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SUITE DES QUESTIONS Envoyées de la Foire Saint-Germain.

Socrates , in pompa cum magna vis auri argenti que ferretur , quam multa non defidero! inquit.

CICER. Tufcul. so. FALLOIT nécessairement des maschés pour

les besoins de l'Agriculture; Tome III.

А

IL

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la loi féodale n'avoit pu les abolir : on
en fit une source des revenus Sei-
gneuriaux. Le Maître d'un Village eut
soin d'établir ou d'entretenir une pla-
ce publique (forum) ; on y bâtit des
Halles
pour

la commodité de ceux qui vendoient des denrées ou des Marchandises pour lesquelles on pouvoit craindre les injures de l'air. On laissa découverts les lieux où fe faisoit le Com. merce du bétail.

Le vendeur fut donc obligé de venir aux jours marqués exposer sa denrée dans le lieu qu'on lui avoit préparé : le Seigneur ne permettoit à ses Sujets, de négocier que dans cette enceinte. Il y mettoit pour l'ordinaire des conditions fort dures. S'attribuant à lui-même toute préférence pour les achats & pour les ventes, assujettissant tout le reste aux droits de la pancarte , &, qui pis est , à ces exa&ions arbitraires.

La fuite infaillible de cette conduite

tyrannique , fut la réduction du Commerce des Marchés au plus itrict nécefsaire : on n'y venoit vendre que les denrées & le Bétail dont il falloit abfolument se défaire , on n'y pouvoit ache. ter que les objets indispensables.La pancarte & la violence étoufferent le Commerce. Il aime si naturellement la liberté, qu'on peut être toujours assuré de le détruire autant qu'on le rançonne, & qu'on le gêne, de quelque maniere qu'on s'y prenne : c'est une vérité de tous les siécles , qui ne souffre point d'exception dans la théorie. Quand estce que la pratique n'en connoîtra plus aucune ?

Quelques Seigneurs Ecclésiastiques ou Laïques, furent assez éclairés pour voir que leurs Terres leur vaudroient d'autant plus , qu'ils y augmenteroient la consommation des Denrées, & l'apport de l'argent ou des marchandises utiles en échange. Ils sentirent que

les

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و

exactions violentes, les droits exceflifs, les examens & les formalités, rebutoient le Négociant : ils en conclurent, qu'en accordant une liberté pléniere de vendre & d'acheter , ils attireroient chez eux le concours de tout le voisinage, qu'il se feroit à ces jours une grande consommation de leurs Denrées, qu'il refteroit en retour une grande partie de l'argent de leurs voisins ; & d'ailleurs, que la multitude rassemblée , faisant beaucoup plus de négociations particulieres, ils gagneroient beaucoup en diminuant les droits ordinaires de halle, de marché, de péage, de navigation, d'entrée ou de sortie.

Afin de rendre les Foires plus célébres & le concours plus nombreux ; c'est-à-dire plus profitable, on avoit soit de les accorder avec les Solemni. tés de dévotion. Les pélérinages religieux étoient à la mode , on visitoit les Eglises des Saints, & leurs reliques aux

jours de fête : la Noblesse , le Clergé , le Peuple s'y rassembloient , il ne s'agissoit plus que d'y réunir les Négociants & les effets commerçables.

Le Seigneur dont la politique étoit assez éclairée pour sentir l'utilité d'une pareille institution , dressoit une charte de franchise totale , ou la pancarte des droits mitigés; mais pour

lui

procurer tout l'effet qu'il en espéroit , il falloit obtenir de proche en proche , la confirmation des Suferains. Par la premiere charte,ilétoit défendutrès expressément aux inférieurs du fondateur, c'est-à-dire à ses vassaux, ou à ses Officiers, d'exercer aucune voie de fait contre les ven. deurs, les acheteurs, les spectateurs même, qui viendroient à la Foire, & d'en rien exiger que les droits prescrits. Par la charte de confirmation, le Suserain faisoit la même prohibition à tous ceux qu'il tenoit sous la dépendance, Ea remontant de dégré en dégré, sui

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