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a; n I P E.

Prince, ne craignez point l'impétueux caprice

D’un peuple dont la voix presse votre supplice:

J‘ai calmé son tumulte, et même contre lui

le vous viens, s’il le faut, présenter mon appui.

On vous a soupçonné; le peuple a dû le faire.

Moi qui ne juge point ainsi que le vulgaire,

le voudrais que, perçant un nuage odieux,

Déjà votre innocence éclatàt à. leurs yeux.

Mon esprit incertain, que rien n’a pu résoudre,

N’ose vous condamner, mais ne peut vous absoudre.

C'est au ciel que j‘implore a me déterminera,

Ce ciel enfin s’apaise, il veut nous pardonner;

Et bientôt, retirant la main qui nous opprime,

Par la voix du grand-prêtre il nomme la victime;

Et je laisse à nos dieux, plus éclairés que nous,

Le soin de décider entre mon peuple et vous.
PHILOCTÈTE.

Votre équité, seigneur, est inflexible et pure;

Mais l’extrême justice est une extrême injure:

Il n‘en faut pas toujours écouter la rigueur.

Des lois que nous suivons la première est l’honneur

Je me suis vu réduit à l’affront de répondre

A de vils délateurs que j'ai trop su confondre.

Ah ! sans vous abaisser à cet indigne soin,

Seigneur, il suffisait de moi seul peur témoin :

C’était, c'était assez d’examiner ma vie ;

Hercule appui des dieux, et vainqueur de l’Asie,

Les monstres, les tyrans qu’il m’apprit à dompter,

Ce sont la les témoins qu’il me faut confronter.

De vos dieux cependant interrogez l’organe :

Nous apprendrons de lui si leur voix me condamne.

Je n’ai pas besoin d’eux, et j’attends leur arrêt

Par pitié pour ce peuple, et non par intérêt.

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auras. Eh bien! les dieux, touchés des vœux qu‘on leur adresse, Suspendent-ils enfin leur fureur vengeresse? Quelle main parricide a pu les offenser? PHILOCTËTB. Parlez, que! est le sang que nous devons verser? u anND-Pnhns. Fatal présent du ciel 1 science malheureuse! Qu‘aux mortels curieux vous êtes dangereuse! Plut aux cruels destins. qui pour moi sont ouverts, Que d’un voile éternel mes yeux fussent couverts! marsouins. Eh bien! que venez-vous annoncer de sinistre? antre. D‘une haine éternelle êtes-vous le ministre? ra [LOCTÈTB. Ne craignez rien. mores. Les dieux veulent-ils mon trépas? LB GRAID-PRÊTRE, à Œdipe. Ah! si vous m’en croyez, ne m‘interrogez pas mores. Quel que soit le destin que le ciel nous annonce, Le salut des Thébains dépend de sa réponse. sauce-rire. Parlez. mores. Ayez pitié de tant de malheureux ; Songez qu’Œdipe... LE GRAND-PRÊTRE. 0Edipe est plus à plaindre qu‘eux. assures sansonmce on camus. 0Edipe a pour son peuple une amour paternelle ; Nous joignons à sa voix notre plainte éternelle. Vous à qui le ciel parle, entendez nos clameurs.

DEUXIÈME PERSONNAGE DU CHŒUR.
Nous mourons, sauvez-nous, détournez ses fureurs;
Nommez cet assassin, ce monstre, ce perfide.
PREMIER PERSONNAGE nu CHŒUB.
Nos bras vont dans son sang laver son parricide.
LE GRAND-PRÊTRE.
Peuples infortunés, que me demandez—vous?
PREMIER PERSONNAGE DU CHŒUR.
Dites un mot, il meurt, et vous nous sauvez tous.
LE GRAND-PRÊTBE.
Quand vous serez instruits du destin qui l’accable,
Vous frémirez d’horreur au seul nom du coupable.
Le dieu qui par ma voix vous parle en ce moment
Commande que l’exil soit son seul châtiment;
Mais bientôt, éprouvant un désespoir funeste,
Ses mains ajouteront à. la rigueur céleste.
De son supplice affreux vos yeux seront surpris,
Et vous croirez vos jours trop payés à ce prix.

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C’est trop de résistance.
LE GRAND-PRETRE, à Œdipe.
C’est vous qui me forcez à rompre le silence.
ŒDIPE.
Que ces retardements allument mon courroux!
LE GRAND-PRÊTRE.
Vous le voulez... eh bien!... c’est...

