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CHAPITRE

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Papier d'Egypte:.

ON a tant difputé , & chicané même, fur les diplômes* en.papier d'Egypte; qu'il eft pour nous indifpenfable , d'en parler avec quelque étendue. Pour écarter les fauiTes notions , il eft nécelfaire de reprendre les chofes dès leur origine. Mais pour ne pas ennuyer , en remaniant un fujet, quetd'autres ont traité avant nous; ne nous atachons qu'à ce qu'il* renferme de plus eifcntiel, qu'à ce que nous croyons fufcep— tible d'un nouveau jour..

I. Le papyrus eft une efpèce de canne (i) ou de rofeau qui reflemble un peu à notre typha. Il nait (a) dans les maraisd'Egypte , dans les eaux dormantes du Nil, dans les lieux, bas, d'où celles de l'inondation annuelle ne fe font pas totalement retirées , où elles font tout au plus réduites à la hauteur (b) de trois piés. G'eft des couches ou envelopes intérieures de la tige de cette plante, qu'on fabriquoit le papier d'Egypte, fi célèbre chez les anciens. Ses racines font fi ligneufes, que les. Egyptiens s'en chaufoient , & qu'elles ont' fouvent fait donner au papyrus les noms {c) de bois & d'arbre^ Elles ont pour l'ordinaire dix piés de long. Sa tige eft.

(i) M. JuvencI de Carlencas, dans Tes Eftais fur Ihiftoirc des Belles lettres, féconde partie , pag. 31?. s'eft écarté du vrai, en voulant s'atacher an plus ■vrmfembUble. Prérendre que le papyrus eft le figuier d'Adam , arbre dont les feuilles (ont longues d'une aune & larges de deux piés; c'eft une idée,qui ne peut s'ajufter avec les deferiptions les plus exactes , que les anciens & les modernes nous en ont données. La neuvième lettre de M. de Maillet, publiée par M. 1 Abbé le Mafcrier, dans fa Defiription de l'Egypte , renferme i la vérité cette opinion pag. 19*, Mais

le Conful François n'en parle pas en hom-
me fort au fait de la plante , fur laquelle
on lui demandoit des éc airciflemens.» Il'
aj ne m'eft pas moins dificile, c'eft ainfî
« qu'il débute, de vous donner dés lu—
» miéres bien nettes fur le papyrus des-
« anciens.... Je (crois cependant allez
» porté à croire avec beaucoup d autres ,
» que ce n'eft autre chofe , que la plante ■
» apellée ici figuier d'Adam. « Voila avec
quelle incertitude il s'explique fur lepapy-
rus. D'où l'on doit conclure, que s'il en
avoit vu; c'étoit fans le conoicre pour coj
■qu'il étoit.

triangulaire Se n'excède pas la hauteur de deux coudées; ■ A T J—' ° . it >'o J ir J u\ \k J r S£C. PARTIE

entant quelle seleVe au-deilus des [a) eaux. Mais dans la tota- Seci. I.

lité communément (e) elle en a quatre, & jamais plus de fept, c H A p-.v

fuivant (/) le témoignage d'un auteur, qui examina la plante $The7phr'1iid

fur les lieux en conoifTeur habile. Profper Alpin autre témoin (/) Guilandini

oculaire (g) fait pourtant élever la tige de cette plante de fix r-memb- *•

ou fept coudées au-deifus de l'eau. (g) De vUnth

Pour en faire du papier , on commençoitpar {h) retrancher, JEgftti-VenetUr comme inutiles, fes deux extrémités. La tieeainfi mutilée Se l\l\'/ol.\ 4^4'réduite a deux , trots , quatre pies ou environ, etoit coupée ro./>. i49. iJO, en deux parties égales, fuivant fa longueur. On féparoit fes M"f" ¥<>rdiférentes envelopes ou tuniques , qui ne paflent jamais le "* <4~ nombre de vingt: fi pourtant ces paroles de Pline, nunquam flures feapo, quant vicen* doivent s'entendre , non de la main de papier; mais , comme le prétend (/' ) Guilandini, des cou- ^ lbH. t 17;. ehes ou lames, qu'on pouvoit détacher de chaque tige du papyrus , dont on avoit coupé les deux bouts. Plus ces tuniques aprochoient du centre ; plus elles avoient de finefTe Se de blancheur , Se plus elles étoient eltimées. Celles au contraire , qui s'en éloignoient, l'étoient moins à proportion.

