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chofe. Très-peu de lignes tout de faite n'ont point éprouvé de lacunes plus ou moins confidérables»

Si les comptes, que ces tablettes renferment, avoient été difpofés en forme d'un feul journal -, il auroit été facile ,de remédier au défordre, caufé par l'injure des tems. Mais fans parler de reorifes fréquentes, d'emplois de deniers , qu'on fe rapelle après coup, & qui font rangés hors de leur place naturelle ; ces comptes font diitribués fous un grand nombre de diférens articles , fouvent fans titre; foit qu'ils n'en aient S E e T; I.

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des articles ou ibmmes totafes Je 97 $o, dt 6000, de 3 700 livres en foible monoie &même Je x 00000. livres qu'on écrit tout au long. Les nombres précédens font en chifres. Ces chifres (ont conltamment Céux des Romains. On ne découvre aucune trace de e«rx desArabes. Au refte cet uiage s'eft maintenu julqu a nos jours à la Chambre des Comptes.

De la Ferté Nabert le Roi-prcnd (a route par Remorentin , pour aler aVierzon, on il étoit le î. Avril Dimanche Je Quafîmodo. Le 3. il le rendit à Gaftine, le 4. à Ville-Dieu. Le 16,. il fe trouve à Chatillon fur Yndfe; 11 parait qu'il y féjourna quelques jours. II ne fit pas un féjour moins long à Loches, où il étoit arivé le i o« au plus tard : puisque dès ce jour il dépêcha un courier a Poitiers, ou étoit le Pape. Le 11. il en envoya un autre en Flandre au. commandant des Garoifpns x Se

le »4. au Gouverneur de Navarre. C'éroir Don Fortun (*) , qui félon les Hiftoricns, prenoit desmefures , pour fe rendre maître de ce Royaume. Mais elles furent dcconcerrées par le couronement de Louis » qui fuivit de près. Cependant le Gouverneur lui fît préfênter à Ligueuil, le 17. Avril un cheval d'Efpagne. Un peu auparavant la Reine d'Angleterre fôcar du Roi avoitdépêché à Cor frère trois envoyés, pour lui faire préfent d'un gerfaut 8c de quatre chiens Anglois. Le 18. H étoit a, la" Haie en Tour^ine. Un Nonce du Pape vint lui aporter la nouvelle de la prife defrère Dulcin. C'étoir un hérétique, ou plutôt un nouvel héréuarque fanatique, gui s'étoic fait une troupe de fcdlateurs, & qui Ce croyoit fort en fureté fuAne montagne dans le voifînage Je Verceil en Italie. Il fburenoit ( l ) que tout ce oui fc faifôit fous le nom de charité devenait licite , & qu'on ne pouvait le rcfùfcr dns péché , fut-ce la fornication même.

Le 19. Avril Philippe s'arêra * Chatelraud. Il dût ariver à Poiriers lé 10. Il y étoit certainement le 11. Le but de fbn voyage étoit, de conférer avec le Pape fur Tafairc de Foniface VIII. & celle des Templiers. Le Pape s'y étoit rendu des le; mois {m) précédent,& il y fît un lejourde plus d'une année. Ce fut là que le Cardinal Rémond fit prêtent d'un léopard àLouis fil» aîné du Roi. Philippe fait partir un courier , pour faire fabriquer des chapeaux: & des fèllcs Je feutre a fon ufâgc. Deux florins font évalués 66. fols. Divers 1 riers font dépêchés au Conétable , Comtes de Boulogne,de Drcui, Je S. Pol r aux Sénéchaux & aux Baillis de difétenrre provinces. Les couners envoyés pendant le

Chat, IL

jamais eu, ou plutôt foit que le mauvais état des mêmes tablet- SEC partie. tes les ait fait difparoitre. Ceux qu'on y déduire font extrême» ment vagues, & pourtant très-laconiques : par exemple, fumptus ab alias, titre qui revient fouvent. En diftinguant chacun de ces articles, & en fuivant l'ordre des tems, celui des pages dérangées le trouve rétabli.

I V. En général on y voit les dépenfes du Roi, des Princes fes enfans, de fes Ofïciers dans quelque degré qu'ils foient: fes gratifications aux Envoyés ou domeftiques des Souverains i Prélats & Seigneurs, qui lui préfentent de la part de leurs maîtres quelque chofe de rare en fait d'animaux, d'oifeaux de vénérie &c. fes aumônes aux pauvres, & furtout à ceux, qui font ataqués de la maladie royale, & qui viennent fè faire toucher de toutes les contrées, non feulement de la France; mais de l'Italie & de l'Efpagne : enfin fes libéralités pour les

Précis de ce qu'elles conticonent.

mois de Mai à Philippe,fécond fils du Roi, prouvent, qu'il n'étoit point venu à Poiriers, ou plutôt qu'il s'en étoit retiré pour retourner à Loches. On fait ici mention d'un trompette de la part du Prince de Tarente. On marque les (bmmes que devoir toucher le Conétable aux fêtes principales. Par exemple on lui compte 9 6. livres pour la Pentecôte de 1507. Les Frères Prêcheurs de Condom reçoivent une aumône , pour la tenue de leur Chapitre provincial.

Philippe le Bel féjourne à Poiriers le refte du mois d'Avril ,& le mois de Mai tout entier. Le continuateur de Nangis ne parle pas d'une manière exacte; lorfqu il (») <3it,quc lcRoi de France partit pour Poitiers vers le tems de la Pentecôte. Cire a Pentecofits... ViQavimfroficifcitur. Philippe y étoit arivé près d'un mois avant cette lolenniré.

