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Y ceci efi mon corps. Par tout il ne parle que de sens fi

N- 1 c- ouré , d'interprétation figurée , & de la figure métonymie qui met le signe pour la chose : façon de parler qu'il nomme sacramentelle, à laquelle il veut que les apôtres fussent déjatout accoutumez quand Jefus-Christ fit la céne. La pierre étoit le Christ, l'agneau est la Pâque , la circoncision est l'alliance, ceci eft mon corps * ceci rjì mon sang : ce font selon lui des façons de parler semblables. Mais il ne laisse pas de marquer son embarras; dans un endroit il rejette la figure avec mépris, comme quand il écrit Diincr!. expos, contre Heshusius ministre Luthérien :un moment

Tut.i.bïî'.'c!"?*' aprcs il y rentre , enforte qu'il ne peut rien dire ds certain, & qu'il a honte de fa propre doctrine; Après avoir etabli que le signe est pris pour la chose , il en est si peu satisfait, qu'il dit en d'autres endroits , que ce qu'il a de plus fort pour soutenir son opinion -, c'est que l'églife est nommée le corps de Notre-Seigneur. C'est bien sentir fa fbibleste que de mettre là. sa principale défense. L'églife est-elle le signe du corps de Jefus-Christ, comme le pain Test selon Calvin ? Nullement, elle est son corps , comme il est son chef par cette façon de parler si vulgaire y où l'on regarde les focietez, & le prince qui les gouverne comme une efpece de corps naturel qui a fa.tête <k fes membres. Le reste'de la doctrine ne lui donne pas moins de peine , & les-, expressions violentes dont il fe sert , le font assez voir. Àuflì ses disciples ont été contraints de l'abandonrxer dans le fonds ; en forte que', selon eux, recevoir kgropre substance du. corps de Jefus-Christ, c'est seulement le recevoir par sa vertu, par son efficace, "~

par son mérite ; toutes choses que Calvin avoit rc- A N. 1513 jettées comme insustìíantcs.

Un troisième article qui acquit beaucoup de cré- „ ,CI

x _ , . * -r J. Calvin. re;cttt

dit a Calvin, parmi ceux qui le piquoient o avoir [«cérémonies, de l'esprit, fut la hardiesse avec laquelle il rejetta les cahin.iajatut. cérémonies. II condamnoit Melanchton qui trouvoit à son avis les cérémonies trop indifférentes j &c íì 1e culte qu'il introduisoit parut si nud à quelquesuns, qu'ils Pont appelle un squelette de religion s qui n'avoit ni suc , ni onction , ni ornement, ni rien qui sentît & qui inspirât la dévotion' ; cela même fut un nouveau charme pour les beaux eíprits, qui crurent par ce moïen s'élever au-dessus des sens, & se distinguer du vulgaire.

Calvin soutient encore en termes formels , cir.

,»J > '■ ri o »-1 l'rT Autres erreur»

qu Adam n a pu eviter la chute, & qu il ne Laiíle deoiviir. pas d'en être coupable, parce qu'il est tombé volon- 'institut, nb. 3^ tairement. Ce qu'il entreprend de prouver dans íbn institution : & il réduit toute fa doctrine à ces deux principes j l'un que la volonté de Dieu apporte dans toutes choses, &c même dans nos volontez, fans en excepter celle d'Adam , une néceíhté inévitable; l'autre que cette nécessité n'excuse pas les pécheurs* On voit par là qu'il ne conserve du libre arbitre que le nom -, même dans l'état d'innocence : 6c il ■ Jìc faut pas disputer après cela, s'il fait Dieu auteur du péché, puilqu'outre qu'il, tire souvent cette.coníséquence; on voit trop évidemment par les principes qu'il pose y que la volonté de Dieu est la seule cause de cette nécessité imposée à tous ceux.qui.péchent^ . Riij;

■ Quand il parle des vœux monastiques & des re

An. ligieux qui les ont fait, il dit que leur aveuglement

cm. étoit d'autant plus déplorable , qu'ils se trouvoient

Ce qu'il a écrit • V • • 1 1 • 11

suriesvceux&au- dans une condition qui les rendoit malheureux en tres sujets. monc[e} & les damnoit dans l'autre : que leur *î£n!%.'^fr 'fa. engagement dans le cloître étoit absolument nul;