Après avoir étendu ces feuilles, ( k ) on en retranchoit les (*) P/«». hifl. Ul irrégularités, puis on les couvroit d'eau trouble du Nil , la~ 'r-"/-"quelle en Egypte tenoit lieu de la cole, dont on fe fervoit, quand on façonoit ailleurs ce papier. Sur la première feuille préparée de la forte ; on en apliquoit une féconde pofée de' travers. Ainfi ces deux feuilles couchées l'une fur l'autre fe coupoient à angles droits. En continuant d'en unir plufieurs' enfemble, on formoir une pièce de papier, on la mettoit à la preffe, on la faifoir fécher: enfin l'on batoit le papier avec le marteau, Se l'on le polilToit, au moyen (i) d'une dent ou' d'une écaille. Voilà les préparations , par lefquellcs il dévoie pafler, avant que les écrivains en puffent faire ufage. Mai* quand on vouloit le tranfmettre à la poftérité la plus reculée; en avoit l'atention (/) de le froter d'huile de cèdre , qui lui communiquoit l'incorruptibilité de l'arbre du même nom.- ■ {ï)lhiï.e*p:ii\

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(i) Le papier poli avec une dent de écrit mordant. C'cft furqitoi il a été relevé (m) Haimius de loup , de fanglier ou de chevalétoit apellc par Manuce fur la 14 'lettre du fecond finit. Analechchtrta denuu* («o^.Erafmc ta pris pour un \ livre de Ciceron. à fon frère Quimus. Creniif. 48 u*

SË^mÎïctui ^* ^ neft pas aulfi facile,de peindre aux yeux la matièreSict. I. du papier d'Egypte , que l'écriture , qu'il nous a coufervée. Ch A P. v. Cependant, pour donner quelque notion de ce papier, à ceux

Expofîcion de la • > o r v 'J>

ODiÛmeplanche, <lul nen ont Pas vu» & <lnl nÇ f°nt * portée den voir; & de ce quelle D. Bernard de Montfaucon avoit imaginé, de (>*) repréfenter le

CO(a)iesupUm à re^ ^e verfi ^u m^mc feuillet, le premier par des lignes lAntiq.'expiit}. horizontales, & le fécond par des lignes perpendiculaires. tom.).f. us. C'étoit pour imiter les fibres du papier d'Egypte , relativement aux diverfes pofitions de fes couches. N'auroit-il pas étéplus fimple, d'employer les deux pages, telles qu'elles fe présentent à l'ouverture du livre : puifque nécelTairement l'un eft le verfo, & l'autre le reclo de feuillets, fabriqués, d'une manière uniforme ? On auroit par là évité de faire du recta à\\ Mf. le verfo de la planche ôc de tomber dans le même inconvénient par raport au ver/à. La planche pèche encore en ce que les caractères du Mf. n'ont pas été rendus par le graveur avec aflez de vérité. Outre qu'on évite ces deux défauts, dans celle que nous donnons ; on enchérit encore fur D. de Montfaucon par un nouvel eUai. Le fien ne repréfente que les deux couches féparées du papier d'Egypte ; tandis que ce papier les réunit, & qu'on les diftingue l'une de l'autre, fans être obligé de jeter fucceflivement la vue fur le reclo &: le ver/i de fes pages. Mieux il a été confervé ; plus il eft aifé d'apercevoir fes fibres perpendiculaires & horizontales, qui fe croifent &c fe coupent à angles droits fur la même feuille.

Si nous avions du papier d'Egypte au m blanc que la neige, tel qu'étoit celui des anciens, comme il nous en aflurent euxmêmes; il ferait fans doute bien plus tranfparent, & les fibres de la féconde couche fe laifferoient voir avec encore plus de facilité, La couleur de blanc fale, & fouvent même un peu jaunâtre, que le tems lui a donnée, n'eft pas fort propre , à faire fortir les filets de la couche inférieure. Cependant, pour peu qu'on ait la vue perçante , on les faifit aulïïtôt. Quelquefois même ils font fi fenfibles, qu'on a quelque peine , à dif. tinguer, laquelle des deux couches eft la Supérieure, & laquelle eft l'inférieure.

Après avoir repréfente, comme D. Bernard, (eparément les deux couches du papier d'Egypte fur la partie fupérieure de

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