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cents ans. Tous s'aucorifent d'un témoignage de Pierre le Vénérable , Abbé de Cluni, dans fon Traité (b) contre les Juifs. »* Les livres, dit-il, que nous lifons tous les jours font faits. » de peaux de bélier ou de . bouc ou de veau ou de plantes » orientales ou de chife. Ex rafuris veterum pannorum. « Ces derniers mots, félon (c) D. Bernard de Montfaucon , fignifient afTurément le papier, tel que nous l'employons aujourdui. II. y en avoit donc déjà des livres au XII. fiècle. M. Mafféi au contraire entend les paroles de Pierre Maurice, non du papier de chife , (d) mais du papier de coton; pareeque pour le faire, on mettoit en œuvre les lambeaux des habits de cette étofe comme on fe fert aujourdui de ceux du linge , pour la fabrique de notre papier.

II. Le P. Hardouin prétendoit avoir vu des inftrumens antérieurs au XIIL fiècle en papier de chife : mais notre Marquis ne craint pas d'avancer, qu'il l'a confondu avec le papier de coton. A prendre les termes en rigueur , on croiroit que la même chofe feroit arivée au célèbre M. Muratori. » Quoi» que ( 1 ) nous prononcions, dit-il, fans héfiter que notre pa» pier vulgaire a commencé dès le X. fiècle ; nous agirons » avec plus d'alîurance , fi nous en diférons l'ufage plus fré» quent au XI. fiècle. « Ne fcmble-t-il pas atacher l'invention du papier de chife au X. fiècle, & fon ufage ordinaire au fiécle fuivant ; Mais fon papier vulgaire eft: le papier de coton. Car c'eft ainfi, félon lui, qu'il fut d'abord nommé; à moins qu'il n'entende par charta bombycina le papier de chife. Il défère à l'autorité (z) de D. Bernard de Montfaucon jufqua faire remonter avec lui l'origine de ce papier au X. fiècle , fans prétendre fe prévaloir, de ce qu'il n'avoit jamais trouvé de

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MAT. du même papier, plus ancien que le XII fiècle. Or le skc Partie P. de Montfaucon étoit bien éloigné , de placer l'ufage du pa- Sut. i. pier de chife au X. fiècle ; fi ce n'eft en tant qu'il tiroit fon chap' VIII. origine du papier de coton: lui qui déclare (e), que quelques M uim.de l'Arecherches, qu'il aie faites, tant en Italie quen France, il ri a cad. det infirip. jamais vu ni livre ni feuille de papier , tel que nous l'employons aujourdui, qui ne fût écrit depuis S. Louis.

M. Maftéi femble vouloir raprocher encore plus de notre tems l'invention ,& même l'ufage du papier de chife. En Italie, dit-il, où (f) l'art de fabriquer ce papier eft(3) né, je ne me ^ j^jipim. fouviens point d'en avoir vu de plus ancien, que le XIV. p. 77fiècle : & il ne m'eft point pane par les mains d'a&e en cette matière, d'une antiquité plus reculée , que la charte donnée par l'Evêque de Vérone en 13 67. pour acorder l'inveftiture de certaines dîmes à Gregorio Mafféi. M. d'Hérouval avoir découvert , & fait voir (g) à D. Mabillon du papier de chife, plus (g) De re Dipl. vieux au moins d'un demi-fiècle. C'étoit une lettre de Join- Pville à Louis X. ou le Hutin.

M. l'Abbé de Godvvic s'explique (h) en fort peu de mots ^ chren. Godfiar le papier de coton & le papier de chife. Quelques-uns, wic.Ub.i.cAf.i. dit-il, raportent l'ufage du papier de chife au XI. fiècle, quel- *"*" ques autres au XII. faute d'avoir, félon nous, diflingué le papier de coton de celui de chife. Nous croyons donc , qu'à peine l'ufage de ce dernier fut établi avant le XIV. fiècle; quoique nous ne prétendions pas rejeter les témoignages, raportés par D. Mabillon fort éclairé dans ces fortes de matières , pour faire remonter le papier de chife jufqu'au XII. fiècle. L'auteur de la Diplomatique n'y cite point d'autre texte, (i ) que celui de Pierre le Vénérable, interprété par Henri de ($) ~>c re Dipt, Valois, ni d'autres monumens, que des Mil", de la fin du XIII. f- *»• fiècle. Gudenus penfe à peu près de même, (k) lui qui ne fait (k) Syliogevapoint remonter les commencemens de l'ufage du papier de chife ^/.^'u^'

