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——~— cord avec eux, les priant de dresser une confession • 1S 3 »• je f0i qUi fut tournée de forte, qu'elle pût servir à cet accord, dont on avoit beaucoup d'espérance, principalement sur l'eucharistie , ôc sur l'emcace des sacremens. Par les insinuations de Bucer, qui avoit des expediens pour toutes choses, les ministres Suisses à Bâle se résolurent à dire dans leur nouvelle confession de foi. » Que le corps & le sang ne sont » pas naturellement unis au pain & au vin ; mais que » le pain ôc le vin font des symboles par lesquels » Jeíus-Christ lui-même nous donne une véritable » communication de son corps & de son sang, non » pour servir au ventre d'une nourriture périssable, «mais pour être un aliment de vie éternelle. « Le reste n'est autre chose qu'une aflez longue explication des fruits de l'eucharistiedont tout le monde convient. A l'égard de la présence substantielle dont il s'agissoit en ce temps-la, les Suisses n'en voulurent pas parler, & ce fut tout ce que Bucer en put obtenir. Ceux de Zurich nourris par Zuingle, bien loin de donner une nouvelle confession de foi, comme ceux de Bâle, persistèrent dans la doctrine de leur maître , & publièrent celle qu'il avoit adressée à François I. dont on a parlé ailleurs.

Quelque-temps après les ministres de Strasbourg firent sçavoir à ceux de Bâle & de Zurich, qu'il y avoit un synode indiqué en Thuringe pour le quatorzième de Mai, où Luther se devoit trouver, &c dans lequel on traitcroit de l'union fur l'article de la céne,en les priant d'y envoyer cjuelques-uns de leurs théologiens. Les Suisses n'y députèrent personne, mais se contentèrent seulement de faire tenir leur confession de foi à Bucer & à Capiton, qui la porte- 1 1

rent à Eysenac, où se trouvèrent des ministres dé- An. I 5 3 6, putez des principales villes de la haute Allemagne. Luther n'ayant pû s'y rendre, ils l'allerent trouver Affilée ae & y arrivèrent le vingt-deuxiéme de Mai.Ils entre- vvittembcrg. rent en conférence avec lui. Luther le prit d'abord x^^*l*nn' d'un ton fort haut , & vouloit que Bucer déclarât que lui & les siens reconnoissoient nettement que dans l'eucharistie le pain & le vin étoient le corps & le íìing de notre-Seigneur, que les bons &c les médians reçoivent également. Le lendemain s'étant encore assemblez, Luther leur demanda s'ils ne vouloient pas révoquer leur sentiment, & rejetta bien chytn. s*x»»; loin ce qu'ils lui disoient, que la dispute n'étoit pas ** Jj, htc an rt> tant dans la chose que dans la manière. Bucer s'expliqua,condamnant d'erreur ceux qui disoient qu'on ne recevoit que du pain ôc du vin dans la céne, & assurant que leur foi & leur doctrine touchant ce sacrement étoit,que par l'institution & l'operation du Seigneur, & suivant le vrai sens naturel des paroles , le vrai corps & le vrai sang de Jesus-Christ étoient rendus presens, donnez ôc pris avec les signes visibles du pain & du vin, qu'ils croioient auíîì que par le ministre de l'église le corps & le sang de JeíusChrist étoient offerts à tous ceux qui les reçoivent, &c qu'ils n'étoient pas feulement reçus de cœur &c de bouche par les justes, mais auííì de bouche par les indignes pour leur condamnation ; ce qu'ils vouloient toutefois qu'on entendît des membres de l'église. Et Luther repondit qu'il admettoit une union seulement sacramentelle entre le pain & le corps, le vin & le sang, mais non pas une union naturelle & locale. A ij

cramcntaires.

■' II en conféra ensuite avec les théologiens de

An. I J 3<>. Saxe, & revint trouver Bucer & ses compagnons, ausquels il déclara , que s'ils croioient & enseignoient que dans la Céne le vrai corps & le vrai ìang de Jesus-Christ fussent offerts, donnez & reçus y òc non pas simplement du pain & du vin, &c que cette perception le faisoit véritablement & non TII pas d'une manière imaginaire, ilsétoient d'accord Artidesde l'ac- entre eux, & qu'il les reconnoissoit & les recevoit

cord entre Ici Lu- » X .

