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TRIVELIN.M

Quelle obftination! on voit bien qu'elle tft

femme: Quoi donc î après avoir prévenu fon époux Et fait naître en fon cœur mille foupçons

jaloux, Serais-^e pris pour dupe ............

Les biens de Pantalon deviendront mon fa

falaire; Le crime eft approuvé quand il eft néeel

faire. Mais Arlequin paraît; quoiqu'il (bit un peu

fot, Je prétens qu'il confpire & qu'il foit du cojn

plot. ( à Arlequin. ) A?ez-vous du courage î

ARLEQUIN.

Oui, fur-tout a table. • • • , - .

Nouveau Céfar gourmant , indomptable, aguerri, - Ainfi -que lui, veni; vidi, mandacdvi.

TRIVELIN.

Je connois vos talens pou manger & pou! boire,

Vous favez. dignement remuer la machoire, J'en conviens; mais je veux de vous, d'autres

exploits j Pour un projet hardi, de vous feul j'ai fait

choix. Je vais vous confier un fecret d'importance , Qu'il faut cnfevelir dans un profond filcncc...

ARLEQUIN.

Ne craignez rien, je fuis fecret cemme uta canon.

Trivelin,

Artemire me plaît, je l'aime à la folie.

ARLEQUIN.

Parbleu! je le crois bien, elle eft aflez jolie,' Elle eft fage pourtant. . . I

TRIVELIN.

Voila quel eft, mon cher, la vertu d'une

femme j L'honneur peint dans fes yeux, femble être

dans fon ame , i

Mais de ce faux honneur les dehors faftueux, Ne fervent qu'à couvrir la honte de fes feux. Au feul Amant cheri, prodiguant fa tendrcfle , Pour tout autre elle n'a qu'une auftere rudefle; Et l'Amant méprifé prend fouvent pour vertu,

Les fiers dedains d'un cœur qu'un autre a corrompu. Je prétens l'époufer,

ARLEQUIN.

Pantalon eft en vie.

TRIVELIN.

Cela m'importe peu, mon cher, j'ai réfola
Pc l'afiaffiner,

ARLEQUIN.

Fi j cela fent la. potence.

TRIVELIN.

U faut, cher Arlequin, me fervir de fecond?

M • • • *

ARLEQUIN.

Pans l'art d'aflaflîner je fuis encor novice; Ne comptez pas fur moi. .. . .

TRIVELIN.

Vous êtes un poltron*

ARLEQUIN.

di! parlez mieux, l'ami, je fuis prudent.
I . . . . 0

Sans cela vous, pouvez en conter à la Dame.
J'y confens, j'applaudis à des projets fi beaux»
'Pour vous je garderai volontiers les manteaux.

Mais pour aiTaflîner Pantalon, point d'affaire.

Je ne puis voir fans peine égorger un cochon , Comment pourrai-je, hélas ! maflacrer Pantalon.

( Il fort. )

TR I VELIN, feule.

Il pourrait me trahir, il aime à babiller;
Il faut en pareil cas, l'empêcher de parler»

Artemire feule fe plaint de la cruauté de fon fort, Cephife rui annonce un étranger.-;:

ARTEMIRE,.feul.

Si c'eft l'Exécuteur que Trivelin m'envoye,. Céphife , il peut entrer... grands Dieux ! c'eft Philotas!:

Philotas lui fait des reproches de s'être laiflee époufèr par.Pantalon.

'PHILOTAS.

Me faire cet affront, paflèr en d'autres bras ;, \ous étiez bien preffée!'

A R T E M I R. E.

Ahi je ne l'étais pas,.

Je flïis à Pantalon, mais foyez 'plus tranquille }

fhUotas, croyez-moi, je fuis - ptefquencoii filk..

PHILOTAS.

Ma foi tant pis pour vous, c'eft un vilain métier.

ARTEMIRE

C'cft un crime peut-être, & je vais l'expier.

PHILOTAS.

'• . . • -' '' Z

L'amour, le tendre amour nous était favo

•rablei• Il m'en revient fans cefle une idée agréable.

A R T E M I RE,;

Hélas! même penfée occupe mes efprits. . -„ » Que Pantalon m'a fait pafler de triftcs nuits! Et pour vous en fecret une amoureufc flâme Dans les bras du vieillard a dévoré mon arrjev

PHItOTAS.

Votre iniaginarive eft prompte en certain cas; Mais, ma belle, après tout je. n'enfuis point plus gras.

Artemire fe plaint toujours de la rigueur de fon fort, Philotas cherche à la confoler, mais fa douleur redouble»

P H J;L OTAS.

Vous trouveriez-vous mai è

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