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dépôts publics; il faudrait donc tout au plus fe contenter de

} .• vr n.- i û> J i PREM. PARTIE;

celui dautres archives ecclcliaftiques, direrentes des prenne- SECr ^ res. Chap. 11.

i°. Quoiqu'entre deux diplômes du même Prince, du même Référendaire , il doit fans doute fe rencontrer de grands raports de reiTemblance ; on ne doit pas cependant les exiger à la rigueur. Il fe trouve fouvent, comme on vient de le voir, des diiTemblances très remarquables entre les écritures ©ule< fîgnatures des mêmes perfones, caufées par la diférence de l'âge, des faifons , des plumes , de l'encre, du papier. Lè fecau varie quelquefois. Le ftyle eft fujet au changement. Les formules ne le font pas moins. On en verra dans les Parties fuivantes des exemples innombrables.

30. Si un diplôme clt vrai, pareequ'il difére de quelques chartes fauffes; un diplôme fera donc pareillement faux, parce qu'il difére de quelques chartes vraies : or un diplôme peur diférer de quelques chartes vraies, fans être faux, &c de quelques chartes fauffes, fans être vrai. Les titres vrais & faux ne font - ils pas pleins de variétés infinies? Qu'il nous foit permis d'en renvoyer les preuves aux 3.4. & jc. Parties de cet ouvrage; quoique les deux premières ne laiffent pas d'en renfermer bon nombre. Donc un diplôme diférent de quelques pièces fauffes, peut n'être pas vrai. Donc un diplôme diférent de quelques pièces vraies, peut n'être pas faux. La troifîème règle des cenfeurs de la Diplomatique eft donc manifeftement vicieufe, en ce qu'elle fupofe tout le contraire.

V. Il eft des arts purement conjecturaux. Quand la Diplo- L'art de la Difnatique ferait toujours réduite à cette condition, comme on P.lomatlcluc Peut

n ,-i 1 • 1 r 11 J ajouter quelquc

ne peut nier , qu il ne lui anve quelquefois ; elle ne devrait fois la certitude pas être négligée , ni dépouillée d'un titre, qui lui ferait pHyfiquc à la ccr

r_ 1 r -KK r > c i titude morale,

commun avec plufieurs autres. Mais les prérogatives lont plus donc au moins it éminentes. Cependant, au lieu de les reconoitre , quelques eft communément auteurs outrent les chofes, jufqu'à vouloir l'exclure de la ca- fufccPtlbletégorie des arts, (m) Selon eux, comme on l'a déjà remarqué, (m) Germon Diffanscertitude point d'art. D'où ils concluent, que la Diploma- *"f'7t' tique n'en eft pas un. Pour qu'elle le devint, ils ne demanderoient pas, qu'elle fût fondée fur une certitude métaphyfique. Ce feroit une extravagance de l'exiger, par raport à des chofes , qui dépendent de l'ufage & de la volonté des hommes.

Prem Partie Que k-S préceptes de la Diplomatique foienc revêtus de cette s E c T. I. certitude, dont les perfones fages fc contentent dans les afaircs Chap. Il humaines, ils s'en contenteront aufli. Du moins eft-cc là leur langage?

Mais D. Mabillon ne fe bornoit pas à un aquiefeement, (») Suphment. qui femble plus tenir du probable que du certain, (n) Il croyoit de re dipiom. cap. qu'il n'eft point de pièce fabriquée avec tant d'artifice , dont 4 17' la fauffeté ne puiflfe être dévoilée par un habile antiquaire. Or

fi ce n'eft pas porter la feience des antiquaires jufqu'à la certitude phyfique; c'eft fans doute en aprocher beaucoup.

Les partifans du fyftèmc opofé foutiennent au contraire , qu'on ne peut jamais être auffi sûr de la vérité des diplômes, que de celle de quelque métal. Ceux, difent-ils , qui entreprendroient de contrefaire l'or, ne pouroient l'imiter à tous égards.

C'eft juftement la prétention de D. Mabillon au fujet des diplômes. Leur imitation parfaite , félon lui, fera toujours l'écueil des faufTaires.

Ses adverfaires reviennent à la charge, armés de cet argument : Si le faux monoyeur peut donner à fori métal la couleur extérieure de l'or, il ne la lui communiquera pas dans fes parties les plus intimes: & quand même il y réulfiroit; du moins la dureté, le fon, le poids ne feront pas les mêmes»

Les diplômes foutiendront encore ici le parallèle. Le fauflàire poura peut-être imiter aflez bien les traits de l'écriture d'un fiècle fort reculé : mais il ne parviendra pas à rendre dans la dernière perfe&ion la couleur de l'encre, la qualité du parchemin &cc. Et quand même il en viendroic à bout i immanquablement il péchera par quelque endroit, foit contre l'hiftoire, foit contre le ftyle, foit contre les formules du tems. Mais enfin dans la fupofition, que nulle formule ne fût répréhenfib'e ; les reflburces de l'antiquaire ne feroient pas encore épuifées. Nous en fournirons dans la fuite divers exemples.

