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chartes, tomi chartarum, dont parlent quelques auteurs du VI. PREM PAR^* & VII. fiècles, & entr'autres \k) S. Grégoire de Tours. Mais Sect. I. les éditeurs de Du Cange n'y voient, que des archives ou des Chat. Ix. chartriers. Il fcmble néanmoins, &: c'eft le fentiment de M. eJ^nUfo. f' 19 Marféi, (l) qu'on devroit plutôt les prendre , pour les minu- (i)iflBr.diplom tes des notaires , ou les regiftres dans lefquels un Prince ou p*g. 97, un Prélat confcrvoit également les lettres, qu'il avoit reçues, ôc celles qu'il avoit écrites.

En fait de cartulaires, le même auteur ne connoit rien de plus célèbre en Italie , que ceux des Abbaïes du Mont Caffin & de Farfa. Le premier fouvcnt cité, dans les notes d'Angelo de Nucc Archevêque de Roflano', fur la chronique de Léon Marfican, eft l'ouvrage de Pierre Diacre. Le fécond de l'an 1080. eft écrit en beaux caractères & n'a rien de commun avec la Chronique de l'Abbaïe de Farfa. En noo, le camérier Cencio drelTa un fameux recueil, à peu près dans le même genre, concernant les cens & autres droits de l'Eglfe Romai- v. ci-deflus ch. 4. ne. Il en eft parlé dans Baronius fous l'an 1076. En 1 no. Bernard (m) tréforier de Compoftellc fit un cartulaire ,. où l'on (m) M*f*i. ibid. voit les diplômes des Rois &C des Pontifes, acordés à cette ?'9i' Eglife. Il en eft fait mention au quatrième tome de l'Efpagne i41uftrée. Nous palTons fous filence les catalogues de chartes, dont on rencontre des exemples dans la Nouvelle (») biblio- ^> Jcm t a théque du P. Labbe , &. dans le Monafiicon Anglicanum, fur 70/ l'Eglife de Cantorberi.

Il ne faut pas fe figurer, que l'arangement des pièces, qui entroient dans les cartulaires, fut fait au hafard & fans fyftème. « Dans ces recueils, dit le favant M. Baluze, {0) on gardoit (°) lettre pour » ordinairement quelque ordre : les uns mettoient au commen- ^îwsicrittt^zx » ment les bulles des Papes, enfuite les privilèges des Empc» reurs & des Rois, les concernons des Evêques & des grands » Seigneurs, &: enfin les donations des particuliers : les autres .» au contraire mettoient en premier lieu les lettres, qui re» gardoiçnt les Eglifes dépendantes de leurs Abbaïes , les actes » qui concernoient leur Jurifdiélionecléfiaftique& temporelle,. » & enfin les bulles des Papes & les privilèges des Rois & des » Comtes. D'autres rançeoient ces titres félon les matières » » mettant enfemble tout ce qui regardoit le même fujet. D'au» très fuivoient feulement l'ordre, du terns. «

- - ssr IX. On difl:ing;ue trois fortes de cartulaires proprement dits.

PREM. PARTIE. T - S . , c 1 V V M J

Sect. I. ^es premiers ne lont rien autre choie que des recueils de tic H A p. ix. très originaux. Les féconds en font des copies authentiques. ^Leursdifercmcs Les troifiemes ne paroiffent deftirués de toutes les formalités juridiques, que parccqu'elles ne furent introduites, que longtems après qu'ils furent rédigés. Nous joignons à ces derniers ceux mêmes ,qui ont été dreffes, depuis qu'on s'eft acoutumé, à vérifier les cartulaires. Il en eft d'une autre efpèce, fouvent intitulés chroniques, où les chartes ne font pas toujours raportées en entier. Tantôt elles y font mutilées , tantôt abrégées , &: tantôt expliquées; foitpar d'autres pièces, foit par les principes du fens commun, foit à la lumière de l'hiftoire ou des conoiuances, qu'ont eu les auteurs de ces cartulaires impro-. prement dits.

Pour réunir dans un même corps, des orginaux ou des copies authentiques ; les deux premières efpèces de cartulaires ne font rien perdre en commun à ces titres, de l'autorité & de l'authenticité, dont chacun d'eux jouit en particulier. Peut-on rien voir de plus authentique, que le cartulaire de Turin, intitulé ChryfobulU, & ArgyrobulU? C'elt une efpèce de regiftre de diplômes des Empereurs Grecs, qui apartenoit autrefois à un monaftère. La fignature de l'Empereur en cinabre ou vermillon , & celle du Patriarche Jean en encre commune, placées à la fin de ce cartulaire , font des preuves non équivoques de fon authenticité. Les cartulaires collationés fur les originaux par des perfones publiques font également foi en Jultice.

