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Les organes des sens sont tous à la circonférence. Les membres s'éloignent du torse , tendent à la sphère inférieure; et, par les pieds, organes passifs du tact (1), nous tenons d'une manière permanente au sol. Au contraire, le foyer de l'intelligence, le cerveau, placé à la partie supérieure, est comme en contact avec le ciel. Le cæur est au centre de l'être humain. L'organe de la lumière, l’æil, touche au centre intellectuel; mais la chaleur vitale a le cæur pour foyer.

La face humaine, à la fois dressée vers le ciel et dominant la terre, résume l'homme tout entier. Les sens s'y réunissent, le front y signale l'intelligence, les sentiments y éclatent dans leur puissance et leur mobilité. On cherche encore où est le siège de l'âme : assurément, quel que soit le poste où elle concentre son action intérieure, sa manifestation extérieure se résume sur la face. Là encore, il faut le remarquer, ce qui domine c'est l'expression des sentiments, et les affections du cæur, baine et amour, souffrances et bonheur, rayonnent surtout des parties centrales du visage.

Tel est l'homme. Et ce tableau rapide a pour but de constater devant le lecteur qu'en outre de la considération des fonctions, par les signes mêmes extérieurs, par la distribution de l'organisme, ce qui est central, ce qui est principal dans l'homme, c'est l'affectif, c'est le sentiment, c'est l'amour.

§ III. Principes des passions cardinales, et leur concordance

avec les fonctions nécessaires.

Fourier, comme chacun sait, distingue, en premier degré d'analyse, quatre sortes d'amour, qu'il nomme les quatre passions cardinales (2). Assurons-nous, par une analyse succincte, de la rationnalité de ces distinctions.

Si nous jetons de haut notre regard sur l'humanité, que voyonsnous ? Une grande masse d'abord. Voulons-nous pénétrer plus avant dans ce tout ? analysons, distinguons, divisons; cherchons la Variété dans l'Unité.

Tous les éléments de la famille humaine ont leurs attaches réciproques. Ces liens nécessaires, nous allons les déduire des fonctions nécessaires; la nature de ces attaches va nous etre révélée par les convenances mêmes de la destinée terrestre.

(1) Les mains sont l'organe actif majeur du tact ; l'organe actif mineur est celui du tact-rût. (2) « Le sacré qualernaire, source de la nature et modèle des dieux. »

(PYTHAGORE. Vers dorés.)

TOMB IV.

La destinée terrestre a trois objets, concordant aux trois sphères de l'activité humaine. D'abord, développer et raffiner le corps, cultiver et embellir le globe, domaine de l'homme, corps de la planète. Ensuite, ouvrir et fortifier l'intelligence, acquérir la science intégrale qui doit révéler à l'esprit humain les lois de la vie universelle et les merveilles des mondes. En troisième lieu, élargir le cæur, le perfectionner par l'amour, rendre l'âme de l'Humanité digne de s'élever dans l'échelle des existences et de s'unir à la Divinité. Ces trois objets de la Desti née, en leur Unité religieuse, sont admirablement exprimées par ces simples et sublimes paroles du catéchisme catholique : Servir, connaitre et aimer Dieu. Le bonheur est attaché comme sanction à l'accomplissement de cette triple destinée, de ce triple devoir (1).

Ainsi : Vivre, – en cultivant et raftinant le corps individuel et collectif, en illuminant l'esprit, en perfectionnant le cour, — pour se rallier à Dieu.

Le premier terme est sans doute le moins noble; mais la culture du sol, d'où il tire sa nourriture, est pour l'homme le plus puissant des besoins, des devoirs. D'ailleurs, tout est si barmonieusement lié dans l'univers, qu'en interrogeant cet acte matériel de la Destinée, nous allons en voir nécessairement sortir la vie spirituelle.

Quelles sont les fonctions matérielles fondamentales de l'espèce humaine sur le globe? Il y en a deux générales :

1° Production , mise en culture et gouvernement du domaine ;

20 Reproduction de l'espèce, afin que l'æuvre de gestion puisse se perpétuer.

Fourier qualifie ces fonctions de création majeure, création mineure.

