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ich are meme cloit de onnes la paix

exceptoit les voleurs du trésor de l'E. gsise & des Cardinaux. Il témoigná 1303. aussi, qu'il désiroit de faire la paix avec les Cardinaux Colonnes, & que son intention étoit de les rétablir. Il feignit même de vouloir se remettre bien avec la France, & offrir de s'en rapporter au jugement du Cardinal Mathieu Rossi, touchant tout le differend qu'il pouvoit avoir avec le Roi. Il accorda en même tems le pardon à tous les François qui étoient venus l'attaquer, & nommément à Guillaume Nogaret , ajoûtant qu'ils n'avoient pas encouru les Censures de l'Eglise ; & qu'en cas qu'ils les eussent encourues, il leur en donnoit l'absolution. ". Mais ce mouvement de bienveil Villani , lance ne passa pas la durée de ses be

aces DC- ton. Florensoins. Lorsqu'il se vit rétabli, si tin. qu'il fur entierement revenu de l'é. tourdissement & de la consternacion oiì son malheur l'avoit jeccé, il fit sur tout ce qui s'étoit passe des réflexions qui le portèrent à chercher les moyens de s'en venger sur le Roi de France & sur tout le Royaume. Dans cette vûe il prit le parti de s'en retourner à Ro. me, & d'y tenir un Concile, sur les

platina. An

1303,

déliberations duquel il pût agir. Les Romains envoyerent au-devant de lui le Cardinal Mathieu des Ursins, avec quelques Compagnies de la Ville pour l’escorter. Mais le bon accueil qu'on lui fit ne put le garantir du chagrin que lui causa le souvenir de l'injure qu'il avoir reçue. La tristesse le fit tomber dans une espece d'alienation d'esprit, durant laquelle il ne parloit que de maledictions & d'anathêmes contre Philippe le Bel, No. garet & ses autres Ministres. Il en contracta une maladie , accompagnée d'une violente frenesie, qui le mie dans de si grands transports, qu'on eur beaucoup de peine à l'empêcher de dévorer ses bras & ses couvertures, & de se casser la tête contre le bois de son lit. Il mourut dans les accès de cette fureur le xv. d'Octobre, sans avoir eu un intervale de tranquillité: pour pouvoir se reconnoître.

Un genre de mort si triste & fi peu ordinaire, rappella la mémoire d'une espece de prophetie qui couroit de lui, & que l'on attribuoit à son Prédecesfeur faint Pierre Celestin. On repréfentoir ce faint Pape , disant à Boni. face:,, TU ES. MONTÉ SUR LE TRÔNE COMME UN RENARD ; ce qui mar- -quoit les artifices & les ruses dont il 1303.. s'étoit servi pour parvenir au Pontific cat : „ TU REGNERAS. COMME UN „LION ; par où l'on entendoit les violences qu'il exerçoit pour se faire obéir :„ TU MOURRAS COMME UN „ CHIEN; ce qui désigne assez clairement la nature de sa derniere maladie. il fut enterré magnifiquement dans Bzevias, aidi une Chapelle de l'Eglise de S. Pierre, an. 1303. Do qu'il avoit destinée pour sa sépulture, "Raynaldı, & son corps y fur trouvé tout entier 1. 4+ trois cens ans après, lorsque sous Paul en 1605.. V. il fut question de rebâtir le lieu. Ce

1. CC 2.364..col. 24 qui servit à démentir cette foule d'Hi.. foriens qui ont écrit , qu'il s'éroit rongé les doigts & mangé les mains de rage avant que de mourir, & à faire connoître l'excellente complexion de: son corps qui se conserva entier tant: de siecles dans le tombeau, quoiqu'il fût usé par par la longueur d'une vie de quatre-vingt - six ans, dont il en avoit regné près de neuf dans des mouvemens & des agitations conti. nuelles.

C'est ainsi que finit Boniface VIII. au milieu des vainis efforts qu'il avoit: faits pour convertir le miniftere. apa..

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Felix. Ofius

1207.

stolique de l'Eglise en une domination despotique, contre la disposition expresse de Jesus-CHRIST. On peut dire qu'il étoit né pour commander, & il avoit beaucoup d'excellentės parties propres à lui attirer la soumission des autres, s'il eût sçu se contenir dans des bornes legitimes. Personne ne le passoit en son tems dans la connoissance des saintes Ecritures, de l'un & de l'autre Droit, & de toutes les affaires ecclesiastiques & civiles ; & l'on ne peut sans injustice lui refuser la gloire d'avoir fait beaucoup de Reglemens salutaires, pour maintenir les Droits & la discipline de l'Eglise. Mais il avoit une ambition demesurée & une avarice insatiable , qui lui firent faire un mauvais usage de tous ses grands talens, & qui le porterent à préferer dans le gouvernement de l'Eglise, les maximes d'une politique intèressee & cruelle, aux regles saintes de l'Evangile.

Fin de la premiere Partie.

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HISTOIRE : DES DÉMÊLE Z

DE BONIFACE VIII.

AVEC PHILIPPE LE BEL.

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SECONDE PARTIE. TL sembloit que la mort de Boniface | dût appaiser l'animosité de ses enne- Nogarec mis, d'autant plus aisément qu'il n'y

cut quidy poursuitos, avoit pas sujet de douter qu'ele ne mîr fin à la fâcheuse querelle dont ce Pape étoit la cause. Mais Nogaret ne voulant pas que cer accident lui fit perdre l'occasion de faire triompher la cause de son Maître, résolut de poursuivre la mémoire du mort contre ses défenseurs & ses heritiers, & de continuer l'appel'interjetcé en France. Sur la nouvelle de cette niore, il alla troulie d'Ae du 17. ver Renaud de Suppino à Ferentino, & O&obre. tâcha de lui rendre le courage que lui page 1742

Preuves,

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