Il ne reprit la route de Loches , que le le premier Juin , jour auquel on k voit à Chatclraud. Il étoit le. 6. à Loches, & probablement dès le 4. Il y fëjournoit encote le 9. Il fit dépêcher un courier aux cinq Baillis de Normandie , & d'autres à Stralbourg en Allemagne , au Pape & aux Maîtres des Comptes de Paris ad Magiftroi Comfotorum Psrijîenfej : d'où il s'enfuit , que kur étabhflcment cft plus ancien qu'on ne penfe, & que Philippe le Long «uxatout au plus donne une nouvelle

forme à la Chambre des Comptes de
Paris. Pendant le féjour de Philippe le Bet
à Loches , il reçut un Oficicr du Roi do
Sicile & un autre du Roi de Majorque ,
toujours avec la qualité de Minifterallus.
Le 10. le Roi étoK à S. Agnan, le 12. à
Chateauncuf fur Loire, ou il fe trouvoit
encore le t4. Il «toit le 18. à Villers en
Loge, le 19. à Mcrel aux bois, k ri. à
Nibclle^ ki$.àLorris, d'où il s'avança
jufqu'à Montargis. Nos tablettes fuivèni
le Roi dans fes voyages jufqu'au 11. Se
même jufqu'au Dimanche 3. de Juillet,'
veille de S. Martin d'été

Sur la fin de Juin le Roi envoie un
courier, pour préfenter quatre cerfs àl'E- W *l4*
vêque d'Auxerre. On acheté plufieurs re-
mèdes à Orléans, pour la maladie de l'Im-
pératrice de Conftantrnoplc. Elle fe nom-
moit'Catherine. Elle avoitépoufé en fe^
condes noces Châtie frère du Roi. Elle;
mourut à S. Oucn le 9. Odobrc , & fut
inhumée chez les Dominicains de Paris
le 11. du même mois.

Louis envok en Champagne, fait aporter fa vailTclk d'argent de Paris, & fc difpofe à partir pour la Navare. Les tablettes renferment aurfi les dépenfes faites fur fa route : mais il refte lï peu de la cire* fur laquelle cette route étoit décrite; que nous n'y avons pu lire, que la feule ville de Bordeaux, & peutetre une partie

5ic. Partie., Eg'iks, les Monaftères & les Couvens des Mandians. Jamais, s Ect. i. il n'entre dans aucune ville ou bourgade , qu'il ne faffe pourCha r. il.. vojr magnifiquement à. leur réfection. Il contribue fouvcnc à la;

«édification des Eglifes , ou même les fait rébâtir, à fes dépensLes frais des voyages des couriers, les gages des domeftiques. des Oficiers de la Cour forment autant d'articles. Les noms, de ces Oficiers & de leurs ofices; quelque bas qu'ils puilTenc être, paroifTent tour à tour.

Il eft aifé avec le fecours dé ces tablettes, d'évaluer au jufte le prix des monoics, comparé avec les diférentes fortes de vivres,, de denrées de vêtemens &c. On va même jufqu'à marquer combien les florins valoient alors de fols ou de livres. Les ehangemens, que le Roi avoit faits aux monoies,avoient caule des troubles , auxquels dès l'année précédente il réfolut d'aporter remède. Il fit donc batre de la monoie. fur le même pié, qu'elle étoit du tems de S. Louis. Celle qui avoit eu cours étoit depuis douze années infcnfiblemcnt devenue de deux tiers plus fbiblc , qu'elle n'étoit auparavant; en forte que le petit florin de Florence valoir trente-llx fols parifis. Mais il ne décria pas la foible monoie en rétabliflant la forte : il fie publier un édit à la faint Jean de i 306. par lequel il étoit ordoné , qu'à commencer à l'AlTomption, les revenus des terres & les rentes, des contrat* fe pairoient en forte monoie. Il faifoit faire lui-même des paimens, tantôt avec l'une Se tantôt avec l'autre , comme il paroit par nos tablettes. De ces obfervations il eft aifé de conclure , que M. Cocchi auroit mieux fait, de publier le détail des tablettes de Florence, que (0) de le (o)LeiterAcritic*, fUprimer , comme inutile.

f Rien n'eft plus propre qu'elles, à donner une idée jufte

du nom dê Bayonc.

Pour qu'on puiife fe' former une idée plus jufte de ces tablettes, nous en faifons repréfenter une planche , où tout eft exactement rendu , excepté la hauteur , qui donneroit par page 69. lignes. Il n'y a. fur toutes les pages de ces tablettes, que Ij.' lignes à peu près fans lacunes. Ce font précifément celles-là, que nous avons choilîes , pour faire graver. C'en eft allez , pour qu'on puiiîc juger de la forme SC de l'écriture de ces tablettes. I«. morceau, que nous donnons, ren

ferme une partie des dépenfes extraordinaires , faites à Loches par Philippe Je Bel ; avant qu'il fe frit abouché avec le Pape. Si la gtavure ne rend pas l'original, avec toute la perfection , que nous avions conçue : on doit du moins compter pour quelque chofe , d'avoir ofé entreprendre un travail fans exemple. Si l'on a vu les modèles des tablettes de Genève ; ils n'ont point été donnés au public. On a connu trop tard celles des RR.PP. Jéfuites de Paris, pour en parler ici. L'ufage des tablettes.; de cire n'eft pas encore par tout aboli.

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