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Scapin de le jetter dans un puits qui ftp

trouve proche;

Arlequin, valet de Lelio, qui a pris la fuite au bruit du piftolet, a donné; avis à Flaminia de ce qui s'eft pafle; Mario lui fait fa vifite, & après les corn* plimens dé condoléance, il lui parle d'amour, elle le rejette avec mépris » . fé voyant-ainfi mal-traité,- fon caractère violent le porte à dire à Flaminia! que c'eft lui qui a tué fon époux, Se que ce ne fera pas la derniere victime immolée-! fa vengeance. Flaminia effrayée, fe retire, & forme lecourageux. deflein de. venger la mort-de fo» époux:

Cependant Lelio trouve heureufement le moyen de fortir du puits, qui fans doute n'était pas profond; il forme la réfolution de faire périr fon lâche aflaflîn , afin d'apprendre en même-: temps à fon épouie &-le crime & la vengeance.

D'un autre-côté, fuivant les confeils de Scapin, pour éviter les pourfuites de Flaminia, Mario leve une- Compagniede Soldats; Lelio s'etant déguiféj vient s'enrôler dans cette Compagnie ', , Haminia.habill.ee en homme > en fait

autant, & dit à Mario qu'elle voudrait Jui parler en particulier ; Iorfqu'ils font fëuls, elle lui apprend qu'elle eft le frere de Flaminia, & lui rend de fa part une lettre, par laquelle elle lui donne un rendez-vous hors de la Ville

Flaminia reftée feule, fe flatte que Mario ne lui échappera pas; cependant Silvia qui aime Mario & qui a entendu les projets de Flaminia, forme celui de fe trouver auxendez-vous, afin d'en détourner l'exécution : Lelio qui n'i pas cefTé d'obferver fon ennemi le fuit suffi hors de la Ville; s'y étant donc rendus tous quatre, au moment ou Fia.minia va. percer Mario, elle voit & reconnaît fon mari .-comme ce n'erait qu'à la mort de cet époux qu'elle voulait facririer Mario;, elle celTe de lui en vouloir : Lelio lui pardonne également i & Silvia pour fuivre un fi bel exemple, oublie auffi. l'infidélité de. fon amant & lepoufe :;tous ces gens fi méchans de-» viennent doux comme des moutons 5ce n'était pas la peine de faire tant de hruit pour fi,peu.de chofe.

Le fuccès de l'Italien Marié à Paris & la maniere dont Lelio & Flaminia dialoguaient leurs fcênes, firent doute* à plufieurs perfonnes qu'elles fuûent e» effet jouées à l'impromptu. LeseWes mis de la Troupe Italienne '& les Comédiens Français appuyerent ces foupçons: cette queftion était continuellement agitée dans Paris & fur-tout au Caffé de Gradot, où les Gens de Lettres s'affèmblaient alors. M. Remond de SainteAlbine, que fes tàlens ont depuis fait connaître d'une maniere avamageufe , quoiqu'à peine âgé de dix-huit ans, fréquentait déja les Auteurs les plus distingués , & en était eftimé : témoin un jour de cette difpute, il propofa pour s'aflùrer du talent des Comédiens, de leur compofer un Canevas qu'on les engagerait à remplir fur le champ; on applaudit à cette, idée,. & Dùfreny fut chargé de la remplir ; il accepta la commiffion; & promit de tracer eu peu de jours un plan de Comédie, dans lequel on pourrait employer les meilleurs Acteurs Italiens : on devait le* • inviter à fe trouver dans un jardin que Lamotte , Dufreny , Boindin & quelques autres Gens de Lettres louaient en communauté; ( i ) mais fiait que

• ( I ') Les Gens de Lettres vivaient alors enfemble , & ne fe répandaient point dans les . raaifons des Financiers, pour y feirc le hoivttux métier de Booffon & de Parafite..

JDufreny fût alors occupé de quelqu'au•ereouvrage j foit-qu'iLne lui vint point tTidée convenable à ce projet; il ne «'acquitta point de fa promeffe, même après avoir obtenu un fecond délai; &. M. de Sainte-Albine remplit lui-même le projet dont il avait donné l'idée.

Il apporta quelques jours après au Caffé de Gradot, un Canevas en cinq, actes détaillé fcêne par fcêne, & intitulé Lelio Vainqueur des Epreuves de la confiance. M. de Lamotte applaudit beaucoup au projet de cette Piéce, dans laquelle il trouva des fituations véritablement comiques, fe chargea d'en remplir quelques fcênes; & elle fut jouée avec beaucoup de fuccès le 17 Octobre 1716", fous lé titre de \ Amante difficile ou l'Amant confiant.

Lamotte la récrivit depuis en entier, & la remit au théâtre fous le même titre en 173 1 ..avec des diverthTemens mêlés de chants & de danfes, dont Mouret avait fait la muiique» c'eft à cette époque que j'en parlerai d'une maniere plus détaillée.

Comme les occupations plus férieufes de M. Remond de Sainte-Albine ne lui permirent pas de travailler depuis pour le., théâtre > & que je n'aurais plus occafion de parler de ceteflrimablfc' Auteur; je dois dire, qu'outre la Gazette de France, qu'il a faite pendant plus de trente ans, il a encore compofé le Comédien > ouvrage excellent, dont la leâure eft utile & même néceffaire à tous ceux qui fe deftinent à«ette Profeflion»

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