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SEC.PARTIB

CHAPITRE XIV. SECTl1*

Alphabets Syriaques, Arabes & Turcs*

ï. U o i Q u E l'Hébreu caré pafle ordinairement pour Alphabet gêné\l l'ancien Caldéen, il y a fur ce point un partage entre ^h^]TMu; les auteurs. Les uns prétendent, que ce dernier s'eft perdu , lier des chrétiens les autres, qu'on le retrouve dans l'Ethiopien , auquel les peu- de s-Jean'pies mêmes de l'Abiffinie donnent le nom de Caldéen: d'autres croient le découvrir dans les caractères Palmyriens. Quelques-uns , pour aflurer aux lettres Hébraïques carées la prérogative de l'antiquité fur les Samaritaines, font venir cellesci de Caldée. L'afinité remarquée par Etienne Morin (a) en*- (*) Ixerch. tre le Samaritain & l'ancien Syriaque apellé Eftrangel, lui ttri- l- c"t' fait prononcer, que celui-là prend fa. fource dans celui-ci. f I?4 Un féal coup d'cêil fur les planches Samaritaines & Syriaques fufîra, pour décider la queftion. S'il ne paroit pas facile, de dériver le Grec du Syriaque Eftrangel ; il ne le fera guère plus, de tirer de l'Eftrangel le Samaritain. Les raports font furement très éloignés : mais une origine commune laiffe fubûfter long-tems certains traits de reflemblance. Que les caractères «les anciens Caldéens euflent une grande conformité avec les Syriaques , c'eft à quoi M. Bourguet (b) trouve bien plus d'à- (b) Tom. i.}. 471 parence. Car enfin le Syriaque n'eft qu'un dialecte du Cai-dakjue: & l'ancien caractère des Syriens , nommé Eftrangel, retient encore le nom de Caldéen. .

M. Neironi favant Maronite de Rome avoit compote une difTertation pour prouver , que les caractères Syriaques font les premiers du monde. Mais M. Bourguet , après leur avoir acordé une antiquité fort reculée , ne veut pas la faire remonter âu-delà de î 100. ans; pas même en faveur de l'Eftrangel , fentiment auquel nous ne croyons pas devoir fouferirc.

L'Eftrangel eft tantôt confondu avec le caractère Neftorien , & tantôt il en eft diftingué. On ne s'en fert plus, que dans les titres des livres & des chapitres. Les Neftoriens &c les Maronites font également ufage du Syriaque ; mais leurs ^axa&éres ne laùTent pas d'être un peu diférens.

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sÉc I-aktiÉ ^ux caractères des anciens Syriens nous joignons ceux des Sec T. il. modernes. C'eft là l'écriture courante, dont fc fervent aujourChap. XIV.. cjui les Maronites^ les Jacobites de Syrj,e &. les Neftoriens., L'alphabet général des Syriens eft fuivi de celui des Mandates ou Chrétiens de S. Jean, qu'on croit être le,s anciens Sabaïtes. On peut confultcr fur cette fe&e M. Myde , dans fou hifioire de la Religion des anciens Perfes. Notre alphabet eft un de ceux, qui ont-été recueillis par M. Edouard Bernard docteur ; i d'Oxford. Quant à Lalphabec général Syriaque ; nous l'avons

compofé fur une multitude d'autres, dont nous avons déjà nommé en divers endroits la plupart des.compilateurs. Il faut y joindre prefque tous les auteurs des grammaires en cette lan-; guc. Nous avons de plus dépouillé, nous mêmes des .Mff. en. caraftéte Eftrangel très ancien. & de divers fièçles, Onfent a(fcz,ncombien le Syriaque eft lié aY.ec les.alphabets précédens. Ses. raports avec l'Hébreu Judaïque font faciles à. faiiir. De part Se d'autre les lettres .initiales. & l'écriture courante ont des traits de conformité, qu'on ne faurojt méconoitrç. Mais fa rcffemblance avec l'Arabe eft fi frapante; qu'on eft obligé d'avouer , qu'il lui a donné naifTance... Apdcns alpha- 11. Les caractères dès Arabes -, des Turcs &. des Perfans font abfolument les mêmes. S'ils admettent quelque diférence, 3c quant au nombre & quanta la valeur^ elle ne confifteque dans les points placés au-deffus ou au-deffous de certaines lettres. C'eft à la faveur de ces points, que les Perfans Se les Turcs augmentent leurs alphabets de deux;ou trois élémens. LéseraJaliffemens des. Turcs..dans la Gréée &, dans l'Illyrie, ■& des Sarrafins dans l'Italie & l'Efpagne , ne nous pcrmettentipas de négliger leurs alphabets-.. Mais nous paifons fous iilènce. celui des Perfans peu.nécefïâirc pour,'des Européens, Se d'ailleurs prefque entièrement.connu par ceux des Arabes &.des Turcs. La matière eft ici trop abondante &.trop variée -, .pour nous réduire à un feul alphabet général. Nous partageons d'abord en deux notre table.des alphabets Arabes. La première divifiah -fuivra l'ordre deslettres.hebraïques-, &Jafeçonde celui, qu'on donne ordinaicementaux-lettres des- Arabes... , . r

