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la vérité. C'est pourquoi nous supplions au nom du Seigneur votre assemblée de mettre une fin à nos travaux. Ou rétablissez la paix sans rien retrancher, s'il est possible; ou portez

la cognée de justice à la racine d'un arbre qui ne produit „ que des fruits amers de dissention & de querelles. Que votre

dilection jouisse de longs jours, & se souvienne de nous dans ses prieres.

Lilleshul étoit de la filiation de Dorcestre. Tels sont les hommes de tous les siecles. Les meilleurs établissements ne changent point leur nature. La discipline commençoit aussi alors à souffrir des atteintes dans l'Ordre de Citeaux, & l'un des premiers Successeurs de Saint Bernard fut assassiné à Clairvaux par un de ses Moines , lorsqu'il travailloit à y maintenir la rigueur de la regle. Dieu , dit le P. Longueval, permettoit ces affreux écarts pour tenir dans l'humilité & la crainte ce qu'il y avoit de plus éloigné d'y tomber.

Lambert abdiqua en 1172, après avoir gouverné la Maison & l'Ordre d'Arrouaise pendant près de onze ans. Je n'ai pu découvrir l'époque de sa mort. Son nom n'est pas même repris dans le Nécrologe. (r) Le passage où il est parlé de sa démission dans la Préface de Gautier, jette du moins un grand jour sur un point de la Chronologie des Évêques d'Arras. On

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voit que ce fut au commencement du gouvernement de Lambert, c'est-à-dire vers 1161, que Godescalque Evêque d’Arras, chargé d'infirmités, devenu même aveugle, se démit de son Evêché, laissant pour Successeur André, natif de Paris & Abbé de Sarnai , Ordre de Citeaux. Godescalque qui avoit été Religieux de Saint Martin de Laon, retourna dans cette Abbaye où il

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() Il avoit perdu deux puissants Protecteurs en peu de tems, Bauduin Évêque de Noyon, dans le cours de l'année 1167, & Milon II, de Térouanne, en 1169.

mourut le 7 Août 1170. André le suivit au tombeau l'année suivante , à pareil jour, c'est-à-dire le 7 Août 1171, (s) & non dans le cours de l'année 1173 comme le disent les Éditeurs du Gallia Christiana , d'après Iperius, les Chroniques d’Anchin & d'Andres. Le récit de Gautier contemporain d'André & de son Successeur Robert, est conforme au manuscrit cité

par

les mêmes Auteurs, dans lequel il est dit que Robert fut Évêque élu d’Arras pendant près de deux ans, & qu'étant passé au Siege de Cambrai, il fut assassiné peu de tems après, les

à Condé, par des Emissaires de Jacques d’Avene à qui il s'étoit rendu odieux. Ce Robert étoit né dans le Pays Chartrain d'une famille obscure ; mais il avoit su plaire à Philippe d'Alsace de qui il tenoit déjà la Prévôté de Saint Pierre d'Aire , celle de Saint Donatien de Bruges, & d'autres Bénéfices, avant que l'Évêché d'Arras vînt à vaquer. Son Corps fut porté à Aire & enterré dans l'Église Collégiale. Frumalde Archidiacre d'Oftrevant le remplaça. sur le Siége d'Arras , & Alard sur celui de Cambrai.

Octobre 1174,

CHAPITRE VIII.

Evrard. Jacques. Il paroît que Lambert ne fut point

paroît que Lambert ne fut point regretté. Il passoit pour 1172. n'avoir pas une grande intelligence dans l'administration du temporel , talent essentiel surtout alors, le nombre des Religieux étant très-considérable & les choses nécessaires à la vie devant

(s) Le Nécrologe d’Arrouaise ne fait qu'indiquer le jour de leur mort : « VII

ld. Aug. 0. Dominus Godefcalcus quondam Attrebatenfis Epifcopus, Item Dominus n Andreas Attrebatenfis Episcopus.

être tirées des possessions du Monastere. On crut trouver toutes les qualités désirées dans Evrard , natif de Boulogne & Abbé de Ruisseauville. Il fut élu ; mais il s'apperçut bientôt que quelques esprits étoient aigris contre lui. Préférant une vie obscure & tranquille à des honneurs sujets à tant de vicissitudes & d'embaras , il donna sa démission , se retira à l'Abbaye de Chauny (a), & ensuite à celle d'Ourcamps où il embrassa la regle de Citeaux.

Les élections successives de Robert aux Siéges d'Arras & de Cambrai n’avoient gueres été libres. Celle même de Frumalde à l'Evêché d'Arras étoit due aux intrigues de Robert & à la puissante protection de Philippe d’Alsace. Un diplome que ce Prince accorda dans ces circonstances à l'Abbaye d'Arrouaise, me fait croire que les Religieux de cette Maison craignoient eux-mêmes beaucoup pour la liberté de leurs suffrages, lorfqu'ils élurent pour Général l’Abbé de Ruisseauville. Il est daté du Palais du Comte à Arras , 1172, en présence de Frumalde Evêque d’Arras, de Hugues Abbé de Corbie , Simon Abbé d'Eaucourt &c. « Je fais savoir à tous présents & futurs, dit

le Prince, que j'ai confirmé gracieusement aux Freres de Saint Nicolas d'Arrouaise qui vivront en commun dans la même Église sous la regle de Saint Augustin & y serviront Dieu humblement sous des loix communes, la liberté de

faire l'élection d'un Abbé soit parmi leurs Freres, soit parmi „ ceux des autres Églises du même Institut. Je veux aussi &

j'ordonne qu'ils présentent librement leur élu à l'Evêque pour qu'il le bénisse , selon ce qui est marqué dans les Privileges qu'ils tiennent du Saint Siege, sans qu'ils essuyent aucune

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(a) De l'Ordre d’Arrouaise , & non à Cluny, comme le disent les Auteurs du Gall. Christ.

