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Nous n'en exceptons pas les (7) lettres des Abyflins, de.ç. Indiens ^ des Calmuques. 8c. autres peuples d'Allé & d'Afrique , dont chaque confone porte fa voyelle avec elle. Ce qui multiplie conlldérablempnt leurs caractères..

(7) On fait un genre à. part-dé leurs
caractères ; pareeque leurs confoncs (ont
toujours liées-avec leuis voyelles. Hais
ai) fond leurs lettres font alphabétiques ,
comme les nôtres. Chacune, d'entr'elles
le diftingue fort bien des autres. Ces con-
fones portant leurs voyelles , fe rencon-
trent dans prefque toutes les écritures.
G eft ce que nous, apcllons des lettres ^

liées ou; conjointes. En remontant à lat plus haute antiquité ; les Grecs , les Latins , les- Septentrionaux ufânt de Runesont eu leurs-lettres liées, même avant récriture courante: Les Orientaux , dont, on vient de parler, ne fe distinguent donc, à cet égard , que par ua ufige- conltanrde lettres liées.

€ H A P I T R E. V.

Recherches jfîir U~orïgine dès lettres Gréques-..

Rechercher Forïeihe dés lettres Gréques; c'èft fepropofer de remonter a la fource des nôtres. Elles nous, ont été aportées de là Grèce : & malgré.tous-lès changemens,, qu'elles ont éprouvés de part & d'autre ; il refte encore au. moins une (1) douzaine de. lettres capitalès, qui font abfb-Jument les-mêmes..

On ne connoit, comme on l'a dit , que quatre écritures: alphabétiques afiez anciennes , pour avoir pu donner naiiTance.

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(1) ABEHIKMNOTYZ: An furplus fi depuis plus de 1000. ans-; notre C eft 1' S des Greçs ; notre D fe trouve dans des monumens beaucoup, plus. anciens. V F revient au. digamma Eolique..Le.G fe montrc.fur des antiques poftéricurs & même antérieurs à 1ère Chrétienne. Les Latins ont d'aitteuis fouvent fait ufage du r des Grecs. La plus ancienne L de ceux-ci étoit femblable à la nôtre. Les P des Infcriptions Latines , du tems cîc la République Romaine reffemblent très-fréquemment- au- F des Grecs. Quant au Q. on ne le découvre , que dans leurs nombres. Cinq cents ans axant Jéfus-Chrîtj les Grecs axaient des

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5 fa Gréque : favoir l'Egyptienne-, la Punique ou Tyricnne^ Sec Partie* là Caldaïque-, Iâ'Phénicienne ou Samaritaine. Sict. Ii.

L Pour conftater l'identité des lettres Gréques avec les lchap" v" Egyptiennes , Dom Calrrret (r) fait valoir un argument déjà qnes^e^iïnneït alégué par le Chevalier Marsham dans fon Canon chronicu? point des EgypAegyptiacus. Plutarque raconte t qu'on trouva (d)du rems- / t

d'Agefilaiis, dans le tombeau d'Alcmène à Thcbes , une- pla- pag. i4. que d'airainchargée de caractères , qui parurent allez fem- (fi T°m- *• a blables à-ceux des Egyptiens. On l'envoya en Egypte au plus"fa habile antiquaire , qui après bien des recherches , répondit, que telle étoit l'écriture Egyptienne du tems du Roi Prêtée , environ deux cents ans- après Moyfe:

Mais i°. qui nous garantira, que l'Egyptien n'ait pas voulu en impofet aux Grecs ? Ces derniers fe rendoient alors formidables à leurs voifins , & même aux Egyptiens , par des-' expéditions militaires , qu'ils entreprenoient tous les jours. On leur fait anoncer par ces caractères inconnus , de mettrebas les armes, de tourner toute leur ardeur & leur efprit versFétude des Lettres & des Mathématiques. Une pareille réponfe dans les circonftances , où elle fut donnée , doit paroitre bien fufpeéte:

z°. Si l'on en croit Vpflius , là (e) Grèce n'avoit point d'info (V) De an» crîptions plus anciennes , que celles , dont Hérodote nous a confervé la mémoire. Elles étoient en catactéres Cad- ^lnTeTiflchere' méens , fort aprochans des lettres Ioniques. La première étoit plus ancienne , que celle d'Alcmène: puifque e'étoit" un trépié , donné par Amphitryon au temple d'Apollon Ifménien. Les caractères- trouvés dans le tombeau de fon époufe, qui lui furvécut, durent être les mêmes, ou ce n'étoienr point des caractères Cadméens. S'ils étoient les- mêmes , orf ne devoit pas avoir plus de dificulté à les lire, que ceux du* 1 trépié d'Amphytrion , qu'on iHbk (%) fans peine. S'ils'en* étoient difërens, on n'a pas droit d'en conclure , qu'ils euf^ fent été en ufage dans la Grèce: Plutarque fupofe , que*