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Vous, malheureux prince. DEUXIÈME PERSONNAGE nu CHOEUR. Ah ! que viens-je d’entendre ‘l JOCASTE. Interprète des dieux, qu’osez-vous nous apprendre? (à Œdipe.) Qui, vous ! de mon époux Vous seriez l’assassin ?

Vous a qui j’ai donné sa couronne et ma main? Non, seigneur, non : des dieux l‘oracle nous abuse; Votre vertu dément la voix qui vous accuse.

assures Pensoxnacs ou carte a. 0 ciel, dont le pouvoir préside à notre sort, Nommez une autre tète, où rendez-nous la mort.

rataocrtra.
N’attendez point, seigneur, outrage pour outrage;
Je ne tirerai point un indigne avantage
Du revers inouï qui vous presse a mes yeux :
Je vous crois innocent malgré la voix des dieux.
Je vous rends la justice enfin qui vous est due,
Et que ce peuple et vous ne m‘avez point rendue.
Contre vos ennemis je vous offre mon bras;
Entre un pontife et vous je ne balance pas.
Un prêtre, quel qu’il soit, quelque dieu qui l'inspire,
Doit prier pour ses rois, et non pas les maudire.
CIDIPI.
Quel excès de vertu! mais quel comble d‘horreur!
L‘un parle en demi—dieu, l'autre un prêtre imposteur.
(An grand-prêtre.)
Voilà donc des autels quel est le privilégel
Grâce à l'impunité, ta bouche sacrilège,
Pour accuser ton roi d'un forfait odieux,
Abuse insolemment du commerce des dieux 1
Tu crois que mon courroux doit respecter encore
Le ministère saint que ta main déshonore.
Traitre, au pied des autels il faudrait t'immoler,
A l’aspect de tes dieux que ta voix fait parler.
LB onana-rañne.

Ma vie est en vos mains, vous en étes le maitre :
Profitez des moments que vous avez à l'être;
Aujourd’hui votre arrêt vous sera prononcé.
Tremblez, malheureux roi, votre règne est passé;
Une invisible main suspend sur votre tête
Le glaive menaçant que la vengeance appréte;
Bientôt, de vos forfaits vous-même épouvauté,
Fuyant loin de ce trône où vous êtes monté,
Privé des feux sacrés et des eaux salutaires,
Remplissant de vos cris les autres solitaires,
Partout d’un dieu vengeur vous sentirez les coups:
Vous chercherez la mort, la mort fuira de vous.

Le ciel, ce ciel témoin de tant d’objets funèbres,
N’aura plus pour vos yeux que d‘horribles ténèbres :
Au crime, au châtiment, malgré vous destiné,
Vous seriez trop heureux de n’étre jamais né.
ŒDIPE.

J’ai forcé jusqu’ici ma colère à t’entendre;
Si ton sang méritait qu’on daignàt le répandre,
De ton juste trépas mes regards satisfaits
De ta prédiction préviendraient les effets.
Va, fuis, m’excite plus le transport qui m’agite,
Et respecte un courroux que ta présence irrite;
Fuis, d’un mensonge indigne abominable auteur.

LB CRAND-PnÊTnE.
Vous me traitez toujours de traître et d'imposteur:
Votre père autrefois me croyait plus sincère.

œnrra.

Arrête : que dis—tu? qui? Polybe mon père...

LE GRAND-PRÊTRE.
Vous apprendrez trop tôt votre funeste sort;
Ce jour va vous donner la naissance et la mort.
Vos destins sont comblés, vous allez vous connaître.
Malheureux ! savez-vous que! sang vous donna l’être?
Entouré de forfaits a vous seul réservés,
Savez-vous seulement avec qui vous vivez?
0 Corinthe! o Phocide! exécrable hyménée!
Je vois naître une race impie, infortunée,
Digne de sa naissance, et de qui la fureur -
Remplira l’univers d'épouvante et d'horreur.
Sortons.

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ŒDIPE.
Ces derniers mots me rendent immobile :
Je ne sais où je suis; ma fureur est tranquille :
Il me semble qu’un dieu descendu parmi nous,
Maître de mes transports, enchaîne mon courroux,
Et, prétant au pontife une force divine,
Par sa terrible voix m’annonce ma ruine.

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