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EULARIA.

Oui, Monfieur.

ARLEQUIN.

Cela marque que vous avez le cœur gangréné; mais cela ne fera rien ; pour vous guérir, il faut prendre Cx onces d'eau rofe en poudre & trois onces de limailles de cornes de limaçon, vous en ferez un onguent, dont vous vous froterez.. ,

EULARIA.

En quel endroit?

ARLEQUIN.

Où il vous plaira; mais il faut que je Voie de l'urine de la malade : Madame, favei vous uriner? Je vois bien que la maladie delà malade vient d'unemaladie d'opilation : hé bienj il faut qu'elle fafle une petite promenade à pied, comme vous pourriez dire d'ici à Lvon , &c. Il ajoute plu (leurs autres extravagances avec une extrême volubilité, & Pantalon eft fi fatisfait, qu'il lui offre de l'argent; il le refufe, tend la main par

derriere & finit par prendre la bourfe.

Au deuxieme acte , le Capitan vient demander un reméde contre le mal de dent : prenez, dit Arlequin, du poivre» de l'ail & du vinaigre, frotez-vous en le derriere, cela vous fera oublier votre mal : ( le Capitan eft prêt à fortir) attendez-moi, Monfieur, j'oubliais le meilleur; prenez une pomme de rennette, coupez-la en quatre parties égales, mettez une des parties dans votre bouche , & enfuite tenez-vous 1a tête dans un four, jufqu'à ce que la pomme fort cuite, & je vous réponds que votre mal fe trouvera guéri.

Le Docteur entre avec Pantalon; Arlequin demande au dernier quel eft l'homme qui l'accompagne? c'eft un Do&eur, répond-t-il: à ce mot, Arlequin effrayé , dit : Meffieurs , if faut que je vous quitte, parce que mes malades m'attendent ; il demande enfuite tout bas à Pantalon de quelle efpece eft le Docteur, c'eft un Docteur es loix , répond-il.

A R L E Q U I N, au Docteur.

Vous n'êtes donc pas Médecinl

LE DOCTEUR.

Non, Monfieur.

ARLEQUIN.

En ce cas, mes malades peuvent attendre.

LE DOCTEUR.

Mais, Monfieur , j'ai aaflî étudié en Médecine.

ARLEQUIN.

En ce cas, mes malades (ont fort preflés. Pantalon l'arrête : obligé de faire bonne contenance, il fait plusieurs queftions au Docteur, qui en donne une folution raifonnable ; il dit que tout cela eft faux, & en donne luimême une extravagante : le Docteur lui demande à (on tour ce que c'eft que la Philofophie : ah, ah, ah, ré* pond Arlequin en ricannant ; c'eft bien à moi qu'il faut faire de ces petites queftions-lài à mot, qui 'çais par cœur toute l'hiftoire Romaine de Ber^ame«w Par exemple, il y a des igoorans qui prétendent que le foleil eft le principe de la génération; moi je, ,fuis d'une opinion contraire, & je le-prouvé par un feul exemple»

Un jeune hommedèvient^amoureux d'une jeune fille; il 1 epoufe; on fait îés noces ; la nuit arrivepils- fe couchent ; le lendemain matin fa femme fe trouve enceinte; je demande en quoi le foleil s'eft mêlé de leurs affaires?

Arlequin s'en, tire enfuite comme iL peut avec un tas de pareilles foliés; la fituation qui donne le titre à la Piéce eft une lettre qu'Arlequin doit remettre à: l'amoureufe; la potte lui étant interdite, il.entre & fort plufieurs fois pat la fenêtre.

Cette Comédie a fbuvent étérefnifê fur le nouveau théâtre, mais d'une maniere bien différente '& avec beaucoup de changemens , qui n'ont fërvi qu a l'épurer & à la rendre plus réguliere» fans qu'elle en foit moins plaifanie..'

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