(}J M. Mafféi aurait fait plaifir aux'Savons , de leur donner de bonnes preuves de cette naiffance. Si l'on favoit en quel pais le papier de chife a été fabriqué d'abord ; on n aurait plus qu'un pas a faire , pour affigner la date de fon invention. Mais les plus beaux génies ne font pas toujours en garde, contre les Ululions de

l'amour propre : Se l'on ne doit pas lui
faire un crime d'excéder par zèle, pour la
gloire de fa patrie. Au furplus, puifque
le papier de chife tire fon origine du pa-
pier de coton; fa fabrique eft un art, dont
tout l'honneur apartient aux Grecs, s'ils
ne l'ont pas reçu des peuples plus orien-
taux qu'eux.

Sec. Partie auc^ de l'an 1180. » Les Arabes ayant fournis l'Egypte & s £ c T. 1. '» l'Orient, dit M. Juvenel ( l) de Carlcncas , fubftituèrent à (?)H£fP 7m* "l'ancien papier celui des chifons ou d etofe de foie : ils le l'hiji. daBeiUett. "portèrent en Efpagne, & de - là le répandirent en Allemades fdencts & dis » gne au commencement du XIV. fiècle : c'eft de ces peuples Tùon'iî^pa' "cPe nous tenons notre papier. « Ce favant homme nous aujji. "roit fait plaifir de citer fes garans. Car nous ne voyons point,

que l'ufage du papier de chife foit plus ancien en Efpagne ou en Allemagne, qu'en France ; ni que nous les tenions plutôt des Arabes que des Grecs. [m) De re Dipi. Quoique perfone n'ait encore ofé (m) fixer au jufte le tems, i9' auquel commença l'ufage de notre papier; on ne peut reculer

fon invention plus tard, qu'au XIII. liècle , ni fon ufage ordinaire au-delà du XIV. Mais on ne s'en eft prefque jamais fervi, quand on a voulu drefler des aftcs, qui dévoient être tranfmis à une poftérité fort éloignée.

Dès le XV. & même dès le XIV. fiècle, on (n) avoit re(») ijior. dipiam. connu l'inconvénient, qu'il y avoit, de confier les a&es put' 6$' blics à du papier de chife. C'eft pourquoi dans- les diplômes

ou privilèges, par lefquels les Empereurs donnoient à ceux, qu'ils élevoient à la dignité de Comte , le pouvoir de créer des Notaires ; on inféroit cette claufe: à condition que ces Notaires écriront les. a&es publics fur du parchemin , &: non pas fur des cartes raclées ou fur du papier : In membranis & non in chartis abrafts , nec papyro : ou bien , non in papyro ntc chartâ veteri & abrasâ y fed in membranâ mundâ & nwk. Le papier, dont on défendoit l'ufage dans lesa&es netoit pas défèrent du nôtre. Il fembleroit néanmoins „ à entendre Her

~D%hmT<^rm £*US ' ^ ^uc ^es EmPereurs d'Allemagne auroient quelquefois, imperatorum &' quoique très-rarement, donné des diplômes en ce papier.

ii i—— ■■■■■■■■■■■ —— SEC. PARTIE.

tut. I.

CHAPITRE IX.

Papiers & parchemins timbrés : réflexions fur les matières des actes.

I. T Es François n'ont point porté auffi loin , que les AI- papier timbré:

1 v lemans les précautions contre l'ufage du papier dans les fon antiquité, fous Notariats. Les premiers n'ont pas cefle de faire du parchemin mc autrc formcla matière de leurs a&es les plus importans ; même depuis l'établilTemcnt du timbre. On prétend néanmoins qu'avec cette empreinte, le papier opofe plus' d'obftacles à l'impofture des fauflaires, que ne feroit le parchemin, qui l'auroit également reçu. Quoiqu'il en foit, le papier, longtems avant qu'on y eût imprimé aucune marque , avoit pénétré dans les tribunaux & dans les archives.

On peut au refte en quelque forte faire remonter l'origine du papier marqué à l'Empire Romain. Juftinien n'y introduifit pas cet ufage: mais après avoir expofe , qu'on en faifoit de plulieurs formes; il voulut qu'on s'arêtât à celle 3 qu'il prefcrivit par fa 44e Novelle.

