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tre, une échelle de goûts nuancés soit en genres, soit en espèces, soit en variétés; on en formerait des tableaux fort différents de celui des facultés internes que je viens de décrire en octave régulière.

L'Harmonie devra donc nous assurer plein essor pour chaque sens dans chacune des nuances externes de genre, espèce ou variété, comme dans chacune des facultés internes ou puissancielles décrites dans cette notice.

Il suffit, je pense, d'avoir donné le tableau régulier de nos privations sur l'un des sens pour faire entrevoir que notre dénuement est le même sur tous les autres.

Par exemple : sur l'ouïe j'ai remarqué que nous n'avons ni l'ouie rasante du Cosaque, ni la finesse d'ouïe du Rhinocéros qui est pourtant un lourd et grossier animal : cela tient peut-être aux formes de l'oreille que nous aplatissons chez les enfants. Certaines maladresses de ce genre peuvent concourir, avec le défaut d'exercice, à appauvrir chez nous le sens de l'ouïe qui est si imparfait sur les accords musicaux. La géométrie nous l'a perfectionné en accords transcendants. Nous savons qu'une courbe de telle ou telle forme donnée aux voûtes peut donner de l'éclat aux voix ou transmettre à grande distance le son d'une voix parlant très-bas à l'une des extrémités de la courbe. Combien existe-t-il d'autres mystères dont la connaissance pourrait nous conduire à perfectionner l'ouïe qui, chez nous, est presque généralement réduite, comme la vue, au moindre essor, au degré brut ou (), et à peine initiée à quelques uns des accords puissanciels.

En Odorat, la pauvreté est plus grande encore; on peut en juger par certaines sensations d'arômes accordées aux animaux ; le Chien connait le pas de son maitre et le discerne à travers mille autres pas qui ont laissé mille arômes d'espèces différentes. Le Chat connait l'arôme de son quartier, le faire de dessus les couverts et surmonte de grands obstacles pour y retourner à travers des rues où il ne peut s'orienter que par l'arôme. Le Chameau flaire d'une demi-lieue l'arôme d'une source. L'arôme est aussi le guide des oiseaux voyageurs, birondelles et autres; cette faculté est refusée à l'espèce humaine, elle n'est initiée à aucun des nombreux et subtils arômes qui meublent l'atmosphère et guident les animaux. Voilà donc pour l'homme une exclusion en accords puissanciels d'odorat.

Les animaux sont sujets à cette limitation. Un chien qui a l'odorat si fin ne sent pas la tubéreuse, la plus aromatique des fleurs. Cette exclusion n'est pas vice dans l'animal qui, n'étant pas foyer de création, ne doit posséder qu'en partie les propriétés puissancielles des sens; tandis que l'homme, à titre de foyer général, doit les posséder en plein, soit par facultés essentielles, soit par facultés accessoires, comme l'entre

mise du chien obéissant. Le chien est pour nous ressort accessoire d’odorat, comme le télescope l'est pour la vue. Il n'est pas besoin que l'homme ait la faculté de flairer la trace du lièvre puisqu'il est aidé par un serviteur docile et intelligent qui remplit cette fonction. Le chasseur associé aux chiens devient vraiment un être d'odorat puissanciel et exercé plus parfaitement que s'il fairait par lui-même la trace du cerf qu'il ne pourrait pas suivre à la piste à cause du, baissement nécessaire à flairer. Mais combien l'homme est en défaut d'odorat puissanciel pour l'investigation d'animaux que le chien ne découvre pas, et de végétaux ou minéraux.

Il faudrait , pour nous assortir en accords d'odorat, que la nature remplit les 2 conditions suivantes auxquelles pourvoiront les créations futures :

po Créer de nouveaux serviteurs aptes comme le chameau et le chien à nous mettre sur la voie des arômes animaux, végétaux et minéraux sur les terres et dans les mers. Malgré l'appui de la science, nos progrès en Docimasie n'empêchent pas qu'on ne dépense inutilement des millions en fouilles hasardées pour des mines dont les indices ont trompé l'explorateur. Une voie d'initiation à l'arôme minéral nous épargnerait ces inutiles travaux.

