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CHAPITRE IV.

LES 3 RAMEAUX SUBVERSIFS DE Are PUISSANCE.

Les principes établis dans le précédent chapitre sur la passion de tige, seront pleinement applicables aux 3 passions de fer degré subversif et aux 12 de 2e degré subversif. Chaque passion va au même but dans ses 2 essors, mais par des voies opposées donnant des résultats opposés. Les passions produiront discorde, fausseté, pauvreté, incohérence, si l'essor est subversif; elles produiront concorde, vérité, richesse, association, si l'essor est harmonique.

Tous les peuples appauvris par le mécanisme civilisé et barbare désireraient être riches comme le seront les Harmoniens. Il y a donc entre l'harmonie et la subversion identité de but et de ressorts, malgré l'opposition de procédés et de résultats; et pour désigner exactement cette opposition des 2 voies d'essor, il faudra , comme je l'ai observé, doubler la nomenclature des passions et la contraster dans l'ordre suivant pour les 3 passions de fer degré, dites foyères. Primaires barmoniques.

Primaires subversives.
Luxisme.

Contre-luxisme.
Amantisme.

Contre-amantisme.
Sériisme.

Contre-sériisme. ou bien faux luxisme, faux amantisme, faux sériisme. J'adopterai volontiers la nomenclature la plus exacte. Je laisse aux hommes de l'art le soin de régulariser ce que je me borne à indiquer dans mes tableaux. Je les ai souvent corrigés et modifiés. Je ne doute pas que d'autres ne puissent indiquer d'utiles amendements sur ce qui tient aux formes.

Venons à l'examen de ces 3 passions, ou foyères , ou rameaux primaires qui, partant d'une souche gangrenée, partant de l'égoïsme, doivent être vé néneuses comme la souche dont elles sont issues.

fre foyère subversive. -1° Le contre-luxisme. Il s'établit en double seas par la scission des 2 luxes et la scission des compétiteurs du luxe.

fre scission des 2 lures. On a vu au 2e chapitre que l'homme tend aux 2 luxes, interne ou de santé, externe ou de fortune. Ces 2 luxes dans l'état actuel sont en contradiction. La classe pauvre ou sauvage est la plus robuste. Le paysan, l'homme de peine , sont d'une vigueur incomparablement supérieure à celle du citadin opulent; de sorte que c'est la pauvreté ou absence de luxe externe qui est le garant de la vigueur ou luxe interne. Telle est la première scission du luxe avec lui-même , conflit de ses 2 portions intégrantes, schisme élémentaire ; passons à une 2e.

2e scission. Parmi une masse de gens riches de même âge, de méme for tune, habitant même séjour, si nous supposons qu'une moitié vive sobrement , régulièrement, méthodiquement, et que l'autre moitié se livre sans mesure

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aux plaisirs, repas somptueux, veilles fréquentes et autres excès, il arrivera que cette moitié engagée dans le torrent des plaisirs sera beaucoup moins robuste que la classe vivant sobrement, s'abstenant de veilles et d'excès quelconques. De là nait la plaisante conséquence que pour jouir du luxe interne ou santé, il faut s'abstenir des jouissances auxquelles provoque le luxe externe ou richesse. C'est une 2e scission des luxes, un schisme d'emploi.

Nous ne sentons pas le ridicule de ce schisme, parce que nous sommes élevés dans un ordre social où existe le conflit permanent des 2 luxes, et où la raison est de sacrifier l'un des deux à l'autre. Il faut, pour apprécier le vice de cette raison anti-altractionnelle ou subversive, attendre l'exposé du mécanisme sociétaire où la raison veut que l'homme s'abandonne sans mesure aux plaisirs, parce qu'ils sont équilibrés dans l'ordre sociétaire avec tant d'art que leur affluence même devient garant des 2 luxes, santé et richesse. Dans cet ordre, l'homme riche, qui se lance à corps perdu dans le torrent des plaisirs, a plus de chances de vigueur que le pauvre, qui, sans manquer de rien, a pourtant moins de chances voluplueuses que le riche. L'état actuel qui force l'homme riche à opter entre l'un des 2 luxos, à se modérer sur l'externe ou plaisir, pour conserver l'interne ou santé, cet état, dis-je, accuserait Dieu d'impéritie et de contradiction; car s'il ne veut pas que nous jouissions sans mesure des 2 luxes, il ne devait pas nous donner une attraction démesurée pour tous deux.

