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Prem. Partie, vellemens des titres primitifs, dont au moins on faifoirtîrer s E c T. i. des copies collationées..

Vi^imus & co- ^n contmua cependant de recourir aux Rois & aux

pies coiiauonées: Empereurs (r), pour leur faire confirmer & renouvcller les didiférencedes mê- plomcs de grande importance. Comme ces Princes,. & dans la

mes actes dans les r °r , 1 r , ,. . i> v

iee;iilres publics: lmCe toute iorte de perlones publiques dcciaroient pour lordidificultés contre la naire avoir vu les titres originaux , dans le préambule desletfupofition des on- tres ou chartes par lefquelles ils en acordoient le renouvelle

ginaux de pièces . v » r ^

anciennement re- ment; ces pièces en ont emprunte le nom de Vidimus. Luian°rVCc/eS G ^C ^C cette ^ocut'on ne paroit pourtant pas bien conftant avant uvh.tom. i.p.tû ^e XIV. fiècle. Le regiftre 80. poiir les années 13 jo. & 13 f ïi du Tréfor royal des chartes renferme divers vidimus des Rois Louis X.. Philippe de Valois & Jean II.

Au fiècle précédent, au lieu du terme 'vidimus, Philippe U)M»rt.&Dn- Augufte fe fervoit (s) &infpeximus. Il l'employa même dès le T/'iX* (') XII-flècIe- Les Rois d'Angleterre s'en font tenus à cette der(0 Hift. de Sa- nière exprcmon.Elle revient fans ce/Te dans leurs renouvellerez. 370.. mens de chartes..

Richard I. de retour de la Terre fainte, & réfolu de faire la guerre au Roi de France , employa divers moyens pour fubvenir aux depenfes,auxquelles il alloit s'engager. .Comme » le grand («) mfl. d'An- » fceau, qu'il avoit emporté avec lui, dit Rapin Thoyras, (u) s'égtet. liv. vu. fur w toit perdu pendant fon voyage , il en fit faire un nouveau , »& obligea tous ceux qui avoient des patentes ou des com» mimons fcellées du premier ,.de les faire renouveller & fcel» 1er de celui-ci. Son unique but étoic d'exiger de l'argent des» particuliers pour le renouvellement de leurs chartes. « Henri' III. fon neveu eut recours au'même fecret pour en tirer auffi (x)ibid.iiv.vn. de fes fujets. Il obligea (x) « tous ceux, qui avoient descharfurUnizzi. „ très, à les faire renouveller, moyennant les fommes à quoi «elles furent taxées. Les monaftères furent- principalement » grévés par cette nouvelle ordonance, dont le but n'etoit que » de remplir les cofres du Roi. «

Les Papes, les Princes & les Evêques , en renouvellant lestitres, énonçoient l'infpeétion préalable des originaux, les faifoient tranferirè mot pour mot dans leurs vidimus , & les confirmoient du fceau de leur autorité. Les perfones publiques* au contraire fe bornaient ordinairement aux deux premières.-conditions : le droit de ratifier les chartes, n'étant point de leur PKi,M A ~V

compétence. Sect. I.

Nous difons que les Princes dans leurs vidimus faifoient c«ap- IX, tranfcrire les originaux mot pour mot, M. Secoufle met néanmoins deux exceptions à cet ufage. SaTable des matières énonce

la première en ces termes : » lorfqu'on [y) vidimoit des lettres,on (y) Ordon. des

« ne les copioit pas fcrupuleufement telles qu'elles étoient dans RondeFrameiom.

» l'original, & on en changeoit le ftyle pour le rajeunir. 'e' •Il en aporte pour exemple un vidimus du Roi Jean, où font

inférées (z) les lettres d'Etienne Comte de Bourgogne & de . M lb'dP- wJean Comte de Chalons déjà imprimées par Pérard &C par Jurain, & qui fe retrouvent dans le 91. regiftre du Trefor des

chartes, pièce 79. » Le ftyle des lettres données (a) parPerard, Ja ) Recu"1 *

J- 1 r il'-' n. 11 • pièces ferv.àl'hift.

"dit le lavant Académicien, elt certainement plus ancien que Boîtrgtg.p.+ix.

» le ftyle des lettres données par (b) Jurain, & que celui des (£) Hift.de U

«lettres, qui font dans le regiftre : D'où l'on pouroit con- vf'&Comti

» clure , que lorlqu on vidimoit d anciennes lettres , on ne

« fe piquoic pas de les copier fcrupuleufement, telles qu'elles

» étoient dans l'original, & que l'on fe donnoit la liberté d'en

» changer le ftyle & de le rajeunir. « Voilà des pièces qu'on ne

peut pas raifonablement foupçoner de faux. Elles doivent donc

faire juger favorablement des chartes , où l'on découvri

roit cette diverfité de ftyle; fi elles étoient d'ailleurs revêtues

de tous les caractères propres à les faire recevoir pour authen- •

tiques ou véritables.

