페이지 이미지
PDF

copies ($) les faifoient tirer fur la même matière, dans la me- .^^TTvênE me forme, avec la même magnificence. s E C T. I.

La dificulté de difcerner ces copies des originaux ne peut Chap. IX. venir , que d'inattention aux marques, qui les diftinguent. En effet la copie raportée par M. Maftêi, (h) Ce manifefte allez. , [h\ JM- dif,',mpar cette formule finale : Descriptum Et Recognitum Ex TaBula. AENEA. QVJE. FIXA. EST RoMAE IN CAl'ITOLIO IN ARA

Gentis Juliae. Tels font ou à peu près femblables les fignes diftinctifs de la plupart.des copies authentiques très-anciennes. Quant aux chartes en papier ou en parchemin ; le même notaire, qui avoit dreffé les originaux, étoit aufli quelquefois chargé d'en expédier des copies. Cela n'en rend pas le difeernement beaucoup plus dificile , que fi elles étoient écrites par une autre main.

Il ne faut guère moins d'attention , (i) pour ne pas confon- WDe n *¥<"»• dre les originaux & les copies ; lorfque ces pièces font ancien- *'1 nés , fans être cependant du même notaire. Jufqu'ici on a vu des conoifTeurs un peu au defïus du commun , ne pas laifTer de s'y méprendre. Dificilement trouvera-t-on des archives diftinguées , où les exemples des anciennes copies foient fort rares , & furtout au XL fiècle. Si l'on n'avoit en même tems à S. Denis , la copie & l'original du teftament de l'Abbé Fulrade , & dans l'Abbaïe de S. Ouen l'original & la copie d'un précepte de Charle le Chauve; plufieurs croiroient voir des originaux dans les copies : tant ces dernières en impofent parleur antiquité , quand onfe contente du premier coup d'œil.

Les copies anciennes fe confondent donc aifément avec les originaux : & l'on n'a point de moyen plus sûr, pour les* distinguer, après avoir remarqué , fi la pièce fait mention de l'apofïtion du fecau; que d'examiner , s'il y refte encore , ou s'il paroit quelque indice , qu'il y ait été mis. Si lefceau fubfifte, la difîculte eft levée , & l'original reconnu. Si le fceau n'eft plus , &: qu'il ait été apliqué la couleur diférente du parchemin , & particulièrement Tincifion ordinairement cruciale, qu'on y aura faite, découvrira la place qu'il ocupoit. S'il étoit ataché ; ou les lacs de foie T les couroies de cuir, les lemnifques de

( 5 ) Vtggiam pero , che in qutflo génère I gnijuenza de gli original*. Mafia delT arte iatli fi face.wo le copie autentiche nell' i cm./. 55. i@*ff* materia e forma a * con ïijlejfa, ma- \

[ocr errors]

parchemin &c. fe feront confervés j ou du moins le titre en par

s E c r.*l*"" chemin par Tes inégalités, ouvertures & replis laiflera voir les traça A p. IX. ces au fceau, qu'il portoit autrefois. Si nulle de ces marques, ni de celles dont on parlera dans la fuite ne fe manifefte ,• il n'en faut point douter, ce n'eft qu'une copie : mais copie du tems même de l'original; puifqu'on fupofe, qu'elle n'en fauroit être difeernée par l'écriture.

Quoique l'anoncc du fceau foit fuptimée; fi la charte en* munie d'un fceau; ou fi elle enconferve des vertiges : elle n'en eft pas moins originale. Quand les titres font dépourvus de toute marque de fceau s'ils font fouferits de diférentes mains; foie que ces fignatures réelles (4) ne confident qu'en des croix , foit que les fouferipteurs aient eux-mêmes écrit leurs noms &c leurs qualités; le difeernement entre les originaux & les copies n'ell pas encore fort embaralîant. Mais il le devient, lorfque ces moyens viennent à manquer. Ce qui a lieu furtout depuis le milieu du XI. fiècle, jufqu'au milieu du XII. Car alors l'ufage des fceaux plus fréquent, fans être univerfel, fit fouvent tomber celui des fignatures réelles, fans néanmoins y fupléer toujours. Auparavant même , ces fouferiptions ne furent pas en tout tems efTentielles à toute charte : mais alors , comme dans la fuite, elles furent plus communément atachées aux diplômes de quelque importance. Ainfi, pofé l'omifliondu fceau, pourvu qu'il ne foit pas anoncé ; il femble plus facile , au moyen des fignatures réelles, de s'affûter, que les pièces du XL ou XII. fiècle font originales , qu'il ne î'eft de prononcer , qu'elles ne le font pas ; quoique deftituées de fouferiptions réelles ou aparentes.

