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RECIT.
C'est ainsi qu'au printemps la rose de la veille,

Triste d'être sur le retour,
Parloit à la rose du jour :
Mais celle-ci , fraiche & vermeille,

Lui répond. De ce beau séjour ,
Vous faisiez l'ornement; je le suis à mon tour.

A I R.

Quand la raison nous éclaire,
L'amour. ne nous aveugle plus ;
Et ses conseils sont superflus ,
Dans la saison où l'on sait plaire.

Au moment que je viens d'éclore,
Dois-je renoncer à l'amour ?
Lorsque l'on voit naître l'aurore,
Songe-t'on à la fin du jour ?

RECIT.
Mais qu'entens-je ? Quel bruit? Le fier tiran des fleurs;
Le fougueux Aquilon leur déclare la guerre :
Sur la rose du jour Flore verse des pleurs;
Elle étoit ce matin la reine du parterre ;

Elle a perdu ce foir ses plus vives couleurs.

A I R.

Comme la rofe,
Nouvellement éclose
La beauté séduit

+;
Mais trop passagere
D'une aile légére,
La beauté s'enfuit.

Raison, politesse
Goût , délicatesse ,
Enchantez les cæurs :-
Charmes plus durables,
Et plus desirables
Que des traits vainqueurs.

Comme la rose,
Nouvellement éclose
La beauté séduit ;
Mais trop passagére,
D'une aile légére,
La beauté s'enfuit.

FABLE XI I.

Le Cousin
A Mr. L.T.D.F. secretaire du roi,
J'Ai promis une fable , & j'y vais satisfaire.
Bonne ? Digne de toi? Je n'aurois pû la fairę.
Je n'entens acquitter ici que la moitié
De la dette par moi follement contractée.

Si la piéce n'est pas goûtée ,
Ne t'en prens qu'à ton amitié

De l'avoir trop follicitée.

: J'éprouve, en cette occasion, Que l'esprit aisément se fait illusion,

Lorsque l'ame est bien affectée.

Un insecte , de ceux que l'on nomme cousins,
Avoit eu le secret de se mettre à la mode ,
Quoiqu'un bourdonnement, aufli fou qu'incommode,
Le rendît redoutable à ses plus chers voisins.

Dans les bosquets & les prairies a

Les soirs il voloit tour à tour ,,
N'épargpant , en faisant son tour
Ni les hôtes des bergeries,
Ni ceux des châteaux d'alentour:

Quand il s'apperçut dans sa ronde Que son bruit importun n'étoit pas évité,

Et

que même d'un certain monde

11 amusoit l'oisiveté, Ce succès lui donna de la témérité :

Au bruit il joignit la piqure : Il divertit encor ceux qu'il ne piquoit pas;

Car du mal d'autrui l'on n'a cure , Et même les malins y trouvent des

appas. Ceux-là donc n'en firent que rire; Mais les gens offensés le prirent tout de bon

Et par malheur pour notre sire,

Il osa piquer un barbon. Rarement , à cet âge, on entend raillerie Notre bonhomme prit la chose au criminel. Je te passois , dit-il, ton caquet éternel ;. C'étoit le pur effet de ton étourderie :

Mais non-content, dans ta folie,

D'étourdir tout le genre humain;
Tu piques : c'en est trop, ô misérable engeance?

Rédoute ma juste vengeance ,
Si tu me tombes sous la main.

Que l'on pardonne au petit maître,

De quelque classe qu'il puisse être, J'y comprens le robin avec l'abbé coquet. L'ennuyeux persiffage & le bruyant caquet;

C'est son lot. Le ciel le fit naître

Pour être sot & fréluquet :
* Mais que tant de fats qu'on renomme

Joignent les traits du méchant homme
Au rôle insipide du sot;
Qu'à toute la terre ils s'en prennent;
Qu'ils soient médisans , en un mot,
Je les récuse. Ils entreprennent
Sur les titres du faux dévot.

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