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LA DÉSOLATION DES DEUX COMÉDIES. £n un Acte * 9 Octobre 171S+

Le théâtre repréfente une Salle de Comédie démeublée : dans le fond ,, l'on voit un rideau à moitié levé qui laifle la muraille découverte; les côtés ou ca monades, nefont garnis, que de fimples chaflîs de décorations fans toiles;.: & des Ga^iftes avec des échelles, paraiflent prêts à défaire ce qui refte dans cette Salie.

Trivelin s'avance d'un pas ïent & récite un monologue, dans lequel il dépeint le trifte état où la Troupe eft: réduite. Silvia vient & lui reproche de ce qu'il adrefTe fes plaintes aux échos, au lieu de venir encourager fes Camarades à refter ou à prendre quelque réfolotion avantageufe : on entend les: violons qui jouent une marche trifte & languiflante, & l'on voit arriver tous les Comédiens deux à deux l'air abattu „ & fe ranger enfuite fur le bord du théâtre. Là, on tiexu confeil > & chacun dit fcm avis & fa derniere réfolution» Lelio qui n'a pas perdu tout efpoir de ramener le Public, fait des reproches à fa femme de la réfolution qu'elle a prife de retourner en Italie; mais elle perfîfte dans fon deflein , & les quitte: Lelio voyant que quelques-uns de fes Camarades font de fon avis , les emmene avec lui pour tâcher de lui ramener fa femme.

A peine font ils fortis, que la Mufe de la Comédie Françaife vient voir celle de la Comédie Italienne ; ces deux Dames fe font beaucoup de civilités & de complimens fur leur mauvaife fanté; elles font interrompues par la Mufe de la Foire; qui vient aufïï faire fes adieux à la Comédie Italienne,' fur l'avis"q'u elle a eu de fon départ : cette dixieme Mufe du bas Parnafle, donne moitié en Profe, moitié en Vaudevilles, des avis à l'une &| a l'autre Mufe, qu'elle a la témérité d appeller fes fœurs.

La Mufe Françaife lui répond en Vers héroïques, & par Une Parodie de Phedre, dans laquelle elle excite la Mue Italienne à le joindre à elle pour fe vanner de cet ennemi commun, qui a l'infolence de les braver encore ; mais comme elle a la langue plus affilée, elle oblige fes deux ennemies à lui céder la place; elle fe félicite de fa victoire , & en fait part à fon Coufin l'Opéra, qui lui promet fa protection: une fymphonie gaie annonce la fuite de la Foire qui vient prendre part à la joie de fa fouveraine.

Un Arlequin , une Arlequine , un Polichinel & une Dame Ragonde danfent une chacone, après laquelle oà chante les couplets fuivans.

La Foire.

Notre fortune efl: certaine }
La Foire déformais à Paris brillera j
La Troupe Italienne
Taridondaine & Ion, lenla »
La Troupe Italienne
Paridondaine , partira.

La Comédie Italienne»

Ne faites pas tant la vaine ,
le Public malgré vous noas. favorifera j
La Troupe Italienne,
Taridondaine, Ion, lenla,
La Troupe Italienne
Paridondaine, reftera»'

Le Public fort content de cette petite Piéce répéta en chœur : la Troupe talienne -efiera. J'aurais moins parlé de cette Comédie , fi elle n'eût fait époqud, d'autant plus qu'elle eft tirée prefque toute entiere de l'adieu des Comédiens, dela querelle des Théâtre* Se des funérailles de la Foire; cependant toutes ces fcênes étrangeres furent arrangées avec goût > & firent grand plaifir.

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LE PROCÈS DES THÉÂTRES.

Comédie en un Acle & en Vaudevilles, 20 Novembre 1718,

Le fuccès de lâ Défolation des deux Comédies, donna l'idée de cette Piéce-, qui n'en eut pas moins.

On feint que la Mufe de la Comédie Françaife & celle de la Comédie Italienne , juftement irritées contre la Foire, vont porter leurs plaintes au Dieu du Pinde, des manieres outrageantes que cette Mufe prétendue a eues pour elles, & du dommage que fa licence apporte aux deux principaux Théâtres de fon empire : ces deux Comédies font prêtes à tomber dans l'oubli , fi par fon équité, il ne punît cette infolence, en la réduifant dans un état à ne pouvoir nuire au bon goût.

Apollon leur promet juftice, & elles fe retirent; il fait app> lier la Foire, & pendant que Momus eft allée la chercher, il le fait infrruire par Arlequin des raifons qui ont fait naître ce Procès : Arlequin les lui déduit d'un ma

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