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la richesse et du pouvoir dont il leur donne le désir. Nous sommes de même poussés à le supposer persécuteur dans l'autre monde, où il exclurait de salut les 99/100es du genre humain. Nous sommes réduits, quant à ce qui nous concerne, à ne spéculer que sur l'égoïsme en cette vie, à opiner contre nous-mêmes quant à l'autre vie, puisque nous désirons et craignons à la fois une résurrection en celle-ci , étrange position où nous plaçons la Divinité et l'Homme. En faudrait-il davantage pour nous faire rougir de nos prétendues perfections et fixer notre attention sur la Théorie qui va dissiper toutes ces ténèbres dogmatiques en fondant le bonheur de cette vie et de l'autre sur la richesse graduée et générale, et sur l'hypothèse d'une générosité universelle de Dieu dont nos doctrines actuelles feraient, d'après les argumens précédents, le plus méchant de tous les êtres ?

N'attribuons pas à Dieu des infamies dont nous rougirions nousmêmes. Nous avons en horreur les dieus féroces de Scandinavie, dui Mexique et d'Ashantie; n'avons-nous pas fait le nôtre égal en cruauté et peut-être plus raffiné?

Je viens de le justifier, quant au matériel. On ne connaftra l'étendue des biens qu'il nous destine en ce monde et en l'autre que par une théorie des 12 passions et des emplois de chacun de leurs accords. Poursuivons donc cette étude sur les 7 passions animiques, bien plus intéressantes. Après quoi nous passerons aux conjugaisons ou formes des séries passionnelles, puis à la syntaxe ou engrenage des séries, qui nous dévoilera l'immensité de bonheur que Dieu nous réserve, soit dans le cours de nos résurrections sur ce globe, soit dans les mondes plus fortunés que nos ames parcourront pendant l'éternité, en s'y revetant de nouveaux corps, en s'unissant à la matière dont le concours est gage de bonheur pour la Divinité comme pour les Humanités.

(La 3e notice contenue dans cette livraison et la précédente est tirée du cahier 15o, cote 9, 2e rose vil piqueté. }

APPENDICE

L'ANALYSE PASSIONNELLE.

{Dans le cahier fer rose vif piqueté, 22e, cote 9, se trouvent plusieurs cha pitres que Fourier avait d'abord composés pour placer en tête de l'analyse des 12 passions , et qu'il a ensuite remplacés par ceux formant la première notice de l'analyse des passions sensuelles. On doit considérer ces chapitres comme un premier' brouillon; 'nous les publions, cependant, parce qu'ils contiennent de nombreux passages propres à compléter l'analyse passionnelle, et aussi quelques vues intéressantes sur l'analogie.

Voici le sommaire de ces chapitres avec les notes interlignées écrites par Fourier lui-même. ]

SOMMAIRE.

Chap. I. L'arbre, hiéroglyphe du monde social et des passions.

Bon, sed à revoir. Chap. II. L'arbre passionnel direct et ses rameaux, ou puissances graduées

en fer, 2e, 3e, he et se degré.

Abrégez beaucoup de choses déjà dites. Cund. III. L'arbre passionnel subversif et ses rameaux gradués en fre, 24,

3o, 4e et 5e puissance.

Quelques redites, mais moins qu'au précédent.
CHAP. IV. Les trois rameaux subversifs de fre puissance. .

Bon, très-curieur.
[En marge de la page 12 : ) Ces 4 premiers chapitres sont languissante,

trop scientifiques.
Chap. V. Analogie du matériel au passionnel.
Char. VI. Harmonie des nombres sacrés 3, 7, 12.

Curieus, mais très-obscur.

(En marge de la page d 43 : ) chapitre trop savant. Caap. VII. Analogie tirée du système arómal planétaire.

Agréable ; faut le distraire du tout.

CHAPITRE PREMIER.

L'ARBRE, HIEROGLYPIIE DU MONDE SOCIAL ET DES PASSIONS.

La classe de végétaux nommée arbres est l'image la plus régulière du jeu des passions, et d'abord de leurs 2 e:sors d'Harmonie et Subversion ; le ler est représenté par les branches qui figurent l'Harmonie, et les racines sont hiéroglyphes de subversion.

