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le-XIII. fiècle , elle avoit pour objet le papier de chife & celui sec Par-^e* de coton. Mais avant cette époque & même depuis, en Orient Sect. I. le dernier étoit cara&érifé par des dénominations propres, (e) .Ç^V' V(/11' & qui ne laifloient aucune reflource à l'équivoque. Il étoit en infim.Gru"?^^effet apellé charta (f) , par les uns bombicina ou bombacinay par graph.p. 17. ô» les autres cuttimea, & par d'autres Dvmajcena. D. Bernard de ■''K Mémoires de Montfaucon prétend , qu'il fut inventé au IX. fiècle : (g) quoi- rAc*d. des infir. que le plus ancien Mf. de ce papier , qu'il eût trouvé dans la t°m.9.in-\i.pag. Bibliothèque du Roi avec une date, ne foit que du milieu du jr*Jfc.j!t>. *!*°~ XI. Mais il en conoifloit d'autres, (h) qui n'étoient point po- {g) Mém. Iui'aftérieurs au X. Nous croyons aufli en avoir vu du même }l4 tems. Rocchus Pyrrhus (/ ) & D. B. de Montfaucon parlent de (,) siètU» [ne** chartes en papier de coton, du commencement du XII. fiècle, 4»t*g

Ce papier fe multiplia beaucoup parmi les Grecs, depuis le IX. &. furtout depuis le commencement du XII. fiècle: mais il n'eut jamais autant de cours parmi les Latins. Il étoit moins rare toutefois en Italie, & particulièrement dans les contrées, où l'on parloir encore Grec, & où l'on étoit en grand * commerce avec les Grecs, comme en Sicile, au Royaume de Naples & dans l'Etat de Venife. Auffi rencontre-t-on, dans les Royaumes de Naples & de Sicile, bien des titres en papier de coton; & fur-tout des diplômes, acordés par les Princes Normans. Mais on n'en connoit point d'antérieurs à la fin du XI. fiècle. En général l'ufage du papier de coton n'eft devenu ordinaire, chez les Grecs mêmes , que depuis le commencement du XIII. fiècle. Avant ce terme le parchemin eut toujours la plus grande vogue, dans les MAL ainfi que dans les chartes. Mais David Cafley >'"qui a mis au jour en 1734. le Catalogue des MlT. du Roi d'Angleterre, ne paroit guère au fait de l'origine du papier de coton; quand il avance dans la préface, (k ) qu'il fut trouvé au XL fiècle , & qu'alors l'ufage du papier d'écorce fut aboli. *" *IVm

11. On confond fouvent les diférentes efpèces du papier Papier de foje de de la Chine, & furtout les plus belles avec le papier de d*ea>1 °e*r^|[' foie. Les Pères Coftadau ( 1 ) Dominicain & du Halde ver&f «SL matières:

ft)» A la Chine (/) le papier eftfait,non » L'on en prend la peau de deflbus comme » de foie ou de coton , comme Ton s'eft » étant plus molle , plus blanche & plus V -*ra'u' bifî-& «imaginé en France j mais de l'écorce » propre que celle de dciTus, c'eft à-dire des firioeip. » d'un certain arbre nommé bambou. :« que la première. On la broie avec -de J'int( *7*» SEC. PARTIE.

S E C T. I.

Chap. VII.

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(1) Jéfukc sacordent à nous dire , que le papier de la Chine? ne fc fait point de foie. Tous deux nous aflurent, qu'il fe fabrique d'écorce (y) de bambou. Mais bientôt après le dernier nous fait conoitre plufieurs fortes de papiers (4) de la Chine , qui ne laiflent pas d'être de foie ; bientôt il nie, que celui de bambou ( j ) fe faffe de fon écorce.

