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doute que cette célèbre actrice soit remplacée par quelque sujet au moins passable. .

— M. Monet, ancien directeur de l'Opéra-Comique, a friponné le public avec son Anthologie française. Il avait annoncé ce recueil comme une élite des meilleures chansons, choisies par MM. Saurin, Marmontel, Collé, Crébillon fils, etc.; et il se trouva ensuite que le seul rédacteur du recueil était l'abbé de La Porte, un des plus insignes polissons de la littérature, lequel y mit encore des notes d'une platitude inconcevable. On prétend que M. Monet a été la dupe de sa mauvaise foi, et que le plus grand nombre de ses souscripteurs n'a pas jugé à. propos de retirer ses exemplaires. Le dernier volume de ces chansons renfermait les chansons libreset joyeuses : maître Monet vient de leur donner une suite, qui se vend séparément; cela est plein de sottises et d'ordures, dont la plupart appartiennent à . M. Collé, l'Anacréon des mauvais lieux; et maître Monet n'a cependant pas osé imprimer les plus friandes.

-— L'impitoyable Lacombe, libraire compilateur, vient de publier un Dictionnaire portatif des arts et métiers, contenant en abrégé l'histoire, la description et la police des arts et métiers, des fabriques et manufactures de France et des pays étrangers; deux volumes in-8°, faisant ensemble plus de treize cents pages ‘. L'auteur anonyme de cette compilation est une guêpe qui vit du miel qu'il a volé dans les articles d'arts et de métiers insérés dans l'Encyclopédie et dans les cahiers que l'Académie des sciences publie depuis quelque temps sur le même objet. M. Lacombe prétend qu'il faut ajouter à . ce Dictionnaire portatif le Dictiomwire de chimie’, qu'on trouve également dans sa boutique.

—-- M. l'abbé Poncelet vient de publier deux parties sur la Nature. La première traite de la nature dans la formation du tonnerre, et doit servir à . la guérison de ceux qui en ont peur. La seconde montre la nature dans la reproduction des êtres vivants, des animaux, des végétaux, mais plus particulièrement du froment, et elle doit servir d'introduction aux vrais principes de l'agriculture. Tout ce qu'on peut dire de plus certain, c'est que M. l'abbé Poncelet de Paris‘ et M. Robinet d'Amsterdam “ écrivent sur la nature d'une manière très-dilférente ’.

l. Le Dictionnaire portatif des arts et métiers a été rédigé par l'abbé Jaubert; c'est une des meilleures compilations de ce genre; l'auteur la porta à . cinq volames en 1773. (B.)

2. Par Macquer, 1'166, 2 vol. in-8°.

— Le musicien Rameau a laissé, outre ses propres enfants, un neveu qui a toujours passé pour une espèce de fou. Il est une sorte d'imagination bête et dépourvue d'esprit, mais qui, combinée avec la chaleur, produit quelquefois des idées neuves et singulières. Le mal est que le possesseur de cette espèce d'imagination rencontre plus souvent mal que bien, et qu'il ne sait pas quand il a bien rencontré. Rameau le neveu est un homme de génie de cette classe, c'est-à.-dire un fou quelquefois amusant, mais la plupart du temps fatigant et insupportable. Ce qu'il y a de pis, c'est que Rameau le fou meurt de faim, comme il conste par une production de sa muse qui vient de paraître. C'est un poème en cinq chants, intitulé la Raméide. Heureusement ces cinq chants ne tiennent pas trente pages in-l2. C'est le plus étrange et le plus ridicule galimatias qu'on puisse lire ‘ .

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l. Grimm eût du dire de Verdun; car l'abbé Poncelet était né dans cette ville. ('l‘.)

2. Auteur de l'ouvrage intitulé De la Nature, dont Grimm a précédemment rendu compte.

3. On peut remarquer que toutes les fois que Grimm veut juger un ouvrage sans le lire, il se tire d'atîaire par une assez mauvaise allusion au nom de l'au