Pour disserter sur ce sujet, il faut se rappeler la division des 32 périodes sociales en 24 sociétés harmoniques et 8 sociétés subversives, et les 2 foveres non comptées, savoir :

2. 3. 4. 5. Subversion ascendante.... =
det 6 à 16. Harinonie ascendante..... = 12

Les 2 foyères
17 à 27 et 32. Harmonie descendante.... = 12
28. 29. 30. 31. Subversion descendante... = 4

H. 24: S. 8 = 32 Total... 8 touches d'essor subversif ou périodes malheureuses,

24 touches d'essor harmonique ou périodes heureuses,

ainsi que les foyères qu'on ne compte pas en mouvement. L'âge subversif comprenant 8 sociétés malheureuses est représenté dans les racines de l'arbre, dans la partie non sociétaire avec l'homme.

L'age harmonique, donnant 24 sociétés heureuses, est représenté dans les branches de l'arbre, dans la partie associée à l'homme.

La tige ou pivot est hiéroglyphe spécial des 2 sociétés foyères qui sont pivotales entre les 12 d'Harmonie majeure et les 12 d'Harmonie mineure.

Les racines sont rampantes à fleur de terre et cachées dans l'obscurité par analogie aux 8 sociétés de limbe obscur dont elles sont l'hiéroglyphe, et dans lesquelles tout essor général des passions est ignoble, rampant, comprimé, obscur. Aussi les hommes qui connaissent bien la Civilisation donnent-ils pour règle de succès le précepte : Médiocre et rampant.

Les branches, au contraire, sont évasées et s'élancent noblement vers le ciel, occupant un espace beaucoup plus vaste que celui des racines par analogie aux 24 sociétés heureuses dont la durée surpassera immensément celles des 8 pé riodes malheureuses ; elles sont ornées d'une brillante et utile parure, emblème du luxe qui doit parer et enrichir les âges d'harmonie.

Le premier phénomène que nous présente la structure de l'arbre, c'est que l'essor combiné ou direct, l'essor des branches, la portion qu'on peut nommer sociélaire avec l'homme, donne l'Unité par la tige ou faisceau pivotal des branches; et que l'essor incohérent ou inverse, l'essor des racines, portion insociétaire avec nous, ne donne pas d'unité ou contre-tige. Les plus fortes veines de racine sont implantées directement dans la souche sans se rassembler en lige ou lien unitaire avant de se réunir à la souche. C'est un emblème fidèle du mouvement social qui donne l'unité dans son essor combiné, dans ses phases d'Harmonie comprenant 24 périodes, et ne donne point d'unité dans son essor incohérent, dans ses phases de subversion comprenant les 8 sociétés de limbe obscur figurées par les racines.

La tige, emblème de l'unité, réunit éminemment l'utile et l'agréable ; elle est pour nos édifices le morceau précieux de l'arbre, surlout quand elle est continue, comme dans le chène et le sapin. Elle est de même le grand canal de circulation servant à la fois d'artère et de veine aux mouvements de la sève, et de garantie à l'arbre contre les chocs.

Elle nous offre l'agréable porté jusquau merveilleux. C'est la tige qui, élevant les branches au-dessus de nos têtes, nous ménage un libre passage sous les colonnades et voûtes de la forêt.

En considérant que tout l'utile et tout l'agréable se trouvent dans la partie harmonique de l'arbre qui nous ombrage de ses feuilles, nous nourrit de son fruit, nous enrichit de son bois, nous protège de sa tige, et que la partie incohérente avec nous, nommée racine, est bornée à des fonctions nécessaires à la vérité, mais qui n'ont pour nous ni agrément ni utilité directe et sensible, on verra dans ces 2 développements de l'arbre une parfaite image des 2 essors du mouvement social qui réunit au plus haut degré l’utile et l'agréable dans ses phases d'harmonie, et n'offre ni l’un ni l'autre dans les phases de subversion ou sociétés de limbe obscur. Elles font à la vérité un travail préparatoire et indispensable, comme celui des racines; elles recueillent et élaborent les sucs essentiels ou matériaux d'Harmonie, comme grande agriculture, sciences et arts, qui sont la sève dont s'alimentera le mécanisme sociétaire; mais les travaux subversifs n'ont, comme les racines, aucun agrément, aucune utilité directe et sensible. Tout n'est que tristesse, obscurité et pauvreté dans le travail civilisé ; il n'aboutit qu'à encombrer les villes de mendiants, et ne donne qu'un misérable produit comparable à celui des racines dont le bois, inutile aux constructions et indigne de paraitre aux cheminées de maitre, est abandonné aux plus vils usages, quoique arraché de terre avec une peine intinie, comme les chétives récoltes qu'on obtient du travail civilisé.

