tort dans cette apparente contradiction ?

Tout d'abord il faut croire que Dieu a raison et que l'homme ne comprend pas cette raison. Cela ne peut pas être un instant mis en doute, car l'homme lui même n'a d'autres sentiments de justice divine que ceux que le Créateur lui a donnés.

Il faut donc admettre à priori que la Providence a raison d'agir ainsi et de tolérer l'existence des choses contradictoires à nos yeux. Quelle est cette raison divine ? voilà la question à étudier pour l'homme.

Plus tard nous ferons voir au moins une partie de cette raison divine, quand nous traiterons la question de la Providence directe, inverse et mixte (1), avec les lois de progrès et de mouvement qui dominent dans chacun de ces ordres de gouvernement providentiel. Pour le présent, il faut nous limiter à la question des types différents de doctrines dans les créations de l'esprit humain, en parallèle avec ceux de la création animale de Dieu; le but de notre travail ici étant de faire sentir : Ao que la raison humaine dans son équilibre doit chercher, autant que possible, à se rapprocher de la raison divine, et 2° que la raison divine tolère évidemment à présent l'existence de nombreuses contradictions trèsréelles en apparence au point de vue purement humain, très-incompatibles les unes avec les autres dans les créations divines. D'où nous voulons conclure que les esprits les plus avancés vers l'unité supérieure et la charité divine doivent savoir tolérer l'existence des créations contradictoires de l'esprit humain dans les conceptions et les dogmes religieux, comme Dieu lui-même, pour des raisons à lui connues et certainement suffisantes, tolère l'existence des êtres antipathiques sur notre globe.

(1) Par les mots de Providence directe nous entendons parler des lois universelles dans lesquelles la raison et la justice divines sont identiques avec la raison et la juslice humaines. Par les mots de Providence inverse nous entendons parler des lois universelles dans lesquelles la raison et l'injustice divines apparentes sont plus justes que la raison et la justice humaines. Par les mots de Prividence mixte nous entendons parler des lois de transilion par lesquelles la raison divine et la raison humaine se rencontrent dans les conceptions et les faits. Thèse à développer plus tard.

Nous devons aussi admettre à priori que les créations diverses de l'esprit humain tel que Dieu l'a fait ont dû être prévues d'avance par le Créateur, comme des effets naturels et nécessaires de la vie intellectuelle des hommes.

Tolérance religieuse et philosophique.

Laissons donc se produire librement les doctrines, comme Dieu laisse se produire tous les animaux, quelles que soient la nature et la tendance de leurs instincts particuliers. Les instincts dans la nature doivent disparaitre d'eux mêmes après avoir fait leur temps et servi aux développements des plans de Dieu.

Ce n'est pas à dire qu'on doive adopter toutes les doctrines indistinctement. Nous voulons seulement dire qu'on doit tolérer toutes celles qui ne sont pas despotiques, et donner à tout le monde la facilité de juger de leur nature et de leur utilité respectives; car, tant qu'une doctrine quelconque trouve des admirateurs pour l'adopter, elle doit répondre à un besoin et servir à développer un instinct dans ces esprits, qui n'auraient pas pu être développés si bien ni si rapidement par d'autres doctrines qui leur étaient moins sympathiques. L'association intime groupe ensemble les esprits qui se nourissent des mêmes doctrines; la fédération externe lie ensemble les masses ou les associations différentes selon les lois de la variété dans l'unité. D'ailleurs, les doctrines nuisibles en réalité ou en apparence passeront vite à néant ou à un développement supérieur qui en changera la nature et la tendance; sauf, bien entendu, à se garantir en pratique contre celles qui, comme des animaux de proie, cherchent manifestement à tuer et à manger toutes les autres. Or, celles qui aujourd'hui ont manifestement cette tendance sont justement les plus en crédit dans le monde des privilégiés qui vivent aux dépens de la masse et en vertu de prétendus dogmes de justice divine.

Les doctrines nuisibles comme les bêtes fauves de la création servent à l'étude générale des lois de Dieu et de sa providence. C'est une des doctrines les plus horribles de la terre qui nous a servi personnellement à découvrir quelques-unes des lois de la providence inverse et de l'équilibre vital, dite subversive sur notre globe. Cette doctrine religieuse est celle des étrangleurs de l'Inde, à qui, dit-on, leurs oracles commandent de mettre à mort les adversaires de leur religion. Quelle plus atroce horreur que cette doctrine, et cependant c'est exactement en accord avec certaines lois générales qui limitent aujourd'hui la vie des hommes au tiers et au quart de la durée naturelle. Dans cette grande loi d'équilibre amphi-mondain, les étrangleurs ne sont qu'un petit rouage moins développé que beaucoup d'autres, tel que ceux de la misère et la maladie, l'ignorance et l'injustice des hommes, sans parler des bêtes fauves et des miasmes de la peste sur notre globe.