Si les Chinois font du papier de foie ; il eft certain qu'ils ■en fabriquent auffi de diverfes autres matières. Gemclli dans fon livre , qui porte pour titre, Le tour du monde, nous aprend (6) qu'ils font du papier de foie, ainfi que de bambou macéré Se réduit en pâte, de la moelle de grands rofeaux & d'autres arbres encore, mais que ces papiers font de peu de durée. La Defcription géographique de la Chine ou Y Atlas Sinicus mec dans la ville de Ning-que, douzième ville de la province de Kiang-nau une célèbre fabrique de oapier de rofeaux. On fait tremper dans l'eau ces plantes coupées par lames, avant que

» l'eau claire , & enfuite fon pratique les
» autres manières, que nous pratiquons ,
« pour en faire des feuilles ; fi ce n'eft
si qu'au lieu de colle , on y pafle de l'a-
n lun : mais ce papier a befoin d'être de
» tems en teins battu & expofé au fo-
*> lëil; pareequ'étant fait d'écorce il eft
« fujet aux v«rs. « On peut voir fur
la manière de faire ce papier, & d'em-
pêcher qu'il ne boive, de plus amples
eclairciiiemens , dans les Mémoires de
l'Académie des Infcriptions &dans la Def-
cription de la Chine -du P. du Halde.

(%) 11 s'explique ainfi-au fujet du papier
de la Chine. » Il eft {m) fi fin , que plu-
■*> ficurs ont cru en France, qu'il fè faifoit
M de foie; mais ils ne faifoient pas aten-
■y> tion, qu'on ne peut en foulant la foie,
» la brifer , autant qu'il eft néceflaire ,
« pour en compofer une pâte uniforme..«

Ceft avec la moelle du («) cyperus ou fou cher du Nil réduite en pâte , qu'on fabrique une forte de papier très-fin.Ceux (0) qui fupofcnt, qu'on faifoit celui d'Egypte de là moelle du papyrus, fcmblent l'avoir confondu avec le fouchet.

■(%) » Le papier de la Chine fe fait de • l'écorce de bambou. «

(4J Le P.du HalderacontCjqu'unMany> darin mit en œuvre l'écorce de difétens n arbres & de vieux morceaux de pièces de

» foie & de chanvre déjà ulc: à force de » faire bouillir cette matière , fl lui don» na une confiftence liquide, & ht réduifit >j à une cfpèce de bouillie , dont il forma » diférentes fortes de papiers. « Ibid.fag. 140. S'il forma diverfes fortes de papiers de ces diférentes matières;il en forma donc une de foie.Il y a phis:il en fit de même de la boure de foie , qu'on nomma papier de filafle. Voilà une féconde efpccc de papier de foie. En voici une rroifième : » Dans M la province de Tche-Kiang , dît le Père » du Halde, d'après un livre Chinois, 3 » fe tire du parchemin des cocons à foie,

f Il eft fin, uni & propre pour des

» infcriptions & des cartouches. >j Ibidem. Enfin il nous aprend , qne le papier de la Corée fe fait de cocons de foie , Se que c'e/l de ce papier que let Coréens payoient leur tribut à l'Empereur, dès le Vll.ftfcte. Et c'eft fur l'autorité de fon livre Chinois, qu'il avance ce fait. Ibid. p. 141.

($) Le bambou a cela de particulier.... qu'on fe fert, non de Son écorci , mais de fa fubftance lign'eufe , « pour faire le papier. Ibidem p. 141.

(6) Se ne fanno altri di feu , altri di bombagia macerata , e ridotta in f*ft* i del tntdollo di certe loro grandi canne e daltri alberi ancora; nia ftno cof.t fora durabik. Tom. j. p. 308.

de Tes mettre en œuvre. Le papier de (7) rofeaux de ces au- SEC Partie. teurs n'eft autre, que celui de bambou. s E C T. I.

Outre le papier de foie èc de bambou j on en fait dans les ch V1L «liférentes provinces de la Chine de bien d'autres matières. On y emploie h paille de blé ou de ris , les mûriers, les ormes, &c plufieurs arbres propres à ces contrées. Ce n'eft: ( q) que de la pellicule intérieure de ces arbres,, dont on fait (q)De/cr;pi.dii* le papier. La. fubftance ligneufe & non lice de l'arbriffeau, Cbâuu qui porte le coton Se du bambou ,. moyennant certaines préparations, fournit la matière du papier. Celui de banv bou n'eft: pas (r) Je meilleur , ni le plus commun. Celui (r) ttid.p.x+t. de coron {s) eil le plus blanc ,, le plus beau ôc le plus d'ufage^ (jf) IM-.M40. Mais le P. du Halde en donnant la préférence au papier de coton Chinois, ne marque point, s'il en faur diftinguer de deux efpèces; l'une telle qu'on vient de la décrire, & l'autre: fabriquée de vieux morceaux d'étofe de coton.

