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fcnchaînenr les ChafleiKs avec les guirlandes , & tous enfemble forment un balet au fon des Cors réunis avec l*»s Violons :- l'Amour prend la main de Lelio & la met dans celle de Flaminia; les peres fdnt contens, les amans font heureux,. & l'Amour glorieux de fa victoire, la fait célébrer par des chants & des danfes,qui terminent le divertiflement & la Piéce, qui eft la premiere que Coypel ait donnée au théâtre Italien.

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ARLEQUIN VALET DE DEUX MAITRES; Si'Juillet Iji8*

Flamînia, fille d'un riche Commerçant de Turin, fe trouve héritiere d'un bien confidérable, par la mort de fon frere unique * nommé Fréderic : elfe arrive à Venife pour régler fes affaires avec Pantalon, correfpondant de fon pere & Ton ami intime; ils avaient tous ceux projetté d'unir leur fortune ainfi que leur famille, par le mariage de Fréderic & de Silvia, fille de Pantalon,

Flaminîa, pour fe mettre à l'abri de tous les événemens que peut courir une fille qui voyage feule » avait imaginé de s'habiller en homme; la prudence lui avait d'abord fuggéré l'idée de jce déguifemeat ;. mais elle réfolut de pouffer plus loin la feinte en arrivant à. fVenife, & de fe faire pafler pour Fréderic fon frere » dont la mort récente Était encore ignorée à Venife : à peine y fut-elle arrivée, qu'elle refutune lettre d'une de fes bonnes amies de Tutîrf; quilui marquait que Dorante arrivé depuis peu à Turin, en était parti 3c volait à Vetiife fur fes pas^ ce DoTante eft un jeune garçon qui, plus confiant que n'ont coutume de l'être ceux de ion pays, n'a point oublié Flamihia pendant une abience de trois années; l'envie qu'il a de fçavoif la langue Italienne , lui fait prendre en arrivant à Venife un valet Italien,' En même-temps Flaminia,' ou le faux Fréderic, logé dans la même Hôtellerie que Dorante a choifie en arrivantedemande à Trivelin, maître de cette Auberge, un valet difcret ou aflez flupide, pour ne pas foupçonner fon déguifement, qu'elle veut tenir caché pendant quelque temps : Trivelin croit ne pouvoir pas lui donner mieux qu'Arlequin , que Dorante a déja arrêté à fbn fervice; Arlequin fur la promeflè que lui fait le jeune Fréderic tfe lui faire faire fes quatre repas, calcule en lui-même j qu'en fervant deux maîtres, H aura huit repas par jour; & par cet avantage conudérable, il fe détermine fur le champ à fervk ce fecond maître; on lui met entre les mains la malle où ibnt les habits-de Fréderic, avec ordre deles en fortir & de lés nettoyer /s'il -en eft befoin: Arlequin a auffi reçu, de Dorante un ordre feroblable; fe trouvant feul, il apporte les deux malles, & fait exhibition d'une maniere plaifante de tout ce qu'elles contiennent ; dans le temps qu'il vuideles poches , on frappe ;jt la porte, on l'appelle: la précipitat.ioq, avec laquelle il renferme les bardes dans les coffres, fait qu'il met dans celui de Fréderic, ce qui eft à Dorante, & dans celui de Dorante, ce gui appartient à Frederic.

Silvia que fon pere deftinait à Fré•fleric, avait autrement difpofé de fo.H êœur; elle l'avait donné à Lelio, qui répond au penchant qu'elle a pour lui: l'arrivée inopinée de Fréderic rompt leurs mefures; elle lui fait un accueil fi froid, qu'il fe doute facilement de ce • dont il eft queftion,, & il .forme la réfolution de s'en divertir pendant quelque temps. Ayant trouvé Silvia feule, U marque un-fi grand emprefTement pour, leur union., qu'il ne manque pas deXciter fon courroux; elle s'emporte contre lui , & lui témoigne fon reflentiment dans les termes les moinsmefurés : Fréderic ne voulant pas pouflèr le jeu plu» loin.feint de lui facrifier fon amour; .& de ne,plus trayjrfer fe$ defleiosiSUvia -cffiarmée delagénérofitéde celui qu'elle avait d'abord regardée comme fon plus grand ennemi, 'lui donne autant de marques d'amitiéôc de reconnoiflance» qu'elle lui avait jufqu'alors laifTé voie de haine & de mépris; elle eft fi transportée de joie, qu'elle laifle prendre volontiers un baifer par Fréderic» qu'elle croit devoir accorder à la reconnaiflance. Pantalon qui entre dans ce moment, eft comblé de joie de les voir dans une fi belle union, & les regardant déja comme deux époux, il accorde à Fréderic la permiflion que celui-ci lui avait demandée d'emmener dîner Sùvia dans fon appartement, 8c il lui remet les papiers qui regardent fes comptes avec un billet de deux cens mille livres qu'il s'eft trouvé lui redo-< Voir : Fréderic embarafle de ces papiers, les donne à Arlequin pour les portee dans fon appartement, & lui dit d'aller énfuite trouver Trivelin pour lui ocdonner un grand dîner; ces deux commiflions font bien différentes pour Arlequin , & la derniere l'intéreûe bien plus que l'autre; aufli oubliant d'aller ferrer les papiers , il appelle Trivelin & lui donne l'ordre de fon maître ; mais .fur quelqu'explication que celui-ci lui

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