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Tous nos feux ne sont qu'étincelles, Dites-vous. J'en conviens avec vous fans détour; Mais, parmi tant de fleurs, que l'on me nomme celles

Qui, là-dessus , soient sans retour;
Nous ne pouvons être infidéles,

Que vous n'y gagniez tour à tour.
A ces mots , vers la rose il dirige ses aîles :
Elle oublia bientôt qu'il pût être inconstant.
Il est peu de beautés qui n'en fissent autant.

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*

F ABLE XX I V.

La mauvaise Herbe. P Our rendre son jardin plus propre & plus fertile ; Un bon & franc bourgeois, homme de jugement

En arrachoit soigneusement L'herbage dangereux , & même l'inutile.

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Eh ! Que fais-tu là, mon ami ,

Lui dit quelqu'un ? Ton foin futile , Ne purgera jamais ton jardin qu'à demi :

Méchante herbe renaît aussitôt qu'arrachée.

Ne dois-tu pas savoir , d'ailleurs,
Que dans les jardins les meilleurs,
La terre en peut être entichée ?...

La mienne , répond le bourgeois, Seroit encore moins en état de produire ,

Si je n'avois foin quelquefois ,

D'en ôter ce qui peut lui nuire. Contre mille défauts, on écrit tous les jours ;

On ne convertit pas toujours :
Mais un seul changement est un fort grand service;
C'est toujours sur le mal autant de rabattu.

Tout ce que l'on dérobe au vice a
Tourne au profit de la vertu.

E PILOGU E. A Ux enfans d’Apollon deux chemins sont ouverts; On amuse dans l'un; dans l'autre l'on éclaire :

Tous deux ont des piéges couverts ; Heureux, qui réunit l'art d'instruire & de plaire !

Peu d'auteurs atteignent le vrai :
Faut-il donc pour cela que l'on se décourage?

On n'auroit point de bon ouvrage ,
Si l'on n'eût jamais eu d'essai.

La crainte & la folle assurance
Nuisent également aux jeunes écrivains :

Qu'on les badine d'être vains;
Mais qu'on leur laisse l'espérance. *

Je fai, grace à l'humanité,
Que dans le tourbillon de la société ,
Les timides leçons, dans mes vers répandues

* Voyez le frontispice.

Avec mainte inutilité,

Pourront se trouver confondues : Mais je serai payé par une vérité ,

Dont quelqu'un aura profité
De mille que j'aurai perdues.

Fin du cinquiéme e dernier Livre.

J A1

'AI lû, par l'ordre de monseigneur le chancelier, un recueil de

nouvelles Fables de M. Peffelier, j'y ai trouvé une poefie agréable & une fage morale. Je crois que le public en verra l'impression avec plaisir. A Paris ce 27 septembre 1747. Signé, D ANCHE T.

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A nos amés & féaux conseillers les gens tenans nos cours de parlement, maîtres des requêtes ordinaires de notre hôtel, grand conseil, prévôt de Paris, baillifs , sénéchaux, leurs lieutenans civils, & autres nos justiciers qu'il appartiendra , SALUT. Notre bien amé le sieur PESSELIER nous a fait exposer qu'il desireroit faire imprimer & donner au public des Fables nouvelles de la composition, s'il nous plaisoit lui accorder nos lettres de privilége pour ce néceslaires. A CES CAUS ES, voulant favorablement traiter l'Exposant, Nous lui avons permis & permettons par ces présentes , de faire imprimer lesdites Fables en un ou plusieurs volumes, & autant de fois que bon lui semblera, & de les faire vendre & débiter par tout notre royaume pendant le temps de six années consécutives, à compter du jour de la datte des présentes. Faisons défenses à toutes personnes de quelque qualité & condition qu'elles soient, d'en introduire d'impresfion étrangére dans aucun lieu de notre obéissance; comme aussi à tous libraires & imprimeurs d'imprimer ou faire imprimer, vendre , faire vendre , débiter ni contrefaire lesdites Fables, ni d'en faire aucuns extraits , sous quelque prétexte que ce soit, d'augmentation, correction, changement, ou autres, fans la permission expresse & par écrit dudit Expofant, ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de confiscation des exemplaires contrefaits, de trois mille livres d'amende contre chacun des contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers à l'Hôtel-Dieu de Paris , & l'autre tiers audit Exposant, ou à celui qui aura droit de lui, & de tous dépens, dommages & intérêts : A la charge que ces présentes seront, enregistrées tout au long sur le registre de la communauté des libraires & imprimeurs de Paris , dans trois mois de la datre d'icelles ; que l'impression desdites Fables sera faite dans notre royaume & non ailleurs, en pon papier & beaux caractères , conformément à la feuille imprimée, attachée pour modéle sous le contre-scel des présentes ; que l'impétrant se conformera en tout aux reglemens de la librairie, & notamment à celui du 10 Ayril 1725 ; qu'avant de les exposer en vente, le manuscrit qui aura

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