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lT,, n J-r" Hercule (h) fils d'Alcmène avoit été inftruit de la Grammaire

SJbC PAR lit*- ■. . ■ , • f . . y . . -N

"s te T. il Egyptienne de Ion tems. Alcmene pouvoit avoir auprès Ch A P. v. d'elle des Egyptiens , qui auraient mis cette plaque dans fon

(h)ToM.i.p.}79. tombeau. Elle l'avoit peutêtre reçue d'Egypte , comme un talifman, phylactère ou amulette , dont la vertu lui feroit encore utile après la mort. {ï)Mlm.ictA~ » A peine , dit M. Renaudot , connoit-on les (i) lettres

cad.t.L.f.ifS. „ Egyptiennes fi ce n'eft par les caractères gravés fur les » obélifques. On n'eft pas encore convenu , fi ce font des let» très fymboliques ou de fimples caractères, comme ceux des M autres nations : & on prétend décider fur des preuves aulli » foibles, que ce ne font pas les Phéniciens ou les Hébreux, » dont les lettres ont été portées en Grèce , mais celles des » Egyptiens , & cela contre le témoignage de toute l'anti» quité! « On peut diftinguer , comme on Ta obfervé plus haut, fur les monumens Egyptiens & des hiéroglyphes & de véritables lettres. Cependant M. Renaudot, après avoir dit, qu'on ne fauroit juger; fi ce font de véritables lettres ou de purs hiéroglyphiques, comme on le croit ordinairement, ajoure tout de fuite , que fi les hiéroglyphiques ne font pas les véritables lettres Egyptiennes , nous n'en conoiffbns point d'autres. (jb) Dijfert. Phi- Vofllus prouve par de bonnes raifons, nous dit (k) le R. P.

hgico-Bibiiografh. Légipont Bénédictin d'Allemagne , que la conoiiTance des

'.1*4!/if. 10 lettres fut aportée en Grèce par Cécrops. D'où il conclut, que les anciennes lettres Greques doivent également être confondues avec les Egyptiennes & les Phéniciennes. Ainii les caractères employés par Moyfe n'étoient autres , félon notre lavant Bénédictin , que les Egyptiens. Et fi l'on en doute, il en apelle aux preuves décifives, aléguées par Dom Calmée On eft fort tranquille , quand on peut compter fur un ga. rant , dont l'érudition eft fupérieure à la réputation , qu'elle lui a faite. Cependant ici prefque tout fe réduit à l'autorité du premier critique , cite par Dom Légipont. « Voflîus, (l)C»lm.Difert. » ainfi parle le (/) Père Calmet , a raporté plufieurs rai

twi. i.f. t4- Çàns très-plaufibles, pour prouver qu'avant l'arivée de Cad.. . » mus ; Cécrops avoit déjà communiqué à la Grèce l'ufagcde

» Pécriture. «

(m) *ne Toutes les preuves de Voulus (m) fe réunifient au conGramm.i.ucjio. trajre cn faveur de Cadraus. U .réfute les opinions , qui attribuent à d'autres, l'introdu&ion (3) des lettres de la Grèce, Sec. Parïte. Seulement («) il déclare , qu'il aimeroit mieux la faire rc- S E C I. 11. monter jufqu'à Cécrops . que de la reculer à des tems pof- ,c"/*,p' v* teneurs a Cadmus. *

Dans le fyftème de M. Bouhier, les lettres Attiques étoient connues des Pélafges , même avant l'arivéc de Cadmus. Les Athéniens , pour lui opofer quelque grand nom , &c s'aproprier un inventeur de lettres , qui eût fur lui l'avantage de l'antiquité > les atribuèrent à Cécrops, Egyptien de nailfance & le premier de leurs Rois ; quoique probablement ils euffent l'uiage des lettres avant ce Prince.

Les Athéniens (0) étoient eux-mêmes Pélafges d'origine. De- (") Difen. d* là les épithètes d'anciennes & d'indigènes , données aux let- Cr"°"'m très Attiques dans Harpocration. Quelques auteurs prévenus: (p) de l'antiquité des Egyptiens , & que Taaut ou Thoyt MMèm. iktA* avoic inventé les lettres >n'ont pufc perfuader , que Cadmus des infcript. étant venu de Thébes en Egypte , eût plutôt aporté aux Grecs jTjwt" les lettres des Phéniciens , que celles des Egyptiens. Mais> au moins y de l'aveu de tout le monde , Cadmus avoit palfé en Phénicie , s'y étoit arêté , & même établi , avant que de faire voile pour la Grèce. M. Bouhier va plus loin , & foutient (^), qu'il eft très-fàux> que Cadmus fut Egyptien :qu'à la (q) p'fi" véritéfon père Agénor l'étoit : mais qu'il avoit quité fa patrie Lat'l,t'

&: avoir règne en Phenicie, ou Cadmus etoit ne , & avoit aquis la conoifTance des lettres. Ce furent donc les lettres Phéniciennes , & non pas les Egyptiennes , qu'il communiqua aux Grecs.