Aussitôt que les hommes veulent agir, ils se réunissent, et ce premier lien très-général qui se forme entre eux ne fait acception ni de sexe ni d'âge. Ce lien s'exprime dans la langue par les mots compagnonnage, camaraderie, amitié. Entre compagnons, entre camarades, entre amis, tout est sur le pied de l'égalité; la réunion est libre et confuse.

L'homme veut-il exercer avec force son gouvernement pour la production, l'égalité confuse du groupe d'amitié ne lui suffisant plus, il se distribue en sectes, en corporations; il organise le pouvoir. Le groupe humain prend alors un autre caractère essentiel. L'indépendance confuse est remplacée par la hiérarchie.

(1) Le principe et la règle du Devoir sont tout entiers dans l'accomplissement de la Destinée générale. Les deux termes Destinée collective et Devoir sont les deux pôles objectif et subjcctif de la même idée.

Avec ces deux formes, réunion amicale et organisation hiérarchique, l'homme peut agir et régir; mais, pour que la gestion se continue, il faut la reproduction de l'espèce. Alors va intervenir un lien nouveau; alors, dans la masse humaine libre ou hiérarchisée, vous distinguez deux termes contrastés, l'homme et la femme. L'amour, avec ses tendresses et son fanatisme aveugle, vient unir ces deux éléments; et, de leur contact nait bientôt un autre sentiment, une attache nouvelle, la famille, qui accueille, adore l'enfant, et le prépare par l'éducation à la fonction de création majeure.

Voilà donc qu'en raison des fonctions générales de l'espèce, nous voyons se produire quatre modes divers de liens, d'affections. Ce sont en effet les quatre passions qui rattachent l'homme à son semblable : l'amitié, l'ambition, l'amour, le famillisme.

Pour que le gouvernement du domaine atteigne son summum de développement, pour que l'humanité soit apte à fonctionner dans le monde des humanités, dans l'univers, comme l'homme fonctionne dans sa sphère terrestre, il faut que les sociétés s'organisent, que l'Unité politique se constitue ; il faut que les hommes soient tous fraternellement unis entre eux à ce point de n'être plus qu'un (unum sint); à ce point qu'ils sentent le besoin de s'unir aux êtres supérieurs et à Dieu , et de se perpétuer dans la vie éternelle. Ce lien suprême, cette attache universelle et religieuse, c'est l'Unitéisme , accord puissanciel des quatre passions cardinales.

SECTION DEUXIÈME.

LA SÉRIE.

$ Jer. La Série proportionnelle à l'amour.

Si les Attractions sont proportionnelles aux Destinées, il est évident que chacune des passions cardinales porte en soi un certain type d'ordre. Puisque ces passions embrassent tous les rapports des hommes entre eux, il est de rigueur qu'elles déterminent elles-mêmes la loi de ces rapports; et, si elles ont entre les forces de l'àme le rang de cardinales, si elles sont le foyer de la vie sociale , si elles sont l'homme même, il est incontestable que c'est dans leurs exigences naturelles que nous aurons à chercher d'abord les lois principales, les conditions nécessaires de l'ordre essentiel. En un mot, si les Attractions sont proportionnelles aux Destinées, et si la Série distribue les llarmonies, ces quatre passions, toutes et chacune, contiennent implicitement les formes de la

Série, et c'est à leur étude approfondie que l'on doit demander la révélation de l'Harmonie et de la Destinée.

§ II. Principes des quatre règnes (1). Lois de distribution des

éléments dans la nature.

Fourier ne s'est pas contenté des lois révélées par les fonctions humaines, des indications fournies par l'analyse de l'âme, il a demandé encore des confirmations aux phénomènes extérieurs et aux lois de la Nature.

Suivons le Maître dans sa méthode rigoureuse, et, après avoir analysé les quatre groupes passionnels, interrogeons les quatre groupes de la création terrestre. Cherchons dans les règnes de la nature quels sont les caractères apparents, les formes qu'affecte la vie; enfin, quelles sont les lois de la variété dans ces unités diverses.