3e Scission.- Si celui qui opte pour la jouissance immodérée ne risquait que la perte de santé ou luxe interne, il y aurait une ombre de justice dans cette disgrâce; mais il arrive que les excès qui altèrent la santé compromettent du même coup la fortune. On commence par un train de dépense assorti à son revenu; bientôt surviennent des revers, des duperies avec les intrigants, les joueurs, les femmes, les dépenses imprévues; en suite de quoi la fortune ou luxe externe se trouve bien vile engloutie par le même train de vie qui a ruiné la santé ou luxe interne. Voilà donc la civilisation présentant aux 2 luxes double écueil, et les eatrainant simultanément dans l'abime. Un pilote ignorant n'engloutira son navire que dans Scylla ou dans Carybde, et non pas dans les 2 gouffres. Mais l'état subversif jette le navire passionnel sur 2 écueils à la fois.

A cela les philosophes répondent que, dans l'usage des plaisirs, il faut apprendre à se modérer par la lecture de leurs 400,000 volumes contradictoires, qui, si l'on en juge par Senèque et Platon, ne modèrent ni la cupidité ni les autres passions. D'ailleurs, fussent-ils d'accord sur les méthodes modératrices, ils seraient déjà absurdes par cela seul qu'ils prêchent la modération opposée à la nature et à l'attraction. Voit-on que Dieu modère l'abeille et le castor dans leur fougue industrielle, modère-t-il le tigre et la hyène dans leur soif du sang, modère-t-il les planètes dans l'inconcevable rapidité de leur marche ? Non; tous les corps organisés se livrent à la véhémence de l'attraction quand ils jouissent du libre essor, et c'est là le vrai bonheur auquel il s'agit d'élever l'homme pour le mettre à l'unisson de l'univers.

On ne voit pas que dans le mécanisme de l'univers l'essor libre du luxisme produise aucun des 3 effets absurdes que je viens de citer : en effet, qui n'accuserait Dieu d'une profonde ineptie s'il avait destiné le luxe à produire pareille cacophonie, conflit de l'interne avec l'externe et de tous deux contre tous deux? On peut défier l'être le plus imbécile ou même le plus savant d'inventer 3 effets de discorde plus ridicules que les 3 scissions que je viens de décrire, et qui sont propriétés essentielles du luxe dans tout le cours des sociétés limbiques.

Nous sommes done, sur lout ce qui touche au luxe, en mouvement subversif, puisque nous n'arrivons qu'à établir, en triple sens, le conflit des 2 éléments du luxe et obtenir en résultat la pauvreté graduée et relative, même cbez le riche, dont J.-B. Rousseau a si bien dépeint les privations idéales:

Il brûle d'un feu sans remède,
Moins riche de ce qu'il possède

Que pauvre de ce qu'il n'a pas. 2e Foyère subversive.- Le Contre-amantisme. En examinant les effets actuels de notre penchant aux 4 groupes, nous trouverons dans l'essor de cette passion même cacophonie, même choc d'éléments que dans la passion du luxe. Jugeons-en par comparaison à un seul groupe, celui d'Amitié.

Rien n'est plus commun en Civilisation que les réunions de prétendus amis tout pétris d'égoïsme et de vues intéressées, n'ayant de l'amitié que le fard et de mobile réel que l'intérêt; telles sont les assemblées d'étiquette où l'on ne ressent pas l'ombre de l'enthousiasme et du dévouement qu'on y affecte. Chacun y vient dans des vues particulières d'intérêt, d'intrigue, de galanterie, de gourmandise.

