페이지 이미지
PDF
ePub
[graphic]

ce. Que comme c'étoit uniquement par rapporta

la religion que le peuple paroiísoit mal satisfait, il A N. 1J40. étoit naturel de juger que cela n'arrivoit que oar la faute du vicegerent, dont il scroit peut-être a oropos d'examiner fa conduite. Qu'il étoit accuse par le public de beaucoup de choses, qui, íi elles étoient vraies , le rendoicnt plus coupable que ne le feroit un autre , vû les faveurs dont le roi l'avoit comble. Qu'au fond, quand même on ne pourroit prouver aucun fait particulier contre lui, c'étoit toujours un assez grand crime, que d'avoir fait perdre au roi l'affection d'une bonne partie de ses íujcts 5 qu'il prendroit donc la liberté de lui dire, que pour calmer les esprits, il n'y avoit pas de meilleur moïcn que de leur sacrifier un ministre qui leur étoit extrêmement odieux.

Ce discours du duc de Norfolk ifit impression 1x1.

ÍI, c • 1 • J 1 f- Cc qui contíîr

ur 1 elprit du roi: mais deux autres choies con- bue à fa perte,

tribuerent à la perte entière de Cromwel, l'une que Henri s'étoit toujours servi de ce ministre, pour entretenir sa correspondance avec la ligue de Smalkalde, & pendant qu'il crut avoir besoin de cette ligue, il ne put se passer de son secours. Mais s'étant enfin refroidi envers les princes Protestans d'Allemagne qui n'avoient pas voulu accepter son alliance, & aïant connu que l'union qu'il craignoit entre Charles V. & François I. alloit être rompue,par le refus que ce premier prince faisoit d'investir le duc d'Orléans du duché de Milan , & que par conséquent l'Angleterre n'auroit pas de l'inquietude de la part de l'Allemagne , dès lors Cromwel devenoit inutile au roi \ la se

[ocr errors]

' conde chose qui contribua encore à son malheur,

An. 1/40. fut que le roi qui sentoit une invincible aversion pour la princesse de Clcves fa femme, avoit en même temps conçu beaucoup d'amour pour la fille de milord Edmond Howard : & comme elle étoit nièce du duc de Norfolk, ce seigneur voj'anc par-là son crédit considérablement augmenté, fçue bien s'en prévaloir pour procurer la ruine du ministre; outre que le roi trouvoit dans fa mort un double avantage , faisant d'abord éclater le ressentiment qu'il avoit oonçu contre lui, à cause du mariage auquel il l'avoit engagé , & croïant ensuite faire à Con peuple un sacrifice capable de faire cesser tous les murmures, ixir. La perte de ce ministre fut donc arrêtée dans

mícnprisoSdai^ l'cíprit du roi ; & le parlement s'étant rassemblé la tour. vers ie niilicu du mois de Juin, le duc de Nor

folk accusa Cromwel de haute trahison devant le conseil, &c reçut ordre de l'arrêter & de lé mener à la tour. On le jugea avec la même rigueur qu'il en avoit fait condamner tant d'autres , c'està-dire , fans qu'on lui permit de se défendre. Lc projet de son arrêt fut présenté aux seigneurs , & lu le dix-septième & le dix-neuviéme de Juin. Il eut le fort de tous les ministres disgraciez , tout le monde l'abandonna à l'exception de son ami Çranmer, qui seul oía écrire au roi en íìi faveur; mais ce fut inutilement. Et par un acte dans lequel on lc déclaroit atteint & convaincu d'hérefiz & de leze-majesté, il fut condamné comme traître & hérétique, íans lad mettre à aucune justiiìcation. Le parlement laissa au roi à détermine! lc genre de son supplice, suivant l'un ou l'autre de

ses crimes. Sanderus se trompe ici en marquant la' mort de Cromwcl avant que le roi se fut séparé d'Anne de Clcves ; il paroît au contraire que l'execution de la sentence contre le vicegerent fut renvoïée jusqu'après la séance du parlement, & que pendant ce temps-là , Henri travailla à faire dissoudre son mariage.

