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Le CHEVALIER.

Quel contre-tems pour mon amours

PANTALON, à part. .

Comment cacher ceci au Seignem Lelio ; il faut le réveiller, & fur quelque prétexte le renvoyer dans fa cham-: bre... Mais le voila debout... Eh bien^ mon neveu avez-vous bien donaiil

LELIO.

Plus de neveu Seigneur Pantalon j plus de neveu ; j'ai fait dans ce fauteuil un fonge qui m'a dégoûté du mariage; j'ai rêvé que la Signora SUviaétaitdans eette falle avec un Cavalier, & qu'ils tenaient un bois de cerf, qu'ils ont pofé •doucement fur mon front... Le Cavalier était vêtu de rouge... Eh, parbleu le voila ! Adieu Seigneur Pantalon à plus de neveu.

PANTALON.

II a tout entendu, il ne dormait pas; ah, maudites canailles!

C L AU DINE, accourant.

Allons donc M. le Chevalier, vout oe finhTezpas ; vous ferez tant que vouf (éveillerez notre bourru de Maître..\

PANTALON.

Bourru... Ah ! Madame la coquine; vous êtes donc d'intelligence pour me -trahir, avec ce maraud de Trivelin & .ce coquin d'Arlequin ; ( Arlequin fait .femblant de ronfler ; ) .attends, attends; je.te ferai ronfler fur un autre ton.

ARLEQUIN.

Moi ! Je ne fuis pas de la fourberie; Je dors, vous le voyez-bien ; bon foir, M. Pantalon & toute la compagnie. ( U .fe remet à ronfler..).

PANTALON.

Bon foir , M. Arlequiu.-bon foir; ,(il le rofle. ( Arlequin feignant de fe .réveiller. ) On ne faurait dormir en paix dans cette chienne de maifon-ci.

PANTALON.

Ah! quelle légion de fourbes ! Pa•tience, patience, j'attends un Commif"faire & des Archers ;je veux faire pen; dre tout ce que je vois.

TRIVELIN.

. ,Seigneur Pantalon, le Chevalier de

U

la Girouette mon Maître n'eft point un homme à pendre ; fi vous parliez de le faire déceler, pane, on vous écouterait.; fachez qu'il aime Mademoifellë Silvia , avec la permiffion du défunt Signor Commodo fon pere ; & fi vous en doutez , vous pouvez prendre le chemin de l'autre monde, & le lui demander, je n'ai pas peur qu'il me démente.

PANTALON.

Que dit-il?

CLAUDINE.

Il dit que feu le Seignetfr Commodo avait intention de marier fa fille à M. le Chevalier, & j'en fuis témoin, moi.

PANTALON.

Bon témoin ... Non je ne prétends pas que ma■ niéce époufe un Français.'

Le C H EVALIER , en Italien.

Eh bien , Seigneur Pantalon, je fuis Italien, & de Venife comme vous ; je fuis fils du Seigneur Fabio, que vous devez connaître.

PANTALON, févéremenu

Vons êtes ce fils que le Seigneur Fa-
Tome I. P.

bio rait -chercher depuis fi long-terns !'.-î t)h! je ne vous lâcherai pas; je prétends vous remener à votre pere, qui eft mon meilleur ami ; & afin que vous ne m'échappiez pas. .„ je veux que vous rpoufiez ma niéce»

Le CHEVALIER.

Ah ! Seigneur Pantalon, vous me Tendez, la vie en m'accordant Silvia.

• SILVIA.

Ah ! mon oncle, que je vous aime!

TRIVELIN.
Voilà ce qui s'appelle un amout

*aiflant.

CLAUDINE.

Comment M. le Chevalier de la Girouette , vous êtes Italien f

.'-:..I, Le CHEVALIER.

.Silvia parauTait fi prévenue pour la •France, que j'ai cru devoir prendre ua aiom Français.

TRIVELIN.

Le petit diflimulé, il ne m'en avait *ien dit ! O çà Monfieur, vous avez été amant Français; ne vous avifez pas ^d'être mari Italien.

L E m A I.:

Comédie en un afie en profe ^
2it Qlaiijip....

La fcène fc pafle dans un Village auprès d'Amiens ; &. le theâtre repréïente une avenue, au fond de laquelle eft un vieux Château.

Trivelin , Maître - d'Hôtel du Seigneur du Village, fe plaint de la grande & peu délicate chere que Ton va faire au Château, à l'occanon du Mai;

TRIVELIN.

Ah ! te voila coufin \ Comment te trouves-tu dans cet équipage mafeulinfr

THÉRÈSE, habillée en Payfan.

Fort mal, & je Vous fais mauvais gré de m'avoir obligée à le prendre.

TRIVELIN»

Ma chere coufine vous êtes une ingrate ; comptez que cet habit de Betu ger vous fied à merveilles ; vous ayez toute la phifionomie de feu Céladon; j'ai vu fon portrait dans une tapiflerieo on le prendrait "pour le Votre.

Pïj

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