La féconde exception réfulte plutôt des ordonances de nos Rois &C des notes, dont M. SecoulTe les a enrichies , qu'elle n'y eft expreftement portée. M. de la Curne de Sainte Palaye n'a pas laifle de faifir cette conféquence , qu'il a eu la bonté de nous communiquer. Elle fe réduit a dire , que certaines pièces étoient feulement vidimées par extrait. La preuve s'en tire des lettres de Charle V. (c) par lefquelles il acorde à PU- (') °~don. des niverfité d'Angers les privilèges, dont jouifloit celle d'Orléans, ^çTM'4'^"47** Cette obfcrvation tombe particulièrement fur une Bulle du Pape, laquelle ne s'y trouve, dit M. Secoufle lui-même, que far extrait. Mais ce vidimus n'eft pas pris fur l'expédition des lettres acordées par le Roi, mais fur un regiftre du Tréfor des chartes. Il pouroit donc toujours paroitre douteux, fi dans la fremière, la Bulle n'eft pas ràportée en entier. Si l'on pouvoir

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PREM Partie* Pro^u*re en ce genre quelque chofe de plus formel; il s'enfius E c T. i. vroit qu'au XIV. fiècle on auroit renouvelle certains titres, c H A p. i x. dans une forme aprochante de celle , qu'on obfervoit avant Charlemagne.

Lé Tréfor des chartes & les autres dépôts publics contiennent divers regiftres, où l'on inféroit les vidimus, dont on délivrait des expéditions aux intérefles. C'eft ainlï qu'on référait autrefois les chartes dans les a£tes publics, & que les nectaires rstiennent aujourdui la minute des pièces, dont ils ex{d) Wft.Dal- pédient la grade. Humbcrt Dauphin de Viennois {d) fît en fbi».t«m.i.f.i9*- j une ordonance, par laquelle il établiflfoit, qu'on tiendroit un regiftre public, qu'il qualifie vidimus, où les obligations & les privilèges feraient renfermés, pour être produits au befoin.

Au refte M. Secoufte fournit fouvent des preuves, que les regiftres publics, & notamment ceux du Tréfor royal des chartes, ne s'acordent pas toujours rigoureufement avec les titres originaux, qu'ils repréfentent, ni même avec les regiftres des autres villes du Royaume par raport aux mêmes a£tes, qui y font confervés. Ces diférences confident ordinairement dans l'ortographe , dans les variantes, & quelquefois même

(e) Ordon.tom. dans le ftyle ou le patois. La(V) comparaifon du regiftre 96. 4 J-470. pièce 77. du Tréfor des chartes avec celui des archives publi

ques de la ville de Lille , fufit pour en faire la preuve.

Quant à la multiplication des vidimus en France comme en Angleterre, & plus encore en Angleterre qu'en France; les diverïes compilations & catalogues de titres de ces deuxRoyaumcs en fourniftent des preuves fans nombre. Quelquefois les di

(fiNeujiriapia. piomes émanés de l'autorité royale (f) renferment quatre ou

par. 431. Monaft. r. ,r. ,. , ... j o \ t- i J

Anglic.volum. 3. cinq Vidimus de vidimus : c elt-a-dire , que chacune de ces &ultim.p. 16.17- pièces cft enchaffée l'une dans l'autre, & que lés dernières au,. torifent & remplacent au befoin celles, qui les précédent, comme celles-ci tiennent lieu de l'original.

Un Roi de France renouvelle le vidimus d'un de fes prédécefTeurs. Celui-ci en avoit fait autant, à l'égard d'un Roi encore plus ancien. On pouroit ajouter, que ce Prince à fon tour en avoit déjà u(c de la forte , au fujet du même titre, renouvellé par un Roi d'Angleterre; & que ce dernier avoit par fon diplôme fait revivre l'original d'un Duc de Normandie. On a beaucoup dattes, qui réunifient tous ces renouvelle- l>Kh'M PÂrtu" mens, & quelquefois même davantage. Ainfi par diférens de- s E C T. r. grés, remonte-t-on à la fource des plus infignes diplômes. Ch Ap. I X.