theriens & ks Sa- pour ses frères en Jesus-Christ: on fit ensuite un projet de formule qui fut dressé par Melanchton, & contenoit six articles. i°. Que suivant les paroles de saint Irénée, l'eucharistie consiste en deux choses l'une terrestre, & l'autre céleste ; &. par conséquent HospiniAn. enn. que le corps & le sang de Jesus-Christ font vraiment i5}í.;«rí. i. foi. ^ substantiellement prefens, donnez & reçus avec r ^contord' le pain & le vin. z°. Qu'encore qu'ils réjettassent la transubstantiation , & ne crussent pas que le corps de Jésus - Christ fut enfermé localement dans le pain, ou qu'il eut avec le pain aucune union permanente hors l'usage du sacrement,il ne falloit pas laisser d'avouer que le pain étoit le corps de Jesus-Christ par une union sacramentelle , c'est-à-dire , que le pain étant présenté, le corps de Jesus-Christ étoit tout ensemble présent & vraiment donné. 30. Ils ajoûtoient néanmoins qu'hors de l'usage du sacre^ment , pendant qu'il est gardé dans le ciboire , ou montré dans les processions, ils croient que ce n'est pas le corps de Jesus-Christ. 40. Ils concluoient, en disant : que cette institution a la force de sacrement dans l'église , & ne dépend pas de la dignité ou indignité du ministreni de celui qui reçoit. j°. Que pour les indignes qui, selon saint Paul, mangent —

vraiment le fièrement, le corps & le sang de Jésus- ^N. lSl*m Christ leur font vraiment présentez, & qu'ils les reçoivent veritablement,quatfd les paroles & l'institution de Jesus-Christ font gardées. 6°. Que néanmoins ils le prenoient pour leur jugement, comme dit le même saint Paul, parce qu'ils abusent du sacrement en le recevant sans pénitence & fans foi. On remarque que dans cette formule il n'est point fait mention de réception orale du corps de JesusChrist , & que les Sacramentaires qui croioient que le corps de Jesus-Christ n etoit présent que par la foi , avouent toutefois que ceux qui n'ont pas la foi, ne Laissent pas de recevoir véritablement le corps de notre Seigneur.

Après cet aveu des Sacramentaires, Luther se per- rv. suada qu'il n'avoit plus rien à en exiger, & il crut niona cTLpprí"^ qu'ils avoient dit tout ce qu'il falloit pour confesser ^^j? haute la réalité. Cette formule fut signée par les ministres Hifi dts, des villes de la haute Allemagne,ils conférèrent en- ttm- livfuite le vingt-cinquiéme deMai avec Pomeranus fur les rites de la messe, les habits sacerdotaux, les images,les lampes,rélevation ôc l'adoration du saint sacrement\}ui étoient encore en usage enSaxe.Pome janus dit que Luther penfoit que ces choses étoient contre Tordre,qu'on ne les avoit conservées qu'à caur se des foibles, & qu'il fengeoit xlcs abolir. Le 2.7e. du même mois Bucer & Capiton présentèrent à Luther la confession de foi des églises Suisses, afin qu'il l'examinât. Il y trouva quelques termes qui pouvoient,disoit-il,blesser les simples. Cependant il dit qu'il les reconnoîtroit pour ses frères, s'ils vouloient

'Vartati ■ ■ signer la formule d'union qu'on venoit de dresser. An. I j 3 6. C'est ce qui obligea Bucer de retourner àStraíbourg où il gagna les ministres de cette ville -, mais il n'eue

Í>as le même succès en Suisse,où il envoya la formue d'union : elle y fut jugée obscure, ambiguë , captieuse, & on refusa de la souscrire : en sorte qu'il fut obligé de se rendre avec Capiton à Bile , où les Cantons tenoient encore une assemblée dans lc - „ Z' . mois de Septembre. Il y représenta que Luther n'a-t

Les Suisses rejet- . • si r '1 C íT J c'/T

tent cette formule volt point delapprouve la conreliion des Suiíles ,

d'union. • > ■ /\ i oJ»

mais qu on avoit trouve a propos de part & d autre, de dresser une formule d'union dont la doctrine n'étoit pas différente de celle de leur confession de foi ; ce qu'il s'efforça de montrer par plusieurs raisons,en les exhortant de la signer. Mais tout ce qu'il put dire ne fit pas changer de sentiment aux Suisses: bien plus, dans la déclaration qu'ils donnèrent des sentimens de leurs églises , qui est assez longue, les articles de la formule d'union fur la céne font expliquez d'une manière entièrement favorable au sentiment de Zuingle, & opposée à la présence réelle. Elle fut dressée dans le íynode de Zurich tenu au mois d'Octobre, & approuvée d'une autre assemblée à Baie dans le mois deNovembre,d'où on l'envoya à Luther, qui différa d'y repondre jusqu'à Tannée suivante parce qu'il tomba malade. v j Le nonce Verger étoit retourné à Rome dès le

Retour du nonce commencement de cette année, & avoit rapporté au

Verger a Rome. 3 . . If

pape,que les Proteltans ne recevroient jamais aucun Trid. ub. 3. tuf. concile a moins qu il ne rut libre,& tenu dans queliy' *' que lieu commode de l'empire , comme Charles V.

le leur avoit toujours promis ;qu'il n'y avoit plus

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