L'art, infifte-t-on, peut imiter la nature jufqu'à un certain (e) Germon Dif- point; il ne le peut parfaitement.

L'impofteur peut auffi contrefaire, à certains égards , un

lia. Mem chronol.' S- i . • • •. , •! r Jvi

&dogmat.tom. 3. ancien diplôme ; jamais en rigueur il nateindra ion modèle. fag. 109. % L'ouvrier en or a des règles sûres : (0) s'il eft bien attentif à les fuivre, il ne poura fe tromper. Leur ufage d'ailleurs n'eft PREM PARTIE< pas dificile; puifque , pour en faire Implication, l'on n'a be- Sect. I. foin que du tact, des yeux, & des oreilles. Chat, IL

L'antiquaire n'a pas des règles moins certaines. Il n'eft pas à craindre , qu'on lui en impofe , pour peu qu'il y foit fidèle. Les jugemens font des deux côtés également fondés fur le raport des fens.

Non , replique-t-on, il n'en va pas ainfi des anciens titres. Celui qui les contrefait, ne fe propofe pas de repréfenter la nature, mais d'imiter l'art, c'eft-à-dire, l'ouvrage du Notaire. S'il y rencontre quelque dificulté, clic n'eft pas infurmontable.

La chofe eft-elle donc plus dificile, à qui fait contrefaire l'or. Eft-il obligé de repréfenter la nature î Ne fufit-il pas d'imiter ce qu'a fait le fondeur, l'orfèvre, le monoyeur?

Mais, ajoute-t - on , le jugement, qu'on porte des vieux titres, n'eft pas uniquement apuyé fur le raport des fens ; il l'eft encore fur diverfes conjectures : & dès-là il devient chancelant &: douteux.

Des conjectures venant à l'apui de la certitude peuvent-elles la détruire ? Du refte le jugement de celui, qui éprouve l'or, n'eft-il fondé que fur les fens > Ne l'eft-il pas fur les diférens caractères de vrai ou de faux, que fon art lui fait connoitre » Si l'on prétend rapeller ces caractères Se leur aplication au témoignage des fens; ne retrouvons - nous pas tout cela , du moins equivalemment dans notre antiquaire ? Il n'a même recours aux conjectures, que quand il n'a pas l'original fous les yeux. Car par raport aux originaux ; les conjectures ne font la relfource que de ceux , qui prétendent avoir droit de juger des anciens titres, fans être antiquaires ; tandis que l'expérience donne la certitude à ceux qui le font.

VI. Mais, (c'eft ici le grand argument) n'eft-il jamais a- Lcsrnéprife*des rivé, que des antiquaires célèbres aient pris le change dans qt^rfs^^ou-" l'examen des chartes î vent point îïncer

N'eft - il non plus jamais arivé , que des maîtres de l'art tjtudc ,de [fur art

, / il i ,,/ i il T< • î formules dautant

aient ete trompes dans 1 épreuve de lor. En certains cas des moins fufpeaes, hommes fort habiles fe conduifent par refpect humain, par qu'elles (ont plu» afection, par précipitation , par préjugé. Ils négligent de s'a- rares' tacher à leurs principes, ou bien ils ne les ont plus fi préfens.

Prem Partie, Eft-ce la faute de l'art, ou des perfones ? Si l'on excufc les s E c T. I. perfones aux dépens de l'art ; il n'en eft aucun , qu'on ne pût Ghap. If. dégrader. Mais, fi l'on fait, comme l'équité l'exige, tout le contraire > l'art de la Diplomatique ne fera pas plus refponfable, que les autres, des fautes de ceux , qui d'ailleurs y font exercés.

WUém.chrtncl Le P/ Mabillon fut, dit-on, (p) trempé fur l'âge d'un morceau détaché d'un cartulaire. C'étoit néanmoins l'homme du f. 109. &/kiv. monde qui a le plus examiné de parchemins.

