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Gréques: quoiqu'il imprime à quelques-unes des traits fingu- S£C p^iC^J^ liers, &: même à la plupart un tour, qui cara&érife leurpéré- s Ect. n. grinité. Aux lettres Grcques fe joignent fix (4) autres caracté- Ap. Xyii. res,deftinés à rendre les fons propres,tant aux anciensEgyptiens, qu'aux Arabes, fous la domination defquels l'Egypte eft aflèr-' vie depuis tant de fiècles. Walton(«) relève Kircher> pour' (h)tïm. appar. avoir confondu les anciennes lettres des Egyptiens avec les Pr«i*s<m.i.».it' Cophtiques, qui font vifiblement dérivées des Gréques. Leslettres de l'ancien Egyptien étoient très-diférentes de celles des Cophtcs, comme on en juge par quelques monumens antiques. Mais il eft dificile d'ajouter foi à ceux, qu'on trouve dans le livre intitulé la Bibliothèque Apoftolicjue du Vatican,.' Son auteur a peutêtre mieux rencontré ; lorfqu'il dit en général , que les Egyptiens avoient emprunté leurs caractères épif- * tolographiques des Hiéroglyphes, & qu'il avance en particulier d'après Plutarque , que la première lettre de leur alphabet étoit un Ibis, portant le bec à fes jambes : ce qui fïguroit une forte de triangle. Voilà pourquoi, félon lui, chez les Grecs' & les Latins l'A prenoit une forme triangulaire.

V. Notre cinquième colone renferme l'alphabet Ruthénien Alphabets scrou Servien. On l'atribue vulgairement à Cyrille, dont on lui Ru(ne'nEf<&v^ fait aufli porter le nom, parcequ'il avoir rendii les livres faints gare, en cette langue & dans ces caractères. Ils font au fond les mêmes , que ceux des Grecs; quoique d'un goût un peu diférent. On en compte une dixaine, qui leur font âbfolumentctrangers ; -mais dont la moitié fe réduit à des lettres liées. Il en cft à peu près de même du Rumen & de l'Efclavon. On trouve des MIT. en ces langues & en ces écritures.

Les raports de nos trois alphabets font fenllbles, mais le dernier s'écarte davantage du Grec. On en jugera par la compaxaifon des y. 6. 7. 8. colones de la planche XIII.

L'alphabet Rumen eft double. L'unrepréfente les caractères , dont on ufe dans l'impreffion, l'auttc l'écriture courante.

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sETpATm Tous les deux font tirés d'une belle. Grammaire Ruflienney Sec T. il. çompoféeen 17x4. par Jean Sohier, interprète en langues

Chap. XYI.U Efclavone, Ruflienne & Polonoife à la Bibliothèque du RoL C'eft le Mf. 461. Nous avons ajouté au- premier alphabet: quelques lettres prifes des légendes d'une monoîe Ruflienne. Quant à l'ordre des lettres, nous n'en avons dérangé qu'ua très-petit nombre, pour les faire mieux quadrer avec les autres langues voifines. M. l'Abbé Lebeuf nous a.communiquéune pièce extraite d'un Mf. d'Autun de fept à huit cents ans.. Les caractères en font Grecs pour la plupart» On les croirait d'abord Rufliens:jnais il relie néanmoins, piufieurs lettres, qui ne peuvent être connues avec le fecours de la nouvelle Grammaire. 11 eft vrai que fur un écu Ruflien récent on voit. *. Q quelques lettres, & entr'autres cellerci.* , fur lcfquelles elle 71 ne nous donne aucune lumière..

: La neuvième colone contient un alphabet Bulgare, tiré dut Mf. 2340. de la Bibliothèque du Roi, Mf. ancien au moins, de huit à neuf cents ans. Ces derniers caractères furent originairement les mêmes , que lesEfclavons Ils ont encore cetre. conformité, d'être prefque tousà doubles traits : ce qu'on apelle des lettres blanches. On remarque pourtant de part & d'autre quelques, caractères • abfolumenc aiferens. Il y, en a aufli dans le Bulgare, qui ne fe retrouvent pas dans le Servien.

L'Illyrien ou l'Efclavon porte de plus le nom.de S. Jérôme. Aventin (x) dit que les,Efclavons reçurent leurs lettres de

(ptyAmaLUt.'ié- Méthode le Philofophe. Mais le Pape Jean VIII. en reconoit pour auteur le. Philofophe Gonftantin. Walton dans fes Prolégomènes ne fait pas dificulté d'avancer, que S. Jérôme traauifit la Bible en langue Dalmatique , qu'il l'écrivit en caractères aprochans de ceux des>anciens.Grecs, &: qu'il aprit aux peuples de Dalmatie à les lire.

