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$c muni de ce double témoignage t il va trouver Flaminia, qui lui remet la vaiflelle fans difficulté.

Scapin & Trivelin ayant appris que Pantalon & le Docteur font aflemblés

Î>our conclure le double mariage de eurs enfans, vont comme Comédiens 2ni courent la Province leur offrir la lomëdie; on les teçoit avec plaifir en cette qualité, & on lés engage à1 donner quelqu'échantillon de leurs talen»; ils s'en excufent fur ce que leurs habits ne font pas encore arrivés; chacun de l'aflemblée leur en offre; les filoux qui «e demandaient pas autre chofis', \éi dépouillent, & afin d?ôter tétit foup-J çon, ils chargent Arlequin,'vàlêr1 de la maifon, de tous ces habits, ajoutant qu'ils ont aufli bëfoin de ce valet pour remplir un rôle dans leur'Piéce j;,ils paffènt dans une autre chambre avec lui comme pour fe conceïeér'& ^'habiller. Un moment'après! 6fr voit ar-» river Arlequin nud 'en cli'éaiifé ; Tes Gens de la noce qui croVCnt que tf'éft lui qui ouvre lafcéne , rient de tout, leur! cœui> en le voyant dans cet. équipage! A-quelques raifons qu'il jjuifle^lèur dire,' quelqu'efforts qu'il rafle pbtrf^ès mettre au fait de la fourberie,''ce'n'eft dîr*après qu'ils font bien las de rire, qu'on peut leur apprendre que les Comédiens lont des fripons, qu'ils emportent leurs habits ainfi que le fien.

Les Comédiens Italiens, malgré leurs foins & leurs efforts continuels pour attirer le Public à leurs Spectacles;; pavaient pu l'y fixer; on con-venait; d'e^leurs talens; on approuvait leur zeîe; mais on n'allait point à leurs repréfentarions : les Dames qui avaient montré le plus grand empreffement d'apprendre la langue Italienne, ne garderent pas,long- temps cette rélbufûon, & leur émulation s'évanouit jayec la nouveauté; leur défertioU; entraîna;. naturellement celle des hpirunesi , Se les Comédiens étaient réduits à parler fouvent dans le défert.

, Dé'fefpérés de voir leurs travaux fi mal réçpmjjenfés, ils méditaient leur retraite çr^, ïrilie ., lorfqu'un Auteur Françaiseut le courage de travailler pour eux ; ion eflai réuffit, & le fuccès t «$u',Eoft ^ à - l'Anglais ramena les Speâ^teurs.éfi foule, & fixa les Comécfoens .en -France. . •,-,

1 L^urs j manieres honnêtes pour les Auteurs, leur en attirerent plufieurs, &

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quelques - uns des plus diftingués » s empreflerent à travailler pour leut théâtre, qui prit bien-tôt une forme nouvelle.

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LE PORT- A-L'ANGLAIS x,

Ov LES NOUVELLES DÉBARQUÉES..

2S Avril I-ji8*

Le Prologue de cette Piéce peint fort bien la,crainte de l'Auteur & des Comédien$, pour une nouveauté, dont la réuffite était fort incertaine; les Partifans de. la fcêne Italienne, blâmaient cette innovation, & ceux qui avaient intérêt à s'oppofer à leurs fuccès, fe joignaient; également à ces frondeurs; amis & ennemis, tous leur étaient contraires; leurs terreurs n'étaient donc que trop bien fondées; & c'eft fur ce fuj'et que roulait ce Prologue vivement dialogué entre.Flaminia & Silvia.

Trafiquet, Courtier du. Parnaflè » vient finir leur difpute, & les détermine à jouer la Piéce nouvelle ;. Arlequin, paraît en habit de Ville ». elles le. querellent de ce qu'il n'eft pas encore habillé; elles fortent & le laifientavec Trafiquet, qui lui demande le.payement de la Piece ; Arlequin, le lui donne en coups de batte: voilà qui eft de mauvaife augure pour la Piéces, dit Trafiquer en fortant. Meffieurs , dit Arlequin au Parterre, en voulant parler des fifflets dont il a été queftion dans l* Prologue : ne tirez rien, tout eft payé*

La, Piéce eft en trois actes en profe, mêlée, de danfes & de couplets, dont Mouret a fait la mufique.

Lelio, Banquier Italien, ayant appris la mort d'un de fes Correlpondans a Paris, nommé Lombardini, eft parti de Rome pour venir régler fes affaires & apurer fes comptes avec la Si^nora Cicilia Lombardini; comme il eft extrêmement jaloux- de (es deux filles, Flaminia & Silvia, il n'a pas manqué de les amener avec lui , aipfi que Ion Domeftique Atlçquin, Violette fa Ser-vante, & Pafquella, vieille Duegne, à qui la garde des deux filles eft contée , U a pris, à Auxerre b; Gochè d/eau j mais uri orage affreuse l'a obligé de relâcher au Port-à l'Anglais. Description, de la tempête par Arlequin, qui dit que le tonnerre était fi. épouvantable , que le foleil s'eft caché de peur, & la pluie fi horrible * qua la riviere de Seine eft encore toute trempée; le

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