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faire,

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de crainte

que

Maris Stüart Héritiére d'Elisabeth, & plus jeune qu'Elle, venant à lui succéder, Messieurs de Guise ses Parens, qui la gouvernoient absolument, & qui par le grand nombre de Créatures qu'ils avoient dans le Royaume faisoient branler sa Couronne , fortifiez de la Puissance d'Angleterre , d'Ecosse & d'Irlande , n'en fifsent enfin un second Chilperic: car ceux de la Ligue eurent l’infolence de changer la Devise du Roi Manet ultima Cælo, en Manet ultima Claustro. Le Roi disoit qu'aprés avoir jouï en terre des Couronnes de France &

de Pologne , il espéroit la troisiéme dans le Ciel ; Et les Ligueurs disoient hautement qu'ils lui donneroient cette troisiéme Couronne dans un Cloître ; Et comme un sçavant de ce temps-là eût étendu la Devise du Roi en ce bel Hexamêtre, Qui dedit ante duas , tripli

cem dabit ille Coronam. La rage de ceux de la Ligue le paraphrala en ce Distique. Qui dedit ante duas, unam

abftulit , altera nutat, Tertia tonforis est facienda

manu. Davantage: dans un Con.

feil secret de ceux de ce Para ti, où l'on proposoit cet horrible dessein: comme l'un de la compagnie plus modéré que les autres, eût demandé qui seroit celui qui oseroit mettre le Roi dans un Cloître : le Cardinal de Guise , d'un naturel impétueux, aprés lui avoir reproché la mollesle, dit tour haut qu'on lui livrât le Roi, qu'il Paroles lui mettroit la tête entre ses dinal. genoux, & lui feroit la Couronne de Moine avec la pointe d'un poignard; Difcours qui depuis lui coûta bien cher, car aprés que

le Roi Henri II I. eût fait tuer Monsieur de Guise fon frere,

& qu'il balançoit ce qu'il de. voit faire de ce Cardinal qu'il avoit fait arrêter : le Colonel Alphonse d'Ornano Pere du Maréchal de ce nom, l'ayant fait souvenir de ces cruelles paroles , & remontré que

le frere vivant étoit plus dangereux que n'avoit jamais été le mort : le Roi jurà qu'il en mourroit, & envoya aussi-tôt Monsieur du Guast Capitaine aux Gardes , avec ordre précis de l'expédier.

Cette sollicitation fecrete de Henri III. contre Marie Stuart sa Belle-Sæur , Reine d'Ecosse , & Douairiére de France , fait voir que pour fa conservation on facrifie ses

Alliez & fes Proches : mais de plus , on immole souvent la Religion par interest & par raison d'Etat : témoin ce que la même Reine Elisabeth a dit autrefois à mon Pere , qu'Elle tenoit la vie du Roi Philippes second son Beau- Philippe Frere, quoi que le plus grand ja viera de ses Énnemis ; Ausli Elle Elifabeth l'avoit peint dans la ruelle d'Anglede son lit, & le faisoit* confi- la Sæur dérer à tout le monde com- vouloit me son Sauveur. Effective-mourir, ment il empêcha la Sæur Marie de la faire mourir: car

gleterre cette Reine Marie , seconde foit Héfemme du Roi Philippes , que de étant grande Catholique, & étre joinfort infirme, craignoit avec France.

· Marie

& aime mieux quel'An

rétique,

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