èV que comme il n'étoit pas au pouvoir des hommes de désunir ce que Dieu avoit joint, il ne Tétoit point aullì de tenir dans l'esclavage ceux que la loi divine mettoit en liberté : Que les vœux en gênerai etoient de purs ouvrages de la superstition, & qu'en particulier celui de la pauvreté etoit à charge à l'état, que celui de la chasteté l'aífoibliíToit, &c que celui de l'obéissance établiílbit fur les consciences un joug , que les loix divines &c humaines n'avoient pas juge à propos d'imposer. institut, ub. j. f. Les autres erreurs de Calvin répandues dans son txTiîb. TMèïp.iZ institution, consistent à vouloir que la foi soit toû,iih. }. c.i6.?.i,& jours mêlée de doute & d'incrédulité, que le pere éternel n'engendre pas continuellement son fils , ôc que le fils n'a pas son essence du pere, ni le SaintJEÍprit du pere & du fils j que Jesus-Chr-ist n'a rien mérité à l'égard du jugement de Dieu ; qu'il a eu de la c "îinte pour le salut de son ame -, que Dieu a créé la plûpart des hommes pour les damner , non qu'ils l'aient mérité pour leurs crimes, mais parce qu'il lui plaît ainsi , &c qu'il n'a prévu leur damnation,que parce qu'il l'a ordonnée avant que de prévoir leurs crimes , ce qui détruit absolument toute ridée qu'on doit avoir de Dieu, caiviílïïn ita- Aussi -tôt que Calvin eut fait imprimer ses liìíc auprès de la yrcs de llnstitution à Baie, il s'en retourna à Stras. bourg où il prit auílì-tôt la résolution de passer les —

Alpes & d'aller trouver la duchesse de Ferrare, Re- 1 Signée de Franee seconde fille du roi Louis XII. &c de d!"ríeíse de Fcr

rare,

la reine Anne de Bretagne. Cette princesse que la rwj«ff»r«*nature n'avoit pas beaucoup favorisée du côté du "*c'lvtntcorps , avoit en récompense beaucoup d'esprit y sçavoit la philosophie , les mathématiques & raisonnoit aílez bien d'astronomie. Elle avoit déja fait venir à sa cour Clément Marot, qui lui avoit inspiré beaucoup d'inclination pour la nouvelle reforme : Et en effet elle panchoit beaucoup pour le parti de Luther. Mais Calvin aïant acquis quelque cv..

i • r r r A i j t i r A Calvin arrive !■

crédit lur Ion elpnt, tacha de la mettre de Ion co- Ferrare & instruir té& n'omit rien de ce qui pouvoit Tattirer à lui.. h duchesscII lui insinua que Luther avoit été trop timide &c l'U'* va*c'l~ qu'il étoit demeuré au milieu du chemin , que Zuingle étoit allé trop loin , que Melanchton travailloit inutilement à concilier ces deux partis avec les catholiques, parce qu'il entretenoit les abus dans réglise en voulant rétablir l'épiscopat -y quoiqu'il ne le réconnut que de droit humain j qu'enfin pour arracher tous ces abus jusqu'à leurs racines, & rétablir la foi & la discipline dans toute leur pureté , il falloit d'un côté ôter à l'eucharistie la présence corporelle de Jesus-Christ •> &c de l'autre y substituer la vérité & la solidité des fruits de la rédemption. La duchesse de Ferrare entroit assez■• , Cvi

, '* ,. , , _ Le duc de Ferrare

dans toutes ces nouveautez; mais le duc de terra- ne veut pas le re craignant que le séjour de Calvin dans ses états tuÍT dai* sts ne le mit mal lui-même avec le pape de qui il rélevoit, obligea cet hérétique de s'en retourner incessamment dans son gaïs, & lui fit craindre de le

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déférer à 1'inquisition s'il ne partoit promptement.

Calvin chaste de Ferrare vint en France pour y mette ordre à ses affaires , on ne dit pas dans quelle ville il s'arrêta , íì ce fut à Paris ou à Noyon , mais le séjour qu'il y fit ne fut pas long -, & la mcmc année il prit le chemin de Strasbourg par la Savoie , ôc s'arrêta à Genève , où Farel & Viret avoient commencé à établir la religion protestante. Farel qui sçavoit la réputation que Calvin s'étoi-t acquise parmi les protestans de France , íìt tant qu'il lui persuada de s'érablir à Genève pour Taiïìster dans le gouvernement de l'église prétendue qu'il y avoit Fondée , & partager entre eux les emplois du ministère. Sur lc refus que Calvin faisoit de se rendre, sous prétexte qu'il avoit quelques études à faire qui l'occuperoient ássez, Farel lui dit : le prétexte que vous m'allegués est frivole , & je vous annonce au nom du Dieu tout puissant , que íi vous refusez de travailler avec nous , vous attirerés fur vous la malédiction du Seigneur, parce que vous préférés vos intérêts à ceux de JeÍus-Christ. Calvin accepta donc la commiílionde prédicateur , &c de professeur en théologie , que le magistrat & le consistoire de Genève lui adressèrent du consentement du peuple il commença d'entrer en exercice au mois d'Août de cette année 1 y 3 £.

Pierre de la Baume évêque de Genève connoissant enfin la faute qu'il avoit commise en quittant sa ville , fit plusieurs tentatives pour y rentrer , mais le parti des hérétiques grossissant tous les jours, elles furent inutiles, la réputation de Calvin atti

roit

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