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rien à espérer de Luther, ni de ses compagnons, & ——— qu'il ne falloit plus penser qu'à reduire ces fectai- -an. 15 3 res par la voye des armes. Le pape le recompensa de 1 evëché de Capo-d'Istria sa patrie, & l'envoya aussitôt après à Naples, où l'empereur étoit encore pour régler les affaires de ce Royaume , afin que ce prince apprît par lui la disposition des Protestans d'Allemagne , & l'état ou étoient les choses. Ce rapport lui fit prendre le parti d'aller lui-même à Rome pour en conférer avec le pape; &c pour s'y rendre plûtôt il fit célébrer le mariage de fa fille naturelle Marguerite avec le prince de Florence Alexandre de Medicis , auquel elle avoit été promise dans le traité que Charles V. avoit fait avec le pape Clément VIL Les deux époux se rendirent donc à Naples , Alexandre étoit accompagné de toute la no- vir. blesse de Toscane, & la princesse y fut conduite p at sandre deMedicis la duchesse d'Arschot & d autres. Le mariage fut^nS?£ célébré dans le château de Capoana fur la fin du l'empereur. mois de Janvier. Les noces durèrent quatre jours avec des fêtes & des réjouissances magnifiques. L'âge disproportionné des époux fut le sujet des railleries des François , Alexandre aiant plus de cinquante ans, & la princesse Marguerite étant à peine entrée dans fa treizième année.

L'empereur demeura plus de quatre mois à Naples, ym. & en partit enfin le vingt-neuviéme de Mars:il prit Ì's^ssú. la route deRome,& fut accompagné une demi jour- ve 1 Romcnée par un corps de cavalerie composé de plus de 2wïí?j*s5î! cinq cens nobles, barons & magistrats, & de deux Du Beuay. i,v, cardinaux légats du pape. Sur les frontières de l'état f-iI5>ecclésiastique il fut reçu par deux autres cardinaux

1 envoyez à ce sujet par Paul III. avec un grand nomAn. I J 3 6. kre prélats. Etant près de Rome tout le sacré collège vint au-devant de lui hors des portes de la ville, outre que Virginio des Ursins qui l'avoit. accompagné en Afrique, étoit déja auparavant allé au-devant de lui, de la part de la ville, à la tête de trois cens personnes à cheval :depuis plusieurs siécles , Rome n'avoit vû une entrée plus superbe. On employa trois mois entiers à en raire les préparatifs, & on alla jusqu'à démolir le temple de la paix qui étoit un édifice très-ancien, pour élargir une rue par laquelle l'empereur devoit passer. Mais le pape sit reparer cet édifice après cette cérémonie, ce qui coûta des sommes immenses, qui ne servirent qu'à charger le peuple.

i x. Le matin du cinquième d'Avril Charles V.sit son

RSon entrée dan, emrée R()me * deUX Cardî-"

naux,le doyen à la droite, & Farnese neveu du pape à la gauche, sous un dais de damas blanc à fond d'or superbement orné, ôc porté par des sénateurs & des principaux de la ville. Tous les cardinaux suivoient deux à deux, avec les autres prélats, archevêques &c évêques, tous montez fur des mules ; toutes les rués étoient tapissées, & toute la bourgeoisie fous les armes étoit rangée en haye des deux cotez. Au milieu de cette superbe pompe, l'empereur se rendit à 1 eglise de saint Pierre, ou le pape au milieu de quatre cardinaux étoit assis sur son trône; &àla porte de cette église au bas de l'escalier, il fut reçu par les chanoines. S'étant avancé jusques devant le grand autel, il se mit à genoux & fit une courte prière , après laquelle il alla devant le trône du pape , aux

pieds pieds duquel il y avoit un carreau , & le saint pere ~~

tenoit sur trois autres son pied droit que l'empereur N* 1J 3 • baisa. Cette cérémonie étant finie,Paul III. embrassa CharlesV. jusqu'à trois fois, & se retira le premier au Vatican , après avoirquitté ses habits pontificaux. L'empereur de son côté étant pasté dans la sacristie, alla occuper l'appartemcnt qui lui avoit été marqué dans le Vatican, du côté qui regarde la place de saint Pierre , où Charles VIII. avoit austi autrefois logé en allant à Naples. Comme on pouvoit aller de l'appartemcnt du pape à celui de l'cmpereur fans monter , & fans descendre, parce qu'ils étoient de plain-pied , l'un tk. l'autre se virent souvent durant les treize jours que Charles fut à Rome , fans jnême que les courtisans s'en appcrçuífent.