11L. A l'égard de l'antiquité du papier de la Chine ; » fon *n«f *f<*" P*~

• • n r ru ', i w r i »*i P1" Chinois : Ion

» origine eu n ancienne, u l on en croit (/; M. juvenel, qu il étendue o» lonw eft impoflible de la fixer d'une manière bien précife : on ne gueur : fabrique « fauroit lui afligner d'autte époque, que celle de l'écriture: ^^^JurihijL » & pour déterminer celle-ci, il faut remonter jufqu a la naif- des Belles /«»« ,, •■tance de l'Empire de la Chine. « M. Fréret ne porte pas /"»"• f-53xfi haut l'antiquité du papier Chinois. Voici fes paroles: Vers

—(») î'an 230. avant l'ère Chrétienne le papier n'avois pas {u)Mém. de nu.

« encore été inventé. « Il ajoute que fon invention fut trouvée dei'Acad. de, înf fous le règne de Vene-ti , qui monta fur le trône 177. ans cr¥- ed't-duLouavant la natflance de notre Sauveur. Le P. du Halde (u) fe con- 6i». tente d'affurer , qu'il y a très-longtems, que les Chinois, ont ,'1?^'* inventé l'ufage du papier. licite d'abord un auteur de la même Ajj,^ nation, qui avoue, qu'on, ne fait pas précifément en quel necle on doit en placer l'origine. Il donne enfuite pour certain t qu'avant T. C. on écrinoit fur des pièces de foie ou de toile, &c qu'enfin » en l'année 9 y» de l'ère Chrétienne un grand Mandaterai du palais nommé Tfai-lun inventa fous le règne de Ho-ti >* une meilleure (8) forme de papier. «••

h) -a Le bambou eft un arbre afl*cz « & plus fore« Defirip. de la-Chine par la. x femblable à un long rofean , en ce qu'il P. du Halde tom. z p. i}9.

35 eft creux en dedans,& a des noeuds d'ef-; (8) C'cft probablemenr dans un fèns''

» pace en cfpace : mais bien diférent, en 'impropre, que le P. du Halde qualifie de

» «e qu'il eft beaucoup plue Ufti, plus dur, l.pa|>icr., ,des pièces de foie & de toile. . .

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Sec Partie ^e PaP^er de ^ole c& un des P^us minces de tous. Son exs i c T. i. trême finefle n'empêche pourtant pas, qu'on ne lui donne une chap.\ VIL très-grande étendue. Le P. Hugue {y) dit en avoir vu une fcrib.Jig!Tà{.n. pièce de quatre aunes de long, qui n'étoit pas diférente du t ico. papier de la Chine. Mais un auteur Chinois , copié fur cette

^) Defcrip.de u maticrc par \e p fa Halde, en parlant des difér entes fortes de papiers.... en nomme une elpece , dont les feuilles Jont longues de trente & même de cinquante piés. On peut voir dans la Def(*) Uid.p. 141. cription (a) de la Chine la manière, dont on s'y prend , pour

avoir des feuilles de papier d'une grandeur fi extraordinaire. (byibid.p. 144. Les Chinois ont l'art (b) de rajeunir leur papier. Qu'il foit u(e, fale, déchiré; qu'il ait été écrit ou colé fur des chaflîs ou des murailles, n'importe, touteft admis, tout devient neuf. On voit à Péking un grand nombre d'ouvriers , ocupés à ce r'habillage de papier, dont il fe fait un débit confidérable. Papier des Oricn- IV. On fabrique du papier femblable à celui de la Chine, dîcns&Le"re": quoique un peu moins fin, dans les contrées d'Orient plus non plus que celui voifines de l'Europe. Nous avons actuellement entre les mains des chinois , ne & à notre difpoiitîon, quelques pièces Syriaques en cecte crimreque d'un0 matiére , dont une a dans fa totalité quatre piés de longueur côté. fur un de largeur. Mais elle eft compofée de plufieurs mor

ceaux collés enfemble, qui n'ont chacun qu'un pié de ion£. Elle n'eft ni écrite ni imprimée à notre manière , mais tirée fur des planches à la façon des Chinois.