. tour, à . sa qualité, à . son pays, à.‘la matière qu'il traite, ou à . quelque autre cause

capable d'exciter le sourire, mais peu faite pour contenter la raison : c'est ce qui arrive ici relativement à. M. l'abbé Poncelet, auteur peu connu d'ouvrages utiles. l’olycarpe Poncelet, né à . Verdun, après avoir publié la Chimie du goût et de l'olorat, donna en 1766 la Nature dans la form (mort du tonnerre et la reproduction des éires vivants, pour servir d'introduction aux vrais principes de l'agriculturc, 1 vol. in-8‘ en deux parties, ouvrage rempli d'observations curieuses et d'ingénicuses recherches. Il s‘appliqua à . connaître tout ce qui concerne le froment, le plus utile des végétaux dont la surface du globe est couverte. Lorsqu'il eut pris cette résolution, il renonça pour un temps au commerce des hommes, et se retira dans une solitude où, inconnu, ignoré de l'univers entier, jouissant d'une santé parfaite, avide de connaissances, seul, absolument seul, sans compagnon, sans domestique, sans témoin, il a labouré la terre, semé, moissonné, moulu, fait du pain, sans engrais, sans charrue, sans moulin, sans four, en un mot sans autres ustensiles que ceux qu'une imagination industrieuse, excitée par la nécessité des circonstances et guidée par la raison, lui faisait inventer. (B.)

L. M. G. Isambert, dans la préface de son édition du Neveu de Rameau (G. Decaux, s. d. [1877], in-32). a donné quelques détails bibliographiques sur ce « poème “ introuvable, déjà . signalé par M. Assézat. La Nouvelle Raméide de Gazette parut la même année. Voir la lettre du 15 septembre suivant.

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— M. de Rochefort a publié, il y a dix-huit mois, I'Essai d'une traduction de l'Iliade en vers, dont l'Académie des inscriptions et belles lettres a bien voulu agréer l'hommage, mais_dont le public a jugé peu avantageusement, malgré la protection de l'Académie. Le traducteur est content du public : c'est apparemment un homme modeste, qui interprète favorablement le silence qu'on a gardé sur son Essai. En conséquence. il a entrepris une traduction tout entière de cette pauvre Iliade, dont il vient de publier les six premiers chants * , et dont il promet religieusement la suite. Ce bon vieux père de la poésie a eu beaucoup à. souffrir, en ces derniers temps, des Bitaubé et des Rochefort, sans compter les impertinences passées de La Motte

Houdard. — M. Dumouriez afait comme M. de Rochefort; il a donné,

il y a quelque temps, l'essai d'une traduction en vers du célèbre poème italien intitulé il Rieciardetto. Il prétend que le public a été fort content, et il vient en conséquence de publier sa traduction tout entière. Dieu vous garde d'être assez injuste envers ce charmant poème pour le lire dans la version de M. Dumouriez ’!

— Depuis que M. Dorat a mis les héroïdes ornées d'estampes et de vignettes à. la mode, tous les petits poètes ont voulu faire imprimer leurs thèmes avec le même luxe. En dernier lieu, M. Blin de Sainmore a fait reparaître ainsi sa Lettre de Biblis à Caunus, son frère, pour lequel elle a le malheur de brûler d'un amour incestueux; et sa Lettre de Gabrielle d'Estrées mourante à Henri I V, son amant. Nous connaissions déjà . ces pauvretés. M.Mailhol a aussi publié une Lettre en vers de Gabrielle de Vergy il la comtesse de Raoul, sœur de son amant Raoul de Coury*. Il a ajouté à. son héroïde la romance connue de M. le duc de La Vallière sur le même sujet. M. Mailhol est plus cruel poète que M. Blin de Sainmore. On peut leur associer l'auteur inconnu de la Lettre de Narval à Williams, son ami. Ce dernier est un génie créateur qui doit tout à. son invention : aussi n'a-t-il pas cru que son ramage eût besoin d'une estampe pour nous séduire.

l. L'lliade d'lIomèra, traduite en vers, avec des remarques, par M. de R... Paris, Saillant, 1766, in-8°.

8. Voir tome VI, p. 42 et note.

3. Paris, veuve Duchcsne. 1766, in-8°. Une figure et une vignette (non signée)

d'Eisen, gravées par Longucil.

,ÿ.L À; LA‘_““

— On vient de publier les Pièces fugitives de M. François, de A'cufchdteau en Lorraine, âgé de quatorze ans, associé des académies de Dijou, de Marseille, de Lyon et de Nancy ' . Voilà . un associé de plus d'académies qu'il n'a vécu de lustres. Malgré ces honneurs et ces productions précoces, quand vous les aurez lues, vous aurez de la peine à.croire que M. François fasse, à . dix-huit ans, une tragédie comparable à. celle d'0Edipe, que M. de Voltaire fit à . cet âge sans être encore d'aucune académie.

