페이지 이미지
PDF
ePub

articles , & le roi la confirma fous íc titre de loi. "~ On y faisoit dire à ce prince , qu'étant informé de N* la division qui s'étoit glissée entre fes sujets , tant J^^nri vïïi. séculiers qu'ecclésiastiques touchant la religion ; ôc sua*n. inc»mconsiderant d'ailleurs les bons effets qu'une pariai- L ,ltr3lh

i l Butnet ut J*fr*

te union pouvoit produire , & de quels malheurs tv-ìa-
h discorde feroit suivie, il avoit d'abord assemblé
son parlement ôc son clergé pour travailler à assou-
pir ces différends. Que six articles aïant été propo-
sez & examinez par le clergé , il s'étoit rendu au
parlement, où après en avoir conféré lui-même, on
avoit sixé ces six articles ainsi énoncez. i°. Qu'après
la consécration du pain ôc du vin il ne restoit dans
lc sacrement aucune substance de ce pain ôc de cc
vin , mais que le corps ôc le sang naturel de Jesus-
Christ y étoient fous ces enveloppes. i°. Que ré-
criture n'établissoit pas la nécessité absolue de com-
munier fous les deux espèces, ôc qu'on pouvoit
être sauvé fans cela , puisque le corps ôc le sang de
Jefus-Christ existoient ensemble dans chacune des
espèces. 30. Que la loi de Dieu ne permettoit point
qu'on se mariât, après avoir reçu Tordre de prêtri-
se. 40. Que suivant cette même loi, il falloir garder
le vœu de chasteté , quand on l'avoit fait. Que
l'on devoit continuer l'ufage des messes particuliè-
res , lequel avoit son fondement dans 1'écriture ,
ôc étoit d'un grand secours. 6°. Que la confession
auriculaire étoit utile ôc même nécessaire, ôc qu'on
devoit en conserver la pratique dans l'église.

Ces articles furent publiez par l'autorité du roi Peîn*rorjon; & du parlement ; ôc on les appella le ftatut du, nt<* comrcic*

1

-r sang à cáuse des peines grièves dont on devoir pu

AN. i $ 3 9. n-f ceux • jeur feroicnt conrraires ; car on ordonTbiatcursdccct- noit lc seu & la connfcation ae toutes fortes de biens, tant réels que personnels, à ceux qui combattraient le premier article , soit dans leurs sermons , ou dans leurs discours, ou dans leurs écrits , & l'on déclarait même que l'abjuration ne leur ferait point accordée. On devoit punir de la corde tous ceux qui prêcheraient hautement, ou disputeraient opiniâtrement contre les autres articles. Et

Îiour les personnes qui ne feroient qu'écrire ou parer contre ces articles, elles étoient condamnées pour la première fois à une prison, dont le rai limiterait la durée, &c à la confiscation de tous leurs biens, & à la mort pour une seconde offense.

Dans cette même ordonnance le parlement aníiulloit tous les mariages des prêtres, & condamnoic à la mort les ecclésiastiques qui continueraient de vivre avec leurs femmes. De plus la confiscation de la prison étoient ordonnées pour la première offense contre les prêtres qui entretiendraient un commerce criminel avec des femmes , contre les femmes qui se seraient laiísé séduire , & contre ceux qui mépriseraient la confession &c le .sacrement, ou négligeraient de se confeííer & de communier dans le temps marqué pour cela. Et en casde rechute , le parlement les eondamnoit tous à la mort. Enfin pour rendre assurée l'execution de son arrêt, ìl en regloit la manière. Les archevêques & les évêques , ou leurs commissures & leurs officiaux croient chargez de tenir leurs íìnodes dans chaque province tout au moins quatre fois Tannée, de pro- *

céder contre les coupables par accusation publique A N. 1/3*. & de s'associer douze juges. Avant toutes choses ils dévoient faire ferment d'exécuter leur commission en cela , fans aucune partialité ; ne favorisant point les uns, n'agissint point contre les autres par un principe de haine , & ne se laissant jamais corrompre. On obligeoit encore chaque curé de lire cette ordonnance dans fa paroiííe tous les trois mois. Et on finissoit par une restriction à l'article des vœux de chasteté ,'qui étoit que ces vœux n'auroient point de force à l'égard de ceux qui les auroient faits par contrainte ou au-dessous de vingt-un ans.

