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Vous êtes révéré de toute la contrée,
Dès que nous vous voyons notre bonheur paraît.
Tous vos discours ne tendent qu'à nous plaire ,

Nos cours n'en perdent jamais rien ;
Vous ne parlez que pour dire du bien,

Vous n'agissez que pour en faire. Quand vous êtes heureux, nous sommes tous contens.

Vos yeux nous servent de présage ;

Nous consultons votre visage,
Comme on regarde au ciel pour prévoir le beau tems.

CANDOR.
Je suis touché de voir qu'on m'aime.

ROSINE.
On vous aime comme soi-même.

CANDOR.
Je jouis de ce sentiment.
( Il lui prend la main.)
Ah! Rosine !

( A part. )
Qu'allais-je faire ?

ROSINE.
Ah! Monseigneur !...

CANDOR.

En ce moment,
Rosine , je suis un bon père
Qui prend la main de son enfant.

ROSINE.
C'est à moi de baiser la vôtre.

CANDOR.
Arrêtez ; mais soyez plus sincère qu'une autre,

Confiez-moi qui vous êtes.

ROSINE.

Je suis... La fille à Gennevote.

CANDOR.

Et qu'est-elle elle-même ?
Je veux la servir ; je le puis.

ROSINE, vivement.
Ce serait un service extrême
Que vous me rendriez,

CANDOR.

Mais que fait-elle enfin ?

ROSINE.
Ce que je fais... elle vous aime.

CANDOR.
Pourquoi donc me fuit-elle , et quel est son dessein?
Depuis un an je suis seigneur de ce village :
Elle n'est point venye avec les habitans,

Quand ils m'ont rendu leur hommage. Je ne la vois jamais : qui la rend si sauvage ?

ROSINE.

Elle respecte votrc tems.
De vous à nous la distance est si grande!...

On a peur de vous détourner.
S'il fallait obtenir de vous quelque demande,
On craindrait moins de vous importuner.

DUO.
CANDOR.

ROSINE.
A vous je m'intéresse,

Ah! nous vous aimons tous. Ce sentiment est doux.

A vous on s'intéresse ; Sa vertu, sa jeunesse.... Le respect, la tendresse, Je prendrai soin de vous. Tous nos caurs sont à vous

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A vous je m'intéresse, etc, Ah! nous vous aimons tous, etc.

ROSINE.
Voilà ma mère ; elle marche avec peine :

Permettez , pour que je l'amène,
Que j'aille lui donner le bras.

CANDOR.
Non, non ; je vais moi-même au-devant de ses pas.

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CANDOR.

A MA pauvre Gennevote, allous, ma bonne mère, Vous paraissez bien lasse ; il faudrait vous asseoir.

P ROSINE. Elle se tue aussi du matin jusqu'au soir : - Que ne me laisse-t-elle faire ?

GENNE VOTE.
C'est vous, notre bon maître ; ah! mon coeur est contents

Permettez donc que je vous remercie
De toutes vos bontés pour cette chère enfant.

CANDOR.
Je veux, pour travailler au bonheur de sa vie,
Vous parler en particulier.

GENNEVOTE.
Tiens, Rosine , prends ce panier.

ROSINE, à sa mère.
J'y vais mettre ce fil, et le porter moi-même.

CANDOR. Allons, placez-vous là, ma bonne, je vous aime. ( Candor fait asseoir Gennevote , et se met à côté d'elle.)

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DOLIVAL, au fond du théâtre, à un de ses gens.
Fort bien , Rosine a pris ce chemin détourné;
Cours, fais exécuter l'ordre que j'ai donné.

Mais la prudence est ici nécessaire ;
Ne précipitez rien , et guettez le moment....

(Il se retire:)

SCÈNE XI.

CANDOR, GENNEVOTE.

CANDOR, à Gennevote.
PARLEZ-MOI sans déguisement ,
Je sais tout.

GENNEVOTE.
Quoi?
CANDOR.

Soyez sincère.
Melincour...

GENNE VOTE.

Était mon époux...
Rosine était sa fille.... Elle a perdu sa mère.

CANDOR.
Elle l'a retrouvée en vous.

GENNE VOTE.
J'ai rempli ce devoir bien doux, mais nécessaire;
Ses parens durs et fiers ont voulu l'abaisser,

Ils ont eu honte d'une fille
De qui la pauvreté semblait les offenser ;
Elle a cessé d'être de leur famille,

CANDOR.
Comment ! loin de s'intéresser....

GENNE VOTE.
Ah! quelle différence ! un coeur tendre et sepsible...
Un caur comme le vôtre....

CANDOR.

O ciel! est-il possible ? Le riche pour parent méconnaît l'indigent, Et quand son fol orgueil achète à prix d'argent

Des titres faux et des parens postiches, Ceux qu'il a délaissés en murmurent tout bas.

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