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I

C-étoic de faire fervir de couverture à chaque cayer de papier SEC Partie. d'Egypte une feuille deparchemin,qui étoit également écrite des Seci. L deux côtés. Il exifteplufieursMfT. ou l'on remarque ce mélange. C H A p. v

VII. Quand les Hiftoricns auraient ceffé , de parler du ufage du papier papier d'Egypte depuis J. C. les monumens en cette matière d'Egypte'dans le»

i • • i r r or chartes : la durée.

prouveraient la continuation de ion ulage : & li ces monumens
venoient à nous manquer ; les fculs auteurs fufiroient, pour
l'établir avec la plus parfaite évidence. Ici les uns êc les au-
tres fe réunifient. D. Mabillon (a) l'a démontré avec tant de ^De
fuccès ; que toute l'Europe en eft demeuré convaincue. Il ne M. i.
peut donc plus rèfter de dificuité, que fur la durée de ce pa- &fip'
pier, ou fur le tems auquel on a difeontinué de s'en fervir.
Ceft ce que nous alons examiner , après avoir fait quelques
obferTations fur les degrés, par lefquels il tomba dans un dif-
crédit, qui caufa enfin la ruine totale de fes manufactures.

Pirefque toutes les plus anciennes chartes originales de France &: d'Italie, font fans contredit en papier d'Egypte. M. Mafféi (£), qui en a publié plufieurs des V. VI. & VII. fiècles, ^ ifior. d^hmi ne croit pas même, qu'il s'en {bit confervé une feule de par- t- J4. chemin, antérieure au VIII. En quoi, comme on l'a vu, il n'a pas parlé, d'après l'antiquité fufifament examinée.

L'ufage du papier d'Egypte , en fait de diplômes, eut le même cours dans les Gaules, que dans l'Orient & l'Italie. Il étoit tellement à la mode, fous nos Rois Mérovingiens ; que le parchemin n'y fut prefque d'aucune mife pendant plus d'un fiècle. Mais fur la fin du VII. ce dernier y aquit le crédit, que le papier perdoit tous les jours. On s'en dégoûta de plus en plus , durant le VIII. fiècle. A peine peut-on nommer (c) (e)CaulMém. une charte des Carlovingiens en papier d'Egypte. M*T' dtL**t'

Quoique la faveur, où le parchemin étoit alors en France , au préjudice de ce papier, fe fût étendue au delà des monts , que les Rois Lombards, & furtout le dernier femblafTent lui donner la préférence ; l'ufage du papier, par raport aux lettres miflîves, fe foutenoiten Italie, comme auparavant. Le Pape Adrien s'en fervoit, pour écrire à Charlemagne. Maginaire depuis Abbé, & pour lors Juge commifTaire, député dans les provinces , adrefla d Italie en ce papier au même Prince , une lettre, dont les archives de faint Denis confervent l'original. Au fiècle fuivant Terne I. Rrr

^"tttt^tt ("0 lcs Papes l'employoient encore , îorfqu'ils acordoient des sicr. i. privilèges.

Chu, v. Apuyé ftirun textede Pierre le Vénérable , Adrien de Va*°*s> aurart ^ M. Marlèi, fâifoitfa) durer l'ufage du papier (e)iftor. drflom. d'Egypte, jufqu'au tems de cet AbbéryfW* fuo tempo, cioh ou Dell artt an uneici:imo fecoh ■contimajfc. Notre illuftre Italien a voulu 7*' dire fans doute le XIL fiècle, auquel florirToirPierre le Véné

rable. Dans la perfuaiion , que l'ufage du papier d'Egypte cefla depuis le IX. le dofte Marquis cite comme les dernieri monumens, (f) connus en cette matière,. upe bulle de Pafcai (/; ihiL 77. I. confervée à Ravenne, un diplôme de donation du même > dans la Bibliothèque Vaticane, une bulle de Léon IV. un privilège de Bénoît IIL un autre de Nicolas I. un trôineme de Jean VIII. dans les archives de Corbie. Selon lui, l'on ne fauroit indiquer de pièces plus récentes en papier d'Egypte , ni conféquemment en prolonger la durée au-delà du IX. fiècle. Et pareeque dès-lors lè papier de coton prît faveur ; c'eft une raifon y qui achève de le convaincre de l'abolition du premier.

Mais quelque intérêt que nous puiflions avoir, à nous ranger de fon avis ; nous en avon: un bien plus grand, à ne nous jamais écarter en rien de la vérité. Ne difîimulons donc pas les preuves , par lefquelles D. Mabillon [g] fait voir, que d) Dt re Dipi ^c Papier d'Egypte continua d'être de quelque ufage en Italie Hb. 1. cap.i .n. 14. au X. fiècle, même après le milieu du XL II les tire ces s»ttkm. c*$» 3.. preuves , des bulles de Jean XV. d'Agapet IL & de Victor IL Aux autorités recueillies dans fa Diplomatique Se fon fuplétoent, il en ajoute une autre, dans Ces (h) Annales, également (hyAnnai.Sened. décifive pour le X. fiècle. Un privilège de l'an 971. en patom. j. M. 47. pîer d'Egypte fit) la lui fournit. Il fut acordé à l'Abbaïe de *"73" Mouzon par le Pape Jean XIII. à la prière d'Adalberon Ar

chevêque de Reims.

