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IL CONVITATO DE PIETRA.

le Feftin de Plerre(r).

Arlequin vient couvert d'un man^ reau noir, tenant en l'air une épée efpagnole, au bout de laquelle eft une lanterne, & dit rfi tous les couteaux n'étaient qu'un couteau.....- ah quel couteau !'fi tous lès arbres n'étaient qu'un arbre; ah quel arbre ! fi tous les hommes n'étaient qu'un homme; ah quel homme ! fi ce grand homme prenait ce grand couteau , & qu'il donnat un grand coup à ce grand arbre & qu'il lui fît une fente ; ah quelle fente : après ce beau propos, qui revient au fujçt,

( i ') LorfqUe les Comédiens Italiens représenterent cette Pièce , tous les théâtres Français en donnaient à l'envi des copies : Viliers en fît une pour l'Hôtel de Bourgogne; Dormion pour celui de la rue des quatre Vents; Rofimont fit repréfenter la fienne fur le théâtre du Marais; & celle de Moliere , mife depuis en vers par T. Corneille , fut jouée fur le théâtre de Guénégaud,

comme l'éloge du tabac qui commence le Feftin de Moliere, Don Juan arrive. Lazi de peur d'Arlequin, qui laine tomber fa lanterne, elle s'éteint ; Don Juan à ce bruit, met l'épée à la main; Arlequin tire la fienne, fe couche à terre fur le dos, la tient droite, de façon que Don Juan la rencontre toujours en s'efcrimant, ce qui fait un jeu de théâtre aflez plaifant; enfin il la laifle tomber , & s'écrie : je fuis mort ; Don Juan Î|ui le reconnaît, fâché de l'avoir blefle, e nomme, l'appelle par fon nom, & lui demande s'il eft effectivement mort: fi vous êtes véritablement Don Juan , répond Arlequin, je fuis encore en vie; mais fi-vous ne l'êtes pas » je fuis bien mort;

Le Duc Oôavio vient avec Pantalon fon confident; le Duc doit époufer bientôt Dona Anna fa marrefle que le Roi lui a accordée; il en a même obtenu un, rendez - vous pour la nuit prochaine ; à cette nouvelle » Don Juan lui propofe de troquet de manteaux; le Duc y confent; Arlequin en fait autant avec Pantalon, & lorfqu'ils font reftés feuls, Don Juan apprend à Arlequin que fon deffèin eft de tromper Doua Anna » par le moyen de cet échange; il s'introduit chez elle , Se Arlequin fait lé guet à la porte; il entend du bruit & s'enfuit : ce font le» cris de Dona Anna qui appelle du fécours contre la violence de Don Juan; on entend la voix de fon pere, & bientôt l'on voit D. Juan qui fe fauve l'épée à la main; & le vieux Commandeur qui le pourfuit en chemife & aufii l'épée à la main ; 1e combat fe pane fur le théâtre; fe Commandeur eft tué & tombe, après avoir long-temps lutté contre la mort.

Cette affaire a de grandes fuites; Dona Anna vient en demander vengeance au Roi même, qui fait promettre dix mille écus à celui qui décous vrira l'auteur de ce meurtre.

Arlequin fait tout haut fes réflexions là-deflus; fon maître l'entend & veut le tuer ; Arlequin s'exeufe, & affure qu'il n'en parlera pas; Don Juan fort après l'avoir éprouvé; Arlequin rencontre enfuite Pantalon, il lui parle de la publication des dix mille écus, & lui dit qu'il peut lui en faire gagner la moitié: comment cela, demande Pantalon:? j'irai dire au Roi, répond Arlequin » que c'eft toi qui as tué le Commaa-; deur, le Roi me donnera les dix mille

écus, & nous partagerons.

L'acte fuivant, on voit une jeune pêcheufe auprès de (es filets , & un moment après Don Juan & Arlequin: qui paflent à la nage ; Don Juan attrape le bord, & la jeune pêcheufe l'aide à fe tirer hors de l'eau; Arlequin tient une lanterne au milieu de la mer, & parvient enfin en criant; plus d'eau, du vin, du vin; il apperçoit fon maître évanoui dar.s les bras de la belle pêcheufe, & dit : fi je retombe jamais dans la mer, je fouhaite pouvoir m'échapper avec une pareille barque.

Gomme il eft entourré d'une douzaine de veflîes , il fe laifle tomber fur le derriere & en créve une; bon, dit-il, voici le canon qui tire en ligne de réjouifTance; Don Juan quitte le théâtre avec la jeune fille : pauvre malheureufe, dit Arlequin en les voyant partir ; que je vous plains de vous laifler abufer par mon maître, il eft fi libertin, que s'il va jamais aux enfers, ce qui ne peut lui manquer, il tentera, je crois, de féduire Proferpine.

Don Juan revient fur la fcéne avec la pêcheufe ; je compte, dit-elle, que vous Rie tiendrez la promefle que vôtis m'avez faite dem'époufer; cela ne fe peut, répond Don Juan , demandez à mon valet que voici, il vous eri dira les raifofis'; il fort :Ia jeune fille fe défefpere; & Arlequin pour la confoler, lui fait voir la lifte de celles qui font dans le même cas y c'eft une longue bande de papier roulé qu-il jette vers le parterre, en retenant le bout & en difant: voyez, Meffieurs, fi vous ne trouverez pas le nom de quelques-unes de vos parentes t la jeune pécheufe réduite au défefpoir,. fe jerre dans la mer.

tftt payfan & utie payiànne qui font amoureux l'un de l'autre, font ferafclant d'être toujours en querelle devant leur tante, qui eft un efprit d© contradiction, & par ce moyen-, elleconfent à leur union; Don Juan & fon "Valet arrivent lorfque fe fait la noce: après s^être mçfi*s a' Ta converfation & à la danfe, Don: Juan'enleve la mariée, & Arlequin une des payfannes qui lui plaît le mieux.

Quelques fcênes après, Don Ju an 8c Arlequin fe trouvent vis-à-vis un magnifique maufolée, qui eft le tombeau du Commandeur -y Arlequin fait des remontrances à fon maître; D. Juan

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