— Dissertation physique sur l'homme, dédiée au roi de Prusse, traduite du latin, composée et soutenue aux écoles de médecine de Montpellier, pour le grade de bachelier, par M. Lansel de Magny. Cette petite dissertation traite d'abord du mécanisme, de la conception et de la génération. Ensuite l'auteur ébauche un traité des tempéraments, et enfin, dans la dernière partie, il fait l'histoire des impressions de l'âme sur le corps et du corps sur l'âme. M. Lansel de Magny n'a qu'à . rendre grâce à . la platitude de son style pédantesque, qui l'a garanti de la célébrité, malgré l'hommage rendu au philosophe couronné. Sans cette heureuse obscurité, si ledit M. Lansel eût été éventé par un.seul chien de Sorbonne, toute la meute se serait mise à. ses trousses à . cause du fumet de matérialisme dont il est infecté. '

— Il parait deux Rapports en faveur de l'inoculation lus dans l'assemblée de la Faculté demédecine de Paris, et imprimés par son ordre, par M. A. Petit, l'un des commissaires de la Faculté, pour décider des avantages ou des inconvénients de l'inoculation. M. Petit, qui est aujourd'hui le premier anatomiste du royaume, est à . la tête des commissaires qui se sont déclarés pour l'inoculation. On peut comparer son rapport avec celui que les commissaires anti-inoculateurs ont publié l'année dernière, et qui est un tissu de mensonges et de bêtises. Un autre commissaire, M. Cochu, a publié son avis à. part. Cet avis est aussi en faveur de l'inoculation. Il a paru aussi un autre opuscule sur l'inoculation en cinquante-quatre pages in-Sn

— Essai historique et chronologique sur les principaux événements qui se sont passés depuis le commencement du monde jusqu'à nos jours, par M. l'abbé Berlié. Volume in-8‘' de quatre cent quarante-six pages. L'auteur a cru devoir séparer l'histoire dite sainte et l'histoire profane; on lit celle-ci à . droite de son livre, et l'autre à . gauche. Il aurait pu mettre tout à. gauche. Cette rapsodie est très-informe, et faite dans un très-mauvais esprit. N'y faites point étudier l'histoire à . vos enfants. Le pieux prêtre Berlié, en faisant l'éloge du roi de France François le‘, remarque qu'il eut grand soin d'exterminer les hérétiques. Sans doute il voudrait que ses successeursà . perpétuité méritassent le même éloge. Il faudrait en bonne police cinquante coups d'étrivières tous les matins à . tout coquin de prêtre ou de laïque qui se permet de sang-froid d'écrire de pareilles atrocités.

1. Ncufchà.teau et Paris, 1766, in-8“.

— M. l'abbé Bérardier a aussi publié un Précis de l'histoire universelle avec des réflexions. Volume in-12 de trois cent soixante pages. C'est encore un pauvre homme que cet abbé Bérardier, qui se qualifie d'ancien professeur d'éloquence dans l'Université de Paris. Dieu préserve tous les jeunes gens, qui doivent devenir hommes, de pareils précepteurs l

— La Religion en pleurs gémit sur le tombeau de M. de F itzJames, évêque de Soissons, étégie. Voilà . un hommage rendu un peu tard au prélat qui en est l'objet, et qui est mort il y a déjà . quelques années. L'évêque de Soissons était un grand homme de bien, mais de peu d'esprit. Il haïssait les jésuites, il ne mettait jamais dans ses mandements : Évêque par la grâce du saintsiége; et il était en vénération aux jansénistes, qui se glorifiaient de la pureté de ses mœurs et de l'intégrité de sa conduite.

— Amusement curieux et divertissant propre à égayer l'esprit, ou Fleurs de bons mots, contes à rire, ete., le tout sans obscénité, par M. D**' ‘ , jadis imprimeur de l'escadre du roi à. Minorque. Deux volumes in-I2. Fondation très-utile pour les antichambres.

— Jetez au feu Cassandre aubergiste, parade, par l'auteur de Gilles, garçon peintre, c'est-à.-dire par l'illustre Poinsinet, et le Retour favorable, comédie bourgeoise en un acte, représentée sur le théâtre de M. le duc de Grammont, par M. G"'“", c'est-à.-dire par un polisson de la force de M. Poinsinet.

1. Ducry.

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