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Carnaval fort avec Arlequin, en chaa* tant.

Allons à la Guinguette , allons , Sec.

Momus fort quelque temps après, &■ îaifle là Folie feule, l'Amour vient à elle, & fur ce qu'elle paraît furprife de le voir fi-tôt de retour de Cythere; l'Amour lui dit que depuis qu'il a goûté l'Architecture moderne de fes temples de PalTy & du moulin de Javelles, il ne peut plus s'accommoder de ceux de Paphos &. d'Amarhonte , où il n'y a ni chambre fecrette, ni efcalier dérobé: depuis que je fuis :?rand garçon, je ne fuis plus fi difficile au coucher, lit de camp, botte de paille, gazon, tout m'accommode.

La F O L I E>.

Mais, que dira Pfiché?

L'AMOUR.

Je ne l'aime plus..

L» FOLIE

Et qui eft celle qui fait à préfént. votre bonheur?

L'AMOUR..

Vous,

La FOLIE. ~

Vous êtes bien concis.

L'AMOUR.

Oh ! diable, depuis quelques années; j'ai quitté tout ce verbiage pompeux, dont je me fervais dans les Romans, je fuis devenu aufll laconique qu'un Caiflier, à qui l'on demande de l'argent.

La- F O L I E.

Et vous répondez aufli facilement' oui, qu'il dit toujours non.

L'AMOUR.

Mais en récompenfe, fi je parle peu» je gefticule beaucoup.

La F O L I E.

Vous avez raifon, car vous né içattf riez le faire qu'avec grace.

L'AMOUR.

Ma foi, vous l'entendez; vous fçavez, fans doute que les geftes expriment mieux que lés paroles.

La F O L I E.

Ma foi,.Hion cher Amour, fi vous

it'aunez plus Pfiché, je vous avouerai que je n'aime plus le Carnaval; c'eft: vous qne j'ai deftiné à le remplacer; il y a long-temps que notre union aurait dû fe faire, &c. Elle lui apprend enfuite qu'elle a ordonné une fête pour lui, & qu'elle va fe parer pour y. briller davantage; elle fort, & Pfiché arrive & fait à l'Amour de grands reproches fur fon infidélité; l'Amour lui répond fort cavalierement.

P S I C H É;

Hélas ! lorfque j'étais,fille, vous ne me parliez pas ainfi.

L'AMOUR.

Lorfque vous étiez fille, j'étais gar,çon : c'eft fort différent; mais faifons mieux, féparons-nous.

P S I C H É.

Non, non, cela ne fera pas ainfi; je plaiderai; je fuis jeune; je folliciterai,, .& nous verrons. ,

L'AMOUR.

.1l vous refte une meilleure relïburce,; .foyez coquette; Mars vous lorgne , ma mere s'y connaît bien, & l'on peut en '3yB '•'•'. " • Wiftoift

toute ânurance faire emplette d'un g$5

lant qu'elle a marchandé.

P S I C H É.

Allez, Monfieur, je ne veux point »des reftes de votre mere Vénus.

L'AMOUR.
C'eft avoir l'appetit glouton.

Pfiché outrée des mépris de l'Amour; : s'évanouit entre fes bras ; Momus arrive fort à propos pour l'aider à la placer fur un fiége de gazon;l'Amour lui demande fon fecours, non pour la faire revenir, mais pour l'en délivrer ; Momus rêve un inftant... Il lui dit qu'il en a trouvé le moyen, qu'il va l'exécuter. ■" L'Amour fort, & Momus évoque le 'fleuve Lethé, à qui il demande de fon eau, pour faire boire à deux Amans qui commencent à ne plus s'aimer. Le fleuve lui demande à quoi fes eaux font 'bonnes ; on voit bien, répond Momus, *jue vous êtes le fleuve Lethé, il n'y a que lui qui puifle oublier fon mérite: que feroit-on fans vos eaux ? C'eft pat leur moyen qu'on voit tous les jours ides Barbons qui oublient leur âge j des faquins qui oublient leur naiflànce, des grands Seigneurs qui oublient leurs det•teS, des Coquettes qui oublient leur Amour, des Normands qui oublient leurs promefles, & des Gafcons qui oublient leur bourfe lorfqu'ils vont au Cabaret, (i)

Arlequin qui Fait le fleuve, dit qu'il va chercher de feseaux, & revient un inftant après avec un pot, dans lequel il n'y a rien. Momus lui ordonne de retourner; mais Arlequin lui dit que s'il retourne, il apportera l'eau fans le pot; ce qui engage Momus à y aller luimême; il arrive auffi-tôt ,.& après avoir fait revenir Pfiché de fon évanouiflement; il lui fait boire de l'eau, il en fait auflî avaler plufieurs coups au Carnaval malgré fa répugnance, & l'eau fait pleinement fon effet; car ce dernier ne fe fouvenant plus de la Folie donne la main à Pfiché, qui a pareillement oublié l'Amour.

Ce parfait oubli eft arïùré par la préfence de l'Amour & de la Folie, qui arrivent en fe donnant la main, & fe font mille carefles, fans pouvoir rendre jaloux les Buveurs d'eau ; le plaifir.

( i ) Cette fcêne pourrait bien être la fourcc du Fleuve d'Oubli de le Grand; ce ne ferait pour elle qu'un mérite de plus.

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