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impromptus ; il la prefle de s'expliquer, & après quelques façons , elle avoue qu'elle eft déterminée à l'époufer: i^ veut enfuite l'en dégoûter ; mais elle lui fait fentir l'avantage que ce ferapour le coufia d'époufer une veuve: comme elle.

^SIMONE. ,"rl

Je fuis riche en bled , en volaille ,'i

en bêtes à cornes. :-' i>

TRI VELIN.

Il eft vrai que vous n'avez prefquc: rien perdu à la mort de votre mari.

SIMONE; /

Voici lé Collecteur Blaife, le Tabel-' lion Lucas, tous deux me pourfuivent ; j permettez que je vous quitte pour leséviter».

TRI VELIN.;'

Et -pour aller chercher Je jeune coufin..

Trivelin félicite les deux rivaux de: la bonne intelligence qui paraît en-,tr'eux.! t

'LUCAS..

Elle eft bien fondée; nous venons: du Cabaret : on peut boire enfemble ;, & aimer féparément,. -'-'•'

; TRI VELIN.

: Vous pourriez même, avec Madam&' Simone, pouffer plus loin les droits de la Communauté.

Blaiiê dit à Trivelin qu'il a une petite affaire à lui communiquer, qu'il' veut auparavant examiner à fond. Ils fortent, & Trivelin , après quelques réflexions fur une union auflî rare entre deux Rivaux, imagine de profiter du penchant, dont Madame Simone lui a fait confidence, pour avancer le bonheur des jeunes amans qu'il protége:: 5ls arrivent l'un & l'autre; Colin conteà fa Maîtrefle les chagrins qu'il a tous les jours à eiïuyer de la part de fa mere,. pour lui donner envie de le confoler.. Madame Simone paraît ; Colin fe fauve :: Thérefe en veut faire autant; mais Trivelin l'en empêche ,'& Jui dit de tout mettre en ufage pour plaire à la rnere de fon Amant-y que fon bonheur en dépend : il fort pour faire fa cour à Madame Simone ,.en affectant'du myftère & paffànt à côté d'elle , en lui.fai-: fant valoir la compleifance de la laiffèr feule avec fon beau Coufin;

La converfiition ne knguit pas entre la Fermiere & Thçrefe, qui fe défend, «l'abord avec une extrême naïveté, & lui répond enfuite à fes attaques , par des équivoques paffablement vives :. Mad. Simone a beau rafliirer le prétendu Grégoire fur fon prétendu mérite; il s'obftine toujours à foutenir qu'il n'eft pas propre à faire le bonheur d'une veuve, & quelle trouverait une différence trop marquée entre le mari; mort & le vivant.

Trivelin la vient rejoindre ; il entreprend de les concilier; & en dépit dej Madame Simone & de Thérefe, qui; craint d'être trahie, il arrête le mariage: de la veuve avec le beau Grégoire 2c celui de Colin avec Colette , jeune Payfanne d'un Village aflez éloigné, ce": qui mettra la mere de Colin à l'abri du, danger de le voir marié dans le même; Village. Madame Simone oppofe beaucoup de difficultés, que Trivelin leve. Quant au peu d'empreflèment du jeune; Grégoire, Trivelin raiTure la Fermiere »> & lui répond de fes fentimens attendu; qu'il en eft le Tuteur, non qu'il foie: orphelin, mais parce qu'il eft atrffi leTuteur de fon pere, de fa mere & de> toute fa famille. Les équivoques égayent: encore cette fcêne, à la fin de laquelle! il amene Madame Simone àofoin but }j elle lui dit qu'elle fe repofe de tout fur lui; mais Colette ne témoigne pas la même confiance , quoique Trivelin ait mis tout en ufaje pour la raflurer, fans fe rendre fufpec t à la veuve.

On entend quereller derriere le théâtre. Blaife le Collecteur, Lucas le Tabellion , Guillaume le Boucher, & Jac3ues le Vigneron, tous quatre Amants e Madame Simone , entrent avec Colette , cette jeune Payfanne, que Trivelin fait femblant de vouloir marier avec Colin , & qui eft venue à la Fête. Chacun d'eux prétend que l'honneur de planter le Mai devant la porte du Château lui appartient ; Blaife en fa qualité <le Collecteur, Lucas comme étant Tabellion , & Collette au nom des filles de tout le canton : Trivelin fe propofe pour médiateur, & commence par les faire convenir qu'il font tous des bêtes, & qu'il a plus d'efprit qu'eux. Il s'apperçoit bien , dit-il, que la rivalité des quatre hommes, & l'envie d'époufer Madame Simone , ont autant de part à leur divifion que la préférence qu'ils pourfuivent au fujet du Mai : il ajoute que pour éviter les fuites que pourroit avoir cette double concurrence, il eft' d'avis qu'on en remette la décifion au

fort, & que celui qui aura la plus courte paille , époufera Madame Simone , &. plantera le Mai : la Fermiere n'eft pas de cet avis, & témoigne fa crainte à 1 Trivelin , qui la raflure & lui promet tout bas qu'elle aura Grégoire. Tous les • hommes confentent, excepté le jeune Grégoire , qui veut s'y oppofer; mais Trivelin le fait taire, en lui difant qu'il • lai convient bien de jafer, lui qui eft: le moins homme de la Compagnie.. Le Tabellion en drefle un acte, mais Colette protefte au nom des filles, &. Trivelin fous prétexte de l'appaifer,. fait inférer dans l'a&e que fi la courterpaille écheoit à une fille, elle époufera. Colin, & aura les honneurs du Mai.

L'acte drefle" fans contradiction, tout le monde figne ; Trivelin le met dans fa poche , ordonne gravement à tous les prétendans de lpi tourner le dos, ce qu'ils font : lorsqu'il a préparé les pailles, il les avertit d'approcher ; chacun tire la fienne, & Trivelin ayant donné un coup d'ongle à celle de Grégoire , il eft déclaré Vainqueur ; Màr dame Simone applaudit; Blaife veutdifputer, & dit mefurons ; vous avez: beau mefurer, dit-il, la paille du coufin,1

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