(c) Allât.ani- ^ en e^ aparamment de même d'un volume {c) ou rouleau madv. infrag. en lettres inconnues , écrit feulement d'un côté & conférée Etrufc.t-114. dans ia Bibliothèque du grand Duc de Tofcane. Il n'eft point

non plus manuferit, mais imprimé fur des planches. C'eft

(d) Stephm.Za- mal à propos qu'on a (d) fupofé la pièce de papier d'Egypte. mosAnaiea.Lapid. LeS Chinois , comme on le fait, n'impriment que fur des

tables de bois ou de pierre, qui leur tiennent lieu de planches. Leur papier eft trop mince & trop tranfparent, pour foufrir des caractères des deux côtés.

L'efpion du Grand Seigneur déclare avoir vu à Conftantinople plus de cent volumes, en papier de foie, des vies des grands Capitaines, compofées par Plutarque. Mais peutetre .s aura-t-il confondu le papier de coton avec celui de foie. l'hift. des Billes M. Juvenel décrit ainfi ( e) la manière dont fe fabrique lettr. i.t*rt.}*g. actuellement le papier des Indiens. Ils le font » de la féconde »*■ m écorce m écorce d'un arbre apellé avo : ils font bouillir pendant un Sec. Partie.

» jour cette écorce dans une chaudière avec une forte leflive: SîC1, L

» ils lavent enfuite cette pâte & la pilent dans un mortier de

» bois, jufqu'à ce qu'elle foit en bouillie & qu'il n'y ait au

» cun grumeau: ils détrempent cette bouillie dans l'eau, & la

» prenant avec un chaflis de petits rofeaux contigus, ils la

» verfent fur une feuille de balifier, frotée d'huile de mena

»» chil, & la laiflent fécher au foleil. Ce papier eft jaunâtre:

«mais il ne boit point; pourvu qu'on le trempe légèrement

» dans la décoction de ris; après quoi on le liffe , quand il

» eft fec."

CHAPITRE VIII.

Papier de chife.

I. C? I l'on s'en raporte (a) au P. du Halde » en l'année 9 y. de invention du pa

i3 " l'ère Chrétienne un grand Mandarin du Palais... ^nantiquité^n

» mit en œuvre... de vieux morceaux de pièces.. de chan- occident.

»> vre déjà ufé... dont il forma du papier. « Ceft fur l'au- (*) r'm- *• P*f

torité d'un livre Chinois qu'il s'apuie. Un autre livre intitulé, 14°"
Sou y Kien tchi peu, qui traite le même fujet, dit que dans la
province de Se tchu en le papier fe fait de chanvre. Kao tfong
troifieme Empereur de la grande Dynaftie des Tang fit faire
un excellent papier de chanvre. Ce fait une fois bien conftaté,
il faudrait celTer de chercher chez les Latins l'origine du papier
de chife. On aurait tout fujet de croire, que de la Chine cette
découverte fe ferait communiquée aux peuples voifins de pro-
che en proche: que des Sarazins elle ferait paflee aux Grecs
& des Grecs aux Latins du tems des Croifades. Car quoique
chez les Grecs & les Arabes , on ne trouvât peutêtre alors ,
que du papier de coton; la fabrique de celui de chife eft à peu
près la même : & il étoit fort naturel de faire en Occident des
vieux lambeaux de lînge le même ufage, qu'on faifoit en
Orient de ceux de coton.

La plupart des gens de lettres font remonter parmi nous l'invention ou la fabrique du papier de chife au - delà de fix Tome I. V u u

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