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& que les pèlerinages, les reliques, les chapelets, "T ^ íes images & autres choses semblables étoient inu- * tilcs pour le salut. Il ordonna encore d'abattre toutes les images auxquelles on avoit accoutumé dcv faire des offrandes, & défendit d'allumer des cierges devant aucunes, excepté celles qui representoient Nôtre-Seigneur Jcsus-Christ,parcc que toutes ces choses, disoit-il, conduisoient à la superstition & à Tidolâtrie. Il recommanda de lire au peuple les ordonnances ecclésiastiques du roi au moinsquatre fois Tannée, défendit de faire des change* mens dans Tobfervation des jours de fêtes,fans permission, ordonna fur-tout de ne plus lire Pofficc de saint Thomas de Cantorberi,abolit la génuflexion que le peuple avoit coûtume de faire à lAue Àfavint du sermon, & exhorta les ecclésiastiques à prêcher au peuple de retrancher les litanies de leurs^ prières.

Cependant comme Henri craignoit que Tempe* LerS£i>!ereur & le roi de France n'eussent conclu une trêve j^negoefeatei-de dix ans dans la vue de Taftaquer, il pensa à fui- d Aiicmagne. citera Charles V. des embarras qui fussent capa- . Mh*ì Btr*r* bles de le détourner de ce dessein. La ligue de 'rL'vnu* ***' Smalkaldc lui en fournissoit Toccasion : mais cett« ligue étant fortement attachée à la confession d'Auíbourg,il ne voioit pas qu'il pût y entrer pour soutenir une religion qu'il n'approuvoit pas danstous ses articles. Ainsi, son dessein étoit ou d'engager les Protestans à conclure avec lui une ligue générale , qui ne fût point bornée à la défense de leur religion, ou de les amener à se contenter de la réformation qu'il avoit lui-même introduite en An*-

glctcrre. Pour cet effet il leur envoïa des ambassa

A N. rj)9, odeurs, qui eurent.ordre de leur demander quels étoientles membres de leur ligue ; & en cas qu'elle fût restrainte à la religion j de les prier de luienvoi'er quelqu'uns de leurs plus habiles théologiens, pour voir si l'on pourroit convenir d'une religion commune. Les Protestans répondirent que leur ligue étoit composée de vingt-six villes Impériales 6c de vingt-quatre princes,auxquels le roi de Dannemarck venoit de íc joindre. Qu'ils ne pouvoient se passer pour lors de leurs théologiens ; mais qu'ils le prioient de se déclarer positivement sur la proposition qu'ils lui avoient fake,d embrasser la confession d'Auíbourg. Lxxvii. Quelque-temps après il lui envoïerent des amSnÌ«cínatsuc! bassadeurs capables de disputer sur les points de religion. Mais cette ambalsade fut inutile. Henri trouva dans les Allemands des hommes rout autres que ses sujets & peu portez à la complaisance. Ils ne voulurent lui passer ni la communion fous une feule espece, ni les messes privées, ni la confession auriculaire, ni le célibat des prêtres , &c lui en donnèrent leurs raisons par écrit, auxquelles il répondit, quoique fort inutilement : de forte qu'il les congédia fans rien conclure, étant aussi peu satisfait d'eux, qu'ils 1 etoient de lui. Fox évêque d'Hcreford qui avoit été chargé de cette négociation d'Allemagne, étant venu à mourir, les réformateurs crurent bien faire en procurant cet évêché à Edmond Bonner qui venoit d'être rappelle de son ambassade de France , à la sollicitation de François I. qui n'avoit pas été content de lui. Peu

de de tcipps après ils lc firent promouvoir à l'évêché — de Londres, mais cc prélat qui leur avoic tant d'o- A N. IJ38. bligauon , devint dans la íuite un de leurs plus mortels ennemis;

Ainsi tout contribuoit à diminuer le parti de Lxxviii. Parchevêque Cranmer ; il n'avoit plus pour lui formV^cHmie qu'un petit nombre d évêques, comine ceux de ^"'^^uíeun'c! Saliíbury, de V^orchester,^ de Saint Asaph, dont Br„,, hlf{_ de u on ne faisoit pas grand cas -, les prédicateurs de la "Mi-M»1nouvelle réforme prêchoient d'une mamcre indiscrète , & se mettant peu en peine des suites que leur faux zélé pourroit avoir, ils avançoient ouvertement des opinions que le roi défnpprouvoit; cc qui contribuoit beaucoup à prévenir ce prince contre eux. Cranmer voïant donc que son parti s'affoibliísoit, & n'aïant plus que Cromwel fur qui il pût sûrement compter , jugea qu'il falloit sc foûtenir en mariant le roi avec quelque princesse qui le protégeât. Cromwel & lui avoient éprouvé combien Anne de Boulen &c Jeanne de Scymour, avoient été capables d'adoucir l'esprit du roi à Pétard des réformez ; & ils ne doutoient point que s'ils pouvoient lui donner une femme qui fût dans Jes mêmes fentimens , elle ne produisît le même effet. Dans cette vûë ils résolurent d'engager le roi dans quelques alliances avec les princes d'Allemagne ; &c Cromwel se chargea de négocier le .rnanage d'Henri avec Anne sœur du duc de Cle- , ves, &c de la duchesse de Saxe dont elle étoit cadette.