L'auteur de la Bibliothèque Apoftolique du Vatican parlant de l'alphahet IUyricnou Efclavon, qu'il venoit de rapor-ter, obferve que les Efclavons , Illyriens &: Dalmates ont en cette langue éc en ces car-a&éres l'Ecriture fainte, la Mefle & les autres . Prières - facrées; que les Dalmates, à qui le Pape Paul 11. en acorda l'ufagc , les entendent ; & qu'ils répan(y) Fxrtgijlr. droient tou&jufqu'à ladernière goûte de leur fang, (j) plutôt

V*ùi*n. ^ y. captif potitts armis omnes diffe- I bliotheca Apoftol. Vatican, p. ifi.

rire malint , quàm cas relinquere. Bi- J;

que d'y renoncer. Longtems auparavant, Jean VIII. non — feulement permit à ces peuples, de célébrer le fervice divin & Sec. Pa Rtie. dans cette langue & avec ces caractères ; mais même (6) il le ç^'Jyjj. leur ordona , en autorifant toutefois les Magiftrats, à fe faire * * dlire la Méfie en Latin, s'ils le fouhaitoient. Malgré la diférènce des lettres de ces trois alphabets, elles ont les mêmes" noms & fe prononcent de la même manière. Les caractères Servicns ont également cours dans la Servie , la Valachie la Moldavie, la Bofnie, les Ruffies & la Mofcovie. Ce qui ^ n'empêche pas que les Rufliens n'aient aufli des caractères propres , &c dont quelques-uns font allez diférens de ccux-cL

VI; La reflemblance des lettres Arméniennes & Gréqucs Alphabet Anné^eft bien moins frapante , que ne l'eft celle de ces demie- men' res avec les alphabets précédens. On l'aperçoit pourtant dansun petit nombre de caractères. Il n'y en a pas moins qui ont de la conformité avec les Latins. Voilà en partie pourquoi (7) nous avons confacré à cet alphabet la dixième colone de de notre planche. Nous y fommes encore autorifés par les établiffemens , que les Arméniens ont en Europe. Au furplus nous croyons devoir nous borner à ces alphabets , par rajjortà tous les peuples, dont nous venons d'expofer les caractères.Exceptons-en les Grecs,. fur les écritures & les chartes defquels, nous ferons obligés, de nous étendre un peu davantage, quoique toujours avec.beaucoup de réferve.

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latas & intrrpretatas légère , aut alla ho-
rarum omnium officia omnia pfallere:
quoniam qui fecit très linguas principales ,
Hebrtam feilicet , Grtcam ér~Latinam , •
ipfe creavit & alias omnes ad laudem

&> gloriam fuam Data menfe ]»-•

ni* indicé: xiij. Biblioth. Apoftol. Vatic.
p. 316. J17.

(7) On a vu des favans du» premier or-
dre ne pas laiflcr de prendre des carac-
tères Arméniens, trouvés dans le Mf. ■
13 j7. de la Bibliothèque du Roi , fe- ■
Ion l'ancien n°. pour une écriture incon-
nue. A force de rendre commun cet al-
phabet ; les gens de Lettres courront:

in eâdem Sclavonicâ lingua canere , five moins rifquc , de donner dans de pa—
facratum Evangelium vel leBiones divi- rcillcs bévues
nus ntvi .&.vcteris Tefiamenti bene tranf- ^

SEC. PARTIE.
Sict. II.

CHAPITRE XVIII.

Obfcrvations fur les lettres Runiques.

Antiquité des Runes.

Alphabets Runîques ou des Peuples du Nord:

leurs MJf.

I. A Quatre ou cinq lettres près, l'écriture Runique (i) ne - Xjl femble guère pouvoir fe raporter à celle des aucres peuples ; quand on ne l'envifage que dans fes caractères les plus communs, ou même dans quelques alphabets détachés. Mais fi l'on réunit tous ceux , qu'on peut tirer de divers monumens antiques ; alors leur conformité avec les lettres Gréques,& encore plus avec les Latines, fe manifefte fi clairement; qu'à peine peut-on montrer une feule lettre de l'alphabet Runique , qui foit abfolument étrangère aux unes &: aux autres. Nous difons une lettre , & non pas un caractère ou une figure. Chaque lettre en effet de l'alphabet Runique fc trouvant extrêmement diverfifiée par le nombre des diférentes figures qu'elle prend; il s'en rencontre toujours quelques-unes, dont la refTemblance avec les Gréques Se les Latines ne fauroit être conteftée. Cette refTemblance de lettres Runiques s'étend jufqu'aux cara&éres des anciens Hétrufques, Efpagnols & Gaulois.

11. Nous ne prétendons pas nous rendre garans des fables débitées fur l'antiquité de l'écriture Runique. Supqfé qu'elle ne vienne pas immédiatement de la Gréque ou de la Latine i on pouroit peutêtre raifoner, au fujetdes nations (2) Septentrionales , comme le fait M. le Préfident Bouhier au fujet des Pélafges.