La disgrâce de Cromwel en fraïoit le chemin , rxm il nc s'agiísoit que de trouver un prétexte pour au- ^ Hcn>í pínse * toriser la demande du divorce devant le clergé &c mariage avec An-í le parlement. Et l'on n'en trouva point d'autre nedcClcvcS

,A / « s, * Burnet hiji.de U

qu un prétendu engagement antécédent entre la r,/,TM», ub. * reine & le duc de Lorraine , tous deux alors en mi- *** norité -, engagement qui n'avoit jamais été confirmé par les parties venues cn âge. Ce fut pourtant Jà-destus qu'on décida. Un des seigneurs proposa dans la chambre haute de présenter une adrcíïe au roi pour le prier de faire examiner la validité de son mariage ; on demanda la concurrence des communes, & l'adrcíTe fut présentée. Le roi protesta, qu'il ne cherchoit que la gloire de Dieu avec lavantage de son peuple ; il consentit que cette affaire fut remise à l'examen du clergé ; les témoins furent ouis. Henri fut interrogé, & tout ce qu'ost put recueillir de leurs réponses, fut qu'il y avoit eu un engagement entre la reine & leprinec de Lorraine , fur lequel il y avoit des- difhcultez qui n'étoient pas bien éclaircies ; que le roi n'aïant épousé la reine qu'a regret, n'avoit pas donné un consen'tement intérieur à son mariage, sans quoi on íbu

— tenoit que sa promesse ne pouvoic obliger ; qu'^1

AN. i n'avoit jamais consommé son mariage avec la reine ; que le roïaume avoit intérêt qu'il eut plusieurs enfans, ce qu'on ne pouvoit pas espérer pendant qu'il scroit lié avec elle. tïiv II falloit <jue le roi eut bien mauvaise opinion

te cierge pro- de son cierge, du parlement & du public, pour al3un«UTorcé.nteDCe léguer des causes si foibles & si frivoles de son diBurmt hift.de u vorce: mais au défaut de bonnes raisons, il avoit nf- /• } ?• I8ì< un Cranmer archevêque de Cantorberi prêt à touc faire par une lâche complaisance. Par le moïen de ce prélat, ce mariage fut cassé comme les deux autres. Le clergé donna une sentence de divorce qui fut prononcée le neuvième de Juillet 1540. signée de tous les ecclésiastiques des deux chambres, &C scellée du sceau des deux archevêques , & le parlement eut la foiblesse de se prêter à la passion du roi, & de confirmer cette sentence. Lxy. Sur cette injuste sentence le roi épousa en se

Anne de élevés cret Catherine Howard qui ne fut déclarée reine

consent au divor- . . \ . . . v

ce. que le huitième d Aout. Mais deux jours âpres

xurnet ihid. fag. que la sentence du divorce eut été rendue, 1c Acì. subi. Angl. chancelier, le duc de Norfolk , le comte de SoutsZdl£$7t\0,: hampton & l'évêque de Vinchester furent depuis tçz par le roi vers Anne de Clcves, pour l'informer de ce qu'on venoit de faire. Elle en fut peu touchée, n'aïant pas fans doute beaucoup d'affection pour un prince qui ne lui avoit jamais donné aucune marque de la sienne; on lui demanda son consentement au divorce, & çlle l'accorda aussi-tôt, parce qu'il n'étoit pas temps de défep.* dre son bon droit -y & que la prudence lui inspi- ~ l"

roit de calmer par sa complahance , l'orage trop N* 1Í4°» impétueux & trop prêt à fondre, pour être détourné par une autre voie. On lui promit que le roi la déclarerait sa sœur adoptive , qu'il lui donneroit le pas après fa femme & ses filles, & qu'il lui feroit une pension de quatre mille livres sterling avec le choix ou de demeurer en Angleterre , ou de retourner dans son païs. Elle aima mieux demeurer en Angleterre , où elle efpcra de vivre plus agréablement qu'à Cleves dans la cour du duc son frerc. D'ail leurs, elle crut fclon lesapparences , que fa pension lui feroit plus aíîurée y íi elle demeuroit en Angleterre , que-si elle s'en cloignoit. Tout étant ainsi réglé, elle écrivit au duc son frère que le divorce s'étoit fait de son consentement , ôc le pria de vivre en bonne intelligence avec le roi.

Après cette affaire, le parlement continua ses txvy séances, & commua la peine de mort en celle Loiìt du Parfc'

- . f. (. 11* I t r st • nient fur Tincon

de la connlcation des biens contre les eccleíiaiti- tinence des préques qui violcroient le vœu de chaltete. II con- ies mariages: firma le projet que les commissaires choisis par le roi avoient dreííe pour examiner les dogmes de la religion 3 ôc tout ce que le roi ordonneroit a l'avenir en matière de religion, ïl fit encore une autre loi, qui ordonnoit qu'un mariage consommé ne pourroit pas être caste, à cause d'un contract antécédent, ni pour des empêchemens qui ne feroient pas de droit divin. Enfin le clergé de la province de Cantorbery offrit au roi 1* cinquième partie de ses revenus, païables en deux

« 이전계속 »