De ce que Cadmus, fupofé Egyptien par M. Renaudot, les , aprit en Phénicie ; le favant Académicien conclut , qu'elles . . .v-i

n'étoient donc pas encore connues en Egypte. Mais comment •' les lettres alphabétiques y auroient-elles été ignorées du tems de Moyfe , plus ancien que Cadmus? Le même favant homme tire un argument plus concluant du peu (r) de reiTemblance des lettres Gréques avec les Egyptiennes , qu'il com- Jj^j^" *FA' prend toutes fans diltin&ion fous le nom dliiéroglyphes. i.Mém.faiù

(l) On fêroit furpris de voir aufli (s) M. Shuckford atribuer la même Opinion à Voulus, dont il indique le livre & le chapitre j il l'on n'avoit pas lieu de pen- [ Yolfius»

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Il n'y a pas même d'anologie, félon lui, entre (/) les cara&ércs Egyptiens , Samaritains & Hébraïques. Ceux-ci n'ont donc pu en être dérivés.

11. Voflius ., après (u) avoir cité Hérodote , Denis cTHalicarnalTe , Pline &faint Clément d'Alexandrie, en faveur du fentiment , qui fait aporter par Cadmus les lettres de Phénicie en Grèce -, le confirme par lés fufrages de Vi&orîn , de ■faint Ifidore , de Suidas & même de Plutarque. Coniequemment il regarde comme un fait-démontré, que les Grecs ont reçu leurs lettres de Cadmus :Ex his igitur manifefium eft Grœcos a, Cadmo lifteras acceptée.

Quoique M. Shuckford fe foit mépris fur le vrai fentiment de Voflius, par raport à l'origine des lettres Gréques, il ne laifTe pas d'avouer, que » les preuves [x) en faveur de » Cadmus font & plus fortes £c en plus grand nombre , que » celles qu'on peut aléguer en faveur de Cécrops. « On ne fàuroit nier, dit M. le Prelîdent Bouhter dans fa ) Differtation , adreffée au Père de Montfaucon , Se publiée à la fin de la • Paléographie , que les lettres Gréques ne foient atribuées à Cadmus , de l'aveu de prefque tous les Auteurs, & même des plus anciens. M. Renaudot acufe hautement de témérité les partifans de l'antiquité (4) des lettres Egyptiennes. Il y revient à plufieurs réprifes , Se ne blâme guère moins ceux, qui vont chercher dans l'Egypte l'origine des lettres Gréques. Enfin il n'épargne rien , pour perfuader Ces lecteurs , de

(4) Il ne feint pas de traiter de fables , tout ce qu'on a publié au fujet de Taaut, inventeur des lettres. » Quand (x.) on

fixe, dit-il , le tems de fon prétendu M règne en Egypte , peu de tems après le si déluge , c'eft fans aucune preuve : puifu que .ce que les Grecs difent de Mer

cure «ft au A! croyable , .que ce qu'en

M difent;les Egyptiens Tout ce que

» les Egyptiens difent de trente mille
•3 volumesfompofés pat le fécond Mer-
» cure,, apcMé Trifroégifte , eft égale-

,3 ment fabuleux Les ouvrages (a)

,3 que nous avons fous fon nom , avou-
as il dit plus haut, portent des marques
1, Ci certaines de nouveauté , qu'il n'y a
.3 perfone , qui doute préfentement de
m de leur fupofition. « On ne croit pour-

tant pas , que M. Renaudot ait
lu les confondre avec ceux , que Maiié-
thon avoit traduits en grec. Quoiqu'il
en foit , il ne devoit pas même penfer
fort avanrageufement de ces derniers. On
peut en juger par le trait fui vaut. » Q
» eft donc (b) dirkilc , continuc-t-il , de
33 comprendre qu'on puiffe abandonex des
>3 preuves Se des autorités auffi claires ,
33 que celles d'Hérodote , de Diodore de
33 Sicile & prefque de tous les anciens ,
33 qui atribuenc aux Phéniciens Se. aux
33 Syriens la première invention des let-
33 très , pour la donner à un Dieu , qui
33 ne fut jamais, ou à un homme , donc
33 on ne lait que des fables , Si dont on
» ne peut fixer le tems, <*

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