Dom Légipont Se M. Muratori viennent à l*apui du féntiment de D. Mabillon, for la durée du papier d'Egypte , par les nouvelles preuves, qu'ils en aportent. Mais nous ne favoris

(ît)Acciu tiotario é'Jeamdltm Rcma- I P. Mabillon ) ex pitpyrd Aigyftiàcâffrck va dignitatis cenfuetudintm paràtis, fifip- I privilegium. Anaal. Bcnsd. teîn. 3. pag,. tifqut ex pttpyre umo-chartis » id eft ( dit le | 611.

pourquoi, ce dernier (/') voulant nous convaincre, qu'au X. fié- s-!c Partut cle l'ufage du même papier fe foutcnoit encore à Rome , fie- "s'ect, L culo etiarn decimo Kom<t in ufit fuijfepapyros, cite deux bulles,en C Hap. V. Cette matière, l'une du Pape Formofc & l'autre de l'Antipape ^'J ^f^'mp. Romain : comme s'ils n'avoient pas ocupé le faint Siège avant fart.43. c»l.i)}. la fin du IX. fiècle! Ces diplômes confervés jufqu'à nos jours dans les archives de Girone, font venus à la conoiflance du public par la voie des Mémoires de Trévoux du mois de Sep* cembre 1711. Le favant Muratori nous dédomage aufli-tôt de cette légère méprife, par (12) la preuve folide , qu'il nous, donne , de la continuation de l'emploi du papier d'Egypte, jufqu'environ le milieu du XI. fiècle. Il la trouve dans des bulles de Bénoît IX. de l'an 1043. vues, examinées & déchifrées par un hiftorien de Sienne, mort vers le commencement du XVI. fiècle. Ses ouvrages manuferits font foi, que les bulles Pontificales, dont il s'agit , étoient en papier , & qu'elles apartenoient aux archives de l'Eglife de Soana , fufragante de celle de Sienne. Quoique M. Muratori les croie de papier d'Egypte , fufifamment caraètérifé par le terme papyrus ; il n'ofe cependant l'affûter d'une manière abfolumenc décifive : jÇLgyptiacas philyras nomine papyri dejignatas puto. Les bulles de Jean XV. d'Agapet IL & de Victor IL renouvellées, avant le milieu du XIII. fiècle , énoncent par la même expreffion , quelle étoit la matière de leurs originaux : & l'on auroit véritablement quelque raifon, ou du moins quelque prétexte, de les fupofer de chife, ou plutôt de coton; fi le

(11) Subfequenti feculo un decimo ejufdem papyracci, chant -veftigia vidijfe videtur Tilim Senenfis Hijloricus , qui ineunte féuulo Chrifti fexto decimo , varios hiftoriarum tomos manu exaratos reliquit, apud amtcum quondam meum Hubertum Bennoglientum Senenfem adfervatos. Et fane difputans lit tus ipfe, cur fuo quoque tempère non Cancellarii fid Vicecancellarii apellarentur Cardinales ii, qui PontificU Canttllarit prttfunt ait : In bullis Benedi&i noni, cjuibus Pontife* ille inter Bomzonem Epifcopum Tufcanicnfem , & Gpdizoncm Epifcopum Caftrcnfcm ( nomma Vghellio igneta in Italiâ facrâ ) Utem Dccimanim duorum Caftrorum dirc

mic ita feriptum reperi.: Datum tertio
Kalcndas Aprilis per manum Pétri Dia-
coni Cardinalis & Cancellarii fanebe Se-
dis Apoftolica: , anno decimo Domni
BenedicH Papa: : hoc eft anno Chrifti
MXLlll. Tumfibdit. Has Bullas inter-
pretandas accepi, litteris Langobardorum
& in Papyro conferiptas , cjuat in fanebe
Soancnus Ecclefîx Archivis condita: fer-
vantur. Agitur heic, uti videtur, de bullis
archetypii , ac proinde non vulgarem char-
tam neftram , ne que pergamenam , fed
Aegjptiacat philyras nomine Papyri defig-.
natas puto. Anuijuic. Ital. tom. 3. Diffère.
43. col. 833.

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Sec. Partie motPaPyrui'> n'avoit pas été confacré, pour fignifier le papîef 'Egypte.