Nous l'avons déjà dit, il eft évidemment prouvé , par la feule anonce du fceau , qu'une pièce bien confervée n'eft point originale ; lorfqu'on n'y découvre pas le moindre veftige de ce fceau, quand même elle paroitroit lignée dans toutes les formes. Mais s'il s'agit d'afaires de conféquence; fi les fignatures ne font qu'aparentes i ou fi la pièce en eft totalement dépourvue, aufli bien que de tout indice de fceau , dont il ne feroit d'ailleurs fait nulle mention, dans le corps de l'ade ; fi la charte

[graphic]

(4) Nous apcllons fignatures réelles, celles , qui l'ctoient par lecrivain de la celles cjui ctoient tracées de la main des pièce, lequel fignoit fouvent pour les téfouferipteurs , afin de les diftinguer de moins.

cil antérieure au X. fiècle, ou poftérieure au milieu du XI. Ci novx. PABT-n

ï . l'KhM. 1AKUJ

toutes ces circonltances concourent a la rois : le titre ne doit Sect. I palier que pour une copie, ou, ce qui eft allez rare, pour un Chat. Ix« projet de diplôme; à moins que la pièce ne Te distinguât des autres, par une atachc avec des nœuds. Au contraire s'il eft quellion de conceflions peu conlidérables, jufqu'environ le XIII. fiècle , il ne faut pas exiger en rigueur des fceaux, ni des fignatures. On le doit moins encore en Normandie, que dans les autres provinces. Il y auroit même danger à le faire, par raport a des pièces importantes, avant le milieu du XI. fiècle. En effet la Normandie ne commençoit, qu'à fortir de la barbarie la plus profonde. Et quoiqu'on y eût déjà vu certaines chartes revêtues des formes, ufitées en France ; ce nétoit que dans celles des Ducs Se de quelques uns des plus grands Seigneurs de la Province, encore n etoit-ce pas toujours conftamment. Alors une couroie , atachée au bas du diplôme, & ferrée deplulicurs nœuds, tenoit quelquefois lieu de fceaux & de fignatures. On ne doit donc point hélitcr , à reconoitre pour originales des pièces dans cet apareil; fupofé qu'elles remontent au XI. ou X. fièclcs. Quant aux titres, fur lefquels on demeureroit en fufpcns à cet égard ; lorfqu'il arive, comme il eft affez ordinaire, que les mêmes chartriers confervent la copie ancienne avec l'original, il n'eft pas fort mal aifé, de les diltinguer, en "les comparant enfemble.

Les plus anciennes copies, dont on ait conoilTance , furent tirées par des notaires. La même main, qui avoir drelfé l'original, communément tranferivoit aulfi les copies. Si l'on excepte l'empreinte de l'anneau royal, que ces anciens copiltes n'imitoient jamais, & les diférentes ecrirures de chaque foufcripteur, dont ils ne repréfentoient, que les croix, les noms, 8c les qualités, fans afecler de rendre les. traits &: le contour des lettres j tout le refte étoit parfaitement conforme à l'original. Dans les fiècles antérieurs ,au milieu du XI. les notaires icdifpenfoient, d'énoncer foitau commencement, foit à la fin de la pièce , que ce n'étoit qu'une copie. La chicane alors inconuc ne fourniffoit aucun prétexte de rafiner, en multipliant les précautions. Ces copies étoient produites en Juftice; &l'on a voit coutume, de s'en contenter, hors certains cas extraordinaires , où la repréfentation de l'origjinal étoit indifpenfable..

[graphic]
[ocr errors][merged small][merged small][ocr errors]

En général les copies font beaucoup plus fujètes , à être défigurées par des fautes, que les originaux. Ces derniers néanmoins n'en font pas toujours exems. Nous verrons (k ) pendant toute une année, des Bulles en forme de privilèges, datées d'une Indidion vicieufe. Nous avons (l) remarque un acte , drcfTé par un notaire , quipècheauffi dans la date. M. Muratori, les Pères Chiflet, Papebroc, Wiltheim Jéfuites conviennent de la réalité de ces fortes de fautes, & qu'elles ne doivent donner nulle ateinte aux originaux. Le célèbre M. Cochin (m) confirme cette vérité, en marchant fur leurs traces. Il feroit donc inutile , d'acumuler ici des exemples, pour établir un fait avoué de tous les Savans.