La division fondamentale du mouvementet les propriétés de ses 2 essors sont donc bien figurées dans la structure de l'arbre; on y voit que le mouvement en essor harmonique donne l'Unité ou Tige; il donne la richesse qui nait des branches, de leur bois, de leur fruil; il donne le charme qui nait de leurs seuilles, de leur ombrage, tandis que l'essor subversif ne donne point d'unité, point de richesse, point de charme. On ne saurait trouver un tableau plus fidèle du contraste de l’Harmonie ou Unité sociale avec l'état de Subversion et de Duplicité qui comprend les sociétés civilisée et barbare, patriarcale et sauvage.

Ces sociétés ne sont en tout sens qu'un Égoïsme anti-unitaire, une échelle de discorde collective et individuelle, d'oppression et de baines graduées, qui établit d'abord la dissension primordiale des quatre sociétés, puis les haines et discordes respectives entre chaque nation d'une société, entre chaque

province ou corporation d'un Élat, entre chaque ville d'une Province, entre

haque famille d'une Cité, entre chaque membre d'une Famille, et en résultat général les sept fléaux en permanence, et par suite l'Egoïsme collectis et individuel ; car, dans ce chaos de discorde et de misère, l'Egoïsme, antipode de l'esprit unitaire, est la seule boussole de salut; aussi, tout homme prudent, expérimenté arrive-t-il à l’égoïsme plus ou moins res Treint, protégeant pour son intérêt quelques affidés ou parents avec qui il est en ligue offensive contre la masse entière , spoliant et dupant par tous les moyens possibles et l'État et ses concitoyens qui le spolient lui-même autant qu'il est en leur pouvoir.

Les racines d'un arbre nous peignent la duplicité sociale dans loutes leurs distributions; la souche les régit selon le principe machiavélique : Divide et regna ; elle les divise dès leur origine sans leur laisser, comme aux branches, un faisceau d'unité que représente la tige. Ainsi, la politique civilisée, avec ses bascules, contrepoids fictifs et polices contradictoires, tient en division les corps principaux dont l'union aboutirait à opprimer le prince et le ministère. La marche de ces racines est tortueuse, même en pleine terre, comme nos relations mensongères, dont elles sont l'emblème; leurs rameaux sont poueux, raboteux, par allusion aux entraves dont fourmille le mécanisme civilisé et barbare ; leurs extrémités, au lieu de se développer distinctement et franchement comme les derniers jets de l'arbre, se subdivisent en radicules et filaments confus, innombrables et de nulle valeur, par allusion à ces fourmilières de populace en haillons qui sont les extrêmes de l'arbre civilisé et les infini. ment petits de la misère sociale ; classe tout opposée au menu peuple d'Harmonie qui se distingue par la polilesse et la bonne tenue, l'activité industrielle et l'aptitude aux beaux-arts, comme on voit les extrêmes et menus rameaux de l'arbre en faire le plus bel ornement.

On pourrait, sur cette analogie, fonder la réfutation de tous les systèmes civilisés qui promettent l'unité ; elle n'est pas applicable au mouvement subversif, il ne faut donc pas en tenter l'établissement dans les 8 limbes obscurs, 2, 3, 4, 5, 28, 29, 30, 31, représentés par les racines de l'arbre; et si nos faiseurs de systèmes veulent sincèrement l'unité, ils se déclarent par ce vau ennemis de la Civilisation, de la Barbarie et de la Sauvagerie.

Un ergoteur ne manquera pas de répliquer à cette analogie tirée des racines, et dira que certains végétaux donnent l'unité en racine et non en tige : la rave, la carotte, le panais, le salsitis, sont de ce nombre. C'est une objection déraisonnable, arguer de l'exception contre la règle générale qui est confirmée et non pas infirmée par l'exception d'un 1/8€. Ce 1/8° de transition étant un lien nécessaire dans la chaine du mouvement, il restera à expliquer quels hiéro glyphes nous donnent ces végétaux sur les unités subalternes de l'ordre subversif qui offre quelques unités partielles, mais point d'unité générale.

Une objection plus spécieuse est celle des emplois externes des racines. Indépendamment du travail qu'elles font pour le service de l'arbre, elles sont de grande utilité pour soutenir les terres, s'opposer à l'effort des courants et des averses et entretenir une véritable harmonie entre les 3 éléments, air, terre et eau; car sans la résistance qu'opposent les racines il arrive qu'une

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