페이지 이미지
PDF
[ocr errors][ocr errors][merged small][merged small][merged small]
[ocr errors]
[ocr errors]

que ; & après qu'il fut chassé, Théodore lui conseilla de
gagner quelque officier du palais : & on † avoient
corrompu par présens un chambellan nommé Nicetas, pour
faire prendre à l'empereur des breuvages & des viandes pré-
parées par les enchantemens de Théodore, qui avoit changé
en amitié sa haine contre Photius. Quoi qu'il en soit, Pho-
tius recommanda à l'empereur l'abbé Théodore, comme un
homme d'une science & d'une sainteté merveilleuse, qui mê-
me avoit le don de prophétie : ensorte que l'empereur l'avoit
toujours avec lui.
· Photius s'efforça par son moyen de faire encore chasser le
patriarche Ignace , & de remonter sur son siége ; mais
voyant que l'entreprise étoit trop difficile, il tenta au moins
de se faire reconnoître comme évêque par le patriarche. Ignace
ne céda point à ses importunités, & demeura toujours atta-
ché à l'observation des canons , qui ne permettent pas de
rétablir celui qu'un concile a déposé , sans l'autorité d'un
plus grand concile. Outre qu'il se fût mis en péril d'être
déposé lui-même , en contrevenant au jugement qu'il avoit
rendu. Photius , qui ne s'embarrassoit point des canons, re-
prit de lui-même les fonctions épiscopales ; & demeurant
dans le palais nommé Magnaure, il établissoit des exarques
de moines, & faisoit des ordinations, abusant de la com-
plaisance de l'empereur. -
Cependant le patriarche Ignace , âgé de près de quatre-
vingts ans , tomba malade & vint à l'extrémité. Au milieu de
la nuit, comme on disoit l'office auprès de lui , le lecteur
lui demanda sa bénédiction suivant la coutume. lgnace fit le

A

[ocr errors]
[ocr errors]

AN. 878.

Menol. 23. Of.

Sup. liv. xLvI11:

n. 36. Menol. & Martyr. 23. Octob.

III. Photius rétabli patriarche.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small]

il les livra à son beau-frere Léon Catacale, qu'il avoit fait
capitaine des gardes. C'étoit le plus cruel de tous les hom-
mes. Il en fit mourir plusieurs qui demeurérent fermes jus-
ques à la fin ; & plusieurs cédérent à la violence des tour-
mens. Ce que Photius affectoit le plus, c'étoit de déposer
les évêques qu'Ignace avoit ordonnés, & de rétablir ceux
qu'il avoit déposés. Mais comme l'empereur ne l'approuvoit
pas , il voulut ordonner de nouveau ceux qu'Ignace avoit
ordonnés ; , & voyant que cette proposition † horreur,
il acheta des palliums , des étoles & les autres marques du
sacerdoce, qu'il leur donnoit, & faisoit secrettement sur eux
les priéres de l'ordination. Ce qu'il accordoit comme une gra-
ce ; & pour toutes celles qu'il faisoit, il exigeoit des ser-
mens & des promesses par técrit d'être toujours attachés à
lui. - -
Il ôta par force à Euphémien le siége d'Euchaite en Na-
tolie, pour le donner à Théodore Santabaren, qui le trou-
voit à sa bienséance. Il ôta même aux métropoles voisines
tous les évêchés que Théodore voulut, pour les lui donner ; .
& le nomma protothrone, c'est-à-dire évêque du premier sié-
ge dépendant de C. P. le faisant asseoir auprès de lui. Il for-
ça Nicephore métropolitain de Nicée à renoncer à son siége,
& se contenter de gouverner un hôpital ; & mit à Nicée
Amphiloque de Cyzique, qui étant mort peu après, il mit
à sa place Grégoire de Syracuse. Celui-ci mourut aussi bien-
tôt , & Photius lui fit une oraison funèbre , où il le compa-
roit aux peres de l'église les plus illustres. -
Peu de tems après le rétablissement de Photius, & la mê-
me année 879 , l'empereur Basile perdit Constantin son fils
aîné , qu'il avoit fait couronner empereur dès la premiére
année de son règne. Ce prince fut emporté en peu de jours
par une fiévre violente , n'étant qu'à la fleur de son âge ; &
Photius, pour appaiser la douleur extrême de l'empereur, osa
bien mettre Constantin au nombre des saints , & consacrer
en son honneur des églises & des monastéres. On dit même
que Santabaren avoit fait paroître à l'empereur, comme il
marchoit dans un bois, un fantôme à cheval & revêtu d'or,
qu'il prit pour son fils Constantin & l'embrassa,. après quoi
il disparut. Mais les catholiques regardèrent cette mort com--
me une punition divine du rappel # Photius, aussi-bien que
la perte de la grande ville de Syracuse, capitale de Sicile,,

