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•prem. Pari ïi. Religion, que fur des foupçons, dont la probité la plus, par^ Sect. 1. faite ne fauroit fe mettre a couvert. En un mot ces fabriques ■chaf. Yiii. d'anciennes chartes par les moines ne font à le bien prendre „ que des chimères , nées dans la tête des Proteftans : chimères dont les plus éclairés d'entr'eux, ont, comme on l'a dit, aperçu le ridicule , fans pouvoir néanmoins fécouer tout à fait le joug d'une prévention invétérée.. Les dépôts pu- V. Quant aux Catholiques, qui fe font déclarés avec moins blics & le TréTor "de retenue contre les archives ecléûaftiques & monaftiques; mrdcmvcauavec ^ ne &ut Pas & %urcr, que ce fut à deflein de leur préférer les archives mona- les dépôts publics. Leur refped à l'égard des uns &c des autres;, ftiquçs par les plus pour peu qu'ils raifonaflfent conféquemment , devoit être à

grands ennemis de 1 * <f ,* >jr A ,. , . , *'

ces dernières. Peu Pres égal. A la vente le P.. Germon content , d avoir établi des principes, qui tendent à décréditer toutes les anciennes chartes, protefte de fa vénération pour les archives du public. Mais le P. Hardouin moins politique ne leur fait point de quartier. Sans parler du peu d'eftime , qu'il montre

{q) M/, p. 400. "pour le précieux recueil de chartes & de cartulaires (q), prdé é'fajftm. a ja Bibliothèque du Roi; il fait pénétrer fon impie légion.

{r)ibid.p.}j6. dans les Chambres des Comptes, (r) & particulièrement dans celle de Paris. C'eftlà, félon lui, qu'on voit des regiftres marqués au coin de l'impofture: quoique M. Du Cange èc le P. Labbe aient eu la fimplicité , d'en publier des extraits , comme des morceaux fort curieux, & par leur antiquité , & par la fingularité des faits , qu'ils énoncent. Les regiftres du

0) ibid.p. 155. Parlement [s) ne font pas plus privilégiés. Mais en découvrant, jufqu'à quel point il a ofé fufpe&er le Tréfor royal des chartes ; on jugera mieux de l'eftime, qu'il faifoit des autres dépôts publics, gardés avec moins de précaution.. • *

Après avoir rejeté comme faux deux diplômes de Frédéric IL munis de bulles d'or & d'une authenticité manifefte ; il ne

(/) Uid.p. i)9- feint pas de dire (/), qu'ils font confervés dans le Trefor des chartes, ni d'ajouter, qu'il ne faut pas croire , que tout ce qu'il renferme foit fincère & de bon aloi :fed non qaidquid ibi efi^continuo id probum ac genuinum exijlimandum. Il ne traite pas plus favorablement trois diplômes de Baudouin IL dont deux portent des bulles d'or & un autre un fceau de plomb. De quelques caractères de vérité, qu'ils foient revêtus; leTré

(u) BU. p. 140. for des chartes , n'eft point (*) un afyle capable, de mettre ces pièces à couvert des chicanes du P. Hardouin. Ce font, à PREM Partie. l'entendre, des ouvrages de fauffaires (x), d'autant plus dignes Sect. I.

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Chat. VIII,

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(14) Quis verb non igrè continent rifum, qui litteras hafee ternas contulerit, qui originales dieuntur in chartophylacio regio ajfervati, quamvts nihil habeant, quod ad reges noftros pertineat . . . quis, inqnam rifum contineat &c.

(ij) Colleciio qui inferibitur, Ancien regiftre du Tréfor des chartes du Roi, instrumenta continet, qui funt faltem PLERAO.UE falfa. Ibidem.

[if.) Enimvero , quin multa fimilia in eum thefaurum irrepferint, minime ambigimus , non paucis certe exemplis itaper

fuaft. Aptari et thefauro jure potefl, quod
prudenti judicio de Vaticanâ BibliotheeA
pronuneiavit Card. Baronius ad an. 604.
Locum ipfum confule quifquis hic légère
non dedignaris. Ibid

(.17) Chartophylacium regium certe nihil
habet omnino, quod ad reges pertineat pri-
ma vel fecundi itatis , ac ne de tribus qui-
dem primis tenu regibus. Quid ita > Qtto-
niam nec ftirps ulla certa ad regnandum
cum fpe vel jure fuccejftonis efl affumpt*
ante Philippum I. Ibid. pag. 178.