Perfone a-t-il jamais prétendu, que D. Mabillon fut infaillible? Il fe trompa une fois, on le veut : mais l'art de la Diplomatique en eft-il refponfable ?D. Mabillon n'a-t-il pas pu fe laifler entrainer à la chaleur, avec laquelle M. Baluze (q) Lcttr. de M. („) foutenoit la vérité & l'antiquité de certains feuillets , qui dfr'épL/rid'ÏZ'rs d'ailleurs imitoient avec toute l'adrefle polfible, l'écriture du écrits, A Pans XIIe. fiècle? D. de Monfaucon, quoiqu'inférieur au P. Ma1<j8, billon dans la conoiflance des diplômes, n'y fut pas pris, ôc

rcfufa d'atefter par fa fignature l'authenticité de ces pièces, tant vantées par M. Baluze. Celui qui fait fur cette méprife de fi fanglans reproches à D. Mabillon , reconoit que le titre en queftion parut fufpect d d'autres antiquaires. Il faudroit du moins , que tous les antiquaires fe fuflent réunis en faveur d'un titre fupofé, pour qu'on eût quelque prétexte , d'en faire retomber la faute fur l'art. Ici au contraire les antiquaires mêmes ne feront tout au plus obligés , que de defavoucr deux ou trois d'entr'eux ; bien loin que la méprife de ces deux ou trois perfones renverfe leur art.

Enfin quand la Diplomatique ne feroit fufceptible , que d'une certitude morale ; tout le monde ne tombe-t-il pas d'acord , que cette certitude eft égale dans fon genre à Ja méta-. phyfique ; Elle a de plus l'avantage, d'être moins fujète aux îllufions fophiftiques des idées abftraites. Or non feulement l'antiquaire peut fouvent ateindre à la certitude morale ; mais il n'eft pas même extraordinaire, qu'il puifie la communiquer aux autres. Il le fait dès qu'il leur démontre , que les formules & les ufages du tems ont, ou n'ont pas été obîervés: n'étant pas polïible , qu'aucun ou prefquc aucun des ulages, des caradéres ou des formules, propres de certains tems n'ait été fuiyi , Se que cependant une pièce. foit yraie : ou que

PREM. PARTIE.
Sec T. I.
Chap. II.

înaJgre îeur observation la plus exadte , un diplôme ne laifle -pas detre une production apocriphe des liècles poftérieurs , ou même d être reconu pour faux. Ainfi l'antiquaire fe trouve en état, de donner aux autres une certitude morale , que ce titre-ci eft fupofé, & celui-là véritable. Il n'y a que cette et ■pèce de certitude phyfique , qui réfulte de l'inspection des originaux , dont il ne puifTe leur faire part, fans les rendre antiquaires.

Mal à propos s'imagine roit-on, qu'une formule , qu'un ufage ■doit être fufpeît, à proportion qu'il eft rare dans un certain rems, quoiqu'il y en ait des exemples. Loin d être fufpect à raifon de fa rareté, on doit plutôt en tirer un bon augure en la faveur. Car la difîculté de trouver des formules rares , pour -les contrefaire, ne fera-t- elle pas proportionée à leur rareté? Y a-t-il d'ailleurs quelque aparence, que dans des tems poftérieurs , où à peine conoifloit-on les ufages des liècles precédens, on ait préféré les formules extraordinaires aux plus communes ? En fupofant que ces formules rares n'auroient pas été tout à fait inconues aux impofteurs; n'auront-ils pas mieux aimé s'atacher aux coutumes & aux formules , dont les modèles étoient plus ordinaires ? Opofer les ufages les plus communs à ceux qui le font moins ; c'eft cependant le moyen, dont font plus de bruit la plupart de ceux , qui s'inferivent en faux fans bonne raifon contre quelque pièce ancienne.

'VII. Voici un nouvel adverfaire , trop judicieux, pour ne Examen de quelpas fuivre ordinairement les décifions de D. Mabillon, mais «lues PrillciPcs d« trop complaifant, pour ne pas céder quelque chofe à fes con-' 01' tradicteurs. Si fa réputation lui donne droit de fe faire écouter; il ne trouvera pas mauvais, que nous réfervions nos ho•mages pour la vérité feule. A l'entendre , il ,y eut autrefois {$) xles fauflaires d'un efprit fi fubtil & d'une fi grande adrefiçi que dans la fabrication des monumens des liècles anté

- ) Atqui olim non defuere falfarii .t.im tumi ingenii, tanuque induflrU ; ut in conftngendts pncedentium ftettitrum tnor.umentis neque contra Chronologiam , nevue contra, hiftoricam eruditionem , oui fiotariotum formulas quidquam peccarent;

frohè imitari noffent veterum characierts cV notas, aut eorum tantummodo apo

grapha confingtre. Si quando eorum foetus
occurrunt ( neque enim quifqussm neget,
quin talia efformari potuerint , & ex ils
aliqtta fupereffepojftnt ),frufira interdum
artis critta fiihfidia adhibtntur ad f alfas
ejufmodi merces à -veris fecernendas. Mu-
rator. Antiquic. Ital. medii xyi ton. },
DiiTcrt. 54. col. 30.

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