Le fait est certain. Dieu fait en sorte que la durée de la vie des hommes soit plus ou moins abrégée, et la moyenne de cette vie ne dépasse pas le tiers ou le quart d'une durée naturelle. Ce brisement providentiel de la carrière des individus n'est pas fait partout au moyen d'un seul procédé ; les moyens violents et brusques sont pratiqués en tous lieux aussi bien que les moyens lents et indirects. La masse des humains meurt au printemps de la vie. Pour un qui atteint l'âge de la caducité, il en est dix qui meurent dès l'enfance ou au milieu de la carrière. La moyenne de la vie ne dépasse pas le tiers du cycle complet. La cause de ces durs phénomènes remonte à Dieu, quelle que soit la cause immédiate qu’on veuille assigner à ces écarts de la nature. Que la doctrine des étrangleurs soit en effet le résulat des imaginations troublées de certains individus terrestres , ou bien réellement inspirée par des oracles célestes, la conclusion reste la même, par rapport aux causes premières et providentielles ; car si Dieu n'a pas commandé aux êtres célestes de communiquer une pareille loi religieuse à des oracles terrestres, il a créé l'esprit humain, qui aurait, à son tour, enfanté de lui-même cette doctrine, avec une telle vigueur, qu'elle n'a rien manqué de la puissance nécessaire pour passer de la vision mentale à la pratique.

Nous ne disons pas que les êtres célestes aient communiqué de pareilles doctrines, mais nous croyons que la chose n'est pas impossible, puisque nous sommes certain qu'aux deux extrêmes de la série ainsi posée, Dieu, l'ange et l'homme, des idées semblables peuvent exister et se réaliser ; car Dieu a créé des étrangleurs qu'on nomme tigres et crocodiles, anthropophages et hordes barbares, et ceux-ci ont ensanté souvent et les pensées et les æuvres d'assassinat.

Concluons donc que Dieu a pu inspirer aux êtres célestes, pour des raisons particulières, des idées religieuses semblables à celles qu'il a réalisées dans ses auvres, et cherchons à comprendre à la fois la nature de ces inspirations et la raison d'être de pareilles doctrines. Cette étude nous dévoilera bien des choses du mystère de la destinée, et quelle que soit en effet l'origine immédiate des dogmes religieux, nous apprendrons qu'il faut tout, en dernière analyse, attribuer à Dieu.

Ne faisons pas un grief à la Providence du règne subversif dans la nature, ni aux hommes du règne subversif dans les doctrines. Etudions plutôt l'une et l'autre subversion dans le but de savoir comment cette apparente contradiction universelle a pu servir aux développements progressifs des grands principes de l'harmonie qui doivent régner sur le monde à venir.

La tolérance est nécessaire comme base de la transition universelle qui se prépare, et qui doit commencer dans le règne des idées avant d'être accomplie dans le règne des faits. Cette tolérance cependant a des bornes ; elle a des caractères qu'il faut distinguer avec soin si l'on veut dominer la question du pur fatalisme. C'est au point de vue supérieur et divin qu'il faut tout étudier, tout admettre dans la Nature et le Verbe religieux; mais au point de vue de l'homme et de sa vie pratique, il faut dissiper les doctrines meurtrières, anéantir les ètres malfaisants. Constatons seulement que les mauvaises doctrines et les êtres malfaisants auront tous leur raison d'être providentielle, tant que l'esprit humain n'aura pas étudié les lois de Dieu et coinpris aussi bien celles qui sont subversives, exceptionnelles et passagères que celles qui sont harmoniques, générales et permanentes.

Il faut distinguer aussi l'état acerbe et imparfait des dogmes vrais au fond, de l'état de maturité qu'ils devront un jour atteindre. Ce dernier genre de tolérance est nécessaire en pratique, au point de vue purement humain ; le premier n'est admissible qu'en théorie et au point de vue divin ; car, les bêtes fauves et les étrangleurs ne sont pas des êtres sociaux et harmoniques qui se raffinent par le progrès, mais des éléments de désordre qu'il faut détruire dans leurs germes.

Toutes ces différences de doctrines dans les esprits et de verbes incarnés dans la nature ont leurs raisons d'être dans les vues supérieures de la Providence. Personne n'en doute pour ce qui concerne les divers instincts des êtres inférieurs, et si Dieu a agi ainsi dans ces premières créations de la nature, l'homme a dù nécessairement suivre une pareille loi dans les premières créations de son esprit.

C'est ce qu'il fallait établir pour légitimer tous les cultes et toutes les doctrines de la terre dans l'étude générale de la question religieuse, telle que nous devons la poser et en chercher aujourd'hui la solution, c'est-à-dire, pleinement et sans réserve, libre de préjugés et de préoccupations systématiques. Cette solution n'est pas difficile à trouver, mais elle demande du temps pour séduire tous les cours et satisfaire les esprits.

De même que les mauvaises herbes, les marécages, le malaria et la stérilité disparaissent devant la culture de la terre et des bons fruits par l'homme, de même les mauvaises doctrines et les faux dogmes religieux disparaîtront devant la culture de l'esprit humain et l'étude de la révélation universelle. Et de même que les bêtes fauves et les insectes nuisibles disparaissent à l'approche de la civilisation, de même la violence et la loi du plus fort ou du plus rusé disparaitront de la société incohérente à l'approche de la doctrine et de la pratique de l'association et de la fraternité sociale et religieuse.

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