페이지 이미지
PDF
[ocr errors][subsumed]

le texte original, s'il venoic à leur être comparé. La corruption des copies doit donc moins être imputée aux fauflaires t. qu'aux copules ignorans , & aux correclenrs mal-habiles , qui

ont mieux (enti les fautes, qu'ils n'ont été capables de les re— drener. Dire que ceux, à qui la pièce étoit utile , l'auront corompue, c'elt un pur fophifme. Eft-ce qu'une pièce exemtc de toute corruption leur auroiteté moins utile ? Juger de la faufieté par la corruption; c'eft encore tomber dans le paralogifmc, qui fubftitue des caufes imaginaires aux véritables. Eft-ce que cette corruption ne peut pas naître d'inattention, de préfomption, d'ignorance?

X. Si l'on rejetoit les copies uniquement à caufe des fautes, qui s'y rencontrent,- que ne rejeteroit-on point? Lesc^ies des. (10) anciens livres en font- elles, exemtes: Combien n'en a-ton pas trouvé dans le Gode Théodofien? combien dans celui * dejuftinien & autres loix anciennes, qui fervent encore aujourdui de règles dans les jugemens: combien dans les MIT. des faints Pères : combien même dans les copies de l'Ecriture fainte ? Pour coriger ces fautes ,• on n'a befoin ,que de la comparaifon des copies de chacun de. ces originaux , avec les fit* cours d'une bonne critique. Car on n'a plus à préfent les (n) autographes des livres facrés : ou n'a plus ceux des verlions.

[graphic]
[ocr errors]

• (10) Eodem jure t dit un favant Efp'agnol, facra ipfa canonicaque Biblia, veterumque Ecclefi* pngilum monumenta in fufptionem .voces. Hfc er.im à Librariis f miter ae nctariis , quid iis contineretur ignaris, unumque lutellum ab cort:m exferiptiene fpeftamibus magnâ ex parte defcripta funt (j> hodieque typis- excujf» pro'muntur. Ex quo illud acetdit , ut tôt. menda, tum exfacris , ( ne ipjis quidem canonicis Hibliis exceptis ) cum ex profanis feriftoribus, ab nojiri ftculi Ciriticis Jubla-r ta fint. Perez. DifTert. Ecclef. pag. f t.

(11) M. Simon reprochoit autrefois (m) aux Bénédictins, d'avoir comparé leurs chartes ave. les livres faints, les Conciles & les faints Pères : pareeque fur la demande , qu'on leur -faifoit de produire quelques, originaux d'anciens titres perdus; ils avoient demandé à leur tour, où étoient ceux des Evangiles, des €pncilcs généraux , des premiers Pères.

Mais ce" reproche avoit bien peu dcjufc
tclfe. S'agiifoit-il de mettre en parallèle,
la divinité , l'excellence ou l'authentici-
té de ces livres irreftimables, avec de'-
vieux parchemins ? N'étoit-il pas au con-
traire uniquement queftion des rifques if
"des. accidens, qu'ont couru les originaux'
de ces oracles divins, rifques 4c accidens ,'
auxquels nul n'a échapé \ quoiqu'il exifte,
une infinité d'originaux de titres antiques.
La confervation 'acrucllé des autographes
n'eft donc pas ce-qui. relève le prix des-
.monumens facrés & profanes de la plus,
haute antiquité. Leur antiquité même cil
la principale caufe , de ce' qu'ils font pri--
.vés de cet avantage. Mais ils en font bien»
dédommagés d'ailleurs. S'ils ne tiraient
leur mérite, que de l'exiftence actuelle de'
leurs originaux ; il y a longcems que c'enj
ferait fait de leur autorité refpe&ivc. Par.
bonheur elle eft fondée fur des motifs in-
finiment plus folides , quk>a trouvera-

authentiques : on n'a plus ceux des ouvrages desfaints Pères: en (») n'a plus ceux des hiftoriens & des auteurs profanes* Quoiqu'on ait publié de la plupart de ces précieux reftes de l'antiquité, de fort bonnes éditions; en a-t-on d'authentiques, fi l'on en excepte les feintes écritures ? Rejete-t-on pour cela les témoignages de ces autres monumens, comme faux ou fufpec~ts ? Pourquoi donc , fous prétexte de fautes ou de non authenticité, n'ajouteroit-on pas foi aux copies des diplômes, lorfqu'elles font anciennes ? Les monumens refpectables de la Religion & de l'hiftoire demandent-ils moins de précautions^ que de vils intérêts , dont les feules préfomtions décident aiTez fouvent? Pourquoi , dans les fiècles pallcs, auroit-on pris tanE de peine , àdreiferdes cartulaires ou recueils de chartes; ii l'on n'avoit été dans l'ufage d'y, ajouter toi ? Pourquoi auroiton négligé de les revêtir de l'autorité publique; li cette formalité eut été nécefTaire? A la bonne heure qu'on ne donne pas une créance entière aux copies plus récentes, que les règlemcns, qui preferivent, qu'elles feront collationées cerrifiées yéritables par des perfones publiques. Mais les loix ontelles un effet rétroactif î