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donc on vient de citer quelques textes, à faire grâce à tons les aétes &: diplômes , émanés de la Puiffance royale , ou qui l'intéreflbient: pourvu qu'ils fulTent poftérieurs à Philippe I. & renfermés dans les layettes du Tréfor des chartes. Il avoit établi la même règle pour les lettres, adrelTées à nos Rois. Mais il revient bientôt fur fes pas : & loin d'épargner les pièces, qui ont toutes les conditions , qu'il avoit exigées; il ne batlance pas même, à fufpecler la layette des teftamens des Rois (y)ihid.p. 309 &: des Reines de France , & entr'autres {y) le teftament de Philippe Augufte: fous prétexte qu'il auroit fait à l'Eglife de S. Denis un legs de pierreries trop confidérable. Un Edit de . S. Louis (z>) , configné dans trois registres du Tréfor des chartes, eft, félon lui, une pièce forgée fous Charle VII. pour autorifer la Pragmatique Sanction. Les lettres du Pape Clément V. adteffées à Philippe le Bel & à d'autres , au nombre de 71. quoique confervées dans le même dépôt-, font fupofées : pareequ'on cite S. Augurtin dans la troifième , & que le ftyle, à fon avis , en eft monacal. Nous pourions ajouter beaucoup d'autres exemples , du peu de cas , que le P. Hardouin faifoit du Tréfor royal des chartes, & par conféquent du peu de refpecV, qu'il avoit pour les archives publiques: mais en voilà fufifamment, pour favoir à quoi s'en tenir fur l'article.

Si cet auteur , d'ailleurs fort favant, avoit uniquement avancé, qu'il n'eft point d'archives impénétrables à l'impofture, & qu'on n'eft pas obligé de recevoir comme des oracles toutes les pièces, qui en font tirées; quand elles montrent des caractères évidens de faufteté : il ne diroit rien, qui n'ejk été foutenu avant & depuis lui par des écrivains , dont les décifions font généralement refpeétécs. » Qu'on ne s'imagine pas, ce «font les termes du célèbre Muratori, (18) que l'autorité de « certaines archives puifle être fi grande; que , quelles que » foient les chartes, qui en fortent, ou qui y font gardées; » elles portent le fceau d'une légitimité, devant laquelle tout «doute doive difparoitre. Aflurément nul tréfor

(18) Neque aiieui fabrepat, archivicujufquam tantam ejfe pojfe aucloritatcm, ut qtttcumque indi chant, prodeunt *M ibi adfervantur , legitimitatis minime dubit Jîgillum fccHm adftrmt. Uni ht m hercls

tabularium tam injigni privilégia fruitur,
quidquid Leguleii fomniantes feribant. Aa-
tiejuit. Itahac mediï xvi tom. J. -
34. col. 10.

v ne jouit d'un fi beau privilège : quelques maximes qu'aient » débité nos petits Légiltes, pour apuyer cette rêverie. « Le principe nous paroit incontestable : mais nous fouhaiterions qu'on eût un peu plus ménagé les Jurifconfultes d'un avis contraire. On peut même concilier aifément ces derniers avec les critiques , en acordant à ceux-ci , que nul dépôt ne fauroit prefcrire en faveur de titres réellement fupofés, & en reconoiffant avec les autres , que tout a&e pris dans les archives publiques fait foi par lui - même: quand il n'auroit pas les marques d'authenticité , qu'on feroit en droit d'exiger d'une pièce adminiftrée par de limples particuliers.. Car il y a bien de la diférence entre manquer des formalités requifes par les loix,. & être marqué au coin de l'impofture. Le premier défaut fera fupléé par les archives publiques -, rie» ne peut réhabiliter le fécond.

M. Muratori lui-même ne le prend pas toujours fur le même ton. Après avoir dit que les favans ne doivent pas s'en fier à leurs ( 19 ) propres mémoires, quand il s'agit d'afleoir un jugement fixe, fur les originaux qu'ils n'ont olus fous les yeux, 6c qu'ils doivent encore moins s'en raporter a des copies étrangères: je ne pretens pas, continue-t-il, étendre cette maxime aux copies anciennement vidimées Se aprouvées par des juges habiles , ou tranferites par des notaires fidèles :pourvu qu'elles ne montrent aucun vice , qu'on puiiîe rejeter fur les originaux. De telles copies font pour nous d'un poids & d'une autorité à tenir lieu d'autographes.