Le séjour qu'il fit dans cette grande ville fut ac- L;bcrTiitez <fc compagne de beaucoup de libcralitcz & d'actions 1àc^no^cur étant très-o;enereuses. Car outre trois cens chaînes d'or .

r 1 -II A 1 i'l i*n B sitts deCtstn»

ôc lept cens médailles du meme métal, qu il diítn- *}»d v>aorti. m

b/i „ • 11* I nttit adCtacin.

ua aux prélats & aux principaux habitans, les cardinaux reçurent auíli plusieurs curioíìtez très-pretieuses qu'il avoit apportées d'Afrique. Il n'y eut point d'église à qui il ne fit des presens très-considerablcs, soit en or , ou en argent ou en ornemens sacrez. Ii mit en dépôt l'argent nécessaire pour marier vingt-quatre pauvres filles, dont douze dévoient avoir trois cens écus chacune, & les douze autres deux cens; & il chargea cinq gentilshommes &c alitant de dames , de les choiíir par fort parmi cent qu'on nommeroit d'abord , & qui se deítmoient au mariage.Il fit distribuer de très-grandes aumônes dans chaque quartier pendant tout le temps qu'il Tome XXV UI. B

*- séjourna à Rome, excepté le premier & dernief

"í * 5 6' jour* Il annoblit plusieurs familles, &c accorda aux marchands plusieurs droits & privilèges considérables , afin de pouvoir trafiquer plus avantageusement avec les sujets dé ses états. Xt. Dans les conférences particulières qu il eut avec

Sujet des conse- . 1 \ r J CC • J»i

renecs entreìepa- le pape, on parla tres-lecretement des arraires d Itape&i empereur. j-£ ^ ^ tQus ^cux cortfulterent ensemble sur les

moïens de pacifier l'Allemagne. Paul III. disoit qu'il n'en restoit plus d'autre que la guerre. Mais l'empereur qui avoit des affaires en Italie, dont il ne pouvoit se debarraíser, qu'en cédant le duché de Milan qui faisoit le principal objet de ses pensées y alléguois quç la guerre contre les Protcstans n'étoit pas de saison , pendant qu'on avoit à défendre Milan contre les François. Le pape qui h'avoit d'autre but que de faire tomber ce duché entre les mains de quelque Italien 3 & qui proposoit la guerre d'Allemagne , autant pour détourner l'empereur de l'entreprise de Milan , que pour opprimer les Luthériens , comme il le disoit aísez publiquement, répliqua à l'empereur qu'en se joignant avec les Vénitiens , il lui seroit aisé de faire désister le roi de France , soit par les armes ou par la négociation. Mais Charles ayant pénétré l'intention du pape, feignit adroitement de le croire, & de consentir à. la guerre d'Allemagne , disant toutefois, que pour n'avoir pas tout le monde fur les bras , il falloit en justifier auparavant la cause, & montrer par la convocation d'un concile , que l'on avoit tenté tous les autres moïens. Le pape n'étoit pas fâché qu'ayant à ìc convoquer ce fut dans un tems auquel l'Italic alloic avoir la guerre avec les François, qui avoient déja occupé la Savoye & le Piémont, parce que ce ^N. l5i6* Jui feroit un prétexte honnête pour environner le concile de gens armez, fous couleur de le défendre. Mais il le vouloit íbus de telles conditions que le saint siège n'en souffrît rien.

Il s'asnífoít donc du lieu où l'on convoqueroit ce T xrr- „

-i i -r /■ r xr Le pape & Pcm^

concile -, &: le pape inrorme par Ion nonce Verger, pereur délibèrent que les Proteíìans de la ligue de Smalkalde, avoient fiLTuconcïie. ° résolu entre eux de ne vouloir absolument le conci- P„/w M.*»»*; le que dans une ville de l'empire, n'eut pas de peine £*• *• à témoigner à l'empereur qu'il ne founaitoir rien tant que de fe conformer entièrement à fes deíìrs , fur un article de si grande importance , connoiífant bien que cette ardeur qu'il avoit pour la convocation d'un concile , ne procedoit que d'un grand zélé pour les intérêts de Dieu , qu'ainsi il fe voyoit obligé de lui faire connoître combien il étoit porté à lui donner toutes fortes de satisfactions.

Le pape néanmoins bien-loin de nommer une xim ville d'Allemagne, choisit celle de Mantoue en Ita- de h Tìiic de lie, donnant à entendre à l'empereur qu'il n'y avoit Mantoue

•il- 1 i 1 • l A Sltïdmn. in ctm

Í>oint de heu plus commode que celui-la pour toutes ment. i,b. i*.fí% es provinces de l'Europe qui avoient intérêt d'y af- llt' siíter;enfuite il assigna le temps<le la convocation de ce coneik au mois de Juin de l'ahnée suivante i n 7* L'empereur qui esperoit que le concile lui ferviroic à deux choses , l'uúe à tenir le pape en bride s'il lui prenoit envie de fe réunir avec la France , l'autre à xeduire touteJ'Allemagne à son obéissance, accepta volontiers la ville de Mantoue pour le lieu du concile , fie ne fit point de difficulté fur les conditions ^

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