A force de décréditer les copies des chartes, il feroità craindre qu'on ne vint, fans le vouloir, à l'apui de ceux, quitendent à ruiner l'autorité des livres faints par les-objections yqu'ils font contre la Tradition. On peut certainement apliquer à quelques ouvrages des faints Pères, tous les foupçons généraux, qu'on forme contre les copies de titres fort anciens*. Celles de plufieurs Pères n'ont été ni plus multipliées, ni plus

[ocr errors]

dévélopés au long dans tous lès Trâités fur l'Ecriture (ainte. La cemparaifon des originaux perdus de ce livre divin , avec ceux des anciens diplômes, ne peut donc jamais Je dégrader en quoi cjûe ce foit. Car il ne s'cnluir nullement de là, qu'on pouffe-le parallèle juique fur quantité d'autres points & de raports"., qui n'en foufrent aucun.

D'ailleurs fi l'en peut argumenter d'un fujet à un autre; quand toutes chofes font égales : on lé peut à plus forte raiIon ; quand il s'agit, du plus au moins. Si donc les livres facrés n'ont pas été à couvert des fautes & des méprifes des copiftcs.; Si s'ils n'ont rien perdu pour cela de

leflr autorité: n'éft-il pas clair que la mê-
me règle doit avoir lieu, &par raport aux
ouvrages des faints Pères & des auteurs
profanes, & par raport aux autres monu-
mens del'antiquité, fans en excepter les
diplômes. En effet la règle, qui feroit
grâce aux livres faints des fautes des co-
piftes, pouroit paroitre fufpcéte de par-
tialité ; fi elle ne procurait la même fa-
veur à toute autre pièce, qui ne fauroir
être convaincue que de cet unique défaut.
Les écrivains de Saint Viflor , feront-ils
contens des réponfes , que nous don-
nons aux reproches de M. Simon , qu'ils
ont jugé à propos de faire {«) revivre ».

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

connues. Il fera donc permis de rejeter leurs ouvrages fous' les Secv^v^ mêmes couleurs. Ainu" l'on ruinera peu à peu toute la Tradic H A p. xi. tion , en déclamant contre, les mauvaifes intentions des co

piftes , leurs falfifications prétendues & leurs fautes réelles. (/>) Pag. zo7. Le P. Defpineul Jéfuite dans fa (p) III. Réponfe critique à AI.

le Clerc, fait fentir les dangereufes fuites de ces acufations. » Il » eft toujours bon, dit-il, en raillant fon adverfaire, de s'en » prendre aux copiftes, & d'en appeller à l'original, qu'on n'a » point. Sur ce pié là M. le Clerc ne fera jamais cmbaraiîc. » Citez lui S. Cyprien fur les trois témoins du CieL Très funt » qui teftimonium dant in cœlo Pater; Verbum ejr Spiritus fanclus; » la réponfe eft toute prête, l'exemplaire eft corrompu , &c fi »- on le prelîe par S. Jérôme : quelques ignorans ou Quelques » Moines mal-intentionés auront fait pafter la plainte de ce .. Père, qui acufe les hérétiques d'avoir retranché de leurs >> exemplaires ces paroles de S. Jean , Très funt qui teftimonium » ejrc. Ils l'auront, dis-je, fait palTer de la marge dans le texte. » Les ouvrages des faints Docteurs ont couru tant de fortunes, » &c nous font venus par tant de mains ; qu'il n'eft pas Possi

» BLE QU'ON N'Y AIT INSERE BIEN DES CHOSES , ET QUON N'EN » AIT ÔTÉ D'AUTRES , SELON LES DIFERENS INTERETS DE CEUX

» Qui Les Publioient. Par là M. le Clerc ruine tout d'un coup v la Tradition. Peut-être même que l'Ecriture fon unique règle » en foufrira un peu. ( Car Les Exemplaires Des Livres Sa« Cres Ont été Exposés Aux Mesmes InconvÉniens. « Voilà donc, félon le P. Defpineul Jéfuite , les exemplaires de l'Ecriture fainte, aufii bien que ceux des faints Docteurs , expofes à des additions, à des retranchemens: &: cela fuivant les diférens intérêts de ceux , qui mettoient cés exemplaires au jour. C'eft bien pis que de demander, où font les originaux des Evangiles,des Conciles généraux, des faints Pères. Et cependant perfone n'en fait un crime au P. Defpineul. Car quoique la propofition paroilTe un peu dure ; la bonne foi, & l'équité ne permettent pas de s'élever contre lui ; comme s'il avoit acordé à fon adverfaire , que l'Ecriture fainte aurait foufert quelque altération importante,, ou que les faints Pères en général auroient été corrompus dans des points eflcntiels.