VI. Les plus anciens renouvellemens de chartes tirent au moins leur origine du I. fiècle. Tibère ordona (») que les conceffions des Empereurs précédens n'auroient plus de force fous leurs fuccefTeurs, fi elles n'étoientrcnouvellées. Cette loi ne contribua pas feulement, à enrichir le tréfor impérial, à chaque mutation de Prince ; elle multiplia encore infiniment les diplômes , dans tout l'Empire Romain. Les Empereurs qui fe piquoient de defintérèlfement & d'humanité, tels que Tite, Nerva, (0) Marc Aurèle , fe contentèrent de confirmer, par un feul diplôme ou édit, tous les bienfaits de leurs prédécefleurs. Mais la loi de Tibère fut exécutée dans fa rigueur, fous la plupart de ces maitres du monde : & cela dut produire une multitude de chartes, qui acordoient ou renouvelloient les mêmes droits 8>c les mêmes privilèges.

Ces confirmations ou renouvellemens ne doivent point être confondus avec ceux, qui repréfentent les autographes, dans toute leur étendue , & fans en rien fuprimer. C'eft particulièrement de ces copies, juridiquement renouvellées , que nous nous propofons ici de parler. Elles égalent en autorité les originaux, dont,elles tiennent lieu. C'eft une maxime aufli confiante dans les principes de l'un & l'autre droit, que fuivie dans la pratique.

» Après (p) l'authenticité, dont un original, revêtu de toutes » les formalités requifes, eft acompagné, l'on n'en peut donner » de plus folide à un acte , que de faire atefter au Prince même, » & à un Evêque, ou à fon Oficial, ou à quelque autre per« fone, conftituée en dignité, qu'ils ont vu tel & tel acte,

» & que » Si que nul n'en peut révoquer la vérité en doute. « Les rc- PREM Partie. nouvcllemens de cette nature remontent du moins au VIII. Sec T. I. fiècle, de furent longtems réfervés aux feuls Souverains. Il .chap? ixfaut les diftinguer de ceux , où l'on fe contentoit de rapeller les principaux articles de quelque infiniment, & de le confirmer, (p) fans le raporter tout au long. Cette manière de re- (/) De re dèpUm. nouveller les titres n'étoit pas rare au XII. fiècle. Ajoutons P-^-1*qu'à peine en conoifToit-on d'autre fous nos Rois de la première race.

Une efpèce de renouvellement, dont nous traiterons ailleurs plus au long, ne confiltoit pas à faire revivre un privilège en particulier, foit par voie de précis, foit en inférant dans une pièce la teneur entière de l'a£te qu'on renouvelloit. Un feul diplôme tenoit lieu de tous ceux, quiavoient péri par quelque calamité publique. Il femble qu'il faut entendre en ce fens le renouvellement des titres de l'Eglife de Padoue, dont parle Sigoniusf^), au livre VI. du;royaume d'Italie, fur l'an 911. de W tmn'* J. C. Les archives épifcopales de cette ville ayant été confu- tdit.Miditi\ri%. mées par les flammes avec fa bafilique , à laquelle les Hongrois avoient mis le feu;Sibicon obtint du RoiBérenger le renouvellement de tous les anciens privilèges de fes prédéceffeurs. Cetera omnia Regum privilégia injtauravit, anno, ut ipfe ferihit, regni fui XXV.

Pour ne pas revenir fur les copies contemporaines , faciles à confondre avec les originaux ; arêtons-nous fur celles , qui non feulement renferment les pièces en entier, mais qui les renouvellent, fans leur faire perdre rien de leur authenticité , & fans laifTer aucun prétexte de les prendre, pourcequ'elles ne font point. Dans la vue d'obtenir des copies, équivalentes aux originaux; on s'adrefla d'abord aux Rois , ou à leurs principaux Oficiers, enfuite aux Papes & aux Evéques, enfin à toutes fortes de perfones conftituées en dignité. Mais en France, depuis le XIII. fiècle, les notaires apoftoliques, & les oficiaux s'exercèrent, plus que qui que ce fut, à réparer les anciens titres des Eglifes. Soit qu'on jugeât les nouveaux plus propres, à être tranfmis à la poftérité, foit qu'à deffein de ménager les originaux, on ne voulût produire, que des copies en Juftice; un procès récemment fufeité devenok le fignal de ces renouTome I. Z

« 이전계속 »