Mais ce qui eft (Tune évidence , à laquelle il n'cft pas poffible.de fe refufer, Otcocar Roi de Bohême en 1x24. renouvella une Bulle de Jean XV. acoi'dée au monaftere de fainte Marguerite proche Prague en 5/93. Or le même Prince dit & repète plufieurs fois, que ce diplôme étok en papier de jonc ; c'eft - à-dke d'Egypte. Le terme de jonc n-'etoit pasfeulement employé en Allemagne, pour exprimer du papier d'Egypte , on s'en 4ervok aufli en France. L'auteur du cartulaire de l'Abbaïe de Bourgueil, dreffe en 106 r. obferveau basd'une bulle de Syveft-re IL qu'elle étoit écrke en jonc j (14) voulant faire entendre, quelle étok en papier d'Egypte. Concluons donc, que ce papier étoit encore ordinaire ,au moins; en Italie. fur la fin du X. fiècle , & même au commencement du XI. & que fi l'ufage commença dans la fuite à sien paffer^ il ne cefla pas totalement longtems avant: le XH~

Voici fur ce fujet quelque chofe de plus récent. » On m'a; » affûté, ainfi parle D. Bernard de Montfaucon, (k) que dans» la Chambre du tréfor, il y a encore quelques a&es écrits du yy tems de. S. Louis fur du papier d'Egypte « Quant à ce fait v il ne nous paroit guère croyable. On aura pris aparamment le papier de chife ou de coton, pour du papier d'Egypte. Dom. Mabillon, après avoir reconu ce papier, dans une lettre desHurons, infinue qu'on n'en a pas difeontinué l'ufage en Amérique, &: peutêtre en, quelque contrée d'Orient : fupofition. E o tr ^u'^ e^ ^*TM^c ^'ajufter avec la chute des manufactures de ce. ecntesdeiaïïbri- papier, ateftéepar Euftathe.

cation des chartes VIII. Après tout que la conjecture de D. Mabillon fbk fondée,, te cwTontrentia" ou quelle110 lefoit pas; l'ufage du papier d'Egypte abfolumenc fauffetédesacufa- aboli en Europe, avant.le XIII. fiècle., confond fans reffourcetions intentées, lacufation de ceux , qui donnent une. origine plus récente aux pièces, confervées en cette matière..M.M. Simon, Raguct.ôc le

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P. Germon font de ce nombre. La chaleur de la difpute les SEC PART7^ emporte quelquefois jufqu a repréfenter des archives refpeâ:a-; sic-r. I. bles, comme fe remplifiant tous les jours depuis un fiècle, chai- vde nouvelles chartes en papier d'Egypte.

Le P. Hardouin méditant de porter aux archives en général les plus grands coups, s'y prend, à la vérité, de meilleure heure ; mais néanmoins encore trop tard. Il fait remonter (/) (l)Mf.d'eiaBiau XIV. fiècle, la fabrication des diplômes, qui ont trait aux hiiothiqut Rois de la première ou féconde race. Selon lui, toutes les char- 1+8" tes de France en papier d'Egypte feront convaincues de faux par cela fèul qu'elles fe raportentà nos anciens Rois, & qu'elles îùpofent l'exiftence de ces Monarques. Syftème d'autant plus infoutenablc, qu'on n'a pu fabriquer, depuis quatre cents ans , des pièces reconuespour être efFecUvement de cet ancien papier,, par les ennemis les plus déclarés des archives. Car comment a-ton pu forger des diplômes en papier d'Egypte, fans en avoir? Comment a-t-on pu en avoir fi longtems .après que les manufactures , où il fe fabriquoit, étoient entièrement tombées ÔC qu'il ne s'en crouvoit plus dans le commerce » N'eft-il pas de la dernière extravagance, d'imaginer qu'on en auroit fait des magafins, pour préparer à des fuccefleurs, éloignés de plufieurs fièclcs, la matière, fur laquelle ils» dévoient fupofer une foule de faux titres > • * ^

Selon le Marquis MafFéi, {m) il y a fept cents ans que le tag.rj..'"' papier d'Egypte n'eft- plus d'ufage , pas même chez, les Orienttaux. Mais quelque parti qu'on embralfe; on ne' fauroit nier que dès le XIII. fiècle „r art même de le fabriquer ne fur abfolument éteint: « n^wa-pri à^Mi7TTat , ars jam dertlicla, eft, C'eft ainfi qu'Eufiathe, qui vivoit fur la fin du XII. s'en explique , dans fon commentaire fur le XXI. livre de l'Odyffée. Ce feul trait fufit fans doute, pour dilliper les foupçons injuftes &: les prétentions chimériques des auteurs, que nouscombatons.

Le P. Hardouin ne leroit pas plus repréhenfible, que le Père Papebrock & tant d'autres, fi voulant fe rendre l'avocat d'unecaufe perdue; il fe fut contenté, de confondre le papier d'Egypte avec le papier d'écorce. Mais à quoi atriburons-nous r finon à l'impatience avec laquelle il foufroit qu'on reculât v après avoir avancé quelque paradoxe v le reproche qu'iL fait

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