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Allez; & vous trouverez-là

Bon nombre de ces oiseaux-là. Quoi qu'il en soit, le paon, chez la perdrix timide, Eut ordre , un beau matin, de ne plus revenir ;

Elle craignoit trop l'avenir.

Quant au pauvre pigeon , dont toute l'éloquence
Etoit air de candeur & de fimplicité,
Et qu'on ne remarquoit qu'à sa timidité,

Il fut trouvé sans contéquence,
Et la perdrix fouffrit son assiduité.
L'amant que l'on écoute est dûr d'être goûté.

Le pigeon ne fut point à plaindre ;
La perdrix vit trop tard le moment périlleux.

Ce n'est point l'amant orgueilleux ,
C'est le modeste qu'il faut craindre.

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La Linotte la Fauvette.
F Elicitez-moi donc d'avoir fü me défendre
D'un jeune moineau franc qui voaloient me charmer ;

Disoit une fauvette tendre,
A certaine linotte experte en l'art d'aimer.
Quel bonheur d'échapper aux traits inévitables

D'un ennemi si dangereux !
Car enfin, cet amant est des plus redoutables;
Et jamais moineau franc ne fut plus amoureux.
Il posséde si bien l'art de nous rendre hommage ;

Il n'est pas, jusqu'à son ramage,
Qui n'ait, quoi qu'un peu singulier ,
Quelque chose qui dédommage
De ce qu'il a d'irrégulier.

Et ses empressemens auprès d'une maîtresse,
Dites, qu'en pensez-vous ? La science traîtresse
Des propos enchanteurs, & des soins complaisans,

Offrit-elle jamais des traits plus séduisans ?

Quand il jure qu'il nous adore , Lui-même n'est-il pas adorable à nos yeux ?

Ne le devient-il pas encore, Quand il tait son ardeur , pour en convaincre mieux ?

Quel ennemi pour moi ! Que de périls ensemble !

Ah! Ma chere , que vous en semble,
A vous , qui vous intéressez
De tout temps

à

destinée ? Ne suis-je pas bien fortunée, D'avoir paré les traits que l'Amour m'a lancés?

Vous ne m'en louez pas assez!....

ma

Eh ! Ne sentez-vous pas, aveugle que vous êtes ,
Répondit la linotte , avec vivacité,
Qu'en parlant d'un moineau , chéri dans ces retraites,
Avec tant de chaleur & de légéreté,
De son calme trompeur, votre ame satisfaite,
Sans
que

vous le sachiez, trahit la vérité,
Et me prouve votre défaite ?

I

On dilimule enyain un amoureux desir,

Si l'on en parle avec plaisir :
L'air, le geste , le ton, tout en nous le dénotte;
Et l'auditeur malin est prompt à s'en saisir.
Belles , n'oubliez pas ce qu'en dit la linotte.

*

F A B L E

V I I.

Le Ver luisant le Vermisseau. Dans un buisson épais , pendant une nuit sombre, Un vermisseau gîtoit auprès d'un ver luisant , Qui, tout fier d'un éclat qu'il ne devoit qu'à l'ombre,

Faifoit le petit fuffisant.

Un reptile inconnu , près d'un ver de ma forte,
Ose venir loger ! Je le trouve plaisant !

Allons , mon ami , que l'on forte ;
Ce qui fut dit d'un air & d'un ton imposant.

! Tout doux, compagnon : l'éclat qui te décore,

Tu le dois à l'obscurité,

Répond le vermisseau; redoute la clarté.
Va, mon cher, je t'attens au lever de l'aurore,

Pour juger de ta qualité.

Que de gens , au siécle où nous sommes, Brillent à peu de frais, dans un sombre séjour, Qui feroient confondus parmi les autres hommes,

S'ils ofoient paroître au grand jour !

FABLE VII I.

Le Papillon & l'Immortelle. Chez la vieille immortelle , on raconte qu'un jour ;

Je ne sai trop en quelle année, Messire. papillon, en faisant sa tournée , S'arrêta par hazard , & fit quelque séjour.

La conversation de la fleur furannée,
Roula sur les défauts de celles d'alentour,

Pour adoucir leur destinée ,
La médisance fut donnée

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