(1) On entend par Runes, les caractères des anciennes lettres feptentrionanales. On difputc fur l'origine de ce nom. VVormius le fait venir de ren, qui lignifie un canal , ou de ryn , qui veut dire un fillon. Spelman foutient , qu'il faut chercher dans ryne fon étymologie. Rjrne ou gerynt en Anglois peut fe rendre par myftère ou enofe cachée. On fait .que les peuples du Nord faifoient grand ufage des runes pour leurs opérations magiques. Sftlmsm Glojf. f. 494.

(i) Notre conjecture avancée , pont ainfî dire , en tremblant, fe trouve confirmée par une autorité, capable de nous inipirer un peu plus de hardicfTe. » Cette y lupofition , dit M. Frérct, ( de lettres » Pélafgiennes plus anciennes, que celles » de Cadmus , ) rendroit probable la con» jedure de Rudbeks fur l'antiquité des » lettres Runiques , allez femblables aa » prerier alphabet Grec par le nombre , » par l'ordre & par la valeur. Peutêtre » que dans les premiers rems

si r 'amour de la Patrie fait excéder certains écrivains dans

.v.»ii*»uj uaiij

l'antiquité , qu'ils prêtent aux caractères du Nord ; ceux qui SEC- Partie. nient , qu'on y ait ufé d'aucune écriture (a) avant l'établiAc- CH* p.Tkviir. ment du Chriftianifme ; ne paroiflent pas aflezcn garde con- , „.,, tre 1 extrémité contraire. Hickes , qui fcul en vaut pluheurs j, u Volygraph. autres fur cette matière , atefte , qu'il exifte un nombre con- Irt- ProUg. fil. fidérable (3) de monumens en écriture Runique , dont quel- XXI1' ques-uns précédent fétablifTement de la Religion Chrétienne dans le Nord, Se quelques autres touchent de près à cette époque. Il n'en efl pas moins vrai, que divers peuples de ces climats & de l'Allemagne en particulier , ne faiîbient nul ufage des lettres avant leur converfion. » On raporte {b) m MUn. v*r qu'aucun des anciens Thraces n'étoit inftruit des lettres, hijl.lib. i. c*$.6ty L'ufage même en eft regardé comme une chofe très-hon» teufe par tous les barbares , qui habitent l'Europe. Mais on » dit que ceux d'Afie ne font nulle dificulté de s'en fervir. « Elien , dont nous citons les prop*res termes , floriffoit au II. fiècle , tems auquel on conoiffoit fort les barbares d'Allemagne : mais on peut douter, fi les peuples de la Suéde & de la Norvège étoient allez connus des Grecs & des Romains.

C'elt prendre un parti raifonable , que de faire remonter avec certains auteurs l'ufage des lettres dans le Nord au IVe. fiècle, ou même au tems , où ces nations commencèrent à lier quelque forte de commerce avec les Romains. Mais cette opinion ne réfout pas encore toutes les difîcultés. On a ,.. par exemple, bien de la peine à concevoir , comment plufieurs

» écriture étoit répandue dans tout notre « Occident, & qu'ayant été détruite dans » la Grèce par l'alphabet de Cadmus , 33 elle fe fera confervée dans la Scandim- navie. Il faut convenir que Rudbefcs a s> fouvent été trop loin par le delîr d'illuf» trer fon pais : mais toutes fes conjectures 93 ne font pas àrejetterpour cela , il s'en s» trouve de très-ingénieufes , "& quel» ques-unes même d'affez probables. « Mim. de Lit ter. de tAcad. des Infcript. tom. 6.p. 616. .

Au furplus nous aimerions mieux chercher en Italie les caractères Pélafgiens dans les monumens des Pélafgcs mêmes, tjue dans les lettres du Nord. La Scandinavie ne fauroit rien produire en ce gen

re , qui aproche de l'âge des tables d'Eu-
gubio. • .

()) Cet auteur tranche prefque le mot
d'infini. Selon lui , il exifte des MIT. fans
nombre, écrits en anciennes Se nouvelles
lettres Runiqucs. lnnumtri (ç) codices
tant in litteris antiquis > quas rusas vo-
cant, quàtn in novis firipti. Tant de mo-
numens & de Mil. ont-ils été fabriqués
par divertidement ou par pure vanité 3
Le penfer , ce ferait ébranler les fonde-
mens de la foi publique. D'ailleurs l'u-
fage des Runes [d) s'eft maintenu dans les
inferiptions & les Mil", du Nord : même
après l'introduction de l'écriture Latine ,
jufqu'au XV. fiècle. On en trouve aulli
fur les monoies & fur les tombeaux.

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