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TRI VELIN.

Seigneur, vous faites bien de vous en réjouiri

P AN TALON.

Bevait-elle couvrir mon front d'ignominie j". Et me faire augmenter la grande confrairie,?:

SCAPIN»

Ah! Seigneur, Philotas vous taille des croupieres; Il vient de foulever le Peuple, & fes amisOnt donné l'épouvante aux fuppôts de Thémii; Il les a mis en fuite, & dans toute la place Pour la pauvre Artemire, ou entend crier, grace.

TRI VELIN.-

'JCiclJ qu'entens^ei -p '~ ; -.M.

S GAP IN.

On ramene Artemire en Ceslietai

PANTALON.

Allons apprendre £ vivre à ces féditienx.

{,11s fortent).',

ARTEMIRE, foutenuepar Cephife, Fiête à (ubir les coups" d'une'main ennemie On me fait promener de la mort à. la vieu.

Elle rappelle à Cephife la valeur dephilotas,.

II. a fait loin de lui fuir les Archers poltrons; Quelques-uns fous fes coups tombaient par

pelotons. Sur ce brave Héros, aucun d'eux n'bfait

mordre; Ma chere, il leur donnait bien du fil à retordre-'.

CEPHISE.

Il vous a bien fervie.

ARTEMIRE.

Ah ! c'eft lui qui s'avance!

PHILOTA S.

Vous ignorez encor la moitié de l'hiftoirej
Trivelin eft fans vie & vous rend, votre gloire;.
Il a fait en mourant une confeflion
Qui dément de tout point fon aceufation;
Et votre époux ferait ravi de l'aventure,
S'il n'avait dans le flanc une large bleflure..

ARTEMIRE..

Comment donc? hé! qu'a-t-il?

EHIL OTAS.

Un Archer mal-à-droir; L'a dangereufement.blelTé du côté droit; Le pauvre homme fe. meurt, fa douleur eft

extrême., Il n'en peut revenir,:mais le voicilui-même..

PANTALON yfoutenuparScaramouche & Scapin.

Ma mour, je reconnais trop tard votre innocence;

Il eft vrai ; mais enfin, vaut mieux tard que jamais*

Je fens que de ce pas je m'en vais ad panes;

Confolez-vous , mon cœur, ne pleurez pas de grace:

Vous aimez Philotas, qu'il occupe ma places

Je veux que fur ma cendre il vous donne la main,

Et que vous l'époufiez au plutard dès demain,

Puiffe-t-il avec vous vivre toujours tranquille!

Il eft jeune & bien fait * & vous aflez gentille.

Je veux faire en mourant une bonne aûion;

Je prétens qu'on me plaigne en cette occafion,

Et qu'on dife de moi d'ici jufques à Rome;

S'il vécut en coquin, il meurt en honnête homme.

Cette Parodie qui eft de Dominique, réuffit bien moins que celle d'Œdipe, quoiqu'elle foit beaucoup plus gaiej mais on ne doit attribuer fon mauvais fuccès , qu'à celui d'Aï temire. C'eft la feule Tragédie de M. de Voltaire , qui n'ait pas été imprimée.

LES AMANS IGNORANS,

Comédie en trois actes, en profe j 2s Avril 1720.

La fcène eft en Italie, dans la maifon de campagne de Pantalon, près de Ravenne,

Trivelin, Chirurgien de village & Hôte du Capitaine Mario, fils de Pantalon , noble Vénitien, cherche à rendre une lettre de la part de ce Capitaine, à Fatime, jeune Efclave, autrefois enlevée fur les côtes de Ravenne par le Corfaire Barbanera, & élevée à Alger auprès d'une Efckve Françaife , dont ce Corfaire avait fait fa favorite. Fatima était deftinée au ferail de Conftantinople, à caufe de fa grande beauté; elle y fut envoyée fur un vaiffeau dont le Capitaine Mario s'empara dans un combat: touché de fes charmes, il en devint éperduement amoureux, la fit conduire à Venife & la cacha à Pantalon fon pere, dans le deflein de l'époufer; mais Pantalon ayant découvert ce miftere, fit enlever en fecret l'Efclave, & la remit entre les mains de Berthole fon Jardinier, pour 1a faire travailler

au Jardin & lui faire bien rifoler lé teint au foleil, ' afin d'en dégouter fon fils en cas qu'il la retrouvât. C'eft dans ce village & chez ce Jardinier, que Trivelin la découvre &lui vient rendre une lettre fort tendre de la part de Mario. Fatime après l'avoir lue, prie iTrivelin d'éloigner,. s'il fe peut, les pourfuites de Mario.

Je ne fuis pas aflez ingrate, dit-elle, pour le haïr ; il a eu la générofité de ne me point ôter les pierreries dont oa m'avait ornée pour plaire au Grand Seigneur, il m'a bien traitée jufqu'à préfent; je n'aurai pas moins de générofité que lui ;,ileft riche & de qualité, il m'aime Se veut m'époufer; moi qui n'étais qu'une Efclave & qui ne fuis peut-être, que la fille d'un Payfan, qu'arriverait-il de là? Je lui attirerais la haine de fa famille, les regrets fuccéderaient bientôt à l'amour, & au lieu d'être Efclave à Conftantinople, je le ferais à Venife. J'aime Mario, il eft vrai, mais je n'unirai mon fort qu'à celui d'un. Payfan dont je ferai la fortune en vendant les bijoux qui me font reftés. Trivelin lui demande au moins un mot de réponfe pour Mario, & Fatime fort pour la lui éçjyre. Trivelia

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