L'état substanciel ou rudimentaire de chaque règne, c'est l'agrégation confuse des éléments telle qu'elle s'offre à nous dans le minéral. Les éléments, semblables entre eux et semblables à la masse, sont confondus, sans ordre, sans aucune supériorité relative résultant de leur composition et de leur ordonnance. Dans les cristaux d'une même variété, les facettes font entre elles des angles constamment les mêmes. Les masses minérales n'ont pas d'organes; mais, en les analysant, on trouve qu'elles se composent de molécules intégrantes, c'est-à-dire de parties qui se distinguent entre elles et s'individualisent en titre égal.

Lorsque la science aura pénétré plus avant dans le règne arðmal, lorsque les fluides impondérés seront mieux connus, on verra éclater partout, dans ce domaine, le principe de la dualité. Déjà les observations recueillies sur la lumière, la chaleur, l'électricité, nous autorisent à poser la loi de polarité comme caractéristique du mouvement arómal. Ici les parties s'individualisent, et la masse se divise en deux organes ou foyers d'attraction, qui se marient ou s'opposent en symétrie ou en contraste.

Voyez le végétal s'élever du sol. Sur une tige principale s'ouvre latéralement un bourgeon, puis un autre au côté opposé; ce sont les rameaux qui se balancent sur un tronc commun. Il y a là des ailes et un centre. Souvent, dans l'arbre, à distance, la masse des ramures et du

(1) On sait que, peu de temps après la publication de son ouvrage de 1808, Fourier, devançant la science oflicielle, donnait rang à l'aromal parmi les grands mouvements de la Vie, et dégageait le passionnel en pivot. Nous ne pouvons donc plus désormais compler trois régnes dans la Nature, il y en a quatre et le pivotal, l'hominal, lesquels correspondent aux quatre mouvements : matériel, aromal, organique, instinctuel ; passionnel.

feuillage semble effacer le tronc; mais, en observant de plus près, vous pouvez reconnaitre aisément le caractère dominant, la propriété pivotale de cette tige cachée. C'est elle qui équilibre les branchages.- Dans le règne végétal, les diverses parties de l'être, individualisées, mariées, contrastées, se balancent sur le pivot.

Dans l'unité animale, non seulement les parties s'individualisent, se marient, s'opposent en contraste et s'équilibrent, mais elles se mesurent, c'est-à-dire qu'elles s'assemblent et se composent en nombre determiné, en se conjuguant hiérarchiquement sur un centre fortement mis en relief. Les quantités, constantes dans les espèces, sont aisément comptées par l'analyse, même par le regard.

L'Homme résume en lui toutes ces lois de combinaison, toutes ces conditions de la variété. Chez lui, les éléments assemblés, individualisés, partout mariés et contrastés, mesurés, se surcomposent, s'élèvent par leur ordonnance à des puissances supérieures, et constituent, dans leur unité parfaite, le type de l'ordre créé (1).

Chacun peut compléter cette analyse comparée des règnes. Nous devions nous borner à quelques distinctions générales utiles à notre sujet.

§ III. Les types sériaires.

Maintenant, nous allons prier le lecteur de vouloir bien faire de toutes ces analyses une synthèse. Qu'il résume dans sa pensée les caractères des quatre règnes, les propriétés et les fonctions des quatre cardinales, telles qu'elles sont exposées dans les livres de Fourier, et spécialement sous la forme d'analyse que nous avons choisie; qu'il demande encore aux sciences mathématiques les propriétés des sections coniques, aussitôt l'analogie va faire éclater à ses yeux les formes successives qu'affecte la Variété dans les grandes Unités fondamentales. Il aura devant lui, enseigné à la fois par les mathématiques, par la nature et par l'âme humaine, le principe general de la distribution des forces, autrement dit le principe, les bases et les types divers de la Série.

Fourier a nommé plusieurs modes sériaires :
Simple, composé, mixte;
Libre, mesuré, puissanciel.

(1) Un trait, dans les formes extérieures, caractérise l'unité suprême des races humaines entre elles. Sur la plante, sur l'arbre, les branches et les racines sont trèsdissemblables et en nombre indéterminé; aux pieds, aux pattes, aux nageoires des diverses espèces animales, les doigts, les articulations varient en nombre et trèssensiblement en leur forme. Parmi les espèces du règne hominal, les doigts, qui, dans le plan unitaire de la création , figurent les racines et les branches, sont partout semblables par leur nombre, leur distribution articulaire et par leur forme générale.

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