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roître, ils n'ayent conservé quelque amour pour la verité ; ils auroient commis moins d'infidelitez & de negligence dans la suppression des vericables causes, dans l'alteracion des faits, & dans l'induction de leurs faufses conséquences. Ces considérations ne seront pas neanmoins suffisantes pour nous les faire rejetter entierement : mais ce font des avertissemens pour ne rien prendre d'eux , non plus que de ceux qu'on a cru dans des interêts contraires, sur-tout de Sponde, quoique beaucoup mieux instruit, plus exact & plus fidele que ces deux Annalistes, qu'après en avoir fait la preuve sur les originaux, & sur les actes reconnus autentiques de part & d'autre.

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HISTOIRE · DES DÉMÊLEZ

DE BONIFACE VIII.

AVEC PHILIPPE LE BEL.

PREMIERE PARTIE. 1294. TL y avoit neuf ans que Philippe le I I Bel, petit-fils de saint Louis, re Avenement

de Boniface gnoit en France, lorsque le saint Siege au Pontificate vaquant par l'abdication volontaire du Pape Celestin V. fut rempli par Benoist Gaëtan, qui se fit appeller Boniface VIII. Celestin , connu dans sa vie privée sous le nom de Pierre de Mourrhon, voulant conserver dans le Pontificat la saintecé qu'il y avoit ap

portée, y trouva tant d'obstacles, que · l'amour de son premier Institut, & de

son ancienne solitude , jointe au peu
d'experience qu'il avoit pour le mani.
ment des affaires publiques de l'Eglise,

- lui fir écouter volontiers les sugge129.4. stions de certaines gens apostez par

ceux qui lui envioient sa place, pour lui exagerer les dangers & les obligations de la Papauté. Boniface qui s'étoit montré le plus impatient & le plus adroit de ceux qui cherchoient à monter sur le faint Siege , n'auroit eu aucun besoin des artifices & des fourberies dont on l'a depuis accusé, pour persuader la retraite à un si faint homme. Il en avoit pourtant employé de plus d'une espece, dans la pensée de séduire la simplicité de Celestin, qu'il ne regardoit pas comme un homme d'une grande vertu. Après lui avoir procuré toutes les facilitez possibles pour sa démission, il n'y eut point de brigues qu'il ne mît en usage pour se faire élever à sa place. Les voyes qu'il prit pour s'assurer de sa nouvelle dignité, ne répondirent point mal aux moyens qu'il avoit employez pour y parvenir ; & l'on jugea sur les premiers craits de fa violente politique,

quelles pourroient être les maximes · dont il se serviroit pour gouverner

l'Eglise. Car non content d'avoir fait

a confiriner l'abdication de son Predely, Cardinal. cesseur dans le College des Cardinaux,

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& de l'avoir fait fortir de la ville, après avoir voulu entendre lui-même 12953 la confession pour connoître les fe

Vie de S. Pier

re Celestin. crets de son caur ; il le fit arrêter en. Platine vita fuite , sous prétexte qu'on pourroit

Bonifac.YIII. abuser de sa facilité, pour lui faire re. prendre la pensée du Pontificat , & donner lieu à un dangereux schisme. Enfin ne se jugeant pas paisible pofleffeur de la Thiare, tant que Celestin vivroit , il lui fit finir ses jours dans une prison, par une cruauté qui arrira fur sa conducte l'horreur & l'aversion de cous les gens de bien...

Boniface croyant avoir levé le der- II. nier obstacle à son ambition par cette

IDILIUI! Par cu res démarches mort, qui sembloit laisser sans chef & pour établir fans prétexte ceux qui refusoient de le

CLULUICHI C C sur le temporeconnoître pour legitime Pape, ne tel des Rois. songea plus qu'à executer les projets bitre de leurs

Il se rend l'ar. qu'il avait formez pour se procurer differendso. une souveraineté temporelle & fpiri. tuelle sur toutes les Puissances de la Chrétienté. Mais pour en faciliter le fuccès, il crut devoir y aller par degrez, & commencer par les choses où il se trouvoit moins de difficultez. Il exigea d'abord de nouvelles soumis. fions du Roy de Sicile, & des autres qui relevoient du faint Siege. Il dispo.

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sa du Royaume de Naples après la I 29 S mort de Charles 11. dit Martei, com

me d'un doinaine dont il avoit la fou. veraineté. Il decida des droits de ceux d'Aragon & de Valence en faveur du Roy Facques, comme s'il en eût été le maître ; & lui promir de même ceux de Sardaigne & de Corse. De-là il cruc pouvoir tourner ses vûes sur les Rois de France & d'Angleterre , qui étoient en guerre, & il leur fit offrir sa mediation pour accommoder leurs differends.

Les deux Rois, dont les esprits éga lement aigris l'un contre l'autre, & portez à la vengeance, n'avoient encore aucune disposition à la paix, s'aca corderent à rejetter d'abord les pro

positions du Pape. Ils témoignerent à Berard d'Al- fes Legats, que comme il n'étoit pas

Şi- question du fpirituel dans leur diffeftrine. Le pre- rend, ils n'avoient aucun besoin de re de Clement

rer l'entremise de Sa Sainteté pour les terV. & mourut miner. Boniface leur fit dire que ce en 1295

n'étoit pas comme Pape, mais com-
me personne privée, & comme ami
commun des Parties, qu'il cherchoir
à les accommoder , & qu'il n'avoit en
vûe que le bien de la paix, & l’union
des Princes Chrétiens, pour ôter aux
Sarrasins, & aux autres Infideles les

bano

&

Si

inier

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