2° Créer des experts arômaux parmi les hommes. C'est ce qui aura lieu lorsque la race humaine aura atteint toute sa vigueur après 16 générations d'Harmonie. Alors la race, entre autres propriétés, aura acquis celle d'expertise arómale, partielle et spéciale, c'est-à-dire que sur 810 individus, on trouvera un ou plusieurs experts en fonctions du chien ou du chameau , discernant l'arôme d'une trace de lièvre ou d'une source; et ainsi des autres objets dont la connaissance est utile à nos besoins.

Déjà, parmi nous, on voit des indices de cette perfection future en odorat. Il est des individus qui flairent de fort loin quelque odeur insensible pour la multitude. J'en connais qui, en entrant dans une salle où se trouve un repas servi , sentent s'il est un mets où on ait employé beurre ou assaisonnement de qualité défectueuse. D'autres, au contraire , ont l'odorat si grossier, qu'ils ne sentent pas le goût du pain moisi , des farines échauffées que le boulanger mėle aux bonnes. Je connais un ménage nombreux qui porte cette même ignorance dans tous les détails gastronomiques, prend pour bon un vin poussé, tourné, éventé et acide au degré de demi-vinaigre; mange comme saine une viande parvenue à la demi-corruption, un poisson à demi gåté, une pomme de terre germée et devenue amère, une salade affadie par le vent. Tous ces détails de putrefaction échappent aux sens grossiers des civilisés : ils croient même faire une æuvre méritoire et morale en pre

nant pour bon du vin poussé ou du pain moisi. La philosophie leur enseigne qu'il faut mépriser les plaisirs des sens, trouver toutes les saveurs indifférentes, n'aimer que le brouet noir et les raves de Cincinnatus et les ragoûts de la femme de Phocion, principes fort commodes pour les mauvais cuisiniers et les vendeurs de drogues. Ces empoisonneurs doivent être grands amis des 100,000 volumes de morale.

J'aurais peut-être dů classer les 4 sens ouïe , odorat, goût , tact, comme j'ai classé la vue, par gamme puissancielle; mais un si long détail serait interminable. Je n'y ai pas même travaillé, voulant laisser en tous genres une portion de l'ouvrage aux divers amateurs. Il suffit que par l'échelle de la vue je leur enseigne à bien discerner les degrés de gamme, et que je les mette légèrement sur la voie pour les autres sens, comme dans ce chapitre.

(La suite au prochain numero.)

BRUNHILD ET COLOMBANUS

DRAME HISTORIQUE

EN CINQ ACTES ET EN HUIT PARTIES,

Par M. CHARLES BÉNÉZIT.

PERSONNAGES.

THEODORIC, chef des Francs de Bourgogne.
CLOTAIRE, chef des Francs de Neustrie.
COLOMBANUS, abbé de Luxeuil.
LEOCADIUS, Gallo-Romain.
GONDERICK, guerrier franc et encore idolâtre.
CÉSARIUS, rhéteur.
NICITIUS, sybarite.
HILDERICK,
SIGIVALD,

I guerriers francs idolâtres.
MARCOMIR,
SUÉNON,
CLAUDIUS, vieillard aveugle.
ALBINUS,
SERVIUS, Į Esclaves gallo-romains.
NESTORIUS, )
SYLVUS,
ANTONIUS, | Esclaves de Léocadius.
JUNIUS,
SIGEBERT, )
CHILDEBERT, | Fils de Théodoric.
MÉROVÉE,

TOIR IV.

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LEUDOLF, } Officiers de Théodoric.
PHARAMOND,
SICHAIRE,

{ Guerriers neustriens.
ANDOVALD, S
JACQUES, pècheur.
PAULIN, fils de Jacques.
CELSUS, jeune esclave.
CÉLESTIN, jeune enfant.
UN ÉVÊQUE, ambassadeur du pape.

BRUNHILD, reine d'Austrasie et aïeule de Théodoric.
ERMENBERGE, épouse de Théodoric.
EDWIGE, attachée au service d'Ermenberge et fiancée de Gonderick.
VIRGINIE, fille de Claudius.
MARIA , esclave de Léocadius.
FLAVIE.
CÉCILE, Gallo-Romaine, esclave.
MÉLANIE, épouse de Jacques.
CLOTILDE, sa fille.
AMBASSADEURS DE CLOTAIRE.
GUERRIERS NEUSTRIENS.
GUERRIERS AUSTRASIENS ET BOURGUIGNONS.
CLERCS ET ÉVÊQUES.
MOINES.
TROUPE DE MUSICIENS attachés à Léocadius.
ESCLAVES DE LÉOCADIUS.

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