»

contradiction ni de ma part ni de la part de quelque per

sonne féculiere que ce soit. Qu'aucun de mes héritiers ou „ successeurs n'ait la présomption de contredire cette présente „ confirmation, de crainte qu'en violant ce qui est ordonné » par les saints Canons, il n'éprouve la colere vengeresse du

juste Juge &c.
Évrard assista au Chapitre général de 1177 ,

l'année même de son abdication. Son nom est repris dans un acte d'échange qui y fut passé par l'Abbaye d'Arrouaise avec Hugues , Chevalier , fils de Jean de Buquoy , (b) à qui elle céda quelques pieces de terres situées à Baïencourt, pour une certaine part dans la dime de Monchy - Lagache. Les témoins sont Évrard Abbé d'Arrouaise, Jacques son Successeur & tout le Chapitre de la même Église ; Anselme Abbé de Cysoing, Nantelme de Chatillon, Foulques de Sainte Marie de Boulogne, Robert de Saint Léger, Thiébaud de Saint Crépin, Hemfroi de Phalempin, Rainier de Chauny, Hemfroi de Clairfaï, Martin de Marcul, Manassés de Choques : parmi les Laiques , Pierre (c)

(b) Quoiqu'en dise Jean le Carpentier (P. 736. T. 2.) Cette Maison de Buquoy n'a aucun rapport avec celle de Longueval-Buquoy. C'est ce que je prouverai avec évidence lorsque je parlerai de Guillaume de Longueval, sous l'année 1265.

(c) Cette famille de Chatelains de Péronne fut très-affectionnée à l'Abbaye d'Arrouaise. Leur Généalogie est tracée presque toute entiere dans nos Chartes, depuis Frédéburge, épouse d'Eudes de Péronne, laquelle donna à cette Abbaye dans les premiers moments de la fondation, des fonds situés à Roquignies, jusqu'au tems de l'Abbé Gautier, c'est-à-dire, pendant l'espace d'un fiecle. Plusieurs Auteurs qui ont parlé de ces Chatelains, ne les ont pas bien connus. Voici ce que je trouve dans nos Archives touchant cette illustre famille :

1. Eudes Chatelain de Péronne épousa Frédéburge, mentionnée au commencement du douzieme siecle dans une Charte de son fils , qui fuit.

2. Roger , Chatelain de Péronne, mort avant 1158. Je lui connois deux freres, Odon ou Eudes de Péronne dit le Clerc, & Bauduin dit le Roux. J'ignore quelle fut l'épouse de Roger , dont il parle souvent, mais qu'il ne nomme pas.

Chatelain de Péronne & Bauduin son frere, Simon de Buquoy &c. Je retrouve encore l'Abbé Evrard comme témoin dans un acte de donation de quelques terres situées à Doigny, faite à l'Abbaye d'Arrouaise par Henri de Beaumez & Azon son frere, en 1178. Il passa même dans le courant de cette annee un accord avec les Religieux du Mont-Saint-Quentin au sujet des Moulins de Doing & de Béquignies, ce qui prouve qu'il continua son administration pendant le voyage de son Successeur

en Italie. 1177. Jacques, natif de Ham & Profès de la Maison même d’Ar

rouaise, homme estimable par ses vertus & par son éloquence, remplaça Évrard & ne fut qu'environ deux ans à la tête de l'Ordre, étant mort le 9 Janvier 1180 à son retour du Concile de Latran. Les abus sans nombre introduits pendant le schisme, avoient donné lieu à ce Concile général auquel furent convoqués tous les Evêques & les principaux Abbés de l'Église Latine. On y défendit par le septieme Canon, comme un abus horrible , d'exiger quelque chose pour l'intronisation des Abbés ou des Évêques. L'Abbé Jacques rapporta de son voyage une

3. Pierre 1, Chatelain de Péronne, fils du précédent. Il épousa 1°. Frédéburge, qui paroît en 1158 avec plusieurs fils & filles non nommés. 2°. Clémence que l'on rencontre en 1172. Il avoit plusieurs freres, Bauduin, Enguerrant, Alelme , Chatelain de Ham, Hugues de Buquoy. Il parle de ce dernier frere dans l'acte par lequel il confirme comme suzerain la cession de la dime de Monchy dont il s'agit. Ce Hugues étoit cependant fils de Jean de Buquoy. Avoit-il avec Pierre ler. une mere commune, ou n'étoient-ils simplement que freres d'armes ?

4. Pierre II Chatelain de Péronne & Seigneur de Brai. Celui-ci paroît en 1202 avec son épouse Idoyne, Idonea , & son.fils ainé ; savoir,

5. Gautier. Ce fut probablement ce Gautier qui épousa Elisabeth, fille de Jean I Chatelain de Lille. Jean III. Chatelain de Lille & de Péronne, leur petit-fils, vendit la Chatellenie de Péronne en 1264 à Guillaume de Longueval, qui la céda en 1266 à Saint Louis. Cette Maison de Péronne portoit un Lion dans son écu.

Bulle

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