Ces peuples anciennement fuivoient l'arangement des lettres, qu'ils avoient reçu dés Hébreux, des Caldéens ou Sy* 4cns. C'eft un fait, dont tous .les fayans convieruicrit. II dL

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bets des Arabes.

d'ailleurs démontré par les anciens MA*. Arabes, où les lettres s^c ^* (1) numérales font parfaitement d'acord avec celles des Hé- siicavii. breux, & ne conviennent point avec celles des Arabes d'à- Chap. Xiv. préfent. Cet ancien arangement des lettres de leur alphabet les faifoit de plus quadrer &: pour le fbn & pour la valeur avec celui des Orientaux leurs voifins.. Seulement ils ajoutoient à la fin-leS caractères , deftinés à rendre les fons particuliers à leur langue. Ils en avoient formé les figures fur leurslettres primitives, dont ils ne les diftinguoient-, que par des points.ou des -acçens.; Cette conformité de caractères1 engagea •depuis leurs Grammairiens , à raprocher ceux, qui fe relfem.bloient , en les tranfportatit de la fin de l'alphabet., où ils étoient rélégués, à la fuite des lettres, dont ils avoient emprunté la figure. De là un nouvel arangement de lettres, tout:, .diférent de celui des Hébreux & des Syriens, d'où elles tiroient leur origine. Mais à tort quelques.auteurs ont-ils acufé les Arabes, d'avoir fait.ee changement; de peur qu'il ne pa: rut, qu'ils tenoient leur écriture de leurs voifins^:

On ne connoit rien de plus-ancien en ce genre, que quelques MIT. de l'Aicoran,, certaines monoies & inferiptions en caractères Cuphiques. Ils ont pris cette dénomination de Coucha ville de Caldée dans l'Iraque Babylonienne. Leur relïerrîblance avec le Syriaque eft fi fenfible., qu'on en a conclu, que ces deux fortes de lettres avoient.une origine commune, dans celles des anciens Caldéens. Voilà pourquoi le Cuphique tient le premier, rang parmi nos alphabets Arabes. Il s'eft foutenu chez eux encore plus de 300. ans depuis Mahomet. LeMauritanique ou Arabique Occidental,diférent de l'Oriental ouCuphique ocupe le fécond rang. Quand on n'eft pas bien verfé dans ces deux efpèces d'écritures s on n'a point de plus sûre' marque , pour les difeerner , que le--'point placé fur le phe des Arabes d'Orient: au lieu qu'il eft au dcfTous de celui des Africains ; & les deux points mis fur le caph des premiers :: au lieu que celui des derniers n'en porte qu'un. C'eft à ces indices, qu'on diftingue tout? d'un coup les MiT. Arabes Orien- taux des Occidentaux.

Notte troifième alphabet Arabe eft Africain. II contient"

(») Chez les Orientaux , au moins I toutes les lettres font numérales. • taux qui font les plus voifuis de l'Europe, J

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~T quelques caractères aflez finguliers. C'eft d'Afrique que les

SEC. PARTIE, À ? r' J- rr j> \ 'i i j»

Sec T. IL Saratins le répandirent en Llpagne , dou ils tentèrent dinon

Chap. Xiy. der la France. C'eft d'Afrique qu'ils vinrent s'établir en Sicile Se en Italie. On y conferve encore des monumens de leur façon. Il ne faut donc rien négliger, de ce qui peut contribuer à l'éclairciffement de ces antiquités.

Mais il n'en eft point, qui nous intérerTent de plus près, que celles qu'ils ont laiflees en Efpagne. D. Naflarre grand Bibliothécaire de ce Royaume en a publié l'alphabet, dans fa préface fur la Polygraphie Efpagnole. Cependant comme il lui a donné l'arangement moderne; nous avons cru devoir le réduire à fa première forme. Ce fera notre quatrième aU phabet ancien.

Alphabet genc"- III. La troifième partie de notre planche repréfente un al

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alphabet général eft fuivi d'un alphabet particulier des Turcs.

De même que nous comptons chez nous plufieurs fortes d'écritures ;Erpen en diftingue chez les Arabes Se les Turcs huit efpèces principales, fans parler des variétés , qui naiffent de la divedité des mains Se des pais. Autre eft leur écriture, avec laquelle ils tranferivent l'Alcoran , Se que nos Imprimeries imitent : autre celle qu'ils emploient dans leurs afaires & dans les Tribunaux. L'écriture des comptes Se depenfes de l'Etat n'eft pas la même , que celle des diplômes. Ils ont auffi leurs lettres majufcules. Enfin la diférente manière de lier leurs lettres forme encore divers genres d'écriture.

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