Les troifièmes, lorfqu'ils ont été copiés, avant I'ufage de collationcr les cartulaires, ou du moins avant la naifTance des diférends, pour lefquels ils font produits devant les Juges, doivent fans doute être admis : mais furtout, quand ils ont été drelfés, fous les yeux de perfonages d'une probité reconnue. Qui oferoit rejeter , comme indignes de toute créance , (/>) Hift Littir ^es diplômes, recueillis par les foins, & fous les ordres d'aulîi deU France t. 6. faints perfonages , (p ) qu'un S. Odon, un S. Odilon, & tant i46.yo3.wi».7. d'autres grands hommes? Tels font néanmoins la plupart de ces P^ll^&'fuiv. anciens cartulaires des Abbaïes.

ï-Lbii. de re di- Il ne feroit pas jufte, de refufer aux quatrièmes le même f}°m-h 7- 8. j©. degré de créance, qu'on acorde à des hiftoires , compofêes fur

les les monumens du tems : puifqu'ils n'en diférent que par des PREM_ partie, .■citations plus fréquentes & plus étendues , Se qu'aflez fouvent Sec T. L .même ils raportent les pièces , fans en retrancher quoique cé chap- ixfoit. Toutes chofes égales, l'autorité de ceux-ci fera néanmoins inférieure aux autres cartulaires , qui ont coutume de repréfenter les chartes en entier : quoique l'autorité des uns & des autres foit ordinairement préférable à celle des anciens auteurs: les (q) titres des Abbaïes étant plus fur s que les écrits '(q) Ménage lîfl. des particuliers. Mais réfervons pour le chapitre fuivant, ce ' Sëillt' qui concerne l'autorité des cartulaires & des copies: aufli-bien ne .pouvons-nous manquer d'y revenir plus d'une fois, en répoufiant les diverfes ataques, qu'on leur va livrer.

CHAPITRE X.

Dêfenfe des cartulaires & des copies : leur authenticité, leur autorité leur utilité,

CE n'eft point aflfez d'avoir fait paner en revue les originaux & les diférentes fortes de copies & de cartulaires; il faut en prendre la dêfenfe, contre les critiques exceffives, <juife multiplient tous les jours. Telles font celles, qui exigent une conformité rigoureufe entre les originaux & les copies : comme s'il n'y avoir point de fautes, qui ne fufTent effentielles, ou qui ne duffent être prifes au criminel ! Les copies, il eft vrai, n'ont pas toutes une autorité égale : il eft jufte de l'aprécier fur les marques d'authenticité, dont elles font revêtues , & fur les caractères de vérité qu'elles portent. Il eft fans doute quelquefois néceffaire, d'avoir recours aux originaux, ou du moins à leurs copies authentiques. Mais fi l'on peut juger en certains cas, de la faufTeté des originaux par les copies -, on juge encore mieux de leur vérité. Un des principaux avantages , que nous ofrent les copies; c'eft qu'à la faveur d'un grand nombre d'entr'elles on prononcera avec autant de certitude fur les formules générales de chaque fiècle, que fi l'on avoit fous les yeux les autographes. Une judicieufe critique va même jufqu'à reconoitre le vrai texte de Tome 1. A a

Prem Partie ^orig*na^ ^ans k copie. Ces diverfes prérogatives méritent s E c T. h bien d'être dévelopées, & qu'on prenne la peine de difliper € H A p. x. Jes ténèbres, dont quelques auteurs s'éforcent de les obfcurcir.. Acufateurs des |, M. Simon , fans mettre aucune diftinétion entre "les diver

pr^uverurien & ^es ^ortes ^e cartulaires, ne vife qu'à les rendre fufpe&s , fous confondent lc's quelque forme qu'ils paroi ftent. » Il faut (a) néanmoins, ditfc"nons dcs cll°* "d en parlant de privilèges , bien prendre garde que les moi(a) Hiji. de l'o- "ncs en ont in^ré dans leurs cartulaires quelques-uns, qu'ils tigine des revenus » ont fabriqués eux - mêmes; & à l'égard de ceux qui font Hef.tm.i.p.i;}. t) yrais [\s ont fbuvent beaucoup plus étendus, qu'ils n'é» toient dans les originaux. Ainfi l'on ne doit ajouter foi aux » cartulaires des moines, qu'avec beaucoup de précaution. « L'acufation eft aufli grave , que deftituée de preuves. Mais l'auteur n'eft point arêté par l'impoflibilité d'en fournir. La calomnie n'a befoin que d'elle-même, pour faire impreflion fur certains écrits. Voici quelque chofe de plus étonant.

