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Luthériens croioient presque qu'il j3ensoit comme ~ ■

eux, il repete cent fois que la vérité nous doit être 1J 3 donnée avec les signes ; que fous ces signes, nous l"stitut-l,b- *>•*'

0 '1 . r & » 17.». 17. & J'f.

recevons vraiment le corps & le lang de JelusChrist ; que la chair de Jeíus-Christ est distribuée dans ce sacrement; que nous sommes participans non feulement de l'cfprit de Jeíus-Christ, mais de fa chair ; qu'il ne faut point douter que nous ne recevions son propre corps ; & que si il y a quelqu'un dans le monde qui reconnoisle sincèrement cette vérité , c'est lui. Il ajoute dans un autre ouvrage , que nous sommes unis à Jcíús-Christnon par imagination , ní par la pensée, ou la ículc perception de l'cfprit, mais réellement & en cfíet par une vraie & substantielle unité. Il ne laisse pas de dire que nous y sommes unis seulement par la foi •■, ce qui ne s'accorde gueres avec fes autres exprefiions.

Secondement, il enseigne que ce corps une foi& offert pour nous, nous est donné dans lacéne, pour nous certifier que nous avons part à son immolation, & à la reconciliation qu'elle nous apporte. Ce

?iuí, à parler naturellement, voudroit dire qu'il aut distinguer ce qu'il y a du côté de Dieu, d'avec ce qu'il y a de notre côté, & que ce n'est pas notre foi qui nous rend Jcsus-Christ présent dans l'eucharistic , mais qjuc Jesus-Christ présent d'ailleurs comme un sacre gage de l'amour divin, íert de soutien à notre foi. D'ou il paroît certain que le don du corps & du sang, est indépendant de la foi dans le sacrement. C'est à quoi tendent beaucoup d'expressions de Calvin comme quand, il dit que Le 1 corps de Jésus-Christ est fous le pain, le $airrt-Es

An. I 5 3 6. pr]t cn [QUS ja colombe, ce qui marque nécessaire

Ji"/l'*'%l& 17' încnt unc Prcí*cnce substantielle, personne ne doutant que lc Saint-Esprit ne fut substantiellement

f>rescnt sous la forme de la colombe, comme Dieu ctoit toujours d'une façon particulière, lorsqu'il apparoissoit sous quelque figure. Et ailleurs parlant des Luthériens qui fans détruire lc pain, enferment le corps dedans. Si, dit-il, ce qu'ils prétendent étoit feulement que pendant qu'on présente le pain dans le mystère , on présente en même temps le coros, à cause que la vérité est inséparable de son íigne, je ne m'y opposerai pas beaucoup.

Troisièmement Calvin dit, qu'il ne dispute point de la chose, c'est-à-dire , de la présence &c de la manducation substantielle, mais feulement c,ivm institut, de ja maniere de l'une ôc de l'autre. Delà vient t*t- f 77. qu ìj admet une prelenec tout-a -rait miraculeule éc divine , que les paroles lui manquent pour exprimer ses pensées, & que fes pensées, quoique beaucoup au-dessous de ses expressions, n'égalent pas la hauteur de ce mystère ineffable. Ainsi nous conduisant par ses expressions à une union tout-à-fait miraculeuse, ou il ne dit rien, ou il . exclut l'union par la seule foi. On voit qu'il met dans leucharistic unc participation, qui ne sc trouve ni au baptême, ni dans la prédication , çafech. Jim. *2. puisqu'il dit dans le catéchisme, qu'encore quç Jesus-Christ nous y soit vraiment communiqué , toutefois ce n'est qu'en partie, & non pleine-, {rient ; cç qui montre qu'il nous est donné dans h

cénç cène autrement que par la foi, puisque la foi se -1

trouvant auísi vive & ausii parfaite dans le baptême lSS^* & dans la prédication , il nous y seroit donné auílì pleinement que dans l'eucharistic. Ge qu'il ajoute pour expliquer cette plénitude , est encore plus Fort : car c'est là qu'il dit que Jésus -Christ nous donne son corps & son sang, pour nous certifier que nous en recevons le fruit. Maisce quJil ajoûte, en parlant des indignes, fait voir une présence miraculeuse indépendante de la foi. Jesus-Christ, ditil, est véritablement offert & donné à tous ceux qui font allis à la sainte t^ble , encore qu'il ne soit reçu avec fruit que des seuls fidèles, qui est la même façon de parler dont se servent les Catholiques. Ainsi pour entendre la vérité de ce mystère, il faut croire que son propre corps y est véritablement offert & donné , même aux indignes, &: qu'il en est même reçu, quoique ce soit sans fruit -, ce qui ne peut être vrai, si ce qu'on nous donne dans ce sacrement , n'est pas le propre corps du fils de Dieu indépendamment de la foi.