Outre la difîciilté, que la fupofition de pièces mifes fous les yeux des pérfones les plus éclairées , n'eût pas été découverte , fi elle eût été réelle ; il eft. vifiblement impoffible , que des fabricateurs modernes euffent pu contrefaire des titres aprouvés &: certifiés véritables, par une fuite d'actes, dont les plus récens auraient précédé ces fauflaires de plufieurs fiècles. Il n'eft pas moins impoffible, qu'ils euffent réuffi , à forger tous ces divers inftrumens, qui rendent avec tant de fidélité les caractères des diférens âges, poftérieurs à la confection de l'original. C'eft ce que nous efpérons prouver invinciblement; lorfque nous traiterons des écritures particulières à chaque fiècle. Dès le X. nous voyons quelques titres vidimés par les Papes ; quoiqu'à parler exactement, ils n'aient pas coutume d'ufer des termes, •vidimus ou infpeximus. Il fe contentent d'inférer les pièces tout au long dans leurs Bulles. Ils terminent la plupart de ces chartes, principalement aux XII. &C XIII. fiècles, par la claufe: Nulli ergo, dont nous parlerons plus d'une fois dans notre troifième partie. Les Papes ne fe bornoient pas à, renouveller les Bulles & les privilèges, acordés par leurs prédécefleurs; ils confirmoient de la même manière , & revêtoient de la même authenticité les diplômes des Evêques, des Princes & des Grands. Mais de quelque part que vint ce renouvellement toute pièce vidimée étoit renfermée en entier dans l'acte , qui la faifoit revivre.

Quant à l'authenticité des pièces , tranferites ou ateftées véritables par les notaires ; elle n'eft pas par elle - même auffi. grande , que fi quelque Puiffance les avoir revêtues du fceau de fon autorité. Ces vérifications néanmoins çonftatent l'exiftence des titres vrais ou apocrifes , au tems où elles furent faites. Elles les fauveront de toute acufation d'un faux, dont la date feroit poftérieure. Mais fi l'autorité même des Souverains ne pouroit pas faire, qu'une charte fupofee fût véritable; à plus forte raifon les notaires, en quelque nombre qu'ils foient, n'auront-ils pas ce privilège. Qu'on ne nous dife donc pas, tel acte eft certifié par tant de notaires : donc il eft: vrai. Fuflent-ils cent, fufTent-ils mille , ils ne pouroient, dit Prem. Parii£. k ^avanc Muratori ( blanchir un Ethiopien aufli noir, que Se c T. i. l'eft la donation faite par une prétendue Reine d'Aquilée, 1 an Chap. ix. de J. C. 163. donation marquée au coin de l'impofture la W bal. plus grofliére. L'original fe donnoit près de douze fiécles en toi. 11. 1 an 1350. & nous pouvons aliurer iur le vu de la pièce , pu

(h)Md. col. 17. bliée au troifième tome des Antiquités Italiques, (h) du moyen âge, qu'elle n'avoit pas alors deux lîècles d'antiquité.

Il y avoit encore une autre manière de renouveller ou plutôt de rétablir les titres.,Lorfqu'il s'en trouvoitde confidérablement endomagés parlavétufté, ou par d'autres accidens : on obtenoit du Prince ou du Pape un diplôme , dans lequel, après avoir expofé l'état de l'ancienne pièce ; on inféroit en entier ce qui s'en étoit confervé , on y fupléoit des fyllabes, on en rempliflbit les vuidesparvoiede conjecture ou d'autorité.C'eft ainû que le Pape Grégoire IX. en 112.8. rétablit (j)une Bulle de Jean XIX. en donnant à fon renouvellement la même autorité, qu'a voit l'original.

Il ne faut pas confondre ces fortes de renouvellemens avec les chartes de confirmation, dans lefquelles un Prince enchériflbit fouvent fur les bienfaits ou privilèges acordés par fes prédéceffeurs, en raportant d'ailleurs le contenu de leurs diplômes, foit en fubftance, foit en propres termes. Les unes &: les autres pièces tirent toute leur force de l'autorité , dont elles font émanées. Si elles ont des défauts ; cette autorité les couvre , en ratifiant des droits, auxquels ces défauts fans cela pouroient porter préjudice. Mais fi la vérité manque aux titres primitifs, nul privilège fubféquent ne peut la réparer; quoiqu'irpuiflfe acorder des biens ou des prérogatives , qui ne trouveroient qu'un apui ruineux dans des chartes faufles.

VIII. D. Mabillon fait honneur à Folquin moine de l'Abbaïe de S. Bertin fur la fin du X. fiècle, du premier & du plus n D d' ancicn cartulaire, (i) dont on ait conoifTance. C'eftun recueil lib.i. c.'l.p. T!s. de chartes du même monaftère, arangées fuivant l'ordre chroHb. ).f.ij5.zj7. nologique. On feroit remonter bien plus haut l'origine des cartulaires, fi l'on prétendoit les reconoitre dans ces tomes de

Antiquité des cartulaires.

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