Croiroit-on qu'un homme de mérite, gagé par le Clergé de France, pour recueillir fes Mémoires, Se les ranger par ordre, fe feroit rendu l'écho d'un écrivain, aufli décrié que M. Simon ? C'eft néanmoins la fource, où il puife, au fujet des cartulaires, fes décidions partiales contre les Chapitres, les monafteres & autres communautés.. Il rougir, il eît vrai, des faveurs de fon bienfaiteur, &c ira garde de le citer. Mais que ne rougiflbir-il auifi d'adopter les préventions, Se d'enchérir encore fur elles ? Il feroit trop long, de raporter ici, tout ce que le compilateur doit au critique. Par l'échantillon , que nous allons en donner, on pouracomprendre, juiqu'où vont les obligations de celui-là envers celui-ci. Ce dernier y paraîtra fi rc— conoiftable -, qu'on ne fauroit manquer , d'être frapé de la reffemblance , des exprelîions & des penfées. Les petits déguifemens, par lcfquels le copifleacru pouvoir fe garantir du nom de plagiaire, n'auront pas coûté beaucoup de travail à fou. efprit: mais il a dû faire les plus grands éforts d'imagination, pour furr^fler fon modèle. Aufli quelque outré que foit le maitre , il eft entièrement éfacé par fon difciple. Le premier,., qui ne pouvoir tout au plus s'apuyer , que fur un cartulaire d'Italie, fentoit combien il aurait été ridicule d'avancer, que U plupart des actes n'étoient pas tranferits en entier dans ces. fortes de recueils. Le fécond , qui fans doute n'en avait,'examiné aucun par lui-même, ne juge pas à propos d'être aulîi réfervé : mais il n'en eft pas moins ferme, à vouloir en être cru fur fa parole. Inutilement lui demanderoit-on une preuve bonne ou'mauvaife de fes étonantes alfertions. C'eft aparamment à quoi il n'a pas même penfé.

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Parallèle des textes de M. Simon & du Compilateur des nouveaux Mémoires du Clergé.

PREM. PARTIE.

S E C T. I.

Chap. X.

TM Les cartulaires, dit M. Si-n mon, ne font autre cliofe , » que les papiers terriers des « Eglifes, ou font écrits les « contrats d'achat, de vente , « déchange , les privilèges, « immunités,exemptions&au« très chartes. Ces cartulaires » font beaucoup pofiérieurs à la » plupart des actes, qui y font »> compris , & ils ri ont été « faits, que pour conferver ces » actes dans leur entier, & « afin que la poftérité y ait "recours. Reven. ecléf tom. z„ /. 468.

» On apelle, dit le collecteur H des Mémoires du Clergé , car» tulaires des recueils ou papiers » terriers des Chapitres, monaf»» tères, & autres communautés, » dans lefquels font tranferits/fx » contrats d'achat ou de vente, d'é» change ou autres, les donations « qu'on dit avoir été faites à ces » communautés, les conceflions » d'exemption dr autres chartes... » Les cartulaires font ordinaire"ment beaucoup pojlérieurs aux » ailes y qu'ils contiennent... Ils » ont été faits , pour conferver la » mémoire de ces actes , & y » avoir recours. Mém. du Clergé y tom. 6. col. 1084.

Le terme de papiers terriers, employé pour définir des cartulaires eft un peu fingulier ; & il femble qu'un avocat n'auroit pas dû s'y laifler prendre. Les auteurs du Di&ionaire univerfel, éditions de 1711. & 1733 - moins délicats que le compilateur, -ont ouvertement emprunté & les vues & les,paroles de M. Simon fur le mot cartulaire feulement. Sa réfutation fera la leur. Du refte fur le mot de papiers terriers, ils ne s'écartent point de la définition ordinaire.

Mettons encore en parallèle deux textes de ces écrivains. Ils vont prouver , que le collecteur des Mémoires poulie les chofes plus loin, que l'auteur des Revenus.

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