Pendant que le parti des réformez s'affoiblissoit Lxxix.

. . 1 », n" r Bucer veutrecoi*

en Angleterre , 1] prenoit de nouvelles rorces en ciii« les LucheTme XXV'III. „ D 4

■ ■' Allemagne ; & Buccr entreprit de réunir les Suisses A N. 1J38. avec les Luthériens : cette tentative avoit déja été riens avec les mi- commencée , mais plusieurs difHcultez aiaintcm

flistres de Zurich. />> i / i i r r> I

pèche de la conlommcr, Bucer crut pouvoir la reprendre avec plus de succès. II y eut donc exprès une assemblée en Suisse dans le mois de Mars de Lxxx. 1538. afin de délibérer fur la réponse qu'on feroit wcnBu*«°& "s * ^ne ^Cttre > où Luther qui avoit été consulté, dé«jmûrei de Zu- claroit qu'il ne pouvoit passer l'article de la céne , que les autres vouloient conlerver; & qu'il enten, doit à la lettre ces paroles de Jésus- Christ : Ceci est

mon corps y ceci est mon sang. L'on manda à cette assemblée Bucer & Capiton pour s'expliquer. Les ministres de Zurich représentèrent que Luther dans ses écrits & dans la confession d'Auíbourg avoit soutenu la présence réelle , & condamnoit nettement l'opinion des Zuingliens ; que ces écrits de Lurhcr étant publics, & les termes très-clairs, ils ne pouvoient approuver fa doctrine fans être auparavant assurez qu'il avoit changé de sentiment, & qu'il alloit embrasser la vérité. Bucer étonné de cette objection, répliqua que c'étoit mal à propos qu'on s'avisoit de la faire présentement , qu'il y avoit long-temps qu'on íçavoit ce qui étoit contenu dans les écrits de Luther , & que l'on n'avoit point encore fait cette difficulté dans tout le cours de la négociation ; qu'à présent fur lé point de finir on s'avisoit de la proposer,& de renouveller une vieille querelle pour empêcher l'union. Les ministres de unen repartirent que ce n etoit point eux qui avoient sollicité ceux de Strasbourg à se mêler de cette négociation,que Buccr & Capiton les étoient

venus trouver, & les avoient assurez que le senti-
ment de Luther sus l'cucharistic s'accordoit avec lc ^ N*
leur, s'ils vouloicnt dresser une confession de foi
qui contînt leur sentiment, & les conditions fous
lesquelles ils faifoient leur accord avec Luther j
qu'ils avoient dressé cette confession à Bâlc,& qu'ils
s etoient nettement expliquez fur la céne ; que si
Luther eut approuvé cette confession de foi, il
lien eut pas fallu davantage pour l'accommode-
ment; qu'au contraire Bucer leur avoit apporté
d'autres articles de Wirtemberg, & les avoit prié
de les signer ; qu'ils avoient promis de le faire,
pourvu que Luther approuvât les explications que
Bucer y donnoit ; qu'enfin ils avoient envoïé une
déclaration de leurs fentimcns,à laquelle ilsétoient
résolus de s'arrêter, & qu'ils ne vouloient rien
approuver de nouveau ni d'obscur.

Le lendemain Bucer sir un long discours pour Lxxxt. montrer qu'il n'y avoit que des différences d'ex- Discours de Buc«

1 i .- Iti 1 r» - Pour TMconsornl1

prcíiions entre les íentimens de Luther & de Zuin- té des deux semi

*t r> i / «'/ N N' >'i mens dans le fond.

gle íur la cene , & repeta a peu pres ce qu il avoit r. .,

Î5 * _ » mit Hosfi». »d hune

dit dans les conférences avec McLnchton avant i. /w.

l'accord de "Wurtemberg; mais ceux de Zurich in- -5°' íìstercnt toujours, qu'ils s'en tenoient à la confession de Bâlc, & à la dispute de Berne; que les termes dont Luther s'étoit toujours scrvi,étoientbien differens de ce qu'ils pensoient, qu'on ne pouvoit cxpliqucrleur opinion d'une autre manière sans lui faire violence } parce que les termes en étoient clairs & fans ambiguité -, & qu'il n'étoit pas juste ■d'ajouter plus de foi au rapport de Bucer qu'il a dé> claration de Luther même, qui s'exprimoit d'une

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