La compáraison dont Calvin se sert au même c*Hìn t* endroit, établit encore mieux la réalité. Car âpres hky''1?- J>* avoir dit du corps &c du sang ce qu'on vient d'entendre , qu'ils ne font pas moins donnez aux" indignes , qu'aux dignes, il ajoíìte qu'il en est comme de la pluie, qui tombant fur un rocher, s'écoule fans lc pénétrer -, ainsi , dit-il, les impies repoussent la grâce de Dieu , & l'cmpêchent de pénètres au dedans d'eux-mêmes. D'où il s'enfuit, que selon cette comparaison, Jesus-Christ ne doit pas Tome XXFIII. R

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—- moins être substantiellement présent aux endurcis, An., I 5 3 C.. qU'aux fuiéles qui reçoivent ce sacrement, quoiqu'il, ne fructifie que dans les derniers. Il est vrai qu'il dit dans le même endroit , que quoique la chair de Jesus-Christ soit également donnée aux indignes & aux élus, elle n'est pourtant reçue que des élus seuls» Mais il abuse de ces mots. Car s'il, veut dire que Jasus -Christ n'est pas reçu par les inpan. i. Uj. dignes dans le. même sejis que saint Jean dit dans son évangile , qu'il est venu chez soi, & les siens ne l'ont point reçu, c'est-à-dire, ils n'y ont pas cru; il a raison. Mais comme ceux qui n'ont pas reçu Jefiis-Christ.de cette forte , n'ont pas empêché par leur infidélité , qu'il ne soit venu à. eux aussi véritablement qu'aux autres ; ainsi pour parler conséquemment, il faut dire que- cette parole, ceci efi mon corps, ne le rend pas moins présent aux indignes qui font coupables de son corps & de son sang y qu'aux fidèles qui s'en approchent avec foi qu'à regarder simplement la présence réelle^il est également reçu des uns & des autres. Ce qui est si vrai ; T)Uncid.txpoftt. que Calvin explique ces paroles de saint Jean yU t»s<- H?< cktir ne sert de rien, comme les Catholiques, en disant } que la chair ne sert de rien toute seule , mais qu'elle sert avec l'esprit. De sorte que si l'on ne reçoit pas toujours l'esprit de Jésus-Christ, avec sa chair, ce n'est«pas qu'il n'y soit toujours, car JesusChrist vient à nous plein d'esprit & de grâce, mais ipstit. m. 4. tas, c'est que pour recevoirl'esprit qu'il apporte, il faut 7 " 3'' lui ouvrir le notre par une foi vive; Ce n'est donc çasun corps fans ame, &c un cadavre que les impies. reçoivent, comme parle Calvin, puisque JésusChrist est toujours plein de vie. an' l6*

Les expressions dont s'est servi Calvin lui ont paru si fortes pour établir la présence réelle , qu'il a tâché de les affoiblir, en voulant que la propre substance du corps & du sang de Jesus-Christ ne nous soit unie que par la foi, & n'aïant dessein de reconnoîtrc dans l'eucharistie qu'une présence de vertu, refusant de dire qu'il soit réellement & substantiellement présent i comme íi la participation n'étok pas de même nature que la présence, &c qu'on pût jamais recevoir la propre substance d'une chose, quand elle n'est présente que par sa vertu. Il élude avec le même artifice le grand miracle qu'il se sent obligé de reconnoître dans l'eucharistie, &c <e miracle , selon lui, est comment Jesus-Christ nous fait participans de la propre substance de son corps, vû que son corps est au ciel, & nous fur la terre. A cela que répondent Calvin ôc les Calvinistes ? C'est que la vertu incompréhensible du SaintEsprit conjoint bien les choses séparées par distance de lieu. Mais de cette réponse on peut conclure, que les Calvinistes ont mieux senti qu'il falloit admettre un miracle dans l'eucharistie, qu'ils ne l'ont admis en effet ; car la présence par la foi, & la présence de Vertu n'est pas un miracle, & les Suisses gens de bonne foi qui s'énoncent en termes simples , & qui reconnoissent cette présence, n'admettent en cela aucun miracle.

Mais où l'on connoit mieux l'embarras de Calvin, c'est quand il s'agit d'expliquer ces paroles,

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