Acufer les copies & les copiftes, fans les pouvoir convaincre par l'original, ou par des preuves également péremtoires: c'eft, félon ce favant auteur, un artifice des hérétiques.Soutenir rREM. Partie. que les fàints Pères & les livres facrés ont couru tant de fortunes, s s c T. 1. & pafTé par tant de mains $ quV/ riefi pas poffible, qu'on n'y ait ch a r' XI" inféré bien des chofes , & qu'on ri en ait été bien d'autres, fuivant les intérêts de ceux qui les publioient : c'eft à fon jugement, renverfer d'un (n) feul coup l'Ecriture fainte & la Tradition , ou du moins leur donner une furieufe ateinte. Ajoutons que raifoner ainfî fur les anciens diplômes ; ce feroit faper les fondemens les plus inébranlables de l'hiftoire, & donner du relief à un argument, qui peut avoir de grandes conféquences pour la religion : malgré les diférences extrêmesqu'à jufte titre on mettra toujours entre les avantages, que ces divers monument ont les uns fur les autres, tant du côté de l'authenticité & de l'intégrité du texte que de la certitude, où nous fommes,. qu'aucune faute importante n'altérera jamais la pureté des oracles divins. En général » les copiftes ont pu fe tromper ; mais

[graphic]

(11) A ce compte le doéte Jéfuite auroit dû fe récrier avec encore plus de force contre l'auteur, cité dans les Lettres critiques de M. Simon , imprimées à Bafle en 1699. pag. 113. Ce dernier lui fait dire , qu'à la réferve de quatre ou cinq livres, tous les autres ont été fabriqués , il n'y a pas plus de cinq cents ans, par d'exécrables fauilaircs, qu'il ne nomme point, (qj lncredihile Jlmile pertenti efi, quantum falforum feriptorum fegetem de rébus tum facris tum profanis exfecranda ac detefiabilis una qusdam , ut citeras fileam , unie annos feri qtùngentos officina effuderit. (r) 33 Se défier des- MiT. dit le P. Germon-, 33 que nos ancêtres ont pris grand foin de » nous tranfmettre, & concevoir ces fen» timens , fous prétexte de quatre ou 13 cinq hérétiques , qui auraient fuprimé 33 on corompu quelques petits mots, c'eft 3, le fonge d'un homme en délire. Et ce 33 n'eft pas Amplement un fonge , mais un »> fonge plein d'impiété. En effet quicon33 que s'eft une fois livré à de fi folles 33 alarmes , doit néceflairement avoir 3> pour fufpeéts tous les monumens de la » doctrine Chrétienne, que nous avons 33 reçue avec refpeét de nos ancêtres, & >3 cjne nous gardons religieufement. Ille 33 fufpe'da habeat necejfe efi omnia Chrif

[ocr errors]

Prem Partie "cette p°^bilicé ne fufic pas, pour dire qu'ils fe foient réelleSect. I. » ment trompés. Il faut des faits, qui conftatent la falfificaC-ijap. xi. „ tion< Telle eft lajudicieufe réponfe de l'auteur du (s) Traité

M°}t)m? de U véritable Religion, à une objection des athées, contre l'altération prétendue de l'Ecriture fainte^ dans le récit des faits évangéliques. Une raifon, qui ne tire fa force, que de fa propre évidence, eft également aplicable à tout autre monument , quelque profane qu'on le fupofe. Il faut donc des preuves formelles de fabrication, pour rejeter une ancienne copie, deftituée des marques d'authenticité, que les fièclespoftérieurs ont exigées. Si ces preuves manquent ; les copies doivent être cenfées véritables, ^conformes à l'original : du moins dans tout ce qu'elles renferment d'e(Tentiel. Combien donc méritentelles de créance , ou lorfqu'elles font authentiques, ou lorfqu'elles ne fauroient être convaincues d'aucunes fautes confJtantes & manifeftes?

[graphic][merged small]
« 이전계속 »