VI. En fait de paradoxes, tout fembloit permis au P. Hardouin: mais il eft des auteurs, qui fans pouffer les chofes fi loin, n'en portent pas des coups moins dangereux aux archives desEglifes. A les entendre, ce font autant de réceptacles de faux titres ; qu'ils s'éforcent, quoiqu'avec aflez peu de fuccès, de mettre fort au-deflbus des dépôts publics. Ils croient même, tant la prévention a d'afeendant fur l'efprit humain , ufer de modération envers les chartriers ecléfialliques ; lorfque contensde répandre fur eux de finiftres foupçons, ils repréfentenr

PREM. PARTIE.

S E C T. I.

Chap. VIII,

Archives des Eglifes & des monaftères, juftifiées contre le compilateur des nouveaux Mémoires du Clergé.

(19) Non hoc de iis diclum ■velim, (pu a ferilis judicibus olim frobata fuite , tmt À fidis notants deferifta ad nos venerunt, uuUtmiqHe vilium in itfis autographis ofien- \

dunt. Vrsfto enim nobis funt etpographa ejus
ponderis & auBoritatis, ut archetypi W~
cumtencant. Ibid. col. 78-

Prem Partie tout cc en ^orC comme Pcu digne de Parmi ces critis i c T. i. ques orthodoxes , mais qui en cela marchent avec trop peu de Ch A p. ynr. précaution fur les traces des Proteftans ; le dernier compilateur clés Mémoires du Clergé s'eft fignalé d'une manière fi peumefurée; qu'il n'eft pas poflible de diinmuler Tes écarts. Il porte fi loin le zèle contre les faunes pièces , dont il fe figure , que les chartriers des chapitres &: des monaftères font inondés, qu'il envelope ceux des Evêques mêmes dans leur condamnation. I' ne voit pas que les foupçons , qu'il répand fur les archives des Abbaïes & des Chapitres , retombent à plomb fur celles des Prélats, dont il femble vouloir époufer les intérêts , aux dépens du

(a) Tom. 6. co\ refte du Clergé. Pour prouver (a) que les chartriers des chapi

très ejr des monafteres ne peuvent être mis du nombre des dépôts
publics , qui donnent autorité aux pièces , qui y font confervées
il fait valoir un texte de Charle du Molin , lequel s'étend gé-
néralement aux archives des Eglifcs, des châteaux & des com-
munautés. Ainfi dans la vue de décréditer les chartes des
Chanoines Se des moines, dénigre -1 - il fans diftinétion celles
de toutes les Eglifes. Le premier Ordre n'a point ici de pri-
vilège fur le fécond. Tout ell mis au même niveau. En effet
fi le partage de du Molin ne prouve rien contre les archives
des Evêques,il ne prouve rien non plus contre celles des Eglifes.
Les chanoines & les moines peuvent donc fe confoler de ce

(b) Ibidem, que leurs chartriers font traites ( b ) de dépots particuliers, deve

nus trés-fufptcts par les prétentions des Communautés , & par le grand nombre de pièces faujjes , qu'on y a recueillies. Ils voient leurs chartes en trop bonne compagnie , pour être fort alarmés de ces acufations vagues &: fans preuve.

Du moins le compilateur ne dcvoit-il pas s'autorifer de du Molin, pour fufpecîer les pièces les plus autentiques &: les plus folcnnclles des Eglifes , des Seigneurs &: des compagnies féculières ; tandis que cet auteur ne parle,que de papiers terriers & de livrés de cens , dreffés par des jperfones privées Quelques pages avant le texte allégué ; ce fameux Jurifconfulte décide , que les aétes ( zo) 6d les écrits publics , de quelque nature qu'ils foient, prouvent par eux-mêmes : c'eft-à-dire indépendamment des lieux, des tems, & des perfones. Il conclut

(îo) Alla Tel qttdcumque firipta public* probant feipf». Tit. i. De fiefs. $. 8. n. 8. Glof. in veibo Dénombrement. . ....

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