Ces groupes, j'en ai déjà parlé, ont une passion dominante en contradiction avec la tonique. Leur tonique ou ressort simulé, ou passion d’étalage, est l'amitié; mais leur dominante ou ressort effectif est l'intérêt, l'intrigue, la galanterie, la gourmandise ou autre mobile qu'on ne veut pas avouer et qu'on masque d'amitié.

Cette contrariété de la tonique et de la dominante constitue le groupe subversif et faux, qui est le ressort le plus général de la mécanique civilisée. Aucun groupe n'est plus remarquable en ce genre que celui de famille, où l'on voit constamment les pères opposés aux enfants sur le goût des plaisirs, de la dépense, de la parure; sur les choix en amour, en mariage, etc., de sorte que tous les enfants déguisent habituellement leur dominante pour étaler une tonique, une déférence filiale voulue par le père.

Même fausseté dans les groupes d'ambition. C'est l'intérêt, l'égoïsme, qui fait mouvoir toutes les corporations et coteries politiques. Mais si vous écoutez chacun des membres, c'est le pur amour du Roi et de la Patrie qui diriga toutes leurs démarches; l'intérêt n'a sur eux aucune influence, ils ne veulent que le bien du peuple et la satisfaction de servir le roi , ou, s'ils sont academiciens, l'honneur de faire triompher l'auguste vérité sans aucune vue d'interêt personnel.

Je ne parle pas des faussetés du groupe d'amour, c'est un chapitre si étendu et si connu, la fidélité des femmes, la candeur sentimentale d'un aigrefin qui veut épouser cent mille écus !

Voilà un aperçu de la fausseté interne des groupes civilisés, de la discorde qui existe entre leurs éléments, entre la passion dominante et la tonique. Ce sujet sera expliqué plus amplement dans une section d'analyse du mouvement subversif, il suffit ici d'une esquisse du sujet.

Passons à la fausseté erierne des groupes civilisés ou snbversifs, la discordance générale de ces groupes entre eux dans leurs relations de groupe à groupe. Ils sont discordants en classes, ordres, genres, espèces et variétés.

po Discordes de classe. Les groupes civilisés sont inconciliabies en tout sens. La convoitise d'un mème homme suffit pour brouiller 2 femmes. Les familles ne s'accordent point avec les corporations. Une famille veut envahir à elle seule les prérogatives d'un corps entier. Ce sont des vérités trop communes pour qu'il soit besoin de les démontrer.

2o Discordes d'ordre. Dans la classe d'Ambition l'on peut distinguer divers ordres, savoir: le ministere, la cour, la judicature, l'armée, l'Église, la finance, le haut agiotage; tous ces ordres sont ennemis entre eux. Le ministère a 2 ou 3 plans soutenus par divers chefs; la cour est remplie de partis qui veulent faire changer le ministère et qui se haissent entre eux; la judicature ne fraie point avec l'arniće, le militaire point avec la finance, l'agiotage point avec le clergé, et ces divers ordres, en toute occasion, se harcèlent avec une malignité sans égale, et nourrissent des baines invétérées.

Cette discorde n'est pas moindre dans l'ensemble qu'entre les divers ordres, noblesse, propriétaire, commerce, bourgeoisie, paysans chacun des 5 ordres déteste cordialement les 4 autres et ne songe qu'à empiéter sur eux.

3o Discordes de genre. Même antipathie entre les groupes de genre. La noblesse de cour méprise celle de province, la noblesse d'épée dédaigne celle de robe ; d'autres dédains se fondent sur les degrés de fortune ou d'ancienneté : mème dissension parmi les bourgeois qui discordent de profession à prosession.

Discordes d'espèce. Rassemblez dans une grande ville vingt sociétés bourgeoises à peu près d'égale fortune, elles se détesteront, médiront à l'envi les unes des autres. Les hommes ne chercheront qu'à s'enlever les chances de fortune, les femmes qu'à s'enlever les amants, s'éclipser en parure, se cribler de malignes critiques. Pareille discorde entre les groupes de savants qui se dédaignent et se détestent en se faisant des compliments académiques, voire mème entre les groupes de moines chez qui Boileau a si justement placé la Discorde occupée a diviser cordeliers, carmes et célestins.