[ocr errors]

qui fut prise par les Musulmans d' Afrique, le peuple emme-
né captif, les églises brûlées, la ville entiérement ruinée ;
de sorte qu'elle ne s'est jamais bien relevée depuis.
Ceux qui ne vouloient point reconnoître Photius, allé-
† entr'autres raisons , que le pape n'avoit point con-
enti à son rétablissement. Pour répondre à ce reproche, &
tromper les plus simples, il gagna les deux légats que le
† Jean avoit envoyés à C. P. pour l'affaire de Bulgarie ;
Paul évêque d'Ancone, & Eugène évêque d'Ostie. Ils trou-
vérent Ignace mort quand ils arrivérent, & d'abord ils re-
fusérent de communiquer avec Photius ; mais ensuite il fit si
bien par ses présens, & par les menaces de l'empereur, qu'ils
dirent en présence des évêques, du clergé & du peuple ,
que le pape Jean les avoit envoyés contre Ignace pour l'a-
nathématiser, & déclarer Photius patriarche, ce qui trompa
même plusieurs évêques. . | ...
- Alors Photius envoya à Rome Théodore qu'il avoit ordon-
né pendant son exil métropolitain de Patras ; mais on le
nommoit par raillerie l'évêque d'Aphantopolis, c'est-à-dire de
la ville invisible. Il l'envoya donc à Rome en qualité d'apo-
erisiaire , avec une lettre pour le pape Jean, où il disoit
qu'on lui avoit fait grande violence pour l'obliger à rentrer
§ le siége patriarchal; & afin de donner plus de créance
à sa lettre , il y fit souscrire les métropolitains, sous pré-
texte de souscrire à un contrat d'acquisition , qui devoit

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small]
[ocr errors]

Pierre, que pour récompense il fit depuis métropolitain de
Sardis. · | - -

| Photius envoya aussi à Rome une fausse lettre sous le nom
du patriarche Ignace & des autres évêques, pour prier le pape
de recevoir Photius ; & avec ces lettres, il y en avoit de l'em-

[ocr errors]

chargés arrivérent en Italie vers le commencement d'Avril 879. Le pape en fut averti par Grégoire baile ou lieutenant de l'empereur Basile, résidant en Italie , qui lui envoya un exprès ; & le pape, apprenant par sa lettre que les ambassadeurs Grecs devoient passer par Capoue , recommanda au comte Pandenulphe , qui en étoit gouverneur, de les faire conduire en sûreté jusques à Rome. Il écrivit en même tems au baile même, témoignant le desir qu'il avoit de pacifier l'é

[ocr errors]

[ocr errors][ocr errors]
[ocr errors][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small]

' Lettres du pape .

aux Sclaves
Cang. famil. p.
278.

Epist. 184. 185,

avec l'honneur convenable. Quelque tems après il lui écrivit

[ocr errors]

de les envoyer par Benevent & par Capoue. Cette lettre
est du sixiéme # Mai 879. Quelques jours auparavant le
pape avoit congédié trois moines envoyés par Théodose pa-
triarche de Jérusalem ; & dans la lettre dont il les chargea,
il s'excusoit de les avoir retenus si long-tems, sur ce qu'ils
étoient arrivés pendant son voyage en France, & il s'excu-
soit de la modicité de l'aumône qu'il leur avoit donnée, sur
l'oppression des païens. . - -
' Dès le cinquiéme de Mars de la même année 879, le pa-
pe § à Rome le nouvel archevêque de Ravenne,
Romain, avec tous ses suffragans, pour se trouver au con-
cile qu'il devoit célébrer le vingt-quatriéme d'Avril. Vou-
lant, dit-il, obferver les canons , qui ordonnent de tenir des
conciles deux fois l'année. Ensuite il remit ce concile au pre-
mier jour de Mai, & ordonna aussi à Anspert, archevêque
de Milan, de s'y trouver avec tous ses suffragans : marquant
qu'outre les affaires ecclésiastiques, on y traiteroit aussi de
l'élection d'un empereur ; attendu que Carloman roi de Ba-
viére, qui pouvoit y prétendre, étoit incapable d'agir par sa
mauvaise santé. Le pape reproche à Anspert d'avoir négligé
de se trouver à un concile, quoiqu'il y eût été appellé trois
fois. C'est le concile indiqué à Pavie sur la fin de l'année
précédente. Anspert ne vint pas plus au concile de Rome,
qui se tint en effet le premier jour de Mai 879 ; & le pape
lui fit de grands reproches, de n'avoir pas au moins envoyé
un député chargé de ses lettres d'excuses : lui déclarant que
de ce dernier concile il l'avoit privé de la communion ec-
clésiastique, & lui enjoignant de se trouver sans faute à ce-
lui qu'il devoit tenir à Rome le douziéme d'Octobre de la
même année. - - |
Cependant le pape reçut des lettres d'un seigneur Sclave,
nommé Branimir ou Barnimer , le même, comme l'on croit,
que Predemir prince de Servie & de Dalmatie, qui témoi-
gnoit vouloir revenir avec tous ses sujets à l'obéissance du
† siége, dont apparemment ils étoient détournés par les
Grecs. Le pape les reçut à bras ouverts, comme il témoigne
par ses lettres , tant à ce prince qu'aux évêques, & au peu-
le de son obéissance ; l'une & l'autre datée du septiéme de
§ 879. Le prêtre Jean envoyé de ce prince en fut char-

« 이전계속 »