Une autre affaire importante occupa encore les xxr. deux chambres du parlement, ce fut lasuppres- ja^,"^«0^ íìon des grandes abbaïes pour laquelle on ht une s»0TM» abbai», loi. On confirma les résignations , on donna pour toujours au roi & à ses successeurs tous les couvents qui avoient été supprimez, résignez, abandonnez ou confisquez , & tous ceux qui lui échéroient à Tavenir en l'une ou en l'autre de ces manières. Ainsi la suppression actuelle des monastères fut tour-à-fait finie dans cette année. Les commissures nommez par le roi pour cet esset, réglèrent touc ce qui en dépendoit. Ils ajugerent une certaine subsistance aux abbez , prieurs , moines & religieuses. Ils firent faire l'estimation de l'argenterie , des meubles , des ornemens des prêtres , des autels , des églises, & statuèrent fur le* maisons qui seroient démolies & fur celles qui íeroient conservées. Quelques auteurs ont dit que tous ces revenus montoient à plus de seize cens

■ mille livres sterling , outre l'argent comptant que

A N. i J5p. \c ïol tira la vente Jes effets. L'avidité des courtisans & des favoris y trouva son compte , & tout cela attira à ce prince lç juste blâme d'avoir pillé les biens de l'église. xxn. Cependant comme il avoit insinué auífi qu'il

Acte pour l'é- i • r C 1 '1'

rectiau de no:.- vouloit íe icrvir des revenus pour quelque etaveaux éyéchez. blissement utile à la religion , le parlement fit un autre statut pour lui accorder la liberté de fonder quelques nouveaux évêchez \ afin que la parole de Dieu 3 diíbit-il, fût enseignée avec foin , qu'on élevât la jeunesse dans les sciences, que les pau^ vres qui voudroient s'engager dans l'état ecclesias-. tique, eussent de quoi s'entretenir pour étudier dans les académies, & les anciens pour subsistcE le reste de leurs jours. Que Ton eût de bons hôpitaux , que les professeurs en hébreu , en grec & çn latin eussent un honoraire raisonnable ; qu'on pût distribuer tous les jours des aumônes \ qu'on établît un fonds pour entretenir les grands chemins ; &c qu'on pijt augmenter les revenus des ecclésiastiques. Le parlement donnoit pouvoir au roi de fonder de nouveaux évêçhez & de nouvelles cathédrales, de faire des reglemens pour ces, fondations , & de transférer ou diviser les diocèses comme il le jugeroit â propos. On voit dans les actes une liste des évêchez qu'Henri devoir fonder , mais la meilleure partie des desseins de ce prince n'eut aucun succès â cause des grands chan-r gemens qui arrivèrent â la cour. On fit dans le même parlement une autre loi, touchant l'obéïspinçe qui étoit due aux déclarations du roi i §4 une autre pour les officiers de la couronne , don- •

nant le pas au vicegerent Cromwel dans les affai- 1 Sixtes ecclésiastiques , immédiatement après les princes du sang , quoiqu'il ne fut que le fils d'un serrurier. Enfin le même parlement confirma la sentence de mort donnée contre le marquis d'Excester , milord Montaigu? de autres qui avoient été exécutez pour leur correspondance avec le cardinal Polus.

Dès que le parlement fut séparé , le roi envoïa Xxul des commissaires dans les différentes provinces du Ícss^sìmÍ roïaume pour rechercher ceux qui condamnoieftt "nt lcs six Uíí* les six articles, & comme Crtírriwel & Cranmcr étoient fuspectrs dans cette affaire ; ceux qui n'étoient pas favorables à la reforme j représentèrent au roi que ce seroit travailler en vain que de les charger du foin dénommer des commissaires pour faire ces perquisitions. On nomma donc des gens d'un parti contraire au leur , qui exécutèrent leurs ordres avec beaucoup de passion & d'injustice. Dans la feule ville de Londres en fort peu de temps on mit en prison plus de cinq cens personnes pour ce sujet j dès lors on jugea combien il en faudroit

f>unir dans le reste du roïaume. Ce qui engagea e chancelier à représenter au roi qu'une si ri-» goureuse perquisition pouvoit avoir des fuites fâcheuses , puisqu'elle devoit causer la mort à une infinité de gens de tout âge &c de tout sexe : & par là il obtint un pardon absolu pour tous ceux qui avoient été mis en prison. Depuis ce temps-là jusqu'à la mort de Crom w ell'execution du statut des six articles demeura comme en suspens ^

« 이전계속 »