5o Discordes de varictė. Trouvera-t-on plus d'union entre des groupes de nuance? Trois coteries de prudes habitant une mème ville sont des groupes de variété tenant à une même espèce. Trois comités de Carmes habitant un mème couvent sont encore des groupes de variété qui ne s'occuperont qu'à intriguer les uns contre les autres et se traverser en tout sens.

Tels sont les résultats de la Civilisation perfectible, de la douce fraternité où veulent nous conduire les philosophes. Discorde universelle des groupes en classes, ordres, genres, espèces et variétés, et des affiliations de groupes enIre elles. C'est pourtant des affiliations de groupes que doivent se former les sérios passionnelles qui seront le ressort d'Harmonie universelle. Il faudra donc que leurs groupes soient formés selon d'autres méthodes et n'aient pas la passion dominante contradictoire avec la tonique, effet d'où résulte leur discorde générale dans tous les degrés.

En conséquence de tous les vices inhérents à l'action individuelle, et dont je reprendrai l'examen dans un article spécial, Dieu a dù préférer les groupes aux individus, et asseoir sur l'intervention des groupes toutes les dispositions du système social qu'il a composé pour nous. Mais si les groupes qui formeront série passionnelle avaient, comme les nôtres, la fächeuse propriété de discorder de classe à classe, d'ordre à ordre, de genre à genre, d'espèce à espèce, de variété à variété, comment Dieu pourrait-il avec un tel ressort atteindre au but d'Harmonie et d'Unité ?

Il restera à démontrer que cette échelle de discorde est l'effet du mécanisme subversif et non pas des groupes. Ils ont des propriétés tout-à-fait opposées en état d'harmonie on de série passionnelle contrastée, où la tonique et la dominante ne sont jamais que la même passion.

On voit par exception quelques exemples de cet [ ] dans l'état civilisé. Par exemple, dans une réunion de jeunes gens et de femmes galantes en pleine liberté, l'amour, le ressort véritable du rassemblement, est à la fois tonique et dominante On n'y affecte pas d'impulsions simulées, on n'y suppose pas, comme dans les sociétés prudes, que le groupe se réunisse par des motifs de pure amitié. Et de même, dans un concile cabalistique de conspiratours, on laisse de côté les verbiages de tribune, le mépris des richesses, l'I. mour du peuple et du prince, et du bien du commerce et de la charte, on va au fait, on dévoile nettement ses vues, on n'a pas de tonique différente de la dominante. Tels seront les groupes d'Harmonie qui afficheront toujours avec une extrème franchise leur mobile réel, et ne connaitront pas les différences do tonique et de dominante.

Cette duplicité est sans doute nécessaire en Civilisation , où l'exercice de la vérité n'est pas praticable ; mais elle constitue l'état subversif des groupes et la passion Contre-amantisme, Contre-groupisme, d'où résultent les haines générales et graduées ; elles sont un travestissement du ressort d'amantisme que Dieu a créé pour former entre les humains des liens universels et un moyen de tout harmoniser par les 4 amours.

Celle propriété d'harmonie est si étrangère aux groupes actuels, qu'on est obligé de réprimer par la contrainte ces 4 liens qui se contrecarrent en tout sens. Le tableau de leur accord dans les séries passionnelles mettra en évidence la propriété inhérente à l'ordre subversif de changer l'or en cuivre, et de faire subir à toutes nos passions la métamorphose du papillon en chenille.

po Où trouver dans les groupes civilisés le pur honneur pour mobile exclusif des corporations qui , au contraire, ne respirent qu'empiètement, tyo rannie, et y marchent par les voies les plus odieuses ?

24 Où trouver l'amitié franche, dévouée et régnant exclusivement dans les réunions industrielles ?

30 Où trouver l'amour pur, dégagé d'astuce et de sordides calculs , l'inclination présidant seule à toutes les unions?

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