Cette marque étoit apellée protocole , pareeque félon la plupart des auteurs,elle ne paroiflbit que fur la première feuille des regîtres, des livres d'a&es, ou de chaque main (a)depa- (a)Cujasexpof. nier blanc. M. du Cange dans fbn Gloflaire de la balfe (b) & Novell. 44. Sim. moyenne Grecite , s en tient aux deux premières notions. Au jurid Saimar.jugement de M. Boucher d'Argis (c), les papiers revêtus des Vopifi. cités par marques nommées protocoles, étoient deltinés » à écrire les AUauusjnimaj-v, » originaux des aères, que recevoient les Tabellions deConftan- frqpm'.p\ » tinople^e que l'on apelloit, fuivant la Glofe & les Interprètes C*) s*r l* mot \m imbreviaturam totiits contractas ; c'eft-à-dirc un titre qui annon- *(f/Mercure de » çoit fommairement la qualité & fubftance de fade. « Cepen- 17} s. Juin pag. dant les termes de la Novelle (d) femblent faire entendre , 1°J)r^ t que ce protocole devoit fe montrer à la tête de tous les inftru- c*p. z. "44~ mens. »On ne peut donc pas difeonvenir, (^dit M. d'Argis [*)Merc*r. /«■/* .*» lui-même dans fa favante Dijfertatien fur l'origine du papier 175 loSS_ » & parchemin timbré , que la formalité du papier timbré

SEC. PARTIE.

SlCT.I..

Chap. IX.

(/) Traité de la preuve far témoins

(g) Mercure de

»» étoit déjà en quelque ufage chez les Romains, puifque les » titres, dates , &c autres marques, qui dévoient être apofées » en tête du papier, delUné à écrire les actes originaux des » Tabellions de Conftantinople, étoient une efpèce de timbre, » qui avoit le même objet, que ceux qui font aujourdui ufi» tés en France & dans plufieurs autres païs. « Les expreffions de la loi de Juftinien permettent tout au moins de douter, fi ces protocoles laifloient apercevoir quelque empreinte du genre de celle de nos papiers timbrés. A les prendre en rigueur, il eft dificile de n'y pas voir de fimples inferiptions d'écriture ordinaire , placées au haut de la page , & portant ( i ) fous quel Comte des facrées largefles , &: en quel tems ces papiers avoient été faits. Quelques écrivains & Tabellions coupoient ces inferiptions, ou même la première feuille de leurs regîtres comme inutiles, ce qui fut défendu par le même Légiflateur.

Au raport de Danty, f/Jon a confondu dans quelques ordonances de nos Rois la minute des Notaires avec les protocoles ; quoique ce ne fût à Rome, que la marque du papier eu parchemin, qui étoit au haut de la feuille , ejr non pas au milieu , comme celle du nôtre, ou étoit inferite l'année en laquelle il avoit été fait. Au contraire, félon M. d'Argis, [g) cette formalité n'étoit établie , que pour les feuls actes des Tabellions de Conftantinople. Les autres villes n'ufoient ni de papier, ni de parchemin timbrés. Nulle marque ne diftinguoit alors les actes publics des écritures particulières : pareeque ni les Grecs ni les Romains n'avoient point de fceaux publics, mais des cachets particuliers. Cet habile Avocat ne veut pas nier fans doute , que les actes publics ne puffent ordinairement être

( i) lllttd qtioque prtfenti adjicimus legi, ut Tabelliones non in aliâ chartâ purâ feribant documenta , nist in illâ, qui in initio{quod vocatur protocolum) per tempora gloriofifftmi Comitis facrartim noftrarum largitionum habeat appellationem, & temfus quo charta faéla eft, & qmcunque in talibus feribuntur , & ut protocolum non inc'tdant, fed infertum relinquant. Novimus enim multas falfitatfs ex talibus chartis ojlenfas & priits (j? nunc : ideoque licit aliqua fit charta ( nam ô> hoc fancimus ) habens protocolum non ita conferiptum,

fed aliam quamdam feripturam gerer.s, neque illam fufeipiant, tanquam adulteram, & ad talia non oportunam fed in folâ tali chartâ, qualem dudum diximtts, documenta feribant. Hic itaque, quê. de qualitate talium chartarum à nobis décrets funt, ér de incifione eorum, qut ■vocantm protocola, valere in hac feliajfimd scn.ru ciuitate volumus , ubi plurima quidtm conirahentium multitudo , multa que a** chartarum abundantia eft. Noveila 44. cap. t.

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